Ashton, Gardner & Dyke.

BIOGRAPHIE.

 

ASHTON GARDNER & DYKE/Londres (Angleterre – UK)

 

Ashton gardner dyke 1

 

Actif de 1968 à 1972.

Labels:Polydor,Capitol.

Genre:jazz-rock,rock,blues-rock.

 

Plus qu'un one-hit wonder...

Réduire Ashton Gardner & Dyke à un one-hit wonder relève de l'incongruité la plus totale tant, en plus de The Resurrection Shuffle (N°3 au Royaume-Uni et 14 semaines dans les charts, N°40 du Billboard 100), le succès qui les a popularisés en 1970, le trio londonien s'est construit une discographie très intéressante durant les 4 ans qu'il est resté ensemble.

Avant sa dissolution en 1972, Ashton Gardner & Dyke a sorti 3 albums studio pour lesquels la critique s'est montrée, à juste titre, plutôt bienveillante : l'éponyme Ashton Gardner & Dyke (1969), The Worst Of Ashton Gardner & Dyke (1971) et What A Bloody Long Day It's Been (1972).

Malheureusement, malgré le pedigree impressionnant de ses membres, la musique qu'ils ont élaborée autour d'un jazz-rock léger n'a jamais trouvé preneuse auprès du grand public (la faute aux cuivres, pas encore admis dans le rock). Seuls les puristes du genre ont reconnu à cette tierce dynamique, puissante et talentueuse, les mérites qui lui revenaient de droit.

Ashton gardner dykeDes musiciens aguerris...

Ahston gardner dyke intro...actifs depuis le début des 60's.

Ashton gardner dyke the resurrection shuffle 3The Resurrection Shuffle (1970).

Ashton gardner dyke what a bloody long day it s beenUne discographie intéressante.

Les autres sont restés sur Resurrection Shuffle et c'est bien dommage car l'affaire, alors fort prometteuse, méritait bien mieux que ce constat réducteur. C'est la loi du rock.

Des musiciens aguerris.

A la fin des 60's, tous les voyants sont au vert quand Tony Ashton, Kim Gardner et Roy Dyke décident de mettre leurs compétences et leur expérience en commun dans une structure tricéphale, en associant simplement leurs patronymes.

Ils ne partent pas à l'aventure la fleur au fusil, tous sont déjà des musiciens chevronnés, rompus aux métiers de la musique pour avoir fourbi leurs premières armes au début de la décennie.

L'un comme l'autre a déjà déroulé du câble, comme on dit ordinairement...

Ainsi, Tony Ashton, organiste et chanteur, natif de Blackburn, fait ses débuts dans le beat au sein des Executives, avant d'intégrer les Collage Boys, puis les Mastersounds et d’atterrir dans le Remo Four (mars 65), groupe-phare de la Mersey-Beat dans lequel officie, depuis son origine (1961), Roy Dyke, batteur.

Les Remo Four travaillent essentiellement comme musiciens d'accompagnement (sur le premier projet personnel de George Harrison en 1967).

Ils sont aussi des piliers du Cavern Club de Liverpool (1961/62) et du Star-Club de Hambourg (milieu des 60's). Comme les Beatles.

Au terme de Remo Four (début 1968), Ashton et Dyke font la rencontre de Kim Gardner, bassiste, dont le parcours débute, en 1961, auprès de Ronnie Wood, d'Alistair McKenzie, de Tony Monroe et de Pete McDaniels dans les Birds (les oiseaux maudits du rock), un des groupes R & B les plus puissants du moment.

Les Birds terminés (fin 1966), Gardner rebondit dans le groupe The Creation, un groupe beat qui dure deux ans, qui connaît deux succès mineurs au Royaume-Uni (Making Time et Painter Man) et se classe N°1 en Allemagne.

Des tonnes d'idées en tête.

Quand The Creation se sépare au printemps 1968, Gardner accepte l'offre d'Ashton et de Dyke de repartir sous la forme d'un trio. Le groupe se constitue aussitôt, en avril 1968, pressé de mettre en application les bonnes idées que ses acteurs ont en tête.

Original, Ashton Gardner & Dyke affiche d'emblée de belles promesses et se taille rapidement une solide réputation, renforcée par le fait qu'il soutient P.P. Arnold à l'occasion de sa tournée britannique.

Signé par Polydor à la fin de l'année 1968, le trio sort un premier single, Maiden Voyage/See The Sun In My Eyes, lequel ne touche pas sa cible mais l'album éponyme (1969/Polydor), d’obédience jazz, qui suit l'année suivante, surprend lui par son contenu raffiné, bien léché et intelligent, ainsi que par l'approche personnelle que les musiciens en ont.

Revenu d'une tournée avec Delaney & Bonnie, le groupe, déçu par l'insuccès de son LP, rebondit chez Capitol. (1970). L'effectif est augmenté avec l'arrivée de Mick Liber (lead Guitare), ancien de Python Lee Jackson, grand groupe australien, tandis qu'une section de cuivres, recrutée auprès de Keef Hartley, complète alors le quatuor (Lyle Jenkins et Dave Caswell). Le nom du groupe n'est pas pour autant modifié.

Une discographie à (re)découvrir.

Pour Capitol, les anglais publient trois autres albums (The Worst Of Ashton Gardner & Dyke/1971, What A Bloody Long Day It's Been/1972 et la B.O du film The Last Rebel avec Jon Lord/1971) et autant de singles : The Resurrection Shuffle/Hymn To Everyone en 1970, Can You Get It/Delirium (1971) et Still Got A Long Way To Go (1972).

Resurrection Shuffle a le succès que l'on sait, mais celui-ci ne doit pas occulter la pertinence et la qualité du deuxième opus d'un groupe très sous-estimé du grand public.

Il n'est pas inconsidéré dans le milieu du rock, c'est un fait, car un parterre d'artistes de renommée internationale s'invite sur The Worst Of Ashton Gardner & Dyke. Et pas des moindres : Eric Clapton évoluant sous Sir Cedric Clayton, George Harrison (George O'Hara Smith), Stan Webb, Ron Wood, Jim Price, Paul Pilnik, Chris Barber, Jon Lord, Brian Cole, P.P. Arnold.

Varié dans son écriture et ses arrangements, ce lot d'une dizaine de chansons influencé par le R & B, est encore une œuvre à ne pas écarter.

Classé 185 dans les classements d'albums, il est fort vraisemblable que son échec commercial est lié à son titre, pas vraiment inspiré pour le coup et au fait que la réussite de Resurrection Shuffle ait cloisonné un peu hâtivement le groupe comme pop. Ceci a joué en sa défaveur.

Ashton gardner dyke tony ashton portrait

« Le succès s'est retourné contre nous. Notre volonté première était d'être un groupe à albums, mais dès que The Resurrection Shuffle a eu la réussite que l'on sait, Ashton Gardner & Dyke a été catalogué comme groupe pop. Après, ça a été très compliqué de se débarrasser de cette étiquette. » (Tony Ashton)

La référence What A Bloody Long Day It's Been.

Sur les routes, Ashton Gardner & Dyke est toutefois bien accueilli et ses spectacles sont solides et très appréciés, à l'instar du live Let It Roll. Le trio ne parvient cependant pas à décoller malgré son ambition de proposer mieux et d'aller plus loin dans sa musique, un panel de son fidèle auditoire exigeant de lui d'autres Resurrection Shuffle.

Le groupe, ambitieux, poursuit néanmoins sa stratégie de faire des albums, malgré le statut de plus en plus pesant généré par leur hit. La tierce entre en studio pour construire le troisième pan de son catalogue, What A Bloody Long Day It's Been (1972), son travail le plus compact et le plus abouti.

Pour l'occasion, Ashton Gardner & Dyke apparaissent ici affublés d'un « & Co » qui, bien que réducteur, vise à associer le reste de la troupe, Mick Liber, d'une part, ainsi que la section cuivres.

Que de regrets...

Malgré la qualité de ce troisième opus, les trois musiciens ne parviennent toujours pas à fidéliser un véritable public et décident alors d'une séparation (1972).

Ashton rebondit alors sur Family (de novembre 72 à octobre 73), dont c'est alors la dernière incarnation, avant de former Ashton Paice & Lord (1976/1978), après le départ de de Ian Paice et Jon Lord de Deep Purple.

Sans contrat et sans perspectives à la fin de cette expérience, Ashton connaît une fin de décennie compliquée et traverse des périodes difficiles durant les 80's.

Il amorce les années 90 en se convertissant à la peinture et en prenant part à quelques réunions. Tombé gravement malade au début du nouveau millénaire, il décède le 28 mai 2001 d'un cancer.

Triste réalité, la même année 2001, mais en octobre (le 24), Kim Gardner, après avoir déménagé aux États-Unis où il tourne avec Pacific Gas & Electric, devenu alors le projet personnel de Charlie Allen, disparaît également d'un cancer.

Tout en continuant la musique, il ouvre un pub sur Laurel Canyon Boulevard à Hollywood (Cat & Fiddle Restaurant-Pub) ; celui-ci devient le lieu de rendez-vous incontournable des rockers californiens.

Seul Roy Dyke est toujours en vie. Aux dernières nouvelles, le batteur de Liverpool vit toujours à Hambourg où il s'est installé au début des eighties. Jusqu'en 2013, il pointait encore dans l'effectif des Boogie House, un groupe local. Depuis, plus rien...(RAZOR©2021)

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 3 - 1972

 

Ashton gardner dyke what a bloody long day it s been

 

ASHTON GARDNER & DYKE

WHAT A BLOODY LONG DAY IT'S BEEN – 1972  4/5

 

Publié en 1972.

Produit par Tony Ashton.

Durée:41:13.

Label:Capitol.

Genre:jazz-rock,blues-rock,rock,boogie-rock,rock progressif.

 

Un travail abouti.

 

Constitué par Tony Ashton, Kim Gardner et Roy Dyke au regard de la passion commune que ces trois musiciens portaient au jazz et au format à trois, Ashton Gardner & Dyke signe avec What A Bloody Long Day It's Been (1972/Capitol), sa troisième levée discographique studio.

Les deux premières (Ashton Gardner & Dyke/1970 et The Worst Of Ashton Gardner & Dyke/1971) n'ont pas tiré de bénéfices en termes de retombées commerciales mais n'ont pas pour autant raté leur effet auprès des puristes du genre.

Le volume 3, crédité à AGD & Co (la section de cuivres et le guitariste Mick Liber), plus abouti et plus cohérent, marque toutefois le sommet artistique des anglais, le moment fort d'une carrière qui va, en ce qui concerne cette structure, s'achever à la suite de cet enregistrement.

La faute à un succès (The Resurrection Shuffle) qui leur colle trop aux basques et qui les empêche d'avancer et d'aller plus loin, malgré leur volonté affichée de passer outre.

Prisonnier d'une réussite difficile à gérer, le trio n'arrivera jamais à se débarrasser de l'étiquette pop dont on l'a un peu vite affublé. Il ne s'en relève pas et préfère passer son chemin.

Pourtant, il a d'autres arguments à faire valoir comme il le démontre ici dans un répertoire d'excellente qualité oscillant entre jazz-rock, boogie-rock et blues-rock.

It's A Gonna Be High Tonight, The Falling Song, It's A Drag I'm A Drag et Ballad Of The Remo Four ont mes faveurs. Faites comme moi, foncez. Je doute que vous soyez déçu par la prestation (RAZOR©).

 

1. It's Gonna Be High Tonight.

2. It's a Drag I'm a Drag.

3. Still Got a Long Way to Go.

4. Falling Song.

5. Ballad of The Remo Four.

6. (The Old) Rock and Roll Boogie Woogie.

7. Got to Get Back to You.

8. What a Bloody Long Day It's Been.

9. I'm Going to a Place.

 

Kim Gardner:basse.

Roy Dyke:batterie,percussions.

Tony Ashton:claviers,chant.

Mick Liber:guitare.

Lyle Jenkins:saxophone,flûte.

John Mumford:trombone,percussions.

Dave Caswell:cor,trompette.

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