Chicago.

BIOGRAPHIE.

 

CHICAGO/Chicago (Illinois)

 

Chicago 4

 

Connu sous The Big Thing,Chicago Transit Authority.

Actif de 1967 à aujourd’hui.

Label:Columbia,Full Moon,Rhino.

Genre:jazz fusion,jazz-rock,pop-rock,rock.

Site officiel:chicagotheband.us

 

Chicago : des durs à cuivres.

Direction L’Illinois et plus particulièrement Chicago d’où est issu, on s’en serait presque douté, Chicago Transit Authority, plus connu sous le nom de Chicago, le raccourcissement de son nom d’origine obéissant à une décision judiciaire pour ne pas confondre avec la compagnie des bus de la ville.

Chicago Transit Authority est formé en 1967. S’il compte parmi les plus anciennes formations des 60’s encore en activité aujourd’hui, on le doit à quatre de ses membres d’origine : le claviériste et vocaliste Robert Lamm, le trompettiste Lee Loughnane, le tromboniste James Pankow et le saxophoniste Walter Parazaider, les seuls à s’être accrochés à cette unité un peu atypique du rock.

Atypique dans la mesure où Chicago est le seul groupe de pop-rock de l’époque, avec Blood Sweat & Tears, à intégrer une section de cuivres conséquente. Malgré cette originalité pas forcément bien accueillie par le public rock du moment, encore dans sa bulle psychédélique, Chicago devient rapidement un gros vendeur de disques et un faiseur régulier de hits. On lui prête des ventes supérieures à 100 millions de pièces. Récompensé d’or à 23 reprises, de platine 18 fois (8 fois multi-platine), Chicago compte à son actif, 21 top 10 et 5 LP affublés du titre de N°1 des albums.

Toujours fidèle au poste.

A ce quatuor toujours actif en 2015, il convient d’associer les autres co-fondateurs que sont le guitariste-chanteur Terry Kath et le batteur David Seraphine. Alors qu’ils sont encore étudiants, ils évoluent initialement sous l’identité de The Big Thing avant de venir Chicago Transit Authority et de recevoir le renfort de Peter Cetera à la basse.

Le Big Thing est essentiellement un groupe de reprises, mais l’ambition pousse ses membres à mettre de plus en plus l’accent sur leur propre écriture. Leur avenir se situe ailleurs : à Los Angeles où le Big Thing pose ses valises en 1968.

Du Big Thing à Chicago.

Pour mieux encadrer ses projets, le groupe s’adjoint les services de James William Guercio, natif de Chicago et musicien de session dans la Cité des Anges, où il a déménagé depuis le milieu des 60’s. Proche de Parazaider, Guercio est choisi pour être le directeur de Big Thing. Producteur pour Columbia, ce dernier va gérer et produire le groupe, lui suggérer le nom de Chicago Transit Authority et organiser son éclosion sur le circuit californien. Sous sa tutelle, CTA devient très vite populaire et c’et tout naturellement que Guercio favorise le contact, puis la signature avec Columbia.

Chicago 2Chicago : des durs à cuivres.

Un premier album éponyme et double (Chicago Transit Authority) jalonne son parcours discographique en avril 1969.

Dans le même temps qu’est réalisé cet album, Guercio est également approché pour produire le deuxième disque de Blood Sweat & Tears (décembre 1968), le concurrent direct.

Le producteur fait coup double en termes de popularité ; l’un comme l’autre sont de très gros succès, en occupant respectivement les 17ème et 1ère places du Billboard.

Hendrix, sur le cul.

Fusion de rock, de soul et de jazz, CTA obtient l’adhésion du public et de la critique. De cet album, on retiendra deux choses.

D'une part, les singles populaires que sont I’m A Man (repris à Stevie Winwood), Does Anybody Really Know What Time It Is ? (7), Beginnings (7) et Questions 67 & 68 (71), de l'autre la fabuleuse prestation guitaristique improvisée de Terry Kath sur Free Form Guitar qui a laissé bouche bée Jimi Hendrix en personne.       

Menacé de poursuites judiciaires par la compagnie de bus de Chicago, la formation change son nom en 1969. Le deuxième LP traduit cette métamorphose identitaire : il s’appelle sobrement Chicago ou Chicago II et préfigure la longue succession des disques numérotés en chiffres romains amorcée avec le volume III.

La patte de Guercio.

Guercio est encore aux commandes du deuxième double album de rang (il sera de 11 albums de Chicago), sorti en janvier 1970 et qui, tout en restant dans un registre similaire à CTA, fait franchir un pas supplémentaire au groupe. Make Me Smile (9), Colour My World (7), tirées de la pièce maîtresse de 13 minutes qu’est Ballet For A Girl In Buchannon (suite en 7 parties), ainsi que 25 Or 6 To 4 (4) sont les titres marquants d’un album qui connaît une réussite immédiate en occupant le 4ème rang des classements du Billboard et en faisant 6 au Royaume-Uni.

Patchwork jazz-rock, Chicago III ne ralentit en rien la prolificité, l’inspiration et l’aisance des membres de Chicago. Le disque de début janvier 1971 est encore une fois double et excellent malgré la fatigue qui affecte ses acteurs, victimes de leur immense popularité et, de ce fait, sollicités de toutes parts. Seuls deux titres, Free et Lowdown parviennent toutefois à tirer leur épingle du jeu dans les charts en faisant respectivement top 20 et top 40.

En appui à Chicago III, Chicago se produit au Carnegie Hall en avril 71. De ce passage dans ce lieu culte new yorkais, sont compilés des enregistrements live. Ils constituent le quatrième volet du catalogue des Illiniens. Pas le meilleur en raison qu’une qualité acoustique de la salle qui se prête mal à la musique de Chicago et d’une propension à tirer en longueur du fait de son format quadruple. Malgré cela, Chicago At Carnegie Hall, supposé être le numéro IV du catalogue se vend bien (N°3 aux States).

Chicago robert lamm

« Le Chicago du début était jeune et inexpérimenté ; beaucoup de choses se faisaient à l’intuition. Nous voulions seulement faire de la musique et le faire ensemble. Dans ce contexte, je ne regrette pas d’avoir partagé cette aventure avec Terry Kath. J’aurais bien voulu voir comment il aurait évolué.

Il était sans cesse en train de bidouiller avec les instruments, la technique. Que ce soit une guitare ou la manière de gratter la guitare, il expérimentait constamment. Avec un ampli, un magnéto, il cherchait inlassablement le meilleur, le plus original. Il aurait été intéressant de voir comment Terry aurait interagi avec la technologie moderne. Je suis sûr qu’il y aurait pris beaucoup de plaisir. » (Terry Kath).

Saturday In The Park.

Le retour en studio s’opère par le volet numéro V, en septembre 1971. Chicago V (juillet 1972) revient à un cadre plus normal de 10 titres sans pour autant faillir dans la qualité à laquelle il a jusque là habitué ses fans. Il s’installe tour à tour en tête des albums de rock américains (Billboard/72) et des albums de jazz en 1973. Il porte la patte de Robert Lamm qui alimente essentiellement la matière de ce disque ; deux titres en émergent : Saturday In The Park qui, en prenant la 3ème place des charts, obtient le meilleur score pour un single de Chicago, et Dialogue (Part I et II).

Chicago VI (juin 1973) est l’album par lequel Chicago ouvre son line-up à d’autres musiciens. Parmi eux le batteur floridien Joe Lala et le percussionniste brésilien Laudir De Oliveira, ce dernier devenant un membre à part entière de Chicago en 1975 et prenant part à 8 de ses disques. Chicago VI se situe dans la continuité des travaux antérieurs. Homogène, il ne déroge pas à la bonne habitude prise par la bande à Lamm de servir de la qualité. Il demeure 5 semaines en tête du top US et contient des morceaux forts comme Something In This City Changes People, In Terms Of Two, Just You ‘n’ Me, Darlin’ Dear ou encore Feelin' Stronger Every Day.

Ah, ce fameux volume VII !

En mars 1974 tombe un sixième opus studio; c’est Chicago VII, double disque (15 titres et 72 minutes), ce qui ne lui était plus arrivé depuis 1971, et réunissant une pléiade d’invités : Jimmie Haskell, Wayne Tarnowski, Guille Garcia, Ross Salomone et, au niveau des chœurs, les Pointer Sisters (sur Skinny Boy) et une partie des Beach Boys (Al Jardine, Carl et Dennis Wilson). Terry Kath y est magistral (Aire et Byblos). Comptant parmi les meilleures pièces du catalogue de Chicago, le volume VII, plus pop-rock que jazzy, ne présente aucune faille. On peut dire sans se tromper que ce disque est la dernière grande œuvre du groupe de l’Illinois).

Avec De Oliveira comme membre désormais officialisé, le line-up passe de 7 à 8 pour aborder le numéro 8 de la discographie : Chicago VIII. Publié en mars 1975, il rend Chicago plus accessible au public qu’il ne le fut jusqu’alors. Bien qu’en retrait par rapport à son prédécesseur, il est encore digne d’intérêt, par l’entremise de Terry Kath notamment, qui rend hommage de fort belle manière à Hendrix dans Thank You Great Spirit.

Chicago terry kathTerry Kath a mis Hendrix sur le cul.

Un drame qui change tout.

En éditant une compilation (Greatest Hits/1975) en guise de Chicago IX, Chicago traduit un coup de mou au niveau de l’inspiration. Pas sur le plan commercial, car le LP est une réussite énorme en restant N°1 des charts pendant 72 semaines.

Il est toutefois un peu l’arbre qui cache la forêt et Chicago X (juin 1976) met le doigt sur la perte de vitesse ponctuelle du groupe. Le nostalgique If You Leave Me Now sauve les meubles d’un disque moyen qui se vend bien mais à la réputation surfaite.

Chicago XI (septembre 1977) a une saveur toute particulière dans l’esprit des supporters de Chicago. Ce disque  constitue le dernier baroud d’honneur de Terry Kath qui décède le 23 janvier 1978 d’une mort vraiment stupide et évitable.

Lors d’une soirée organisée par un de ses potes de Chicago, un invité feint une roulette russe avec un revolver non chargé.

Le parterre réuni était encore un train de rire de cette blague que Terry Kath saisit un deuxième revolver qui traînait et fait de même. Malheureusement celui-ci est chargé et Terry Kath tombe au milieu des siens. Il meurt sur le coup.

Chicago XI a donc valeur de disque testament pour ceux qui considèrent que Kath était l’élément prépondérant de Chicago et celui qui le portait encore à bout de bras. Il est vrai que, sur cet album, ses compositions sont les plus belles.

Le chiffre 11 est celui sur lequel s’arrête la collaboration avec James William Guercio ; le courant artistique passe de moins en moins bien entre les membres et le producteur. Fin 77, Guercio passe la main ; après quelques semaines de deuil, Chicago décide de se prendre en main et de passer à autre chose.

Chicago 2015L'esprit Chicago, toutjours présent.

Le Chicago de la nouvelle ère.

Une nouvelle période s’ouvre avec le chanteur et guitariste Donnie Dacus, chargé de faire oublier Kath. Hot Streets (octobre 1978) traduit son basculement vers la pop-rock calibrée pour discos et radios FM. Produit par Phil Ramone, il a encore ses amateurs.

Les fans de la première heure n’y sont plus, tant la voie nouvellement prise par Chicago diffère trop de toute la production allant de CTA à Chicago IX.

Et ce n’est pas Chicago 13, dernier jet des années 70, beaucoup trop insignifiant, qui change quoi que ce soit à la donne.

Depuis le début des 80’s, Chicago, malgré les changements de personnels, a continué à rajouter des pierres à son édifice discographique. En juillet 2014 est publié Now, son numéro 36, intitulé XXXVI. L’esprit de Chicago est toujours là, mais l’ombre de Terry Kath plane plus que jamais sur un groupe, pour moi scotché au chiffre 11 (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1969

 

Chicago transit authority lp

 

CHICAGO TRANSIT AUTHORITY

CHICAGO TRANSIT AUTHORITY – 1969  5/5

 

Publié en avril 1969.

Produit par James William Guercio.

Durée:76:36.

Label:Columbia.

Genre :jazz fusion,rock,rock progressif,hard rock,pop-rock.

 

Un poids lourd de l’industrie du disque.

 

Cohérent, énergique, varié, virevoltant et créatif, tel est le premier LP du groupe de l’Illinois plus connu sous l’identité de Chicago, mais encore appelé ici Chicago Transit Authority (en écoute intégrale ici), du nom d’une compagnie de transport locale. Ce sera la seule fois qu’il se permettra cette appellation prêtant à confusion, une décision de justice l’amenant à opter pour un patronyme raccourci.

C’est en avril 1969 que l’on découvre ce double album éponyme, certainement un de leurs meilleurs disques, si ce n’est le meilleur. Chicago apparaît comme un groupe  à part dans le concert rock du moment, du fait qu’il dispose d’une section de  cuivres, particularité qu’il partage alors avec Blood Sweat & Tears.

Le bouillant Terry Kath (guitare et chant) qu’Hendrix, en personne, vénérait, Robert Lamm (claviers et chant), Peter Cetera (basse), James Pankow (trombone), Walter Parazaider (saxos), Dany Seraphine (batterie), Lee Loughnane (trompette), proposent une musique rugueuse et puissante dans le style rock, jazz, psychédélique et progressif.

L’album abrite des titres monstrueux qui ont fait la gloire du groupe comme Questions 67 and 68, Begginings et surtout le terrible I’m A Man (de la balle ce morceau repris du Spencer Davis Group avec son intro à la basse !) aux allures de Santana (Soul Sacrifice), Does Anybody Really Know What Time It Is ?, Poem 58.

On peut ne pas aimer les groupes trimbalant une section de cuivres, mais là, allez-y franco, car ça swingue, c’est franchement pop. C’est quand même disque d’or et double platine. Il n’est pas meilleur endroit pour faire connaissance avec ce big band très vendeur et dont on aime généralement les 11 premiers LP, ceux de l’ère Terry Kath et James Guercio, producteur maison (RAZOR©).

 

1. Introduction.

2. Does Anybody Really Know What Time It Is ?

3. Beginnings.

4. Questions 67 And 68.

5. Listen.

6. Poem 58.

7. Free Form Guitar.

8. South California Purples.

9. I'm A Man.

10. Prologue, August 29, 1968.

11. Someday August 29, 1968.

12. Liberation.

 

Robert Lamm:claviers,chant.

Terry Kath:guitare,chant.

Peter Cetera:basse,chant.

Daniel Seraphine:batterie.

Lee Loughnane:trompette,chant.

James Pankow:trombone.

Walter Parazaider:saxophones,chant.

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