Billy Cobham.

BIOGRAPHIE.

 

BILLY COBHAM/Panama

 

Billycobham1

 

Né le 16 mai 1944 à Panama.

Actif depuis les 60's.

Labels:Atlantic,CBS,Elektra,Inakustik,GRP,Cleopatra,Evidence,Nicolosi Productions,CTI.

Genre:rock,funk,jazz-funk,jazz-fusion,jazz-rock.

Site internet:billycobham.com

 

La dextérité du jazz alliée à la force du rock.

A une époque où Miles Davis, après avoir fusionné le son électrique de la fin des 60's avec le jazz, prend une coloration plus funk, Billy Cobham est invité à rejoindre le groupe du trompettiste, en qualité de batteur-percussionniste, suite à la défection de Buddy Miles. Il apparaît sur deux albums cultes de Miles Davis : Bitches Brew et A Tribute To Jack Johnson. John McLaughlin est alors le guitariste de la formation avec lequel Cobham se montre, musicalement parlant, particulièrement fusionnel.

Au début des 70's, quand ce dernier tourne le dos à Davis pour créer son propre groupe de jazz-fusion, il propose à Billy Cobham de le suivre dans ce projet ambitieux. Le batteur intègre le line-up original du Mahavishnu Orchestra, qui, du fait de son statut de pionnier et de maillon important du genre, va contribuer à placer le batteur sous les projecteurs. Bill Bruford, Phil Collins et le batteur de Tool, Danny Carey, s'en revendiquent aujourd'hui.

Depuis, le panaméen de naissance, new yorkais d'adoption mais résident suisse depuis près de 3 décennies, n'a jamais levé le pied, cumulant avec un égal bonheur son activité de prédilection, la musique, dont il reste un explorateur insatiable, son engagement auprès de l'UNICEF et son implication très marquée dans le WOMAD Festival (World Of Music, Arts and Dance) initié en 1982 par Peter Gabriel.

Billycobham george dukeBilly Cobham et George Duke.

Billycobham2La dextérité du jazz et la force du rock.

Billycobham 2016Impliqué dans plus de 150 disques.

Billycobham spectrumLe chef d'oeuvre Spectrum (1973).

De Colon à Bed-Stuy.

Né le 16 mai 1944 dans la ville portuaire panaméenne de Colon, Billy Cobham est encore un très jeune enfant quand il débarque à New York avec sa famille, à l'hiver 1947. Elle s'installe, dans un premier temps, au nord de Manhattan, dans le quartier noir d'Harlem, devenu alors un ghetto ravagé par la misère, le chômage, la violence, l'échec scolaire et les trafics. Puis déménage dans le centre de Brooklyn, à Bed-Stuy. Entendez par là, Bedford-Stuyvesant, guère plus recommandable.

Dans ce quartier où se côtoient les communautés, il vit au contact de la musique, notamment du jazz et du folklore latino, lequel va éveiller en lui ce sens inné du rythme. A huit ans, le jeune Cobham s'affiche pour la première fois devant un parterre, avec la bénédiction de son père. Pendant quelques années, il joue de la batterie dans le cadre d'une église du Queens. Vers l'âge de 15 ans, il intègre la New York’s High School of Music and Art, une des plus grandes écoles de musique de la région. En se retrouvant au contact d'intervenants prestigieux comme Jimmy Owens, Eddie Gomez, Larry Willis, Stan Getz ou Thelonious Monk, il y apprend les bases de la batterie et le solfège. Il en ressort diplômé en 1962.

En stage chez Horace.

Après 3 ans d'obligations militaires au sein de l'US Army dont il intègre le groupe comme percussionniste (1965/68), Cobham rejoint, en 1968, la formation d'Horace Silver, The Horace Silver Quintet, véritable tremplin pour jeunes musiciens en devenir.

Avec Silver mais aussi Stanley Turrentine (saxophone), Shirley Scott (organiste) et George Benson (guitariste), il fait sa première tournée européenne en 1968, tournée qui, fait rare, est financée par le gouvernement américain.

Son statut commence alors à changer ; Cobham est désormais tenu en haute estime, s'affirmant comme un des tout bons percussionnistes de l'instant. C'est le moment qu'il choisit pour s'émanciper de Silver et tenter sa chance sous d'autres cieux.

Coryell, David, McLaughlin...puis à son compte.

Avec Dreams dans un premier temps, dès la fin des 60's, point de départ rêvé pour aborder la fusion entre jazz, rock et funk et se positionner à l'avant-garde de cette tendance, puis aux côtés de Larry Coryell pour contribuer au fameux album Spaces (1970).

Avec Miles Davis ensuite, comme évoqué préalablement et avec lequel Cobham partage beaucoup de goûts musicaux. Avec John McLaughlin et le Mahavishnu enfin, au sein duquel il passe deux ans et demi (1971/73), contribue au meilleur de la discographie du groupe (The Inner Mounting Flame, Birds Of Fire et le live Between Nothingness and Eternity) et assure pas loin de 500 dates.

Après avoir pris la décision de se mettre à son propre compte, Billy Cobham signe chez Atlantic pour lequel, entre 1973 et 1976, il signe pas moins de 6 LP : Spectrum, son chef d'oeuvre (mai 73), Total Eclipse et Crosswinds en 1974, le live Shabazz et A Funky Shide Of Sings en 1975 et Life and Times en 1976.

Billy cobham portrait

" La musique révèle au monde ce que vous êtes. Par le biais de ce que vous faites, mais aussi par la manière dont vous le faites. Impossible donc de mentir, de feindre ou de tricher. » (Billy Cobham)

Cette période de fusion est aujourd'hui compilée dans un coffret de 8 CD, sorti en 2015 sous l'identité de The Atlantic Years 1973/1978. Incontournable, cette box a au moins le mérite de découvrir autre chose que Spectrum, l'arbre qui cache la forêt du catalogue de ce géant.

Spectrum, l'arbre qui cache la forêt.

Spectrum (octobre 1973) est certes l'oeuvre qu'il n'égalera jamais plus ; artistiquement de par son impact sur les musiciens d'obédience jazz et rock, commercialement du fait qu'il génère des ventes extraordinaires auprès du cercle ambiant des rockeurs.

Vitrine pour les propres compétences de son auteur et condensé de musiciens prestigieux (Jan Hammer, Tommy Bolin, Lee Sklar, Ron Carter, Jimmy Owens, Joe Farrell, Ray Barretto et John Tropea), Spectrum est la porte ouverte sur ce que l'on qualifiera de jazz-rock et dans laquelle certains, chacun selon son influence, vont s'engouffrer : de Chick Corea à Carlos Santana, en passant par Larry Coryell ou Jeff Beck.

Plus de 150 albums.

Après Atlantic et dans les 80's, Billy Cobham continue à enregistrer régulièrement pour CBS, Elektra et GRP et, au cours des décennies suivantes, à collaborer, à gauche, à droite, sur scène comme en studio, avec George Duke, John McLaughlin, le Mahavishnu Orchestra, Jack Bruce, Grateful Dead, Quincy Jones, Peter Gabriel, Bobby And The Midnites, Roberta Flack et Donny Hathaway et tant d'autres.

De quoi revendiquer aujourd'hui une discographie bien fournie (et de qualité), forte de plus de 150 albums, toutes implications confondues. Chapeau bas, Mr Cobham (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1973

 

Billycobham spectrum 1

 

BILLY COBHAM

SPECTRUM – 1973  5/5

 

Publié en octobre 1973.

Produit par Billy Cobham.

Durée:37:17.

Label:Atlantic.

Genre:jazz fusion.

 

Toujours imité, rarement égalé.

 

Faut-il rappeler qui était Billy Cobham ? Oui ? Non ? En deux mots, l’histoire du rock l’a recensé parmi les plus grands batteurs de tous les temps.

Dans son registre, la fusion du rock et du jazz, vous pouvez toujours tenter de lui opposer un rival, c’était le maître incontesté : technique, explosivité, inventivité, précision, adresse… n’en jetez plus la cour est pleine.

Il était tellement doué qu’il pouvait se permettre d’en faire des tonnes, de partir dans des impros époustouflantes mais toujours maîtrisées, précises et bien construites. Il est toujours resté dans les clous, son jeu incroyable ne supplantant jamais l'esprit de sa musique. Celle-ci a bénéficié de sa virtuosité, comme en atteste son chef d’œuvre Spectrum (1973) qui est aussi le nom de son groupe.

Fusionnant jazz, rock et funk, cet ancien collaborateur panaméen de Miles Davis mais aussi du Mahavishnu Orchestra de John McLaughlin a suscité bien des vocations dans le sillage de son disque, mais d’autres, dans le même temps, ont remballé les gaules et remisé leur projet de battre à plus tard, conscients de tout le chemin leur restant à parcourir pour être ne serait-ce qu’un batteur acceptable…

Album bien équilibré, Spectrum (en écoute intégrale ici) retient surtout l’attention de par la vélocité, l’habileté et la subtilité technique de son génial auteur et batteur, mais se révèle par ailleurs très agréable dans l’interaction de son jeu avec les claviers et les synthés déjantés de Jan Hammer et une guitare aussi nerveuse que virtuose mise entre les mains expertes de Tommy Bolin (22 ans seulement). Côté basse, la connexion avec Lee Sklar se montre à son avantage comme en atteste Searching For The Right Door.

Cette commuion se retrouve sur tous les titres (des instrumentaux) de cet album passionnant, à la qualité constante, plein de fraîcheur et de rythmes, parfois complexe, mais solide, devenu une référence incontournable du genre.

Le rock puissant Quadrant 4, au rythme incroyable laissant penser qu'un deuxième batteur officie parallèlement au poste, le titre cité plus haut et Stratus ont ici mes faveurs dans un lot qui est l'essence même du jazz-rock. Spectrum est son œuvre principale que les fans de prog notamment apprécieront (RAZOR©).

 

1. Quadrant 4.

2. Searching For The Right Door/Spectrum.

3. Anxiety/Taurian Matador.

4. Stratus.

5. To The Women In My Life/Le Lis.

6. Snoopy Search/Red Baron.

 

Billy Cobham:batterie, Electronique.

Tommy Bolin:guitare.

Jan Hammer:piano électrique, Moog,piano acoustique.

Leland Sklar:basse.

Joe Farrell:saxophone soprano et alto.

Jimmy Owens:cor et trompette.

John Tropea:guitare.

Ron Carter:basse acoustique.

Ray Barretto:congas.

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