Chase.

BIOGRAPHIE.

 

CHASE/Las Vegas (Nevada – USA)

 

Chase 1971 intro

 

Actif de 1970 à 1974,réunion en 1977,puis en 2007.

Label:Epic Records.

Genre:jazz-rock,jazz-fusion,horn-rock.

 

Un puissant mélange de jazz et de rock.

Le 9 août 1974, alors que le scandale du Watergate aboutit, deux ans après le lancement de l'affaire, à la démission de Richard Nixon alors Président des États-Unis, le jazz-rock américain est frappé de plein fouet par la disparition tragique de Bill Chase et de 5 de ses proches.

Parmi eux, 3 de ses jeunes musiciens, le batteur Walter Clark (25 ans), l'organiste Wallace Yohn (27 ans) et John Emma (22 ans), sa secrétaire Linda Swisher (26 ans) et le pilote du bimoteur, un Piper Twin Comanche, que Chase a affrété pour rejoindre Jackson dans le Minnesota, théâtre de son prochain spectacle à la Jackson County Fair.

Parti de Waterloo (Iowa), le petit avion, aperçu volant à très basse altitude en fin d'après-midi, s'écrase, sans s'enflammer, à 300 mètres de la piste de l'aéroport dans une zone qui ne permet pas de le retrouver avant le lendemain matin quand le reste du groupe, venu par la route s'inquiète de ne pas avoir de nouvelles du bimoteur.

Chase bill chase 3Bill Chase, un soliste très prisé.

Chase bill chase...à la tête d'un groupe populaire.

Chase get it onRévélé par Get It On (juillet 71).

Chase albumUn premier LP déjà convaincant.

Un mastodonte du horn-rock.

Ce drame met fin au groupe Chase, connu pour être l'auteur du tube Get It On, N°24 du Billboard 71 (et 13 semaines dans les charts) et pratiquant un puissant mélange de jazz et de rock, inspiré des Chicago Transit Authority, Ides Of March, Weather Report et Blood Sweat And Tears.

Si un album hommage (Watch Closely Now) est publié en 1977 par les acteurs vivants du line-up original de Chase, il faut attendre trente ans pour que le groupe refasse parler de lui, toujours par l'entremise de ses membres rescapés qui donnent quelques concerts pour commémorer la mémoire de leur chef d'orchestre et de leurs partenaires disparus.

Mais, depuis 2007, plus rien ; avec l'avancée dans l'âge des uns et des autres, il semblerait que l'on ait assisté aux dernières réunions pour célébrer le mastodonte du horn-rock et ses protégés.

Chase, un soliste très prisé...

Né William Edward Chiaiese dans le Massachusetts (Squantum), le 20 octobre 1934, Bill Chase est d'origine italienne. Fils d'un trompettiste, il se met très tôt à l'apprentissage d'un instrument.

Après s'être essayé au violon et à la batterie, il assiste à un spectacle jazz mettant en vedette l'orchestre de Stan Kenton, lequel achève de le convaincre de se convertir à l'instrument de prédilection de son père, musicien dans le Gillette Marching Band.

Enthousiasmé, à cette occasion, par les prestations de Maynard Ferguson et Conte Candoli, il décide, lui aussi, de souscrire à la trompette. Et au jazz plutôt qu'au classique.

Il est doué et son talent précoce en fait rapidement un très bon trompettiste, aidé en cela par l'enseignement qu'il reçoit à la Berklee School Of Music de Boston. Ses précepteurs s'appellent alors John Coffey, tromboniste, Armando Ghitalla et Herb Pomeroy, trompettistes.

Il jouera à son tour avec ces monuments de la trompette : en 58, avec Ferguson, l'année suivante avec Kenton et surtout avec le Herd de Woody Herman durant les 60's. Puis devient lui-même un soliste vedette très demandé.

...et un groupe populaire.

Il est alors si populaire qu'il apparaît à de nombreuses reprises dans des émissions musicales télévisées comme le Ed Sullivan Show ou le Tonight Show.

Il se lasse vite de toujours jouer les mêmes spectacles aussi, sous la pression de ses amis musiciens, il est convaincu que le meilleur moyen de rompre cette monotonie est de constituer son propre groupe.

Ce qu'il fait à la fin des 60's quand il regroupe autour de lui le plateau qui va aboutir à Chase, le groupe (1970).

Il réunit alors les trompettistes de jazz chevronnés que sont Ted Piercefield, Alan Ware et Jerry Van Blair, Phil Porter (claviériste), Angel South (guitariste), Dennis Johnson (bassiste), Jay Burrid (percusionniste) et Terry Richards, chanteur sur le premier LP du groupe.

A l'été 1970, il trouve un écho favorable du côté d'Epic Records qui, enthousiasmé par la prestation qu'il a entendue, signe aussitôt Bill Chase et sa troupe. Le label croît dur comme fer à cette formation et à ce qu'elle a à offrir.

Chase dennis johnson portrait

« Nous étions un groupe de fusion avant que quiconque ne sache ce que c'était. » (Dennis Johnson)

Get It On pour décoller.

La sortie de l'album éponyme ouvrant le catalogue en avril 1971 ne passe pas inaperçue auprès du public américain, lequel réagit favorablement à la fusion jazz-rock proposée par Chase et les siens.

Enregistré à Chicago à la fin de l'année précédente, le premier opus dégage le titre Get It On, 13 semaines dans les charts US avec un pic à la 24ème place en juillet 71. L'album, N° 22 au Billboard 200, connaît un gros succès, fait alors exceptionnel pour un groupe estampillé cuivres.

Cerise sur le gâteau, Chase est nominé aux Grammy Awards 71 en qualité de meilleur nouvel artiste de l'année mais voit la récompense suprême lui échapper, Carly Simon lui étant préférée.

Il se classe également deuxième dans la catégorie Rock/Pop/Blues, tandis que le magazine de jazz et de blues américain Downbeat fait de Chase l'album son meilleur album pop de l'année.

Cette popularité nouvelle vaut à Chase de se retrouver à l'affiche d'émissions télévisées comme The Tonight Show ou The Smothers Brothers Comedy Hour ainsi que du Newport Jazz Festival.

Stars nippones.

Public comme critiques musicaux se retrouvent unanimement autour de cette formation très appréciée qui met une ambiance terrible partout où elle passe.

Lors de la tournée japonaise de promotion 72 du premier album, les 9 musiciens de Chase sont accueillis et traités comme des rois au pays du Soleil-Levant. Le Japon a alors la particularité de compter 5 titres des américains dans le Top 10 de leurs charts.

Ennea, le deuxième opus publié en mars 1972, réfère, en grec, au nombre de musiciens qui constituent l'effectif de Chase. Enregistré dans la deuxième partie de l'année 1971 à San Francisco, il ne bénéficie pas du même accueil que son prédécesseur.

Moins équilibré dans ses éléments jazz et rock, plus orienté vers les trompettistes, le volume 2 du catalogue, malgré quelques grands moments, n'a pas le succès escompté.

A un moment où le line-up est mis à l'honneur dans le titre du disque, ce dernier subit ses premiers changements en plein milieu des sessions d'enregistrement, le batteur Jay Burrid s'effaçant au profit du jeune Gary Smith (21 ans) et le chanteur Terry Richards étant remplacé par GG Shinn. Ceci explique cela.

Après une longue pause, Chase sort Pure Music en février 1974. Cet album marque une nouvelle orientation musicale plus commerciale ; les jams instrumentaux jazz-rock sont alors privilégiés qui permettent à Bill Chase de se mettre un plus en vedette.

Le drame de Jackson.

Seul rescapé du Chase des deux premiers albums, Bill, à la tête d'un groupe remanié dans son intégralité, prend une voie qui aurait appelé une suite tant elle s'avère intéressante.

Le drame de Jackson met malheureusement fin à ce groupe, alors en phase de préparation d'un 4ème LP, et scelle la fin d'un trompettiste remarquable, au sommet de son art alors qu'il n'a pas 40 ans.

La disparition de Chase, qui a influencé des générations de grands musiciens actuels (Dave Stahl, Roger Ingram, Alan Wise, Walt Johnson, Jim Manley...) laisse un grand vide dans l'industrie du disque où il compte de multiples amis et autant de fans sur la planète. Il était une légende de la trompette et son souvenir continuera de vivre au rythme de sa musique (RAZOR©2021).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 3 - 1974

 

Chase pure music 1974

 

CHASE

PURE MUSIC – 1974  4/5

 

Publié en février 1974.

Produit par Frank Rand.

Durée:33:01.

Label:Epic.

Genre:jazz-rock.

 

De brillants jams instrumentaux.

 

Chase a publié trois albums de son vivant. Pure Music est le dernier volet de cette trilogie discographique. Sorti en février 1974, il précède de quelques mois le drame aérien de Jackson qui, en plein cœur de l'été de cette même année, décime littéralement la formation de jazz-fusion montée quatre ans auparavant par le trompettiste Bill Chase.

Ce dernier, mort dans le crash, n'aura pas le temps de démontrer son talent et l'exceptionnel potentiel de l'unité qu'il a réunie autour de lui et à laquelle, après deux albums jazz-rock (Chase et Ennea) infructueux commercialement (les cuivres n'étaient pas en odeur de sainteté dans le rock de cette époque), des soucis d'argent et une pause consacrée à réfléchir à l'après, il donne une autre orientation plus fusionnelle, traduite par Pure Music.

Visiblement décidé à poursuivre son rêve malgré une situation financière difficile, le leader de Chase insiste et engage son groupe dans une tournée sud-africaine début 1973, laquelle va l'inspirer pour une suite radicalement différente à son projet et lui suggérer notamment Bochawa.

D'emblée, l'écoute révèle une atmosphère éloignée de celle que l'on retrouve dans les deux opus devanciers. La priorité va ici aux jams instrumentaux, brillants et aux arrangements subtiles.

L'interférence entre la trompette de Chase et les synthés de Wally Yohn fonctionne plutôt bien ; par contre, le disque aurait pu se passer des deux seules pistes chantées, Love Is On The Way et Run Back To Mama, vraisemblablement incluses pour avoir un espoir de toucher un public ambiant toujours hermétique aux cuivres. Très bon disque (RAZOR©).

 

1. Weird Song #1.

2. Run Back To Mama.

3. Twinkles.

4. Bochawa.

5. Love Is On The Way.

6. Close Up Tight.
 

Bill Chase:trompette principale.

Jay Sollenberger,Joe Morrissey,Jom Oatts:trompette.

Dartanyan Brown:basse,chant.

Wally Yohn:claviers,synthés.

John Emma:guitare,chant.

Tom Gordon:batterie.

Jim Peterik:chant.

  • 1 vote. Moyenne 5 sur 5.

Commentaires