Blood Sweat & Tears.

BIOGRAPHIE.

 

BLOOD SWEAT & TEARS/New York (Etats-Unis)

 

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Actif entre 1967 et 1981, puis de 1984 à aujourd’hui.

Labels:Columbia,ABC,Rhino,Sony,Mobile Fidelity,Wounded Bird.

Genre:pop-rock,jazz-rock,R&B,rock psychédélique.

Site officiel:www.bloodsweatandtears.com

 

Quand le rock astique les cuivres.

Le parcours 60’s/70’s de Blood Sweat & Tears peut se résumer en trois parties : la phase initiale installée par Al Kooper et Steve Katz depuis New York où il voit le jour, qui fusionne rock, blues, pop et jazz et qui s’étire sur deux ans (1967/68) ; celle relayée par David Clayton-Thomas au départ d’Al kooper pour rejoindre l’encadrement technique de Columbia (1968), plus pop et commerciale autour d’un groupe devenu un big band, et, enfin, l’ère dite Jerry Fisher, au départ de Clayton-Thomas, fin 1971, début 1972 et jusqu’en 1975, dont la mouture migre artistiquement vers un jazz-rock assez éloigné des motivations de départ de Blood Sweat & tears.

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Formé en 1967 par Kooper et Katz, le groupe new yorkais tire son nom de la célèbre expression prononcée par Winston Churchill, nouvellement nommé premier ministre, le 13 mai 1940 dans son premier discours devant la Chambre des Communes : I have nothing to offer but blood, toil, tears and sweat.

Blood Sweat & Tears, appelé aussi BST, compte alors parmi les rares formations de rock à disposer d’une section cuivres complète. L’autre est le très populaire Chicago Transit Authority, créé la même année mais à Chicago.

L’époque Kooper.

Le BST d’origine réunit autour d’Al Kooper qui, après deux ans et demi sous la bannière de Blues Project et peu après la sortie de Projections, vient de le quitter au début de l’année 67, le guitariste Steve Katz, autre transfuge de Blues Project, Jim Fielder, ancien musicien de Tim Buckley et des Mothers Of Invention, ainsi que le batteur new yorkais Bobby Colomby.

Al Kooper fourmille d’idées autour du blues, a la matière lyrique conséquente pour réaliser son projet ; il trépigne d’impatience à les concrétiser dans un cadre qui lui soit propre : c’est donc lui principalement qui donne l’impulsion au Blood Sweat & Tears en gestation. Son concept intègre une utilisation de cuivres, mais qui puisse laisser une empreinte dans le rock. Dick Halligan au trombone, les trompettistes Jerry Weiss et Randy Brecker et le saxophoniste Fred Lipsius sont intégrés dans les plans de Kooper.

Le projet, une fois abouti, sort, début 1968, dans les bacs sous l’identité de Child Is Father To The Man. N’ayant pas vocation à cartonner sur le marché, l’album n’intéresse pas grand monde, mais la critique ne s’y trompe pas qui encense le travail de ce Blood Sweat & Tears en mode Kooper. A raison, car on tient là un des meilleurs produits de la fin des 60’s. Un incontournable de discothèque idéale.

La pépite Child Is Father To The Man.

L’arrivée sur la scène rock dans une fraîche, audacieuse et subtile fusion de rock, de blues, de classique, de jazz et d’influences psychédéliques ne passe pas inaperçue. Child Is Father To The Man ouvre une brèche dans laquelle le rival Chicago va s’engouffrer et s’y montrer très inspiré.

Al Kooper a signé le chef d’œuvre qu’il avait en tête et pour lequel il a fondé Blood Sweat & Tears. L’heure est alors venue pour lui de répondre favorablement aux sollicitations de CBS pour lequel il devient directeur artistique et producteur, mission qui lui permettra de lancer la carrière de Lynyrd Skynyrd et de faire connaître les Zombies sur le sol américain. Dans le même temps, il entame une carrière solo et poursuit une activité régulière de musicien de studio. La sécurité quoi !

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« Quand le groupe tenait la scène, ça ne rigolait pas. Il prenait aux tripes, c’était chaud. Pas de la musique de surfeur. » (David Clayton-Thomas)

L’ère Clayton-Thomas.

S’ouvre dès lors la période Clayton-Thomas, chanteur anglo-canadien, globalement moins intéressante, exception faite de l’album éponyme qui entame cette phase plus pop et commerciale. Ce disque de fin décembre 1968 est un peu un cadeau empoisonné en ce sens qu’il dégage trois singles qui font une balle carrière dans les charts du moment :  You’ve Made Me So Very Happy, Spinning Wheel et And When I Die accèdent au top 5 et font énormément pour la popularité de BST. Trop peut-être, car le groupe se retrouve un peu prisonnier de cette réussite dans les bacs. Imaginez le buzz en 1968 : un groupe de rock avec une section de cuivres, les cuivres étant alors abhorrés par les jeunes de l’époque car réservés au jazz, et un album qui squatte les hit-parades. Or, platine, grammy… c’est du 100 contre un. Impensable. Et pourtant…

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Cette renommée vaut à BST, réorganisé en un ensemble à neuf têtes, de participer à Woodstock en tête d’affiche. Rien que ça.  Bobby Colomby et Steve Katz sont les nouveaux hommes forts du premier big band de l’ère Clayton-Thomas, qui, outre Kooper, vient de perdre également Jerry Weiss et Randy Brecker, remplacés par Lew Soloff et Chuck Winfield. Désormais, les parties de claviers sont assurées par Dick Halligan. Jerry Hyman prend le trombone. Il sera vite remplacé par Dave Bargeron.

Le jeu des chaises musicales se met en place.

Tout baigne, mais le piège se referme déjà sur BST, qui aura peine à se remettre de ce départ sur les chapeaux de roue, d’autant que les changements de personnel vont contribuer à perturber son équilibre. Le patrimoine incontournable de ce groupe se situe, sans conteste, au niveau de ses deux premiers jets, même si ses suivants immédiats ont encore du poil aux pattes.Dès le troisième opus, le catalogue perd en intérêt, bien que les volumes Blood Sweat & Tears 3 (1970) et BS&T 4 (1971), encore convaincants, touchent encore l’or avec un répertoire piqué dans le catalogue des confrères. Mais, à force de trop d’ambition, voire de prétention, le groupe, qui signe pourtant encore deux hits (Hi-De-Ho et Lucretia Mac Evil) en perd son latin et en même temps l’excitation qu’il suscitait ; il ne bénéficie plus du soutien d’une presse désormais moins élogieuse à son endroit. 

Pour les besoins de BS&T 4 produit par le jazzman Don Heckman, les membres se recentrent sur l’écriture. Tout le monde met la main à la pâte.

Blood Sweat & Tears marque des points auprès de la presse qui l’a enterré un peu vite, mais, en ne signant aucun tube, il fait le deuil de sa popularité. Commence alors son déclin commercial.

La période Fisher.

Alors que la démarche s’avère payante commencent à poindre des dissensions en interne pour des divergences artistiques. Les partisans du rock (Katz, Halligan et Fielder) veulent un souffle nouveau qui passe par un changement de direction musicale. Colomby et les cuivrés s’y opposent. Pour eux, l’avenir passe par le jazz fusion. Reste Clayton-Thomas ambitionnant de faire une carrière solo et qui ne tranche ni en faveur de l’un, ni en faveur de l’autre des protagonistes. Il quitte Blood Sweat & Tears en 1972. Le créneau 67/72 marque la période la plus intéressante du groupe.

Bobby Doyle d’abord, puis Jerry Fisher reprennent le rôle dévolu à Clayton-Thomas. Fred Lipsius quitte le navire, Joe Henderson rentre. Puis Lou Marini, et Larry Willis en remplacement de Dick Halligan. Venu de sa Suède natale, le lead guitariste Georg Wadenius signe un bail pour 3 ans.

Un Greatest Hits (1972) tombe alors qui redonne des couleurs et de l’ambition aux acteurs. Ce retour commercial au plus haut niveau est toutefois plombé par l’émergence de groupes leur ayant emboité le pas. New Blood, cinquième levée discographique, n’étant pas meilleur que ce que la concurrence propose, le Blood Sweat & Tears jazz-rock pique du nez malgré quelques pièces encore crédibles au programme de New Blood.

C’est le moment choisi par Steve Katz (1973) pour prendre la poudre d’escampette. Sur ses talons, Chuck Winfield en fait de même. Tom Malone reprend son poste. La nouvelle génération prend la direction de l’entreprise commencée il y a cinq ans par Al Kooper.

No Sweat (1973), numéro 6 du catalogue, a de la gueule et n’est absolument pas le reflet de ce que les commentaires laissent entendre. Face à l’envolée de moineaux, le nouveau line-up se resserre et s’en sort avec les honneurs, même si on est toujours dans une veine jazzy qui ne plaît pas à la majorité des fans lesquels redemandent encore et toujours du Spinning Wheel.

Arrêt de Colomby, retour de DCT.

A l’appel de Mirror Image (1974), Bobby Colomby est le dernier maillon fondateur. Exit Fielder et Soloff. Jerry Lacroix (saxo), Ron McCure (basse) et Bill Tillman (saxo) intègrent un groupe qui livre un inégal septième jet. Mais il y a encore de la place pour les écouter ici.

Moins en ce qui concerne l’album suivant, New City de 1975, par lequel Clayton-Thomas dont la carrière solo n’est pas aussi lucrative que souhaitée, revient aux affaires 3 ans après son départ. Le public voit en ce retour inopiné une occasion pour BST de se refaire la cerise commercialement et de relancer une popularité en berne.

Avec Jimmy Lenner aux manettes, le producteur derrière la réussite de Three Dog Night, c’est l’assurance de jours meilleurs. D’autant que la maison de disques met le paquet pour espérer un retour sur investissement. Trop profondément ancré dans le jazz, New City connaît le même sort que les dernières productions inscrites au catalogue. Blood Sweat & Tears s’enlise et ni Lenner, ni Clayton-Thomas n’y changent quoi que ce soit.

Plus de 130 musiciens consommés.

Avec More Than Ever (1976), ce qu’il reste de Blood Sweat & Tears touche le fond. Même Colomby passe la main au terme de ce disque insignifiant. Pas rancunier, il bricole un peu avec les potes sur Brand New Day qui suit (1977), réalisé pour ABC Records et animé de quelques soubresauts tendant à laisser penser que la bête n’est pas morte depuis que Clayton-Thomas s’est mis en tête de la ranimer. Pas suffisant cependant pour espérer relancer une mécanique qui s’est grippée sérieusement dès 1972 et qui, sagement, après un ultime LP, Nuclear Blues, en 1980, décide d’en rester là. Nous sommes alors en 1981 et Blood Sweat & Tears a consommé du musicien plus que n’importe quel autre formation. Plus de 130 ont été recensés il y a quelques années.

Blood Sweat & Tears est toujours actif en 2015, mais déplore, début mars de cette année, la perte de son trompettiste Lew Soloff, certes parti en 1974, mais dont tout le monde se souviendra encore longtemps de son solo de trompette mémorable sur Spinning Wheel (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1968

 

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BLOOD SWEAT & TEARS

CHILD IS FATHER TO THE MAN – 1968  5/5

 

Publié le 21 février 1968.

Produit par John Simon.

Durée:49:18.

Label:Columbia.

Genre:pop-rock,jazz-rock,rock psychédélique,pop psychédélique.

 

Un des meilleurs de la fin des sixties.

 

Avec Al Kooper, l’organiste du célèbre Like A Rolling Stone de Dylan,  en guise de cerveau et de catalyseur, claviériste virtuose doublé d’un chanteur très compétent, ce Child Is Father To The Man (en écoute intégrale ici), publié au tout début de l’année 1968 chez Columbia, permet à Blood Sweat & Tears de faire une entrée très remarquée sur la scène rock.

Ce groupe de New-York est constitué du bassiste Jim Felder, ex Buffalo Springfield, de Steve Katz à la guitare, du batteur Bobby Colomby et de Fred Lipsius, Randy Brecker, Jerry Weiss, Dick Halligan qui se partagent les cuivres.

Sa particularité est, chose alors rare dans le rock ambiant, de fusionner, avec la fraîcheur propre aux sixties, avec beaucoup d’audace, d’intelligence et de diversité, le rock, le blues, le classique, le jazz dont Kooper est client, étant un adepte du trompettiste Maynard Ferguson, alias le Fox, ainsi que des influences psychédéliques.

Ce style big band rock contemporain, initié par Blood Sweat & Tears et pour lequel Al Kooper, déjà précurseur du genre sous Blues Project, se montre chef d’orchestre avisé, ouvre la porte à Chicago Transit Authority un des maillons forts du créneau, et à des artistes comme Steely Dan qui va s’engouffrer dans cette direction quelques années plus tard.

Vu comme un des meilleurs enregistrements de la fin des années 60, cet album est une petite merveille. Malgré des cuivres qui ne sont pas toujours les bienvenus dans le milieu rock, malgré les réticences qu’il engendre dès lors que l’on évoque le terme de jazz-rock, la fusion qui sied à Child Is Father To The Man est bien accueillie dans les foyers. Pour moi, il ne faut pas chercher plus loin le chef d’œuvre de Kooper.

Ce disque propose des plages de premier ordre, celles dues à Kooper en personne comme I Can’t Quit Her, House In The Country, Something Going On, My Days Are Numbered, l’exceptionnel I Love You More Than You’ll Know et la surprenante pièce classique qu’il chante si merveilleusement, The Modern Adventures Of Plato, Diogene And Freud.

Le reste consiste en des reprises, finement arrangées et valorisées à l’image de Morning Glory de Tim Buckley, de Without Her d’Harry Nilsson, de Just One Smile de Randy Newman.

Original et brillant, mélodique, accrocheur, monstrueux de dynamisme,ce disque est une petite pépite, doté qu’il est d’un son avant-gardiste unique. Je vous invite à le faire vôtre, d’autant que c’est le seul qui réunit Kooper et les huit autres acteurs de Blood Sweat & Tears.

Kooper quitte Blood Sweat & Tears à la suite de ce disque, laissant la voie libre à la période Clayton-Thomas, moins intéressante exception faite du LP suivant qui bénéficie pour beaucoup des retombées de Child Is Father To The Man. Ce dernier est incontestablement à part et, sans aucune discussion, le meilleur produit de la discographie de Blood Sweat & Tears et par voie de conséquence de son initiateur et meneur Al Kooper (RAZOR©).

 

1. Overture.

2. I Love You More Than You'll Ever Know.

3. Morning Glory.

4. My Days Are Numbered.

5. Without Her.

6. Just One Smile.

7. I Can't Quit Her.

8. Meagan's Gypsy Eyes.

9. Somethin' Goin' On.

10. House in the Country.

11. The Modern Adventures of Plato, Diogenes and Freud.

12. So Much Love/Underture.

 

Randy Brecker:trompette,cor.

Bobby Colomby :batterie,percussions,chœurs.

Jim Fielder:basse.

Dick Halligan:trombone.

Steve Katz:guitare,flûte,chant.

Al Kooper :orgue,piano,ondioline,chant.

Fred Lipsius:piano,saxophone alto.

Jerry Weiss:trompette,cor,choeurs.

Anahid Ajemian,Paul Gershman,Manny Green,Julie Held,Harry Katzman, Leo Kruczek,Harry Lookofsky,Gene Orloff:violon.

Fred Catero:effets sonores.

Harold Coletta:viola.

Al Gorgoni:orgue,guitare,choeurs.

Doug James:shaker.

Charles McCracken,Alan Schulman:cello.

Melba Moorman,Valerie Simpson:choeurs.

John Simon:orgue,piano,cloche.

The Manny Vardi Strings:cordes.

LP Studio 2 - 1969

 

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BLOOD SWEAT & TEARS

BLOOD SWEAT & TEARS – 1968  5/5

 

Publié le 11 décembre 1968.

Produit par James William Guercio.

Durée:45:36.

Label:Columbia.

Genre:rock,jazz fusion.

 

Succès empoisonné.

 

Cet album éponyme (en écoute intégrale ici), deuxième de l’ère BST, marque le début de la période généralement qualifiée de Clayton-Thomas, du nom de son chanteur et leader du groupe aux yeux de tous. Plus que Katz et Colomby, les vrais cofondateurs de Blood Sweat & Tears avec Al Kooper.

Diffusé en 1968, il connaît une formidable réussite  commerciale, avec ses trois singles successivement classés dans le top five des charts : You’ve Made Me So Very Happy, Spinning Wheel et And When I Die.

Si celui-ci permet à Blood Sweat & Tears de gagner en popularité, le groupe perd, en revanche, l’élément crucial qu’est Al Kooper, musicien virtuose, producteur avisé et chanteur fantastique, l’homme par qui Blood Sweat & Tears est arrivé (Jerry Weiss et Randy Brecker partent également).

Les rênes changent donc de main et passent entre celles de Bobby Colomby et de Steve Katz qui définissent les règles de BST ; à cet effet, ils recrutent l’anglais David Clayton-Thomas pour pallier à la défection de Kooper au chant (Dick Halligan reprend les parties de clavier).

Par le jeu des entrants et des sortants, la formation new-yorkaise aligne désormais neuf têtes. Si l’album initial porté par Kooper (arrangeur sur deux pistes de ce LP) se cantonne dans une audacieuse fusion jazz-rock-blues, apportant un souffle nouveau au rock, celui proposé par la nouvelle mouture anglo-américaine et produit par James William Guercio prend une orientation moins aventureuse et plus pop.

Construit sur un répertoire de titres n’étant pas l’apanage du groupe (Billie Holiday, Laura Nyro, Steve Winwood, Brenda Holloway), l’album, très accessible, est réalisé pour cartonner sans attendre et faire de BST un groupe star.

Le cadre des studios CBS de New York se prête aux enregistrements. La production se dote de moyens techniques innovants (premiers magnétophones 16 pistes d’Ampex).

Bingo ! BST fait Woodstock, la référence pop festivalière de tous les temps, et en tête d’affiche de la dernière journée, s’il vous plaît ! L’album est Grammy Award en 1970, disque de platine. N’en jetez plus, la cour est pleine. Dans ce contexte heureux, Clayton-Thomas prend de l’envergure au sein de BST, d’où l’ère nouvelle qui lui est associée.

Les retombées immédiates de cet éponyme éclectique sont juteuses ; il se révèle toutefois, et on va vite s’en apercevoir, être le début de la fin des BST. Ce disque et Children Is Father To The Man qui le précède, aux charmes complètement différents, sont les deux seuls LP que recommande absolument aux lecteurs. Ils font partie du patrimoine de Blood Sweat & Tears. La suite est par trop inégale, il faut y piocher ponctuellement. Passe encore pour les volumes 3 et 4; après, il faudra être prudent dans ses choix (RAZOR©).

 

1. Variations on a Theme By Erik Satie" (1st and 2nd Movements).

2. Smiling Phases.

3. Sometimes in Winter.

4. More and More.

5. And When I Die.

6. God Bless the Child.

7. Spinning Wheel.

8. You've Made Me So Very Happy.

9. Blues - Part II.

10. Variations on a Theme By Erik Satie.

 

David Clayton-Thomas:chant.

Lew Soloff:trompette,bugle.

Bobby Colomby:batterie,percussions,choeurs.

Jim Fielder:basse.

Dick Halligan:orgue,piano,flûte,trombone,choeurs.

Steve Katz:guitare,harmonica,choeurs,chant sur 3.

Fred Lipsius:saxophone alto,piano.

Chuck Winfield:trompette,bugle.

Jerry Hyman:trombone,recorder.

LP Studio 3 - 1970

 

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BLOOD SWEAT & TEARS

BLOOD SWEAT & TEARS 3 – 1970  4/5

 

Publié en juin 1970.

Produit par Bobby Colomby,Roy Halee.

Durée:40:46.

Label:Columbia.

Genre:rock,pop-rock,jazz-rock.

 

Ambitieux, mais parfois trop.

 

Son intitulé ne trompe personne, Blood Sweet & Tears 3 (en écoute intégrale ici) est bien le troisième LP à apparaître au catalogue de Blood Sweat & Tears entre 1968 et 1970.

Faisant suite au succès de l’album éponyme, BST 3 est convaincant, sans toutefois posséder l’éclat de son devancier. La critique est plus mesurée dans son appréciation que le public.

Il faut chercher les raisons de ce détournement de la presse spécialisée dans les critiques que génère la récente tournée américaine du big band, auquel il est reproché d’avoir bénéficié d’un financement du gouvernement américain.  

Ce disque persiste dans la voie commerciale engagée avec le recrutement de Clayton-Thomas et dégage deux singles, Hi-De-Ho emprunté au  tandem Gerry Goffin/Carole King et Lucretia Mac Evil, qui se fixent respectivement aux 14ème et 29ème places des charts US.

Une reprise du classique de Jagger/Richards, Sympathy For The Devil, He’s A Runner (Laura Nyro), Forty Thousand Headmen du tandem de Traffic Winwood/Capaldi, The Battle, Fire And Rain (James Taylor), du Joe Cocker (Somethin’ Comin’ On), du Richard Manuel (Lonesome Suzie) constituent les autres passages intéressants du BST 3.

C’est parfois un peu trop ambitieux, voire prétentieux, comme sur le symphonique titre rollinstonien. Si elle n’a rien de réellement excitant, cette adaptation spéciale du titre des Rolling Stones permet de découvrir une vraie curiosité d’un groupe dont on peut regretter qu’il ait tapé un peu trop allègrement dans le catalogue des concurrents plutôt que de se consacrer à un travail de composition personnel. Eux ne s’en plaignent pas, le concept est encore gagnant ! Moins croustillant que ce qui précède, il n’en est pas moins animé par de belles choses, malgré la prétention qu’il témoigne parfois (RAZOR©).

 

1. Hi-De-Ho.

2. The Battle.

3. Lucretia MacEvil.

4. Lucretia's Reprise.

5. Fire and Rain.

6. Lonesome Suzie.

7. Symphony for the Devil.

8. He's a Runner.

9. Somethin' Comin' On.

10. Forty Thousand Headmen.

 

David Clayton-Thomas:chant.

Bobby Colomby:batterie,percussions,choeurs.

Jim Fielder:basse.

Dick Halligan:orgue,piano,piano électrique,clavecin,celesta,trombone,flûte,flûte alto,cor baryton,choeurs.

Jerry Hyman:trombone,trombone basse.

Steve Katz:guitare,harmonica,chant sur 2.

Fred Lipsius:saxophone alto,piano,piano électrique,boite musicale,choeurs.

Lew Soloff:trompette,trompette piccolo,bugle.

Chuck Winfield:trompette,bugle.

LP Studio 4 - 1971

 

Bst 4

 

BLOOD SWEAT & TEARS

BLOOD SWEAT & TEARS 4 – 1971  4/5

 

Publié en juin 1971.

Produit par Don Heckman,Bobby Colomby,Roy Halee.

Durée:40:26.

Label:Columbia.

Genre:pop-rock,rock,jazz-rock.

 

Fin de l’ère dorée.

 

Le songwriting extérieur a jusqu’ici alimenté le répertoire des 3 LP de Blood Sweat & Tears et ce positionnement le lui a souvent été reproché. A ce stade de sa carrière, ce choix délibéré de piocher systématiquement chez les autres au lieu d’écrire ses propres compositions, fait un peu désordre, d’autant que le groupe bénéficie d’un élan de popularité exceptionnel, étant un des seuls big bands cuivrés à pouvoir s’inviter à la table du rock.

Alors, les Clayton-Thomas, Lipsius, Bargeron, Halligan, Katz s’y collent et rompent ainsi avec cette fâcheuse habitude de la reprise d’autrui. Et ça semble marcher, puisque le quatrième album studio, Blood Sweat & Tears 4 (en écoute intégrale ici), sorti fin juin 1971, figure vite dans le top ten des ventes d’albums et se couvre rapidement d’or, laissant pantoise la presse spécialisée, qui lui reconnaît des qualités certaines.

Parmi ces originaux, David Clayton-Thomas va plus loin encore, puisque son Go Down Gamblin’ intègre le Top 40 tandis qu’un sort à peu près identique est réservé au titre qu’il coécrit avec Halligan, Lisa, Listen To Me. Pour donner toutes ses chances au volume 4, publié en juin 1971, le taulier, Al Kooper, revenu ponctuellement aux affaires, remet le nez à la fenêtre et prête son concours en dotant le disque d’une pièce de sa composition : John The Baptist.

Cet album plutôt bien équilibré, malgré une face 2 occupée essentiellement par le travail de Steve Katz et un peu désorganisée, présente des bonnes dispositions mélodiques : Go Down Gamblin, Lisa, Listen To Me, Valentine’s Day, Mama Gets High, John The Baptist.

Hélas les dissensions quant à l’orientation future de BST plombent les relations entre les membres. D’un côté, les partisans du rock (Katz, Halligan, Fielder), de l’autre les fondus du jazz (Colomby et sa section de cuivres).

Entre les deux, Clayton-Thomas qui rêve d’une grande carrière en solo et qui quitte le groupe après la sortie de BS & T 4, disque scellant la fin de la réussite commerciale de Blood Sweat & Tears. La période dorée s’achève ici, mais sur une bonne note (RAZOR©).

 

1. Go Down Gamblin'.

2. Cowboys and Indians.

3. John The Baptist (Holy John).

4. Redemption.

5. Lisa, Listen To Me.

6. A Look To My Heart.

7. High On A Mountain.

8. Valentine's Day.

9. Take Me In Your Arms (Rock Me a Little While).

10. For My Lady.

11. Mama Gets High.

12. A Look To My Heart.

 

Dave Bargeron:trombone,tuba,trombone basse,cor baryton,basse acoustique.

David Clayton-Thomas:chant,guitare sur 1.

Bobby Colomby:batterie,percussions.

Jim Fielder:basse,guitare sur 4.

Dick Halligan:orgue,trombone,piano,flûte.

Steve Katz:guitare électrique,guitare acoustique,harmonica,mandoline,chant sur 8.

Fred Lipsius:saxophone alto,piano,orgue,clarinette.

Lew Soloff:trompette,bugle,trompette piccolo.

Chuck Winfield:trompette,bugle.

Don Heckman:clarinette,clarinette basse sur 8/10.

Michael Smith:congas sur 4.

LP Studio 5 - 1972

 

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BLOOD SWEAT & TEARS

NEW BLOOD – 1972  3,5/5

 

Publié en 1972.

Produit par Bobby Colomby.

Durée:40:16.

Label:Columbia.

Genre:rock,pop-rock,jazz fusion.

 

La nouvelle génération aux commandes.

 

New Blood (en écoute intégrale ici), c’est l’album de l’envolée de moineaux qui affecte Blood Sweat & Tears. Malgré les départs, lourd de conséquence en ce qui concerne la perte de son chanteur David Clayton-Thomas, et tout aussi importants, ceux de deux des membres de la section cuivres qui fait l’identité musicale du groupe, à savoir Fred Lipsius et Dick Halligan, BST s’en sort bien ici malgré le fait de ne pas avoir eu beaucoup de temps pour s’organiser autour du poste stratégique du songwriting.

Ainsi privé de trois des contributeurs à l’écriture de l’album précédent (BST 4) qui a vu les acteurs relever les manches avec bonheur pour l’alimenter avec une matière personnelle, il retombe ici dans ses travers d’hier en allant se servir conséquemment dans le catalogue de la profession.

La formation mise sur pied par Al Kooper se bouffe le nez quant à la direction artistique supposée échafauder l’avenir artistique ; les uns sont pro-rock, les autres carrément jazz. Début 1972, les dissensions internes amènent à la première grosse scission en son sein alors qu’elle fait valoir, à ce niveau de carrière, une discographie de quatre belles pièces dont deux exceptionnelles, les deux premières.

BS & T s’en relève, mais difficilement, et pare au plus pressé pour pourvoir les postes vacants et pallier, surtout, au départ de son chanteur-crooner. Katz et Colomby auditionnent de nombreux candidats ; après une tentative infructueuse avec Bobby Doyle, un non-voyant, c’est Jerry Fisher qui reprend le rôle de DCT.

Le chanteur fait plus dans la soul. Lipsius est remplacé par Joe Henderson, un jazzman pur jus, lequel fait une petite pige, avant que Lou Marini ne prenne son relais. La relève de Dick Halligan, membre fondateur, est assurée par un claviériste de jazz, Larry Willis, capable de gérer également du rock. Pour boucler le line-up de New Blood, il est fait appel au talentueux guitariste suédois, Georg Wadenius.

Blood Sweat & Tears prend l’option d’être plus jazz que rock et s’éloigne de plus en plus de la formation initiale de l’ère Al Kooper. Les points communs se font de plus en plus rares. Il suffit de réécouter Children Is Father To The Man pour être saisi par cette implacable réalité.

Ce turn-over contraint porte non seulement atteinte à l’équilibre mais aussi à la crédibilité du groupe qui voit poindre, dans le même temps, une pléthore de groupes influencés par un registre musical identique (comme Weather Report) pour lequel BST a été un pionnier et un promoteur.

Ne voulant plus se cantonner à un catalogue qui fusionne le jazz et le rock, Steve Katz, de la mouvance pop-rock, marri d’être relégué au second plan par Wadenius, passe la main après cet album, tout comme le fait aussi Chuck Winfield.

Une nouvelle génération de musiciens s’empare alors des destinées du groupe new-yorkais qui place l’album au 32ème rang du Billboard. Pour la première fois, aucun hit. De là à en faire porter le chapeau à la nouvelle équipe, il y a un pas.

Certaines chansons auraient pu avoir une vie de hit. Faites une incursion du côté de Down In The Flood de Dylan, de Touch Me, de I Can’t Move No Mountains, d’Over The Hill, du Maiden Voyage d’Herbie Hancock, de Snow Queen (Gerry Goffin/Carole King) ou encore du mélancolique So Long Dixie, vous trouverez une matière bien en place et séduisante. Moi, je dis : pas mal. Encore pas mal (RAZOR©).

 

1. Down in the Flood.

2. Touch Me.

3. Alone.

4. Velvet.

5. I Can't Move No Mountains.

6. Over the Hill.

7. So Long Dixie.

8. Snow Queen.

9. Maiden Voyage.

 

Jerry Fisher:chant.

Dave Bargeron:trombone,tuba trombone basse,cor baryton,choeurs.

Bobby Colomby :batterie,percussions,chœurs.

Jim Fielder:basse,chœurs.

Steve Katz:guitare électrique,guitare acoustique,harmonica,chant sur 4.

Lou Marini:bois.

Lew Soloff:trompette,bugle,trompette piccolo.

Chuck Winfield:trompette,cor français,bugle,choeurs.

Bobby Doyle:piano.

George Wadenius:guitare,choeurs.

Larry Willis:claviers.

LP Studio 6 - 1973

 

Bst no sweat

 

BLOOD SWEAT & TEARS

NO SWEAT – 1973  3/5

 

Publié en août 1973.

Produit par Steve Tyrell.

Durée:42:14.

Label:Columbia.

Genre:rock,jazz-rock.

 

Quelques gouttes de sueur.

 

Après les départs de Katz et de Winfield, peu enclins à poursuivre leur expérience jazz fusion au sein du Blood Sweat & Tears, le groupe de New-York, dans le sillage d’un line-up nouvelle look, publie, durant le mois de juin 1973, un sixième album : No Sweat (en écoute intégrale ici).

Aux Fisher, Bargeron, Colomby, Fielder, Marini, Soloff, Wadenius et Willis, il faut désormais rajouter le nom de Tom Malone (qui remplace Winfield) sur la longue liste des musiciens transitant par BST.

Deuxième disque sans David Clayton-Thomas et avec Jerry Fisher au chant, No Sweat est particulièrement coloré jazzy. Le répertoire le plus intéressant de ce disque s’appuie sur des adaptations d’artistes déjà confirmés comme Randy Newman (Rosemary), comme Traffic dont on a droit à une belle reprise de Empty Pages, sur le catalogue d’autres confrères moins connus comme Jeff Kent (l’excellent Almost Sorry), ainsi que sur des originaux impliquant notamment Wadenius (Save Our Ship et My Old Lady), Marini (Song For John, Hip Pickles) et Larry Willis (l’instrumental Inner Crisis).

No Sweat révèle un line-up très solidaire et un guitariste magnifique, Georg Wadenius, vraisemblablement libéré du départ de Katz, et qui, musicalement, apporte un plus aux prestations de BST. Par ailleurs, il dispose d’une section de cuivres parmi les meilleures jamais entendues au sein de cette formation. Le trompettiste Lew Soloff, qui vient de nous quitter en mars 2015, signe là sa dernière prestation avec BST.

L’autre constat, ici, consiste à admettre qu’au chant, Fisher n’est pas Clayton-Thomas et que la différence est essentielle pour ceux qui pensent trouver en No Sweat un prolongement à des ambiances du style Spinning Wheel. Le timbre vocal n’est pas le même et son style ainsi que son interprétation lui sont complètement personnels. Faut aimer, mais accordons lui le fait qu’il livre sur No Sweat sa meilleure prestation sous le maillot de Blood Sweat & Tears.

Reste que le groupe fait preuve d’une belle virtuosité, de quoi masquer certaines insuffisances au niveau de la matière ici proposée et toujours dans une veine jazz fusion.

L’exceptionnel Empty Pages, Inner Crisis, magnifique instrumental funky, Back Up Against The Wall, Save Our Ship, Roller Coaster, My Old Lady justifient à eux-seuls le regard bienveillant que l’on peut avoir pour cet album un peu plus haut que la moyenne, mais certainement pas merdique comme décrit ailleurs par un supposé nostalgique de l’époque dorée de BST (RAZOR©).

 

1. Roller Coaster.

2. Save Our Ship.

3. Django (An Excerpt).

4. Rosemary.

5. Song for John.

6. Almost Sorry.

7. Back Up Against the Wall.

8. Hip Pickles.

9. My Old Lady.

10. Empty Pages.

11. Mary Miles.

12. Inner Crisis.

 

Jerry Fisher:chant.

Dave Bargeron:trombone,tuba,trombone basse,cor baryton,choeurs.

Bobby Colomby:batterie,percussions,choeurs.

Jim Fielder:basse,choeurs.

Lou Marini:bois.

Lew Soloff:trompette.

Tom Malone:trompette,ARP,violon 12 cordes.

George Wadenius:guitare,choeurs.

Larry Willis:claviers.

Paul Buckmaster:synthétiseur,ARP.

David Hentschel:synthétiseur,ARP.

Steve Katz:guitare.

Chuck Winfield:trompette,bugle,cor français

Jimmy Maelen,Frank Ricotti:percussions.

Joshie Armstead,Valerie Simpson,Maretha Stewart:choeurs.

LP Studio 7 - 1974

 

Bst mirror image

 

BLOOD SWEAT & TEARS

MIRROR IMAGE – 1974  3/5

 

Publié en juillet 1974.

Produit par Henry Cosby.

Durée:36:24.

Label:Columbia.

Genre:rock,jazz,soul,R&B.

 

Les yeux plus gros que le ventre.

 

Les occasions de prendre son pied sur un album de Blood Sweat & Tears se font de plus en plus rares. Mirror Image (en écoute intégrale ici) a certes encore du grain à moudre, encore faut-il bien chercher dans un répertoire revenu à du fait-maison depuis les derniers changements de personnel.

Pour l’occasion, Jerry LaCroix prend le saxo avec Bill Tillman. La basse échoit à Ron McClure, suppléant de Fielder. Tony Klatka est à la trompette. Blood Sweat & Tears s’appuie sur un trio de trois chanteurs, deux principaux et un occasionnel, respectivement Fisher et Wadenius ainsi que LaCroix quand il est motivé pour s’y coller.

Pour vous donner une idée de ce turn-over permanent qui consommera quand même plus de 130 musiciens, sept ans après sa création, il ne reste plus, du line-up initial, que Bobby Colomby. De son côté, le plus ancien avec Colomby, Lew Soloff, arrivé au deuxième album, lâche l’affaire.

Klatka, LaCroix, Bargeron, Wadenius, Fisher, Willis, McClure, tous débarqués par le jeu de chaises musicales dont le groupe est friand depuis 1972, font cause commune pour assurer la matière de Mirror Image, septième LP du catalogue, sorti en 1974.

Produit par l’afro-américain de la Motown, Henry Hank Cosby, que l’on retrouve derrière un titre (Tell Me That I’m Wrong), Mirror Image (1974) surprendra aussi bien le profane que par le fait qu’il est tellement peu représentatif de la musique à laquelle BS&T nous a jusqu’ici habitués, qu’il perturbera le fan invétéré de par la confusion qu’il y a à s’y retrouver dans ce travail très inégal. Mirror Image est le plus atypique de toute la discographie de BST, procurant à l’auditeur plus de motifs pour s’en détourner qu’il n’en a pour le séduire.

Voilà le dilemme que pose cet album extravagant, largement tributaire de  changements de personnel discutables et qui influent négativement sur le son de BST. Les fans du créneau Clayton-Thomas en seront donc pour leurs frais.

Les noisettes à se mettre sous la dent se limitent au leurre qui introduit Mirror Image, Tell Me That I’m Wrong, 83 en single, à Are You Satisfied et à la suite Maglomania/Mirror Image/South Mountain Shuffle/Rock Reprise. Ce sont vraiment de belles surprises. Et basta.

Cette carence en arguments sanctionne Mirror Image qui, pour la première fois, s’effondre dans les profondeurs du Billboard 200 où il a toujours bien figuré jusqu’alors. Sa présence au 149ème rang traduit un signe d’affaiblissement manifeste de cette formation, No Sweat, le LP précédent, étant encore accroché à une honorable 72ème place.

Partant de ce constat, Mirror Image, à l’instar de sa pochette oculaire, vaut le coup d’œil par intermittence, mais n’a rien d’un disque indispensable. Blood Sweat & Tears a ici les yeux plus gros que le ventre (RAZOR©)

 

1. Tell Me That I'm Wrong.

2. Look Up to the Sky.

3. Love Looks Good on You (You're Candy Sweet).

4. Hold on to Me.

5. Thinking of You.

6. Are You Satisfied.

7. Movement I-Maglomania.

8. Movement II-Mirror Image.

9. Movement III-South Mountain Shuffle.

10. Movement IV-Rock Reprise.

11. She's Coming Home.

 

Jerry Fisher:chant.

Dave Bargeron:trombone,tuba.

Bobby Colomby:batterie,percussions.

Tony Klatka:saxophone.

Ron McClure: basse.

Georg Wadenius:guitare,chant,chœurs.

Larry Willis:claviers.

Robert Mason:synthétiseur.

Ralph MacDonald,Dom Um Romão,Warren Smith:percussions.

Jerry Lacroix:saxophone,chant.

Bill Tillman:saxophone.

LP Studio 8 - 1975

 

Bst new city

 

BLOOD SWEAT & TEARS

NEW CITY – 1975  2,5/5

 

Publié en avril 1975.

Produit par Jimmy Lenner.

Durée:43:32.

Label:Columbia.

Genre:rock,jazz-rock.

 

Sueur froide.

 

DCT et BST, entendez par ces énigmatiques lettres capitales David Clayton-Thomas et Blood Sweat & Tears, renouent. Parti en 1972 pour se consacrer à une carrière en solitaire qui n’a pas été mémorable, le chanteur-crooner est de retour à la fin de l’année 1974, juste avant que ne paraisse le huitième album studio (New City - Avril 1975). De la mouture d’origine, seul Bobby Colomby fait de la résistance.

Ce retour au bercail attise l’optimisme du public qui voit en Clayton-Thomas le sauveur d’un groupe qui ne fabrique plus de hits depuis qu’il l’a quitté. Sous sa houlette, Blood Sweat & Tears a été couvert d’or, de platine, distingué ici, médaillé là.

La raison de cette improductivité commerciale persistante tient surtout dans le fait que le registre jazzy vers lequel les derniers albums tendent, s’accommode mal de séjours dans les charts. Outre la réapparition tant attendue de DCT, la maison de disques ne lésine pas sur les moyens pour renouer avec les espèces sonnantes et trébuchantes et engage Jimmy Lenner en qualité de producteur.

Lenner est notamment le mentor de Three Dog Night, le groupe de tous les succès. L’équation Lenner, Clayton-Thomas et Blood Sweat & Tears est inéluctablement gagnante. C’est écrit, ça ne peut pas être autrement et on fanfaronne, à gauche, à droite, qu’on va voir ce que l’on va voir.  

Et bien, le on s’est fourré le doigt dans l’œil jusqu’au fion. Le trio ne change rien à la donne : la matière proposée est, à quelques exceptions près, désolante, Clayton-Thomas n’est pas le messie annoncé. Il se démarque même du groupe, le disque étant appelé Blood Sweat & Tears featuring Clayton-Thomas.

Ce flop commercial n’est pas imputable au  seul chanteur, attendu comme le Messie, comme j’ai pu le lire. Il est collectif : groupe, maison de disques, production. La cabane tombe ici sur le chien et Blood Sweat & Tears n’est plus Blood Sweat & Tears, celui d’avant 72. Il s’en est trop éloigné et s’est brûlé les ailes à force de trop de jazz, point barre.

Trop de changements de personnel, un ancrage trop prononcé dans le jazz, pas assez de travaux internes et personnels… il y a des moments où ça ne passe plus. Nous y sommes.

Méritent toutefois d’être sauvées de la noyade, la reprise des Beatles, Got To You Into My Life, I Was A Witness To A War et Ride Captain Ride. New City nourrira uniquement les fans purs et durs (RAZOR©).

 

1. Ride Captain Ride.

2. Life.

3. No Show.

4. I Was a Witness to a War.

5. One Room Country Shack.

6. Applause.

7. Yesterday's Music.

8. Naked Man.

9. Got to Get You into My Life.

10. Takin' It Home.

 

David Clayton-Thomas:chant.

Dave Bargeron:trombone,tuba,cot baryton,trompette basse.

Bobby Colomby:batterie,percussions,choeurs.

Joe Giorgianni,Tony Klatka:trompette,bugle,trompette piccolo.

Ron McClure:basse.

Bill Tillman:saxophone,choeurs.

George Wadenius:guitare,choeurs.

Larry Willis:claviers.

Mike Corbett:choeurs.

LP Studio 9 - 1976

 

Bst more than ever

 

BLOOD SWEAT & TEARS

MORE THAN EVER – 1976  2/5

 

Publié en juillet 1976.

Produit par Bob James.

Durée:38:51.

Label:Columbia.

Genre:rock,jazz-rock.

 

Less Than Ever.

 

En revenant, aux affaires dans l’album précédent, sans réelle réussite, convenons-en, David Clayton-Thomas a malgré tout repris les clés du camion et plus que jamais posé son empreinte sur la musique de Blood Sweat & Tears.

Plus que jamais, More Than Ever dans la langue de Beckham, traduit cette mainmise opérée par le chanteur-crooner pour emmener Blood Sweat & Tears dans une direction R & B plus appropriée à son registre.

More Than Ever, neuvième studio à apparaître au catalogue mais dernier à être crédité au label Columbia, est en quelque sorte son LP avec Blood Sweat & Tears en soutien. Ses supporters peuvent donc ressortir écharpes, casquettes et cornes de brume, c’est du sur-mesure pour le revenant.

On peut avoir apprécié Clayton-Thomas dans la période dorée de BST, on n’en est pas pour autour enthousiaste de ce disque vraiment pas terrible. C’est mon cas. S’il est un maillon faible de la production de Blood Sweat & Tears, c’est ce disque qui suscite de belles promesses dans sa partie initiale (They, I Love You More Than You’ll Ever Know) mais qui se liquéfie rapidement.

Pour dire, la suite ne retient que You’re The One et Heavy Blues. Oui, c’est bien le pire album de Blood Sweat & Tears à ce jour. Less Than Ever. Pire que jamais (RAZOR©). 

 

1. They.

2. I Love You More Than You’ll Ever Know.

3. Katy Bell.

4. Sweet Sadie The Savior.

5. Hollywood.

6. You’re The One.

7. Heavy Blue.

8. Saved By The Grace Of Your Love.



David Clayton-Thomas,Ullanda McCullough,Gwen Guthrie,Yolanda McCullough,Lani Groves,Patti Austin,Zachary Sanders,Bill Eaton,Vivian Cherry,Frank Floyd,Chaka Khan:choeurs.

Mike Stern:guitare,guitare électrique.

Eric Weissberg:guitare,dobro,banjo.

Eric Gale,Hugh McCracken,Steve Khan:guitare.

Bill Tillman:flûte,saxophone, saxophone ténor.

Sidney Weinberg:hautbois.

Arnie Lawrence:saxophone,saxophone alto.

Tony Klatka:saxophone,trompette.

Forrest Batchell,Jon Faddis,Marvin Stamm:trompette.

Dave Bargeron:trombone,tuba.

Dave Taylor,David Taylor:trombone.

Larry Willis,Richard Tee,Bob James:claviers.

Dave Friedman:vibraphone ,marimba,xylophone.

Bobby Colomby:batterie.

David Friedman,Don Alias:percussions.

LP Studio 10 - 1977

 

Bst brand new day

 

BLOOD SWEAT & TEARS

BRAND NEW DAY – 1977  3/5

 

Publié en novembre 1977.

Produit par Roy Halee,Bobby Colomby.

Durée:39:42.

Label:ABC.

Genre:rock,jazz-rock.

 

Sage décision.

 

Les critiques sont un peu moins acerbes pour Brand New Day, dixième album studio de Blood Sweat & Tears et premier (et unique) réalisé pour le compte d’ABC Records.  Bobby Colomby, dernier bastion du BST de départ,  a quitté le groupe l’année précédente, marri de l’insuccès qui continue à coller aux basques du groupe et ce, en dépit du retour aux affaires d’un David Clayton-Thomas qui en a fait une affaire personnelle.

More Than Ever, l’album précédent, ne change rien en la matière commerciale. Blood Sweat & Tears ne met plus un pied devant l’autre. Colomby, pas rancunier, intervient en qualité de producteur exécutif (avec Roy Halee, comme sur BS &T 4) sur ce Brand New Day, publié en 1977, qui ne figure pas parmi ce que ces artistes ont fait de mieux, mais certainement pas de pire, non plus. Le pire venant juste d’être atteint par More Than Ever l’année précédente.

Pas franchement à dénigrer, sa matière est caution à quelques moments agréables : Dreaming As One, Same Old Blues,Rock And Roll Queen et Don’t Explain. Ce n’est pas de l’extraordinaire chanson, mais ça a le mérite d’exister.

Au cours de la tournée promotionnelle sur le territoire européen, qui suit l’enregistrement de Brand New Day, Blood Sweat & Tears est frappé de plein fouet par le décès (par overdose de coke) de son saxophoniste, Gregory Herbert (Amsterdam, janvier 1978).

Ce drame signe l’arrêt du groupe dont on retiendra essentiellement la période 1968/1971. Dans un paysage musical alors en pleine mutation et au regard de la direction R&B et pop prise, discutable, il était plus raisonnable que le groupe, en panne depuis 1972, s’arrête, car à trop stagner, on en arrive souvent à reculer. L’affaire en prend alors le chemin, malgré le retour de Clayton-Thomas aux affaires ; il eut été dommage de se décrédibiliser quand on a tant donné au rock. Sage décision.

Dreaming As One, duo de Clayton-Thomas avec la chanteuse soul Chaka Kahn, Same Old Blues, Gimme Some Wine et Don’t Explain constituent les rares satisfactions de ce disque du ventre mou du catalogue (RAZOR©).

 

1. Somebody I Trusted.

2. Dreaming As One.

3. Same Old Blues.

4. Lady Put Out The Light.

5. Womanizer.

6. Blue Street.

7. Gimme That Wine.

8. Rock and Roll Queen.

9. Don't Explain.

 

David Clayton-Thomas:chant.

Dave Bargeron:trombone,trombone basse.

Larry Willis:claviers.

Tony Klatka:trompette,bugle.

Bill Tillman:saxophones,flûte.

Forrest Butchtel:trompette,bugle.

Mike Stern:guitares.

Danny Trifan:basse.

Roy McCurdy:batterie.

Bobby Colomby:percussions,choeurs.

Chaka Kahn:chant en duo sur 2.

Willie Smith:choeurs,orgue.

Paul Shure:cordes.

Pete Jolly:oboe.

Tommy Morgan:harmonica.

Roy Halee:trompette sur 3.

Paul Stallworth,King Errison,Bob Payine,Peter Graves,Stu Blumberg,Tom Peterson,Ernie Watts,John Rosenberg,Mike Altshul,John Gross,Ray Reed,Glen Garrett,John Mitchell,Nenetta Fields,Brenda Bryant,Mike Finnigan,Carl Graves,Tish Smith:autres contributeurs.

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