Brian Auger.

BIOGRAPHIE.

 

BRIAN AUGER/Londres (Angleterre)

 

Brian auger 2

 

Né Brian Albert Gordon Auger,le 18 juillet 1939 à Londres.

Actif depuis 1960.

Label:RCA Victor,CBS,Polydor,Warner Bros,Marmalade.

Genre:jazz-rock,jazz fusion.

Site officiel:www.brianauger.com


The Godfather Of Acid Jazz.


Il est un des plus grands claviéristes que le jazz et le rock ait connu ; avec plus d'une trentaine de LP à son actif dont une bonne dizaine a squatté le Billboard, quelques singles mémorables et notamment un N° 1, de multiples nominations aux Grammy, des collaborations huppées, Brian Auger a bien mérité de son surnom de parrain de l'acid Jazz et de son statut de légende des claviers.

Rod Stewart, Long John Baldry et Julie Driscoll (au sein de Steampacket), Eric Burdon (Brian Auger & Eric Burdon Band), John Mc Laughlin ont tour à tour fait partie de l'univers du londonien. Lui-même a enregistré et tourné avec le gratin du rock : Clapton, Zappa, Hendrix, les Yardbirds, Van Morrison, McCartney, Led Zeppelin, Sonny Boy Williamson...

Considéré comme un des grands praticiens de l'orgue Hammond, le B-3 notamment dont il est passé maître, Brian Auger, toujours dans le coup aujourd'hui autour d'une structure familiale, est une légende de la musique internationale, un architecte du son britannique, doublé d'un être tout à fait charmant, ce qui ne gâche rien. Il a tout d'un grand.

Brian auger 1The Godfather of Acid Jazz.

Auger steampacket 1Avec Steampacket.

Brian auger trinityAvec Dricosll & The Trinity.

Brian auger oblivionAvec l'Oblivion Express.

Brian auger 2015Rejoints par ses enfants Savannah et Karma.

Brian Albert Gordon Auger est né à Londres et a grandi dans le cosmopolite quartier de Shepherds Bush où, très tôt, il est imprégné de la musique jazz diffusée sur les radios de la capitale et très influencé par la collection de disques affectés au genre (Count Basie, Duke Ellington, Benny Goodman, Louis Armstrong, Kid Ory, Ge'orge Shearing...) et détenus par son frère de 14 ans son aîné. Cet environnement musical influe sur son intérêt pour le piano familial qu'il apprend jeune et sur lequel il passe des heures entières à jouer.

Adolescent, Brian se retrouve à jouer à l'occasion de fêtes mineures et profite de cette opportunité pour peaufiner son jeu de piano. C'est un enregistrement du jazzman américain Jimmy Smith qui lui donne le goût de l'orgue et de l'Hammond plus particulièrement, instrument qu'il s'empresse alors de faire sien.

Il a alors une préférence pour des artistes comme Miles Davis, Art Blakey, Horace Silver, Cannonball dont il interprète les répertoires dans les premières formations locales auxquelles il prend part.

Il a 18 ans quand il arpente le circuit londonien où il pratique essentiellement le jazz ainsi qu'un peu de boogie Woogie ; il y devient rapidement un musicien respecté dans le milieu.

A 23 ans (1962), il fonde son premier groupe, un trio jazz qu'il nomme le Trinity (on l'appelle aussi le Brian Auger Trio) et qui, autour du piano d'Auger, s'appuie sur l'excellente rythmique constituée de l'rlandais Rick Laird (contrebassiste de juillet 1963 à février 1964), bassiste maison du Ronnie Scott's Jazz Club de Londres et futur Mahavishnu Orchestra avec John McLaughlin (jusqu'en 1973), ainsi que du batteur Phil Kinorra (Graham Bond, Don Rendell), le suppléant de Keith Moon au sein des Who quand ce dernier se blesse en 1967. Le trio en question est alors une des meilleures formations anglaises du moment.

Dès la fin de 1964, après la révélation que Brian Auger a eue avec Jimmy Smith, Trinity évolue avec une autre rythmique, Rick Brown (basse) et Micky Waller (batterie) ; Brian Auger passe à l'orgue, instrument qu'il vient spécialement d'acquérir, persuadé qu'il va lui ouvrir des perspectives artistiques nouvelles.

Au milieu de l'année 1965, le claviériste rejoint le Steampacket, une sorte de supergroupe de blues qui compte en son sein Long John Baldry, Rod Stewart, Julie Driscoll, Rick Brown, Micky Waller et Vic Briggs. Le tout géré par Giorgio Gomelsky, l'homme derrière les Stones et les Yardbirds. Du lourd !

En 1966, quand le Steampacket se sépare suite au départ de Rod Stewart, Auger, Driscoll et Briggs rebondissent sur Julie Driscoll Brian Auger & The Trinity (avec Roger Sutton et Clive Thacker comme rythmique).

Le duo qu'il forme avec la belle Julie est couronné d'un succès international en 1968 : Wheel's On Fire de Dylan et du Band se classe 5ème dans les charts du Royaume-Uni. La version du groupe anglais, organisée autour de l'Hammond et du Mellotron, est associée à l'ère psychédélique britannique. A la même période sort l'album Open (1967), fait avec un nouveau line-up constitué de Dave Ambrose, Gary Boyle et Clive Thacker.

Il atteint le 12ème rang des LP en Grande-Bretagne ce qui vaut à Driscoll Auger & The Trinity d'ouvrir quelques dates californiennes (Winterland et Pasadena/2 et 3 mai 69) de la tournée américaine 1969 de Led Zeppelin (même label) et de passer régulièrement sur les TV de l'Old Albion.

Brian auger portrait

« Ca a été très grand et très enrichissant que d'échanger avec tous les artistes que j'ai pu fréquenter et avec lesquels j'ai collaboré dans ma carrière. » (Brian Auger)

Brian Auger y va ensuite d'un premier opus solo, le moyen Definitely What (1968) avant de revenir au Trinity avec Driscoll et de publier l'excellent double qu'est Streetnoise (1969), lequel marque la fin de leur brillante collaboration (1970).

Auger crée alors l'Oblivion Express, projet jazz-rock évolutif et toujours d'actualité au 3ème millénaire. Réactivé en 1995, il permet à Savannah et Karma, les enfants de Brian, d'intégrer le groupe respectivement au chant et à la batterie.

Rejoint au chant par Alex Ligertwood, la nouvelle formation de l'organiste publie une série de très beaux disques : Brian Auger's Oblivion Express et A Better Land (1971), Second Wind (1972), Closer To It (1973), Straight Ahead (1974), Reinforcements (1975), Happiness Heartaches (1977) ainsi que 2 live (Oblivion Live en 74 et 76).

Aujourd'hui retiré en Californie, Brian Auger n'en continue pas moins à assouvir sa passion de la musique, entre tournées et enregistrements. Dernier fait d'armes : Back To The Beginning : The Brian Auger Anthology , sorti en 2015, qui reprend l'intégralité de sa carrière. Une manière de s'apercevoir que le parcours de ce grand artiste du jazz, du blues et du rock est brillamment rempli depuis plus de 5 décennies qu'il sillonne les studios et les scènes (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE JULIE DRISCOLL BRIAN AUGER & TRINITY 60'S.

LP Studio 2 - 1969

 

Julie driscoll brian auger trinity streetnoise

 

JULIE DRISCOLL, BRIAN AUGER & THE TRINITY

STREETNOISE – 1969  5/5

 

Presque trop beau...

 

Publié en 1969.

Produit par Giorgio Gomelsky.

Durée:74:04.

Label:Marmalade Records.

Genre:jazz,rock progressif.

 

Paru en 1969, le double Streetnoise (en écoute intégrale ici) est la deuxième et ultime collaboration - parlons plutôt de cohabitation, le terme est plus approprié -  entre les britanniques Julie Driscoll et Brian Auger & The Trinity ; l’autre implication de Jools sur un LP du claviériste anglais alors en vogue étant l’album Open en 1967.

Les enfants, ruez-vous sur cet album, c’est tout ce que j’ai à vous dire. Cocktail de classique, de gospel, de jazz, de blues et de rock, d’une grande tenue musicale, interprété par des musiciens virtuoses, notamment Brian Auger qui, à l’orgue et au piano, nous régale de ses solos subtils et inspirés à la John Lord ou Keith Emerson, agrémenté de la voix érotique, époustouflante et sensuelle, pleine d’émotion de Julie Driscoll, Streetnoise est parfois étrange, mais c’est ce qui fait son génie.

Bon, d’accord, la moitié de Streetnoise est constituée de reprises comme Light My Fire des Doors, sublime et embrumé au possible, Let The Sunshine In de la comédie musicale Hair, comme  Take Me To The Water de Nina Simone, comme Save The Country (Laura Nyro, une auteur-compositeur née dans le Bronx et qui a arrêté sa carrière à 24 ans), comme All Blues de Miles Davis ou Indian Rope Man de Richie Havens.

Mais y a pas de mal à ça, non ? D’autant plus que l’interprétation de ces versions empruntées relègue au rang de reprises les originaux. Parmi les morceaux propres à Driscoll, qui ne chante pas sur tous les morceaux, et Brian Auger, accordez une attention particulière à l’instrumental qui démarre l’album, Tropic Of Capricorn (et son solo d’orgue Hammond crédité à Brian Auger) aux variations jazzy, à I’ve Got The Life et sa joie de vivre, Czechoslovakia (créditée à Driscoll), A Word About Colour (émouvant), When I Was Young (arrangé par Jools), au gospelisé Take Me To The Water.

Ne négligez rien, allez jusqu’au bout de l’écoute. Cet album sur lequel les guitares n’apparaissent, pour ainsi dire, pas, est une fusion aboutie de jazz rock, de pop anglaise, de folk et de touches progressives. Il est radicalement différent de ce qui se faisait à l’époque et dégage une impression étrange.

La voix orgasmique de Driscoll et les sonorités qu’Auger tire de son orgue Hammond, se marient à merveille. C’est l’ultime tour de piste, de Julie Driscoll, devenue Tippetts, et de Brian Auger. Streetnoise n’est pas sans faire resurgir les souvenirs d’une époque marquée par les révoltes d’une jeunesse adolescente en proie à des désirs (utopiques) de paix et d’amour. Franchement, allez-y. Foncez sur Streetnoise. C’est fascinant et brillant. Du grand art. C’est presque trop beau ! (RAZOR©)

 

Disque 1.

1. Tropic Of Capricorn.

2. Czechoslovakia.

3. Take Me To The Water.

4. A Word About Colour.

 

Disque 2.

5. Light My Fire.

6. Indian Rope Man.

7. When I Was Young.

8. The Flesh Failures (Let the Sunshine In).

 

Disque 3.

9. Ellis Island.

10. In Search Of The Sun.

11. Finally Found You Out.

12. Looking in the Eye of the World.

 

Disque 4.

13. Vauxhall To Lambeth Bridge.

14. All Blues.

15. I've Got Life.

16. Save the Country.

 

Brian "Auge" Auger:orgue,piano,piano électrique,chant.

Julie "Jools" Driscoll:chant,guitare acoustique.

Clive "Toli" Thacker:batterie,percussions.

David "Lobs" Ambrose:basse,guitare acoustique,choeurs.

DISCOGRAPHIE BRIAN AUGER'S OBLIVION EXPRESS 70'S.

LP Studio 2 - 1971

 

Brian auger s oblivion express a better land

 

BRIAN AUGER OBLIVION EXPRESS

A BETTER LAND – 1971  5/5

 

Publié en 1971.

Produit par Brian Auger.

Durée:38:33.

Label:RCA Victor.

Genre:jazz-rock,pop-rock,jazz fusion,soul-jazz,jazz-funk.


Un cœur gros comme ça !

 

Que voilà encore un artiste des sixties/seventies à ranger au rayon des grands méconnus: Brian Auger et son groupe l'Oblivion Express, venu tout droit de la scène R & B jazz anglaise.

Claviériste virtuose, que dis-je, magicien de l'orgue Hammond, Brian Auger a composé cet album avec le guitariste Jim Mullen (encore un autre laissé-pour-compte de la musique rock). Ce disque est un des meilleurs albums du groupe.

Harmonies vocales, solos jazzy, A Better Land, subtil et raffiné, léger, lumineux, hors du commun, s'appuie sur des influences pop, jazz, rock et blues, un genre que les british bands de l'époque maîtrisaient à merveille et comme personne.

Très swing, l'album nous berce par ses mélodies pop avant-gardistes harmonieuses, donnant une ambiance particulière, mélancolique. Millen et Auger sont soutenus par une rythmique de première force, composée de Barry Dean, le bassiste et de Robbie McIntosh, le batteur.

A Better Land est la signature de musiciens cadors, Auger en tête, dont l'orgue opère encore et toujours avec le même émerveillement. Album exquis, c'est une très belle œuvre du début à la fin avec des titres majeurs comme On Thinking It Over, comme le brillant et animé Wedding Marai’s, le semi hypnotique et éthéré Women Of The Seasons, l'accrocheur et mélodieux Tomorrow City.

D'une super musicalité, avec un travail de guitare sublime, un orgue expressif sans être trop barbant et une rythmique parfaite, A Better Land est l'outil idéal pour se familiariser avec la magnifique production de cet artiste et de ses diverses collaborations comme l'Oblivion Express.

Je connais cet album depuis sa sortie en 1971 et j'avoue que sa beauté n'a jamais été démentie tout comme son intemporalité. Intemporel, il reste. Croyez-moi. A Better Land a un cœur gros comme ça! (RAZOR©).

 

1. Dawn of Another Day.

2. Marai's Wedding.

3. Trouble.

4. Women of the Seasons.

5. Fill Your Head With Laughter.

6. On Thinking It Over.

7. Tomorrow City.

8. All the Time There Is.

9. A Better Land.

 

Brian Auger:orgue,piano électrique,chant.

Jim Mullen:guitare,chant.

Barry Dean:basse, choeurs.

Robbie McIntosh:batterie,percussions.

LP Studio 3 - 1972

 

Brian augers s oblivion express second wind

 

BRIAN AUGER’S OBLIVION EXPRESS

SECOND WIND - 1972  5/5


Publié en 1972.

Produit par Brian Auger.

Durée:38:14.

Label:RCA,Polydor.

Genre:jazz-rock,jazz-fusion,rock progressif.


Brillant Brian.


Al Kooper, Rhoda Scott, Keith Emerson (The Nice), Jon Lord (Deep Purple), Steve Winwood (Traffic), le regretté Ray Manzarek (Doors), Alan Price (Animals), Vincent Crane (Atomic Rooster), Rick Wakeman (Yes), Rick Wright (Pink Floyd), Tony Banks (Genesis), Greg Allman (Allman Brothers Band) ou encore Ken Hensley (Uriah Heep), Matthew Fisher (Procol Harum)… tous ont un point commun avec Charly Oleg, l’animateur de Tournez Manège, rendu célèbre pour avoir interprété à l’orgue des chansons devant être reconnues par les candidats. Ce point commun, c’est l’Hammond, cet orgue conçu initialement pour répondre à la demande des églises fréquentées par les blacks US et qui va progressivement être sorti de son contexte par les jazzmen pour ses aptitudes à pouvoir enflammer les publics des années 60/70.

A ce lot de claviériste prestigieux, rajoutons l’organiste britannique Brian Auger, un des plus éminents utilisateurs d’Hammond, que le jazz-rock et le rock progressif ont propulsé sous les projos. Auger, à l’instar de Keith Emerson, en arrive alors à dompter l’instrument dans une lutte physique et animale, le rendant lourd et hurlant, agressif, à sa guise. Il en tire des sonorités inimaginables, inentendues, ouvrant la porte à des possibilités inventives phénoménales, voire les repoussant au-delà des limites du moment.

En 1972, Second Wind (en écoute intégrale ici) se fait avec l’Oblivion Express. C’est le troisième LP de cette association, succédant au controversé A Better Land. A ce niveau de sa carrière, Brian Auger a déjà des états de service remarqués : le Steampacket (1965) avec Long John Baldry, Rick Brown, Mickey Waller, Vic Briggs,Rod Stewart et Julie Driscoll alors secrétaire de son manager Giorgio Gomelsky, puis le Trinity Band (re-Driscoll,re-Briggs,re-Brown et re-Waller) formé en 68. Avant 1965, Brian Auger s’affiche aux côtés du grand John McLaughlin, dans des sessions avec les Yardbirds (For Your Love) ou avec Sonny Boy Williamson.

L’Oblivion Express se monte avec Jim Mullen, Barry Dean, Robbie McIntosh pour les deux premiers jets orientés jazz-fusion lourd. Alex Ligertwood rejoint le groupe pour Second Wind. Cet ex- Jeff Beck Band est introduit en qualité de chanteur. Par rapport aux albums devanciers, une nouvelle orientation musicale s’affirme, plus jazz-rock funky (légèrement nimbé de latino) qui fonctionne aussi bien, la voix (discutée) de Ligertwood se prêtant bien à cette nouvelle direction, même si ce choix tend à cliver les fans de l’artiste et à engendrer une certaine brouille dans son catalogue. Les détracteurs de Second Wind vont même jusqu’à avancer une perte de qualité dans le processus conceptuel d’Auger, je ne m’aventurerai pas sur ce terrain, d’autant plus que ce disque swinguant me plaît bien. Laissons les donc à leurs avis.

Les six pièces de Second Wind montrent de belles choses, notamment le groovy Freedom Jazz Dance (Eddie Harris) ; partagées équitablement entre rock et jazz, on leur objectera cependant de ne pas recéler en leur sein d’une œuvre véritablement marquante et qui puisse booster le LP. Faut-il voir en ce sursaut, après le décrié A Better Land (que j’ai personnellement trouvé bon), la reprise en main des affaires par un Auger ayant précédemment laissé les coudées franches à Jim Mullen à l’écriture ? Toujours est-il que les choses sont ici recadrées et que Mullen rentre dans le rang, étant cette fois-ci crédité une seule fois à ce poste.

Second Wind donne le vrai départ de la carrière commerciale de l’artiste et qui le fera bien figurer dans le rock jusqu’au milieu des années 70. Pour moi, Second prend place dans la tierce gagnante de son catalogue, n’en déplaise aux ronchons et aux éternels éreinteurs de Ligertwood (RAZOR©).


Face 1.

1. Truth.

2. Don´t Look Away.

3. Somebody Help Us.

 

Face 2.

1. Freedom Jazz Dance.

2. Just Me Just You.

3. Second Wind.

 

Barry Dean:basse.

Robbie McIntosh:batterie,percussions.

Jim Mullen:guitare.

Brian Auger:piano,orgue,chant.

Alex Ligertwood:chant.

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