The Sorrows.

BIOGRAPHIE.

 

 

THE SORROWS/Coventry (Angleterre – UK)

 

Sorrows price pritcher vaughn finley packam

Price, Pritcher, Vaughn, Finley et Packham.

 

Actif entre 1963 et 1971, reformé en 2011.

Labels:Pye's Piccaddily Records.

Genre:beat,freakbeat,rock and roll.

 

Le british beat de Coventry.

Dans les années 60, la scène de Coventry n'existe pas vraiment. Il faudra attendre fin de la décennie suivante et le début des 80's pour qu'elle devienne un véritable centre d'intérêt quand The Specials, The Selecter et l'émergence du mouvement ska s'installeront dans la place et la populariseront.

Jusque là, de l'après guerre mondiale à la fin des 60's, Coventry, ville à la population majoritairement très jeune, n'a jamais fait parler d'elle, musicalement parlant, se contentant de distiller au compte-goutte quelques formations ou artistes intéressants.

Sorrows fardonDon Maughn, alias Don Fardon.

Sorrows introThe Sorrows, constitués en 1963.

Sorrows take a heart singleRévélés par Take A Heart en 1965.

Sorrows lp 65Un LP, Take A Heart, en 1965.

Sorrows lp italien old songs new songsLe LP italien, adulé des tifosi.

Coventry est donc à des années-lumière des pôles musicaux alors en vogue, ceux de Liverpool, Manchester ou Birmingham, la voisine. La ville des West Midlands n'a que des artistes moyens ou peu populaires à faire valoir : Frank Ifield, Vince Hill. Les Mighty Avengers et les Sorrows sont alors les plus connus du lot avec Beverley Kuttner passée à la postérité pour ses collaborations avec Bert Jansch, Paul Simon et pour ses liens maritaux avec John Martyn.

Take a Heart met le feu aux West Midlands.

Industrielle, Coventry n'est pas l'endroit indiqué pour commencer une carrière dans le rock ; le déclin économique et le chômage élevé au milieu des 70's n'ont rien arrangé jusqu'à ce que le Two-Tone, lancé à Coventry, ne donne ses lettre de noblesse à la cité.

Les Sorrows, groupe de garage considéré comme faisant partie des bad boys du british beat avec les Kinks du début, les Stones, les Animals ou les Troggs, sont les premiers à avoir mis Coventry sous les feux de l'actualité musicale en se faisant une place dans les charts UK 65 avec Take A Heart, leur chef d’œuvre.

En l'espace d'une grosse poignée de singles et de deux LP, les Sorrows, pourtant pas une formation majeure du moment, sans jamais se départir de leur son si caractéristique et de leur délicieux style freakbeat, sa marque de fabrique, lequel fait le lien entre le R&B britannique et le rock psychédélique, vont orienter la vague britannique du moment dans une autre direction que celle initiée par les groupes stars que sont les Beatles, les Kinks, les Stones et les Who.

En avance sur son époque, précurseur du freakbeat...

Torride, agressive, leur musique est alors révolutionnaire et en avance sur son époque ; elle n'est pas sans rappeler celle qui émane de Detroit. La période 1965/66 les installe au pic de leur popularité, avant que le groupe ne splitte en 67.

Leur carrière sera furtive, certes, souvent discrète, mais néanmoins très intéressante. En général, il est acquis que le groupe était largement sous-estimé et qu'au regard de son énorme potentiel, de son statut de précurseur du freakbeat, de la qualité des rares disques qu'il a sorti, du talent démontré par ses acteurs depuis leurs débuts, il a été très peu payé en retour.

Beaucoup de fans et de témoins du moment s'accordent encore aujourd'hui à dire que les Sorrows étaient un des meilleurs groupes britanniques des sixties... Pas faux.

De bons Bad Boys...

Les Sorrows sont constitués en 1963 et sont rapidement le groupe vedette de Coventry. Fondé par Don Maughn (alias Don Fardon), ancien chanteur des Hawkes, il réunit aussi, dans sa version initiale, Philip Pip Whitcher, guitariste, Phil Packham, bassiste transfuge des rockeurs The Vampires, le batteur Bruce Finlay et le second guitariste Terry Jukes.

Aussitôt formé, il fait une tournée en Allemagne (1963) un mois durant, jouant plusieurs sets par jour. A cette époque, il enregistre une version de Smoke Gets In Your Eyes (de Jerome Kern et que les Platters portent dans le Billboard en 1958), sous la direction de Joe Meek, producteur débrouillard et talentueux que l'on retrouve derrière les Honeycombs.

D'entrée, ils se font remarquer par leur tenue vestimentaire uniforme. Tous portent un col roulé noir et jouent les mauvais garçons. Cette agressivité délibérée pour se démarquer des formations gentillettes de Beat se ressent dans le chant de Fardon/Maughn, dans les jeux de guitare râpeux de Whitcher et Jukes, le tout soutenu par une rythmique qui souque ferme.

Piccadilly Records pour tremplin.

Groupe résident du Pilot Pub de Radford (Coventry), les Sorrows sortent gagnants d'une Battle Of Bands organisée par leur manager David Owen ; à cette occasion, ils tapent dans l’œil du responsable du label Piccadilly Records, une filiale de Pye Records destinée à recruter de nouveaux artistes (Joe Brown & The Bruyers, Clinton Ford, The Rockin' Berries, Sounds Orchestral, Jackie Trent, Ivy League). Ce dernier, John Schroeder, les signe.

Le groupe enregistre alors son premier single, I Don't Wanna Be Free (décembre 64)/Come With Me, lequel ne rentre malheureusement pas dans les charts, même s'il lui ouvre les portes du Ready Steady Go, la populaire émission télévisée.

Jukes décide cependant de quitter ses partenaires, Wez Price (The Unknows, The Autocrats) rentre à son poste.

Le coup de Dallon.

Cette mouture est derrière le deuxième single Baby/Teenage Letter qui ne marque pas plus les esprits. Les Sorrows, dépités par leur insuccès, parlent de séparation. Le menaçant et hypnotique Take A Heart, titre qui nomme également l'album publié à la même période, tombe alors dans les bacs (1965) qui amène le groupe à réétudier ses intentions.

Pour le coup, Pye a la bonne idée de demander au jeune Mike Dallon (alias Mickey Tinsley), producteur qui s'occupe également des Blue Boys et auxquels le titre est initialement réservé, d'écrire une chanson.

C'est Take A Heart qui, passée entre les mains des Sorrows, devient leur référence suprême en se classant N° 21 dans les charts britanniques. Dallon leur offre également She's Got The Action et Let In Me.

Sorrows don fardon portrait

« J'ai formé les Sorrows en 63. Nous avons été sélectionnés pour participer à une battle of bands régionale, avec 11 autres groupes locaux. Nous avons gagné le concours, dont le premier prix était un enregistrement aux studios Pye de Londres. Nous avons passé une audition et Tony Hatch nous a demandé de revenir... dans deux ans, au motif que nous n'étions pas encore prêts. Alors que nous partions, le boss John Schroeder qui nous avait entendus, est revenu sur cette décision et nous a signés sur place. Pour 3 albums. Nous n'en avons fait qu'un seul car nous nous sommes vite séparés. Nous avons toutefois enregistrés pour Pye une cinquantaine de titres. C'était en 65/66. » (Don Fardon)

Le freakbeat à son meilleur.

A partir de là, tout change pour les gars de Coventry, invités régulièrement sur les plateaux TV (en plus de Ready Steady Go, ils prennent part à Easy Beat, Top Of The Pops, For Teenagers Only, Screen At Six Thirty) et sur les radios.

Le titre marche si bien en Europe de l'Ouest, durant l'été 65, qu'il est enregistré en allemand (Nimm Mein Herz) et en italien (Spezza Il Cuore). En Italie, le groupe va alors devenir très très populaire...

L'album, solide et alimenté par une grande majorité de leurs singles et des démos, sort en décembre 1965 (Pye/Piccadilly). Hormis deux ballades classiques, il témoigne d'une vitalité exceptionnelle, leur musique est d'une rare intensité.

Ici, peu de pop joyeuse et optimiste façon Merseybeat comme en atteste la pochette du disque où s'affichent 5 tronches tristes comme un jour sans pain, impassibles et limite antipathiques. Le freakbeat est ici à son meilleur.

N'empêche, les collectionneurs et chasseurs de trésors se battent aujourd'hui pour cet album, devenu très rare à dénicher. Ne parlons pas des autres formats, EP et 45T...

Don Maughn/Fardon et Phil Packham (décédé en octobre 2018) quittent les Sorrows en 1966. Le premier épouse alors une carrière solo, tandis que le second se range définitivement des voitures (il veut se marier et son beau-père exige aors qu'il quitte cette vie de bohème), prenant bien soin toutefois d'être présent parmi ses camarades, à chaque réunion des Sorrows.

Pip Witcher reprend le chant à son compte, au sein d'un ensemble qui tient désormais du trio. Roger Lomas des Clouds est alors recruté comme guitariste tandis que Wez Price glisse à la basse, laissée libre par Packham. Chris Smith (East Side Protection) devient le nouveau chanteur et assure également les parties de claviers.

Adulés des tifosi.

C'est d'autant plus important que les Sorrows sont invités en Italie (1966). Le séjour transalpin débouche sur un déménagement près de Rome où le groupe se voit dérouler le tapis rouge pour rester : villa sur les hauteurs de la capitale, grosse voiture et de nombreux autres avantages.

Ceux qui sont appelés les Italian Sorrows y sont de véritables stars, ils jouent dans de grands stades, devant un public complètement acquis à leur cause.

Un an plus tard, malgré le train de vie transalpin, c'est fauchés que les Sorrows reviennent en Angleterre (1967). Ils signent un deuxième album, Old Songs, New Songs. Celui-ci comprend tous les singles italiens, quelques reprises et des titres imposés par le label milanais Miura, histoire de boucler un produit sur lequel apparaît pour la première fois le guitariste Chuck Fryers.

Cette mouture dure encore trois ans avant de passer la main (1970). Elle se reconstitue au début des 80's dans le line-up suivant : Fryers, Smith, Price et Mick Bradley à la batterie.

Plus près de nous, les Sorrows s'est reformé en décembre 2011 et comptent en son sein Don Fardon (chant), Phil Packham (basse), Nigel Lomas (batterie), Marcus Webb et Brian Wilkinson (guitaristes). L'histoire ne serait-elle donc pas terminée ? (RAZOR©2020)

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 1 - 1965

 

Sorrows lp 65

THE SORROWS

TAKE A HEART – 1965  4/5

 

Publié en 1965.

Produit par John Schroeder.

Label:Piccadilly Records.

Genre:garage rock,freakbeat.

 

La référence des Sorrows.

 

Dans les années 60, les Sorrows étaient l'un des groupes les plus agressifs du rock british mais n'a pas eu la faculté d'en tirer les bénéfices en termes de popularité internationale comme ce fut le cas pour deux de leurs concurrents directs sur la scène mod, les Who et les Pretty Things. Son aura est restée cantonnée au Vieux-Continent, la bande à Don Fardon restant souvent dans les starting-blocks à l'heure des récompenses.

Pourtant, s'il est une formation qui avait tout pour elle, c'est bien les Sorrows, issus de l'échiquier musical de Coventry. On lui prédisait tous les lauriers, de titiller les monstres sacrés du rock ambiant, les Stones, notamment, et, au final, la montagne a accouché d'une souris.

Le talent était là, l'énergie aussi, mais peut-être aura-t-il manqué à ces musiciens fougueux de croire réellement en leur potentiel, ainsi qu'un manager qui les ait vraiment soutenus et qu'un producteur à la hauteur de leurs dispositions.

Musicalement, vocalement, techniquement, c'est fort et bien réglé, avec une rythmique qui s'en donne à coeur-joie, un chanteur digne de ce nom et des guitares qui donnent à leur musique un côté grossier et brut de décoffrage.

Le R&B impétueux développé ici par le groupe est accrocheur comme en atteste le premier de leur LP, Take A Heart (1965), sorti chez Piccadilly Records. L'album est nommé d'après le single qui a permis à Fardon et aux siens d'enfin décoller. Il aura fallu préalablement une poignée de titres infructueux avant d'en arriver là.

Outre Take A Heart, un classique du rock de ce temps d'alors, l'album révèle des pièces aussi mordantes, à l'image de I Don't Wanna Be Free, de Baby, de No No No No, de She's Got The Action, de Teenage Letter, de Come With Me ou du Let In Me final, lequel n'est pas sans rappeler leurs rivaux, les Pretty Things.

Exceptée une belle poignée de pains de dynamite jetés à la face de l'auditeur, l'album dévoile également quelques plages plus tempérées et de qualité comme How Love Used To Be ou We Should Get Along Fine.

Take A Heart est l'album qui représente le mieux le Sorrows de la première moitié des 60's. La suite amènera le groupe à rebondir du côté de l'Italie.
Le séjour transalpin en fera une star de l'autre côté des Alpes. Un disque, publié en 1967, réfère à cette période : Old Songs, New Songs (pour le label Miura). Disque beat et pop/psych, il collecte tous les singles italiens et offre un intérêt moindre par rapport à son prédécesseur, le présent Take A Heart (RAZOR©).

 

1. Baby.

2. No No No No.

3. Take A Heart.

4. She's Got The Action.

5. How Love Used To Be.

6. Teenage Letter.

7. I don't Wanna Be Free.

8. Don't Sing No Sad Songs For Me.

9. Cara-Lin.

10. We Should Get Along Fine.

11. Come With Me.

12. Let Me In.
 

Philip Packham:basse.

Bruce Finley:batterie.

Pip Whitcher:guitare principale.

Wez Price:guitare rythmique.

Don Maughn:chant.

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