The Undertakers.

BIOGRAPHIE.

 

 

THE UNDERTAKERS/Liverpool (Angleterre – UK)

 

The undertakers intro

 

Actif entre 1961 et 1965.

Label:Pye Records.

Genre:beat,pop,R&B,soul,rock and roll.

 

De sinistres liverpuldians.

Il fallait oser. Nommer un groupe de musique The Undertakers, que l'on peut traduire par « les pompes funèbres », n'est pas forcément du meilleur goût pour lancer une carrière sur la scène beat.

Il faut dire qu'à cette époque, pour pouvoir faire son trou, c'était parfois à celui qui avait le nom le plus absurde, qui était le plus provocateur ou suffisamment extravagant pour attirer l'attention.

Undertakers unearthed feat jackie lomax 1996 5De redoutables bêtes de scène.

The undertakers cercueilDe sinistres liverpuldians.

The undertakers nowLe groupe aujourd'hui.

Undertakers unearthed feat jackie lomax 1996 2Just A Little Bit, N° 49 des charts UK.

Undertakers unearthed feat jackie lomax 1996 3Jackie Lomax, une des figures du groupe.

Undertakers unearthed feat jackie lomax 1996 1Une excellente compil' publiée en 1996.

Tout le monde n'était pas pétri de talents comme les Beatles, ni n'avait la facilité de pondre des chansons pour pouvoir prétendre exister, à défaut de rivaliser.

Les liverpuldians n'ont pas craint de s'affubler de ce sinistre patronyme et d'aller au-delà même de leur démarche musicale, en poussant le côté macabre de cette dernière jusqu'à porter de longues redingotes et des chapeaux haut de forme noirs, imitant en cela les croque-morts du Far West.

Pire, les Undertakers installent un cercueil sur scène à chacune de leurs représentations publiques et se font photographier dans un corbillard pour une campagne de promotion américaine. A fond dans leur rôle de composition, il leur faudra faire appel à un professeur pour réapprendre à sourire quand ils changent leur identité pour les Takers.

De redoutables bêtes de scène.

Formation R&B/soul parmi les plus dures de la place et du moment, les Undertakers pratiquent une musique dans la filière des Ray Charles, James Brown, Fats Domino, Carl Perkins ou Chuck Berry et s'avèrent de redoutables performeurs scéniques.

Limités par leur manque d'intérêt à composer leurs propres titres, ces musiciens, préfèrent masquer leur carence en écriture en compensant par l'énergie, la dureté, l'excentricité, la théâtralité et l'atypicité (ils ont un joueur de saxo) dans l'interprétation du répertoire, généralement obscur, d'autrui.

Dans l'Angleterre puritaine du début des 60's, imaginer passer à la TV avec une telle image, relève de l'impossible... et pourtant, les Beatles en sont fans, un label majeur les signe, le Star Club de Hambourg, où ils évoluent sous Die Tötengraber (les Fossoyeurs) en fait son groupe-résident ; les States les invitent, Brian Epstein se propose de les manager et en retour, ils s'offrent le luxe de repousser son offre.

Les hard rockers du Merseybeat.

Les Undertakers ont une trajectoire digne des meilleures formations de l'échiquier Beat mais privilégient l'adage d'être le premier chez lui que le deuxième ailleurs.

Ils préfèrent jouer la carte du confort régional, de la sécurité assurée de décrocher plus facilement et rapidement des contrats et œuvrer à peaufiner leur réputation de bêtes de scènes. Et ça, personne ne peut le leur contester !

Nés à la fin des 50's à Wallasey dans le Merseyside, les Undertakers sont formés en 1961 sur les cendres de Bob Evans & The Five Shillings, devenu The Vegas Five (1959), un des premiers groupes de rock and roll de la région de Liverpool.

Le line-up d'origine s'appuie sur le chanteur Jimmy McManus, le bassiste Dave Cooper, le batteur Bob Evans, les guitaristes Chris Huston et Geoff Nugent ainsi que le saxophoniste Brian Jones. Ils sont respectivement surnommés Spam, Mushy, Big Bow, Shine, Trad et Boots.

Undertakers unearthed feat jackie lomax 1996 7

« A l'époque d'Hambourg, personne n'écrivait. Pas même les Beatles. Tout le monde faisait des reprises de R&B. Liverpool est un port et, d'une manière ou d'une autre, cette musique, inspirée des Ray Charles ou James Brown, s'est immiscée dans la conscience collective des gens de Liverpool. » (Jackie Lomax)

Atteint d'une maladie rénale, Evans cède son siège à Bugs Pemberton (fin 1961), tandis que Jackie Lomax, début 1962, succède à Cooper. Les deux nouveaux musiciens viennent de Dee & The Dynamites. La nouvelle incarnation constitue le line-up légendaire des Undertakers.

Ceux que l'on nomme depuis les hard rockers du Merseybeat pratiquent alors un répertoire qui fait la part belle à la soul et au R&B venus des Amériques (les Isley Brothers, Solomon Burke, The Impressions, Mary Wells, James Brown, Rosco Gordon) et au rock and roll ; ils accompagnent leurs apparitions sur scène d'un pas de danse (The Mashed Potato), popularisé à cette époque par James Brown.

Leurs spectacles dégagent une telle puissance à laquelle leur ampli de 100 watts n'est pas étranger. Groupe-phare de la Merseybeat, les Undertakers tapent dans l’œil des professionnels et experts de la place comme Brian Epstein auquel ils préfèrent Ralph Webster, un propriétaire de salle de bals local.

Le basculement de la décision en faveur de ce dernier est alors dicté par la garantie que ce manager très proche d'eux connaît beaucoup de monde au niveau régional et qu'il est à même de pouvoir leur assurer de multiples engagements. Car c'est ce qui prime chez ces musiciens : la scène.

A l'inverse, l'expertise de Brian Epstein, compte tenu du profil du groupe, les aurait vraisemblablement conduit à épouser un avenir autrement plus radieux, comme en atteste le chemin pris jusque là par les liverpuldians.

Artistes Pye.

Dès juillet 1962, les Undertakers se retrouvent à Hambourg, passage obligé pour les groupes ambitieux et talentueux du moment.

Ce cheminement et leur résidence durant l'été 62 au légendaire Star Club local ne passe pas inaperçu auprès de l'industrie du disque britannique.

C'est donc tout naturellement qu'un label majeur britannique, Pye Records (The Kinks, The Sorrows, Petula Clark, The Searchers, Sandie Shaw...) en l'occurrence, les signe au printemps 1963.

Malgré un partenariat sérieux, les artistes de la Merseyside ne publient aucun album mais enchaînent une série de singles, plus ou moins commerciaux.

Les premiers d'entre eux, Everybody Loves A Lover/(Do The) Mashed Potatoes (juillet 63) et What About Us/Money (septembre 63), ne marquent pas particulièrement les esprits, Pye décidant de placer en face A les titres les moins susceptibles de fonctionner.

Money (une reprise de Berry Gordy de la Tamla) s'avère notamment une interprétation très fiable et aussi convaincante que celle des Beatles (novembre 1963), publiée quelques semaines après la version des Undertakers.

Just A Little Bit.

Associés au choix du 3ème single, les Undertakers font le choix de privilégier Just A Little Bit aux dépends de Stupidity (février 1964). Le 45T touche enfin sa cible en se plaçant au 49ème rang des charts britanniques.

Malgré le succès de Just A Little Bit, l'ambiance entre le groupe et la maison de disques n'est pas des plus sereines. Les relations avec Tony Hatch sont tendues depuis le début, au motif de conditions financières insuffisantes.

Elles se durcissent un peu plus quand Petula Clark et les Searchers, voisins de paliers dans la maison Pye, se voient doter de moyens supérieurs et sont mieux considérés.

If You Don't Come Back/Think, crédité aux Takers, ne fait que rajouter de l'huile sur le feu entre les deux partis. Les musiciens apprécient fort peu que Pye les oblige à changer leur nom pour donner une image moins agressive et que leur 4ème single soit publié en quantité restreinte pour des raisons techniques incombant au label.

Une incontournable compilation de 21 titres.

C'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Les Undertakers prennent leurs clics et leurs clacs et s'envolent pour les States (fin 64) où ils vont désormais tenter de se relancer. Sans Geoff Nugent et sans contrat.

Le quatuor s'engage alors avec un certain Bob Harvey, chef d'entreprise new-yorkais, lequel manage déjà le Pete Best Combo, formation du premier batteur des Beatles. Tant que ses moyens lui permettent de jouer aux États-Unis et au Canada, le groupe continue à assurer spectacles et sessions.

Après un dernier single, I Fell In Love (For The Very First Time)/Throw Your Love Away Girl (Black Watch/1965), Harvey, à court d'argent, met un terme à sa collaboration avec les anglais en 1967.

Fort heureusement, Big Beat réhabilite en 1996, via une compilation complète reprenant 21 titres inédits et enregistrés par le groupe des deux côtés de l'Atlantique : The Undertakers Featuring Jackie Lomax-Unearthed.

Cette offre est aujourd'hui le meilleur point de chute pour juger de la solidité et de la puissance de ce groupe resté dans les mémoires à Liverpool. (RAZOR©2021)

DISCOGRAPHIE COLLECTION.

LP Compilation - 1996

 

Undertakers unearthed feat jackie lomax 1996 1

 

THE UNDERTAKERS FEATURING JACKIE LOMAX

UNEARTHED – 1996  5/5

 

Publié en 1996.

Produit par David Young.

Enregistrements 1963/1965.

Durée:48:35.

Label:Big Beat Records.

Genre:pop-rock,beat,rock and roll,garage rock.

 

Tout est là.

 

Les Undertakers étaient considérés comme l'un des groupes pratiquant une soul certainement la plus dure de la place de Liverpool dont ils sont originaires, rappelons-le. On en a la preuve ici dans ce disque qui compile des enregistrements de la période 1963/1965.

Les 21 titres proposés couvrent l'intégralité de ce que le groupe emmené par Jackie Lomax a réalisé. Rien n'est à jeter de ce lot puisé, dans sa partie initiale (8 titres), dans le catalogue Pye Records, pour le reste dans leur période américaine initiée avec leur déménagement à New York en 1965.

Cette phase outre-Atlantique n'a jamais fait l'objet d'un quelconque album, plombée par la démission subite de leur promoteur US du moment, Bob Harvey, amenant la liquéfaction du groupe et son retour au pays ; elle intègre cependant le single américain I Fell In Love, une curiosité.

Unearthed est un indispensable, la seule véritable collection digne de ce nom d'un groupe qui a réussi, au-delà de toute espérance, la fusion du R&B ricain avec le son de la Merseybeat (RAZOR©2021).

 

1. (Do The) Mashed Potatoes.

2. Everybody Loves A Lover.

3. Money (That's What I Want).

4. What About Us.

5. Just A Little Bit.

6. Stupidity.

7. If You Don't Come Back.

8. Think.

9. Be My Little Girl.

10. She Said Yeah.

11. I Need Your Lovin'.

12. Tell Me What You're Gonna Do.

13. Tricky Dicky.

14. Irresistable You.

15. Love Is A Swingin' Thing.

16. Hey-Hey-Hey-Hey !

17. You're So Fine And Sweet.

18. Leave My Kitten Alone.

19. Watch Your Step.

20. Throw Your Love Again Girl.

21. I Fell In Love (For The Very First Time).

 

Bugs Pemberton:batterie.

Chris Huston:guitare.

Geoff Nugent:guitare rythmique.

Brian Jones:saxophone (sur 12).

Jackie Lomax:chant,basse.

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