The Swinging Blue Jeans.

BIOGRAPHIE.

 

THE SWINGING BLUE JEANS/Liverpool (Angleterre – UK)

 

Swinging blue jeans 1

 

Actif depuis 1962.

Labels:Imperial,His Master's Voice,Capitol,Bellaphon,Columbia (EMI),RCA.

Genre:Merseybeat,beat,pop,pop-rock.

Site officiel:www.swingingbluejeans.co.uk

 

Acteur majeur du Merseybeat.

En décembre 1963, Hippy Hippy Shake du Swinging Blue Jeans tombe dans les bacs. Jusqu'à ce qu'ils ne l'accrochent à leur répertoire, le titre en question est déjà passé entre plusieurs mains, mais sans grands bénéfices pour leurs interprètes.

Le jeune rockeur américain Chan Romero (18 ans) aux origines ethniques et les influences musicales le rapprochant de Ritchie Valens (La Bamba) dont il était grand fan, ouvre le compteur, en sortant l'original en juin/juillet 1959. Une cinquantaine de groupes et artistes l'ont depuis repris ou adapté dans diverses langues.

Entre Romero et le Swinging Blue Jeans, quatre autres versions ont précédé celle des liverpuldians : celle de Little Tony And His Brothers (septembre 1959), des Hot Jumpers (juin 1961), de Pat Harris And The Blackjacks With The Breakaways (octobre 1963) et de Melvis And His Gentlemen (octobre 1963). Aucune d'entre elles ne se démarque vraiment.

Swinging blue jeans 2Au début étaient les Bluegenes (Musicmagazines.com©).

Swinging blue jeans merseybeatUn acteur majeur de la Merseybeat.

Swinging blue jeans 3L'un des plus vieux groupes de la place de Liverpool.

Swinging blue jeans hippy shakeRévélé par le tube Hippy Hippy Shake.

Swinging blue jeans blue jean a singing 1964Blue Jeans A' Swinging sorti en 1964.

Swinging blue jeans nowLe groupe aujourd'hui.

Swinging blue jeans peter oakman 2019Peter Oakman, son guitariste.

La chanson de Romero, publiée d'abord en Australie, puis au Royaume-Uni, attire l'attention de Paul McCartney, lequel convainc les Beatles de l'inclure dans leurs premières apparitions publiques au Cavern Club, puis à Hambourg.

Certaines versions live ont été enregistrées à leurs débuts, entre 1962 au Star-Club hambourgeois et septembre 1963 à la BBC ; elles sont disponibles aujourd'hui sur des bootlegs ou des supports plus modernes.

Le seul Hippy Hippy Shake qui vaille.

Le single édité par le Swinging Blue Jeans est cependant celui qui a le plus marqué les esprits, atteignant le 2ème rang des classements britanniques (il figure très bien dans toute l'Europe), le 24ème du Billboard (début 1964), le groupe se positionnant alors sur ce marché submergé par la vague invasive britannique comme un de ses actes majeurs et comme l'un des représentants du Merseybeat les plus crédibles du milieu des 60's.

Seulement voilà, les leaders et précurseurs de la british invasion s'appellent les Beatles... Jouer du R & B et du rock 'n' Roll, résider au Cavern et faire le circuit allemand ne suffit pas pour les déloger de leur inamovible position de N°1.

Le Swinging Blue Jeans s'en est pourtant jamais approché de si près au point, parfois, de les confondre...

Au début étaient les Bluegenes...

L'histoire du Swinging Blue Jeans s'appuie sur celle des Bluegenes, derrière lesquels on retrouve le chanteur-guitariste Ray Ennis et Bruce McCaskill, au profil identique.

Ce dernier n'est pas un inconnu pour les fans de rock puisqu'il fut, dans la première partie des 70's, manager de la tournée du come-back d'Eric Clapton (1973), puis derrière les écossais du Average White Band et avait l'oreille du new yorkais Jerry Wrexler, l'un des plus grands producteurs de tous les temps, l'un des plus influents des États-Unis.

A ses côtés, dans ce qui est la mouture d'origine, McCaskill réunit le banjoïste Tommy Hughes, Norman Kuhlke (washboard) et Spud Ward (Oil Drum Bass), mais le groupe subit plusieurs changements de personnel au fil des mois, ce qui amène, dans un premier temps, Ralph Ellis (guitare) à intégrer le combo, puis Les Braid (contrebasse), à remplacer ensuite Spud Ward (parti pour Rory Storm, puis The Raving Texans), Johnny Carter et Paul Moss, à suppléer enfin Tommy Hughes (banjo) et le chanteur Bruce McCaskill (entre 1959 et 1963).

Les Bluegenes débutent dans la deuxième moitié des 50's sous forme d'un combo mélangeant skiffle et dixieland (1957). C'est un des groupes les plus anciens de Liverpool.

Des Bluegenes à Swinging Blue Jeans.

Pendant que les autres formations de la Mersey sont déjà passés au rock 'n' roll, les Bluegenes restent ancrés dans leur skiffle sophistiqué.

Ils ont leur propre identité et s'y complaisent, d'autant que cette formule séduit le public des clubs liverpuldians, et notamment du Cavern, dont ils sont groupe-résident, qui en redemande.

Les Bluegenes ont le privilège d'assurer les soirées du mardi en regroupant autour d'eux des groupes de talent, pas trop tapageurs et bien mis.

Ce statut avantageux lui vaut d'inviter les artistes de son choix. Les Beatles, les Searchers, Gerry And The Pacemakers, Billy Kramer And The Coasters figurent alors parmi leurs invités.

Pour l'anecdote, les Bluegenes considèrent alors que les Beatles ne sont pas très talentueux (Ray Ennis croit même qu'ils sont allemands), propres et bien organisés et s'en plaignent auprès de Ray McFall, propriétaire du Cavern...

Au début des 60's, les Bluegenes évoluent en Swinging Bluegenes et suivent la filière empruntée par quelques groupes britanniques pour réussir ou se lancer : Liverpool et Hambourg.

Tout en assurant ses engagements au Cavern, le groupe se rend en Allemagne (1962) où, comme la plupart de ses contemporains grands-bretons, il se produit au légendaire Star-Club où il est très mal accueilli, son skiffle ne passant pas du tout auprès du public teuton.

Cette réaction hostile amène les musiciens à se poser la question de leur avenir artistique ; ils changent donc d'orientation musicale, passant, comme la majorité des combos de l'époque et de l'endroit, au rock 'n' roll.

Ce changement artistique s'accompagne d'un nouveau look et se traduit par l'abandon du nom de Swinging Bluegenes au profit de Swinging Blue Jeans.

Ils apparaissent désormais en public dans des jeans bleu ciel et portant chemises bariolées assorties pour justifier cette métamorphose (1962/63).

Le jackpot au 3ème single.

A la même période, le groupe, pris en main par Jim Ireland, un propriétaire de clubs de Liverpool (Mardi-Gras, Downbeat...) signe avec le label HMV Records et, sous la conduite du producteur londonien Wally Ridley, enregistre un premier single, It's Too Late Now (juin 1963) qui fait top 30. Par contre, son suivant Do You Know (septembre 63) passe inaperçu.

Les débuts sont difficiles et les Swinging Blue Jeans ne récoltent qu'un maigre contrat radiophonique qui loue les mérites de la société The Lybro Factory, une fabrique de jeans locale, alors en compétition avec Levi's et qui habille tous les jeunes musiciens de la Merseybeat (dont les Beatles).

Le troisième single est le bon. Hippy Hippy Shake, bien que se heurtant à la désapprobation du label, HMV, filiale d'EMI, sort finalement, après que le groupe ait refusé de continuer si le titre n'était pas publié. Les acteurs y croient dur comme fer, Ridley se laisse convaincre.

Il ne le regrettera pas dans la mesure où le single se vendra à 3 millions d'exemplaires. Le groupe y gagne, à la fin de l'année 1963, une 2ème place dans les charts UK et une 21ème au Billboard. Les TV (Top On The Pops) lui ouvrent les bras, le Swinging Blue Jeans gagne en popularité.

Une discographie confuse mais respectable.

Le public en fait ses nouvelles stars, d'autant que derrière leur succès majeur, Hippy Hippy Shake, ils récidivent avec Good Golly Miss Molly/Shaking Feeling (mars 1964 chez HMV) qui flirte avec le top 10 au Royaume-Uni (N°11) et avec You're No Good/Don't You Worry About Me (mai 64-HMV), un excellent N°3 UK que les français ont également apprécié (N°26). Good Golly Miss Molly et You're No Good font respectivement N° 43 et 97 chez l'Oncle Sam.

Swinging blue jeans ray ennis portrait

« Nous avons signé avec Wally Ridley à HMV Records et, en quelques mois, nous avons eu un succès international avec Hippy Hippy Shake et, derrière, avec You're Not Good. La vie du groupe a alors changé. Voyages organisés, interviews, émissions de télévision et de radio, nous étions soudainement célèbres. C'était fabuleux. » (Ray Ennis)

A la fin de l'année 64, le groupe sort son seul véritable LP british, Blue Jeans A-Swinging (novembre 64/EMI). Le reste du catalogue, côté albums, est ventilé entre Hippy Hippy Shake (USA/64), Tutti frutti (1964), exportation du premier LP, un live allemand (Live Aus dem Cascade Beat Club in Köln/1965), Don't Make Me Over (1966/Capitol) pour le marché canadien uniquement, une réédition du premier LP (1967), une sortie suédoise (Hippy Hippy Shake/1973), Brand New And Faded chez Telefunken (1974), Jump 'n' Jeans (1979/Ace) et une compil' des années 1963/1967, The Best Of The Swinging Blue Jeans (EMI/1978). D'autres variantes sont également disponibles comme Shaking Time (Electrola/1964) ou Live Shakin' (1990/Prestige)...

Bien que publiant encore une grosse poignée de singles encore accrocheurs entre l'été 64 et juillet 1967 (Promise You'll Tell Her/It's So Right, It Isn't There/One Of These Days en 64, Make Me Know You're Mine/I've Got A Girl, Crazy 'Bout My Baby/Good Lovin' en 1965, Sandy/I'm Gonna Have You, Rumors Gossip Words Untrue/Now The Summer's Gone en 1966 et Tremblin'/Something's Coming Along en 1967), la carrière des Swinging Blue Jeans, excellent groupe de scène, commence à décliner.

Seul Don't Make Me Over, au début de l'année 66, tire encore son épingle du jeu, en prenant une 31ème place des charts britanniques. Le groupe subit des changements de personnel réguliers, signe d'une fin annoncée...

Le « chicken in a basket » pour rebondir.

Il continue son petit bonhomme de chemin jusqu'au début des 70's, s'appuyant essentiellement sur ses acquis et prend alors une voie commune à de nombreuses formations de la Merseybeat du moment, le circuit des cabarets, plus lucratif, même si moins glorieux.

Toujours actif aujourd'hui sur le circuit des oldies, le Swinging Blue Jeans continue inlassablement, sous la houlette de Ray Ennis (il se retire après 53 ans de bons et loyaux services sur un dernier concert donné à Liverpool le 30 mai 2010) et malgré le décès de Les Braid (2005), à pérenniser son héritage. Alan Lowell, Pete Oakman, Jeff bannister et Graham Hollingworth ont désormais cette lourde responsabilité (RAZOR©2020).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio UK 1 - 1964

 

Swinging blue jeans blue jean a singing 1964

 

THE SWINGING BLUE JEANS

BLUE JEANS A' SWINGING – 1964  3,5/5

 

Publié en 1964.

Produit par Walter J. Ridley.

Durée :27:08.

Label:HMV Records.

Genre:pop-rock,rock & roll,merseybeat,british invasion.

 

Du bon vieux rock & roll de papa.

 

Il n'aura pas manqué grand chose aux Swinging Blue Jeans pour traiter d'égal à égal avec les maîtres du moment, les Beatles. Sur la place de Liverpool, rares sont alors les groupes pouvant exceller à la fois dans le rock & roll et s'en sortir avec les honneurs dans une pop harmonieuse.

Les Beatles savent faire eux, mais on compte sur les doigts d'une main les formations alors aptes à maîtriser les deux genres et à bien le faire surtout. Les Swinging Blue Jeans ont cette faculté et, comme les Fab Four, ont plutôt la cote sur la scène liverpuldiane.

Dans le sillage des précurseurs de la british invasion, ils jouent aussi du rock & roll et de la pop, ils résident au Cavern, l'antre de la musique d'alors et arpentent le circuit teuton, en évoluant dans les mêmes clubs en vue d'Allemagne.

Acte majeur de la vague invasive britannique et digne représentant de l'échiquier Merseybeat, les Swinging Blue Jeans se sont parfois approchés au plus près de leurs indéboulonnables rivaux comme en atteste l'album du jour, Blue Jeans A' Swinging, publié en 1964.

Mais, avec seulement deux originaux sur 12 titres, on mesure là tout l'écart qui séparait encore les deux groupes, ainsi que tout le travail d'écriture que les Ellis, Ennis, Braid et Kuhlke avaient à réaliser pour pouvoir prétendre vraiment rivaliser avec leurs illustres concurrents.

En faisant abstraction de ces carences et en ne retenant que l'interprétation, on tient là un album compétent (le premier britannique) de rock & roll qui tient bien la route, alimenté majoritairement par des reprises et des classiques de rock des 50's. Celui-ci situe bien le talent des acteurs, très appréciés en public. A écouter, car on renoue ici avec le bon vieux rock & roll (RAZOR©).

 

1. Ol’ Man Mose.
2. Save the Last Dance for Me.
3. That’s the Way It Goes.
4. Around and Around.
5. It’s All Over Now.
6. Long Tall Sally.
7. Lawdy Miss Clawdy.
8. Some Sweet Day.
9. It’s All Right.
10. Don’t It Make You Feel Good.
11. All I Want Is You.
12. Tutti Frutti.

 

Ray Ennis:guitare solo,chant.

Ralph Ellis :guitare.

Les Braid:basse,claviers.

Norman Kuhlke:batterie.

2 votes. Moyenne 5.00 sur 5.