The Tremeloes.

BIOGRAPHIE.

 

THE TREMELOES/Dagenham (Angleterre – UK)

 

Tremoloes brian poole and the tremoloes intro

 

Actif depuis 1958.

Labels:Decca,CBS,Epic.

Genre:beat,rock progressif,rock psychédélique.

Site officiel:thetremeloes.co.uk

 

Mieux que les Beatles...

Dans les années 60, rares sont les groupes à prétendre avoir déboulonné un jour de leur piédestal les inamovibles Beatles. Les Tremeloes, alors Brian Poole And The Tremeloes, peuvent le revendiquer haut et fort quand, en septembre 1963, leur Do You Love Me dégage de la tête des charts britanniques She Loves You des Fab Four.

Le single des liverpuldians, le plus vendu des 60's en Grande-Bretagne, 500.000 pièces étant déjà réservées avant même sa publication, reste 31 semaines de rang dans les classements et occupe la place de N°1 pendant plus d'un mois.

Rappelons que She Loves You n'est, ni plus, ni moins, que la chanson ayant propulsé les Beatles sur le devant de la scène internationale, après que le single précédent From Me To You ait déjà squatté le leadership des charts au printemps de la même année. Du lourd donc.

Pendant les trois semaines que Do You Love Me a trôné au sommet des hits grands-bretons, les Tremeloes se sont pris à rêver qu'ils étaient les maîtres du moment et ce, d'autant que (bis repetita) 18 mois plus tôt, les Beatles avaient déjà eu à subir la suprématie de leurs homologues londoniens, à l'occasion d'une audition chez Decca Records pour décrocher un contrat.

Tremoloes brian poole and tremoloesDémarré sous Brian Poole And The Tremeloes...

The tremoloes 1...le groupe évolue en The Tremeloes...

Tremoloes twist and shout...après avoir signé une version de Twist And Shout.

Tremoloes 67Les Tremeloes à l'ère psychédélique.

Tremoloes silence is goldenSilence Is Golden, N°1 UK en 1967.

Tremoloes 2020

Deux moutures en 2020 : les Tremeloes...

Tremoloes the trems...et les Trems.

Decca rate finalement les Beatles, mais n'eut jamais à regretter d'avoir, par après, engagé Les Tremeloes, ceux-ci ayant vendu pour le label la bagatelle de 15 millions de disques, dont 91 singles et EP, 14 albums studio, 76 compilations. Ils sont, de ce fait, un groupe très important des 60's...

Brian Poole & The Tremeloes : un style qui lui est propre.

L'histoire de cette formation prend racine dans l'Essex, à Barking, où deux amis, Brian Poole et Alan Blakley, étudiants à la Park Modern Secondary School, décident de fonder un groupe. Nous sommes en 1956 et les deux compères ont en tête le rêve de devenir des stars de la musique.

Armés de guitares acoustiques, avec un répertoire de quelques titres empruntés à Buddy Holly et aux Everly Brothers, ils se lancent pour voir.

Ils font alors la rencontre d'Alan Howard qui, du saxophone passe à la basse, puis celle de Dave Munden, batteur qui, comme eux en pince pour le rock de la fin des 50's.

Graham Scott, guitariste et possesseur d'un ampli, s'invite aussi dans cette mouture originelle. Il sera vite remplacé par Ricky West (1962).

Cette première incarnation joue tous les soirs et, de ce fait, progresse rapidement. Quand elle ne répète pas, elle se produit dans les salles de bal et les clubs de la région, allant même jusqu'à étendre son chaland aux bases militaires du pays.

Elle développe alors son propre style en s'appuyant sur de nouvelles chansons que les acteurs harmonisent à leur façon, chacun d'entre eux étant en capacité de chanter.

Groupe sans véritable identité à ses débuts, il passe professionnel en 1961 et s'assure une base très élargie de fans. Le jour de Nouvel An 62, Decca auditionne ceux qui se font désormais appeler The Tremeloes.

C'est l'épisode relaté précédemment, qui l'oppose aux Beatles et qui les voit, peu de temps après et sous la pression des auditeurs de la BBC Essex où ils disposent d'un temps d'antenne, être signés par Mike Smith et devenir Brian Poole And The Tremeloes, Poole étant considéré par ses partenaires comme le leader du groupe. Pour l'histoire, Mike Smith est l'homme qui, pour Decca, a refusé les Beatles.

Des débuts tonitruants.

Le premier hit en Grande-Bretagne tombe en juin 1963. Il consiste en une reprise de Twist And Shout, un standard du R&B, du twist et du rock de 1961 (écrit par Phil Medley et Bert Berns) que les Isley Brothers (juin 61) et les Beatles (printemps-été 63) ont préalablement inscrit à leur répertoire.

La version de Brian Poole And The Tremeloes, publiée quatre mois après celle des gars de Liverpool, se classe au 4ème rang des charts anglais et se traduit par des ventes supérieures au million de pièces.

Ce bon score lance la carrière du combo de Dagenham et donne raison au label sur son choix du 1er janvier 62.

Trois mois plus tard (septembre 63), le groupe y va d'un deuxième single, Do You Love Me, lequel atteint la première place des charts UK et évince de la plus haute marche du podium She Loves You, avant de signer derrière Candyman (N°6/janvier 64) et Someone Someone (N°2/mai 64).

D'autres chansons prennent place dans les charts à la même période mais sans reproduire les bons scores des singles précédemment cités. The Three Bells, par exemple, fera Top 20 en s'installant au 17ème rang.

Un seul être vous manque...

Alors que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes, le groupe se sépare en 1966, après que Brian Poole se soit vu proposer un contrat avec CBS en qualité d'artiste solo.

L'idée du label est alors de le faire enregistrer avec un grand groupe. En contrepartie du départ de son leader, les Tremoloes se retrouvent sans contrat. Néanmoins, ils comprennent le choix de Poole et l'exhortent à accepter la proposition.

Cette situation amène à s'interroger sur l'avenir du groupe. Peu de gens pensent alors que les Tremoloes ont encore un avenir, privé de leur membre charismatique.

C'est sans compter sur la détermination des membres restants, Rick West, Alan Blakley, Dave Munden et Alan Howard.

Un Tremoloes plus commercial.

Si Howard quitte ses partenaires en mai 66, remplacé par Mike Clark, lui-même suppléé rapidement par Len Chip Hawkes qui prend le chant à son compte, le groupe change radicalement de look.

Les musiciens délaissent les costumes de scène pour des vêtements plus tendance et se laissent pousser les cheveux. La période Poole est désormais derrière eux, ils vont dès lors s'employer à le démontrer sous la houlette de Ricky West, désigné nouveau leader...

Le quatuor publie pour Decca et en juin 66, un premier single, repris à Paul Simon, Blessed. Sans réussite. Désireux de s'orienter dans une direction plus commerciale, les Tremeloes passent de Decca à CBS.

Fait surprenant, Mike Smith se retrouve dans la même maison de disques. L'histoire repasse les plats et, sous l’œil du producteur, les Tremeloes reprennent leur bonne habitude d'empiler les hits.

Silence Is Golden pour se relancer.

Good Day Sunshine (1966) des Beatles ouvre le compteur des singles pour CBS. Il s'avère tout aussi infructueux que son prédécesseur, mais l'année 67 est une autre paire de manches...

L'année psychédélique débute par la publication d'un titre repris à Cat Stevens, Here Comes My Baby, lequel se classe 4ème dans les classements britanniques, imité en cela par son suivant Even The Bad Times Are Good. Disque d'or, Here Comes My Baby prend une honorable 13ème place dans le Billboard.

Mais la chanson qui colle le plus au parcours des Tremeloes de l'après Poole reste Silence Is Golden (1967), une reprise quasi à l'identique d'un titre des Four Seasons paru en 1964 comme face B de Rag Doll, N° 1 US du groupe vocal du New Jersey.

Les Tremeloes en font également un N°1, mais britannique, mi-mai 67. La chanson (chantée par Rick West) dont il existe une adaptation italienne (E In Silenzio), reste trois semaines dans les charts mais cartonne dans de nombreux pays du monde (Irlande, Norvège, Nouvelle-Zélande, Australie,Pays-Bas, Allemagne, Espagne, Belgique...).

Parallèlement, le marché américain réagit favorablement, Silence Is Golden, considéré comme leur chef d’œuvre ratant de peu le Top 10 du Billboard (N°11).

Tremoloes chip hawkes portrait

« Personne n'a plus rien à prouver aujourd'hui. Nous continuons pour le plaisir, nous interprétons nos titres et nos tubes et ils parlent d'eux-mêmes. » (Len Chip Hawkes)

 

 

Jusqu'en 71, le line-up reste une constante et celui-ci continue à engranger les succès : Be Mine (N°39/1967), Helule Helule (N°14/1968) même classement que Hello World, la même année, I Shall Be Released, repris à Bob Dylan (N°29/1968), tandis que Suddenly You Love Me et My Little Lady font 6 (UK/1968).

L'année suivante, 1969, Hello World se positionne au 14ème rang en Grande-Bretagne et (Call Me) Number One, un original de Blakley et Hawkes fait top 3 (N°2). Un an plus tard, le groupe signe encore By The Way (N°35) et Me And My Life (N°4), des mêmes auteurs.

Right Wheel, Left Hammer, Sham (N°46) et Hello Buddy (N°32), sortis au début des 70's, sont les derniers singles à se classer jusqu'en 1983 et Words. Entre temps, le duo Blakley/Hawkes continue à assurer l'écriture, mais avec moins de réussite cependant.

Les Tremeloes et les Trems pour pérenniser l'histoire.

En perte de vitesse et quelque peu lassé par la vie sur la route, le groupe lève le pied dès 1974. Le line-up subira alors des variations avec les entrées de Bob Benham et Aaron Woolley en lieu et place de Blakley et Hawkes (ils reprendront leur place après avoir développé d'autres projets).

Munden est resté la seule constante des Tremeloes (une quinzaine de LP au compteur) qui se reforment sous leur format d'origine dès 1983 et renouent aussitôt avec les charts (Words/1983).

Jamais cependant la formation ne se séparera jusqu'à aujourd'hui où les membres actuels continuent à écrire leur belle histoire.

Deux moutures valant mieux qu'une, l'avenir immédiat de cette formation légendaire des 60's s'écrit sous les Tremeloes (Rick Westwood, Mick Clarke, Chip Hawkes et son fils Jodie, Richard Marsh) et sous les Trems, composés d'anciens acteurs du groupe comme Joe Gillingham, Jeff Brown, Phil Wright et Syd Twynham.

De quoi ancrer un peu plus ce nom dans la mémoire collective et ne pas céder à l'oubli... Décidément, le rock ne prête qu'aux riches (RAZOR©2020).

 

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio N°7 du catalogue - 1970

 

The tremeloes may morning 70

 

THE TREMELOES

MAY MORNING – 1970  3,5/5

 

Publié en février 1970.

Produit par Castle Music.

Label:Castle Music.

Genre:soft rock,rock psychédélique.

 

Le meilleur des Tremeloes.

 

Avec le recul, ce que l'on peut reprocher aux Tremeloes, c'est d'avoir un peu trop appuyé sur les reprises au cours de son parcours. Il est vraisemblable que ce choix (ou une carence en termes de songwriting) leur a coûté une popularité supplémentaire et les a privés d'une carrière encore plus juteuse, eux qui ont été un des rares groupes du début des 60's à chatouiller l'hégémonie des Beatles.

Solides individuellement comme collectivement, ce groupe formé à la fin des 50's a, rappelons-le, remplacé au pied levé des Fab Four que Decca a refoulés, le label alors le plus important du rock n'ayant pas à regretter cette option à l'heure des comptes.

May Morning, l'album retenu ce jour, sort début 1970 et répond à l'objectif pour les Tremeloes d'habiller le film du même nom (film italien d'Ugo Liberatore avec Jane Birkin en vedette) de leur musique et de leurs chansons.

L'intrigue étant un peu légère et sujette à des approximations, le travail des musiciens anglais peine à combler les lacunes et ne permet pas de sortir le film de l'ennui. Et ce, en dépit d'un soin apporté au choix des chansons de la bande-son.

Sortie de son contexte,celle-ci s'avère un excellent travail placé dans un registre fin des 60's/début des 70's. L'écoute est agréable, articulée autour d'un lot de 14 titres dont certains très mélodieux et frais comme May Morning, Turn On With Thee, Beer Duel, Hard Time (RAZOR©).

 

1. May Morning.

2. All Pull Together.

3. Till The Sun Goes Down.

4. Turn On With Thee.

5. I Can't Even Breathe Down Here.

6. May Morning (Reprise 1).

7. Anything.

8. Think Of What You Said.

9. Beer Duel.

10. Hard Time.

11. I'll Take You Home.

12. Bunch Of Rapes.

13. May Morning (Reprise 2).

14. If You Know.

 

Rick Westwood:guitare,chant.

Len Chip Hawkes:basse,chant.

Alan Blakley:guitare rythmique,claviers,chant.

Dave Munden:batterie.

1 vote. Moyenne 5.00 sur 5.