T.Rex.

BIOGRAPHIE.

 

T.REX/Londres (Angleterre)

 

T rex band

 

Actif entre 1967 et 1977.

Labels:Reprise,Relativity,Polygram,T.Rex,Regal Zonophone,Fly records,Spectra Records.

Genre:rock 'n' roll,folk-rock,glam rock,rock psychédélique,protopunk.

 

Trop beau pour vivre, trop jeune pour mourir.

Trop beau pour vivre, trop jeune pour mourir. Cette devise, prémonitoire en ce qui le concerne, Marc Bolan, grisé par son existence de pop-star, a tant de fois flirté avec, qu'il fallait bien, à force de défier en permanence la Grande Faucheuse, qu'elle lui explose au visage. Sa vie rock 'n' roll, cadencée par les prises de drogues, la consommation outrancière d'alcools et le sexe à gogo, si elle a fait sa popularité et son succès, a surtout causé sa perte, l'artiste anglais disparaissant accidentellement contre une clôture de Queen's Ride, à quelques semaines de ses 30 ans. Trop jeune, trop tôt. C'était écrit.

Né Mark Feld dans le quartier londonien d'East End, début juin 1947, Marc Bolan était guitariste, chanteur et songwriter, mais il fut surtout célèbre pour avoir été le leader du groupe T.Rex. Feld, il ne le reste que temps de vivre sa jeunesse et son adolescence ; il devient Bolan quand il épouse une carrière carrière musicale à laquelle il était visiblement prédestiné, puisqu'il s'est vu offrir sa première guitare à 9 ans. Feld choisit le pseudonyme de Bolan parce qu'il en pince pour Bob Dylan, aussi en contractant le nom de son héros, il fabrique le Bolan qui s'annonce.

La faute à Dylan, à Berry, Vincent, Eddie...

Après avoir tenté une carrière dans le mannequinat à 18 ans (John Temple Boy), la musique le rattrape alors : la faute à Dylan et à Chuck Berry, Eddie Cochran, Gene Vincent pour lesquels il voue un culte. Après avoir erré durant ses premières années musicales (1964) sous un premier pseudo, Toby Tyler, il opte pour Marc Bolan au moment où Decca Records s'intéresse à lui. Il rejoint le label en août 1965 et publie un premier single, The Wizard (novembre 1965), puis deux démos (Reality et Song For A Soldier). L'artiste évolue alors dans une veine folklorique proche de Dylan et Donovan.

En juin 1966 sort un deuxième single, The Third Degree/San Francisco Poet, puis quelques mois plus tard, Hippy Gombo, mais sa carrière n'explose pas vraiment. Alors il provoque les événements. Sûr de son potentiel, il frappe à la porte de Simon Napier-Bell, connu comme producteur et comme l'homme derrière la carrière de groupes tels les Yardbirds et le groupe mod excentrique John's Children, torride formation de scène. Persuadé être la plus grande star britannique, il exhorte le manager à le prendre sous son aile et débarque carrément chez lui, le soir même. Une étoile est née.

A Star is Born.

En mars 1967, Marc Bolan est intégré au sein des John's Children, à charge pour lui d'améliorer le niveau musical du groupe. Bien que venu du folk, le natif de Stoke Newington se fond rapidement dans le moule de ce combo aux prestations dévastatrices, précurseur du glam rock. Bolan apporte son écot à l'image scandaleuse de John's Children et n'est pas le dernier à casser son matériel.

Dans un registre équivalent aussi décadent, il signe, pour ce groupe, le titre Desdemona, que la BBC refusera de passer sur ses ondes en l'état. Bolan passe quatre mois au milieu de ces sauvages, se fâche avec Napier-Bell et quitte le groupe en juin 1967. Il préfère retourner au folk, à l'écriture de chansons, de romans fantastiques et à la poésie.

De Tyrannosaurus Rex à T. Rex.

En rebondissant sur Tyrannosaurus Rex, il retrouve le folk qu'il affectionne, même si désormais celui-ci se veut plus psychédélique. Le groupe qu'il forme en août 1967 évolue dans un premier temps sous forme d'un quatuor : Marc Bolan, Ben Cartland à la guitare, Steve Peregrin Took à la batterie et un bassiste inconnu au bataillon. Cette structure est ramenée à un duo le mois suivant. Bolan et Steve Peregrin Took forment le duo Tyrannosaurus Rex.

T rex marc bolan 1Marc Bolan, trop beau pour vivre, trop jeune pour mourir.

T rex bolan 2De Tyrannosaurus Rex à T. Rex.

T rex bolan tookSteve Peregrin Took et Marc Bolan.

T rex bolan finnMarc Bolan et Mickey Finn.

T rex visconti studioToni Visconti, producteur légendaire de T. Rex.

Parmi ses admirateurs, le duo compte un certain John Peel, animateur-radio sur la BBC, lequel va se charger de le promouvoir sur les ondes. Celui-ci contribue énormément à l'envol de Tyrannosaurus Rex qui devient un segment majeur de la grouillante scène underground britannique. Le producteur new yorkais Tony Visconti est l'autre élément-clé de la carrière de Bolan et de Tyrannosaurus Rex.

Son travail d'arrangements et de production installe le climat particulier que l'on retrouve dans la discographie des 70's de Marc Bolan.My People Were Fair and Had Sky in Their Hair...

But Now They're Content to Wear Stars on Their Brows sort en juillet 1968 chez Regal Zonophone, label hébergeant alors des artistes come The Move, Joe Cocker ou Procol Harum.

Au menu, une demi heure de folk à deux autour d'une gratte et de percussions. Jamais ennuyeux mais pas le meilleur du catalogue non plus, ce premier disque génère quelques beaux moments Chateau In Virginia Waters, Mustang Ford ou Frowning Atahuallpa.

Unicorn, N° 12 au Royaume-Uni.

Trois mois plus tard (mi octobre 1968), le catalogue s'enrichit d'un nouvel opus folk, mais plus psychédélique, le sous-estimé Prophets Seers And Sages : The Angles Of The Ages.

Mais c'est en 1969, le 16 mai, que tombe dans les bacs anglais ce qui constitue la meilleure référence de Tyrannosaurus Rex, Unicorn, N° 12 au Royaume-Uni et pour la première fois distribué aux Etats-Unis.

Album plus mature, plus accessible, Unicorn est le plus apprécié du catalogue du duo Bolan/Took, porté par les grands titres que sont She Was Born To Be My Unicorn, Nijinsky Hind, The Sea Beasts, Chariot Of Silk, 'Pon a Hill et The Seals of Seasons.

Hélas, des tensions apparaissent entre les deux acolytes qui ne permettent pas de donner suite à ce disque intéressant. Bolan se sépare de Took qu'il s'empresse de remplacer par un autre percussionniste, Mickey Finn.

Ce changement intervient juste avant de rentrer en studio pour l'enregistrement de A Beard Of Stars, libéré le 13 mars 1970 toujours pour le compte de Regal Zonophone. Sur cet album, Marc Bolan passe à l'électrique et fait, en quelque sorte, la transition avec ce qui va suivre.

T. Rex et la filière glam.

La suite s'appelle T. Rex. Le nom est raccourci pour concorder, dès octobre 1970, avec le changement musical opéré par Bolan, toujours accompagné de Finn.

De folk expérimental, la musique mute vers un rock plus électrique. Cette mutation plaît d'emblée à un public qui s'est du même coup élargi.

Un cinquième LP émonyme, le premier de l'ère T. Rex, sort le 18 décembre 1970 chez Fly (U.K) et Reprise (U.S). C'est encore un produit d'appellation Tyrannosaurus Rex, dans la mesure où les enregistrements ont été réalisés sous l'ancienne identité, mais il est crédité à T. Rex. Il se place dans la continuité de l'album précédent, l'empreinte électrique étant toutefois plus marquée. Le vrai changement est perceptible à partir d'Electric Warrior (septembre 1971), album par lequel T. Rex évolue dans une structure à quatre : Marc Bolan à la guitare et au chant, Mickey Finn aux percus, Steve Currie à la basse et Bill Legend à la batterie. T. Rex connaît une succès planétaire; la T. Rextasy enterre la Beatlemania.

Avec David Bowie/Ziggy Stardust, l'ancien baba se pose désormais comme le pionnier de la filière glam, le chantre d'un rock androgyne et à paillettes arborant vêtements en cuir, chaussant boots à talons, maquillé comme une poupée Barbie, suscitant les vocations des Sweet, Suzi Quatro, Alvin Stardust ou de Gary Glitter.

Des tubes à gogo et une lente agonie.

Deux singles, Jeepster et Get It On, permettent à ce 6ème volume discographique de triompher au Royaume-Uni (N°1) et aux Etats-Unis (N°32). Dès lors T. Rex va se mettre à alimenter les charts en hits monstrueux et réaliser quelques albums pas piqués des vers, à l'image de Slider (4ème en 1972). Telegram Sam (janvier 1972) et Metal Guru (juin 1972) s'installant une nouvelle fois en tête des hits, Bolan est élevé au rang de star internationale.

Tanx (janvier 1973/EMI) est le dernier LP à connaître un franc succès. La star se fait décadente à force de trop de drogues et d'alcools et de mener une vie dissolue et dépravée. Bolan n'est plus que l'ombre de lui-même, il est bouffi, accro, associal et le public commence à se détourner du phénomène, d'autant que, dans le même temps, le glam s'essouffle. La presse spécialisée le critique au motif d'être redondant et de ne plus progresser.

Tanx ne trahit cependant rien de cette lente déchéance qui va durer 4 longues années, même si la pochette de l'album en porte les stigmates. LP de la maturité, ce huitième opus est encore très bon et se positionne au 3ème rang au Royaume-Uni; il recèle quelques pépites comme Left Hand Luke, Tanx, 20th Century Boy ou Children Of The Revolution.

T rex tony visconti

«  Ce que j'ai vu dans en Marc Bolan, avant toute autre chose, c'est son talent brut. J'ai vu le génie qu'il était. A l'époque, il évoluait dans un duo folk, mais j'ai décelé aussitôt en cet artiste une rock star potentielle et ce, dès la minute où je l'ai rencontré. » (Tony Visconti)

Neuvième levée de la discographie, Zinc Alloy and the Hidden Riders of Tomorrow (EMI) est sur le marché le 1er février 1974. Plus sombre et complexe, il traduit les doutes qui envahissent l'artiste depuis qu'il n'est plus l'idole du public. Ce disque est certainement le premier à diviser autant les fans de T. Rex. Seulement 13ème des charts, Teenage Dream voit la tendance s'inverser ; Bolan n'est plus aussi populaire, T. Rex ne s'impose plus nulle part.

Aux Etats-Unis qu'il tente pour une énième fois de séduire, il publie un décevant Light Of Love. Son label habituel pour le marché américain (Reprise) le lâche, Toni Visconti son producteur légendaire prend de la distance, rien ne va plus, d'autant que Casablanca Records, l'étiquette disco (Kiss, Donna Summer, Cher, Village People) est dans une situation financière précaire. T. Rex ne reverra plus les Etats-Unis que dans les yeux de Gloria Jones (Tainted Love), rencontrée en 1969 et qui devient sa girlfriend.

Culte pour les punks.

Le groupe tente de se refaire une santé au Royaume-Uni avec un dixième vinyle. Zip Gun's Bolan (février 1975/EMI) lui maintient la tête hors de l'eau. Mère de Rolan Bolan (né en septembre 75) et conductrice de la Mini 1275 GT dans laquelle Marc Bolan a perdu la vie, la choriste de T. Rex Gloria Jones, qui a intégré T. Rex dès l'album US précédent (elle joue du clavinet), est également impliquée dans cette renaissance.

Deux singles figurent sur l'album: Light Of Love (N°22) et Zip Gun Boogie (N°41). Pour la première fois, T. Rex sort du top 20. Du jamais vu depuis 1970. Le Dieu Bolan a définitivement perdu de sa superbe mais retrouve un certain élan.

Pompeux et grandiloquent, Futuristic Dragon (30 janvier 1976/EMI) marque le début d'une période de vaches maigres pour T. Rex et son leader malgré le beau sursaut que constitue Dandy In The Underworld paru 6 mois avant sa mort. C'est donc son dernier album et il est T. Rex à lui tout seul. Marc Bolan n'a convoqué autour de lui que des musiciens de studio et des invités. Il fait le reste en assurant basse, guitares, percus, maracas... Il renaît, au point que le punk qui s'est installé dans le rock, l'élève au statut d'artiste culte. Ce qu'il est resté depuis ce fatal 16 septembre 77. Trop jeune, Trop tôt. C'était écrit (RAZOR©).


 

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 6 - 1971

 

T rex electric warrior

 

T. REX

ELECTRIC WARRIOR – 1971  5/5

 

Publié le 24 septembre 1971.

Produit par Tony Visconti.

Durée:39:02.

Label:Fly (UK),Reprise (USA).

Genre:glam rock,hard rock.

 

Incontournable.

 

6ème levée de la discographie réunifiée Tyrannosaurus Rex et T.Rex, Electric Warrior (en écoute intégrale ici) est certainement ce que Marc Bolan a signé de mieux dans sa carrière. Bien accueilli par la critique comme par le public, ce disque de 71, considéré comme séminal dans le glissement du rock vers le glam rock, se classe en tête des ventes chez lui, au Royaume-Uni. Aux States, il se comporte honorablement et apparaît au 32ème rang du Billboard.

Pas besoin de faire un dessin, Electric Warrior, encore aujourd'hui placé 160 dans la liste des 500 plus grands albums de rock de tous les temps (Rolling Stone), est une base du catalogue des anglais.

Enregistré entre Londres et New York, Electric Warrior est sorti chez les disquaires à une époque où le groupe est déjà très populaire en Angleterre où l'on ne parle plus de Beatlemania mais de T. Rextasy, mais pas encore aux Etats-Unis.

Au Royaume-Uni, la fin des Beatles divise le rock du début des 70's, le rock se cherche entre blues-rock et rock progressif. La filière glam des Bowie, Roxy Music et T. Rex s'installe alors.

Androgyne, maquillée à outrance, revêtant costumes à paillettes et chaussant bottes à talons, la scène glam effeminée plaît aux minettes, Marc Bolan en tête qui, baba hier encore, fait sa mutation ici et ça marche plutôt pas mal. Il entraîne T. Rex dans un lot de 11 titres plutôt surprenants.

Le T. Rex en question, c'est, outre Bolan à la guitare et au chant, Mickey Finn aux percussions et aux chœurs, Steve Currie à la basse, Will Legend à la batterie. A leurs côtés, Ian McDonald le saxophone de King Crimson premier acte, Burt Collins (bugle) et une palanquée de choristes pas piqués des vers, Mark Volman et Howard Kaylan (Flo & Eddie, Turtles) et Frank Zappa. Rick Wakeman (Yes) fait une pige aux claviers sur Get It On.

Que du beau linge pour un disque qui ne serait pas ce qu'il est si Tony Visconti n'avait pas été à la technique. Le producteur légendaire de T. Rex n'a pas son pareil pour faire briller son Bolan à la voix chevrotante mais charismatique si caractéristique.

Par ses arrangements riches, il magnifie par ailleurs matière pourvoyeuse de hits avec laquelle Bolan a alimenté Electric Warrior, comme Jeepster et Get It On (Bang A Gong aux Etats-Unis), riffées et rythmées comme pas deux, comme la ballade sensuelle Girl, sur laquelle n'aurait pas craché David Bowie, comme Cosmic Dancer, Mambo Sun, Monolith. On pourrait les citer toutes tant elles sont toutes dignes d'intérêt. C'est clair, chanson après chanson, Bolan vous attire dans les mailles de son filet.

Les grands disques vont et viennent, quelques-uns restent. Comme Electric Warrior ayant résisté au temps durant les décennies qu'il a traversées, sans jamais prendre une ride, sans jamais faire l'objet de critiques négatives tout en restant constamment dans le cœur du public. Et ça, ça n'est pas par l'opération du Saint-Esprit. Electric Warrior est un grand disque ; on peut l'admettre même si on n'est pas fan de glam rock (RAZOR©).

 

1. Mambo Sun.

2. Cosmic Dancer.

3. Jeepster.

4. Monolith.

5. Lean Woman Blues.

6. Get It On.

7. Planet Queen.

8. Girl.

9. The Motivator.

10. Life's A Gas.

11. Rip Off.

 

Marc Bolan:chant,guitares.

Micky Finn:percussions,voix.

Steve Currie:basse.

Will Legend:batterie.

Burt Collins:cornet.

Howard Kaylan,Mark Volman,Frank Zappa :choeurs.

Ian McDonald:saxophone.

Rick Wakeman:claviers sur 6.

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