Deodato.

BIOGRAPHIE.

 

EUMIR DEODATO/Rio De Janeiro (Brésil)

 

Deodato intro

 

Né Eumir Deodato De Almeida, le 22 juin 1942 à Rio.

Actif depuis 1959.

Label:CTI,MCA,Warner Bros.

Genre:pop,rock,latino,R & B,jazz-rock,fusion,disco,bossa nova.

Site officiel:www.eumirdeodato.com

 

Devenu populaire grâce à Strauss.

Publié en tant que single au début de l'année 1973, l'instrumental Also Sprach Zarathustra est le titre par lequel le public découvre Eumir Deodato. Extrait de son album Prelude (1973), le morceau en question consiste, quasiment 80 ans après l'original de Richard Strauss (1896), en une brillante adaptation jazz-funk de l'introduction du poème symphonique du même nom, signée par le compositeur et chef d'orchestre allemand.

La version du claviériste carioca, alors trentenaire, culmine à la 2ème place du Billboard 100 (fin mars 73) et remporte le Grammy 74 de la meilleure performance instrumentale pop de l'année.

L'album Prelude, dont il est extrait, connaît un succès identique en se positionnant au deuxième rang du Billboard, en faisant 3 au Canada et 7 au Royaume-Uni.

Single comme album génèrent des millions de ventes, tant aux USA que dans le reste du monde. Ils propulsent Deodato sur le devant de la scène internationale et lui ouvrent un boulevard pour mener à bien sa carrière artistique.

Deodato 1Deodato, une personnalité respectée du milieu...

Deodato 70 s...révélée par sa version arrangée de...

Deodato zarathustra...Also Sprach Zarathustra (Strauss)...

Deodato prelude...et par l'excellent LP Prelude (1973).

Deodato nowUn professionnel qui compte près de 500 LP à son actif.

Une discographie monstrueuse.

Personnalité aussi respectée que recherchée du milieu de l'industrie du disque pour avoir accumulé, comme artiste, producteur ou arrangeur, 16 disques de platine et être derrière plus de 25 millions de disques vendus (États-Unis), celui qui vit depuis à une quarantaine de kilomètres de Manhattan (Pomona – NY) affiche depuis une discographie globale impressionnante de près de 500 LP.

Celle-ci intègre son propre catalogue (tout confondu), auquel il convient de rajouter toutes les collaborations techniques (production) ou artistiques (arrangements) avec d'autres artistes comme, pour n'en citer que quelques uns, Frank Sinatra, Tom Jobim, Roberta Flack, Astrud Gilberto, Aretha Franklin, Kool & The Gang, Wes Montgomery, Michael Franks, Dazz Band, Kleeer, One Way, les français Berry (LP Mademoiselle/2008 et Les Passagers/2012) et Christophe (arrangements de cordes de l'album les Vestiges du Chaos/2016) ou Björk dont il a lancé la carrière... Rares sont les artistes à pouvoir revendiquer un palmarès aussi brillant et une telle longévité à ce niveau...

Du piano à bretelles au piano.

D'origine italienne et portugaise, Eumir Deodato est natif de Rio de Janeiro. Fils d'un entrepreneur du bâtiment décédé accidentellement alors qu'il est encore enfant, Eumir est, compte tenu de la situation dramatique, élevé du mieux possible par sa maman. Celle-ci l'encourage à pratiquer la musique, malgré les faibles moyens à sa disposition.

Eumir a 12 ans (1954) quand il se met, seul, à l'apprentissage de la musique. Il l'apprend dans les livres de solfèges, sans cours, ni précepteur. En autodidacte et à l'oreille, en écoutant tous les disques classiques qui lui tombent sous la main et les musiques qui passent sur le vieux poste de radio familial.

Puis il se met à l'accordéon, instrument alors populaire un peu partout sur terre et notamment en Amérique du Sud. Plus particulièrement en Argentine et au Brésil. L'accordéon cède la place au piano pour l'instruction duquel il redouble d'efforts, eu égard aux sacrifices réalisés par sa mère pour lui en offrir un.

Il use ses doigts sous des tonnes de partitions, dont Claire de Lune de Claude Debussy, sa première, et Maurice Ravel, un de ses auteurs préférés. Les compositeurs classiques français ont alors ses faveurs. Normal, il fréquente alors le lycée français de Rio où il apprend la langue de l'hexagone.

Un des arrangeurs les plus inspirés.

Au gré de ses progrès, Eumir nourrit l'espoir de pouvoir jouer dans un groupe ou un orchestre un jour. De plus en plus confiant en sa technique et en ses connaissances, il commence progressivement à réaliser certains arrangements. Ce qui devait arriver, arrive. A 17 ans, le pianiste en herbe organise et dirige sa première session d'enregistrement pour un orchestre.

Le hic, c'est que l'orchestre en question compte 28 musiciens. Cela relève du pari impossible avec un passé musical réduit jusque là à la portion congrue. Eumir relève le défi avec réussite, tandis qu'au Brésil, dans le même temps, la bossa nova a le vent en poupe. Eumir va devenir un des arrangeurs et pianistes vedettes de la place brésilienne, alors très inventive.

Eumir Deodato se met alors à enregistrer pour des artistes ayant pignon sur rue comme Milton Nascimento, Marcos Valle, Elis Regina ou Carlos Jobim. Il consacre son premier album aux chansons de ce dernier (Inútil Paisagem - As Maiores Compositions d'Antonio Carlos Jobim/1964).

Ce dernier est suivi de Idéias qui combine jazz et rythmes brésiliens (Odeon/1964), d'Impulso (crédité au groupe Os Catedráticos/1964). La même année, il sort encore Samba Nova Concepção et Tremendão (Os Catedráticos), puis en 1965, Ataque (Os Catedráticos) et Boleros. Impressionné par son arrangement de A Garota de Ipanema (The Girl From Ipanema en anglais), Jobim le prend sous son aile et l'embarque avec lui en Californie où il le fait rencontrer Frank Sinatra (1967).

Le crooner américain connaît tout du travail de Deodato et lui confiera les arrangements de 7 pistes de Sinatra & Company (1971), enregistrées entre février 1969 et octobre 70.

Astrid Gilberto, Walter Wanderley et d'autres artistes brésiliens installés à New York à cette époque ainsi que des musiciens de jazz comme Ray Bryant, Wes Montgomery ou Stanley Turrentine, le milieu pop/blues des Roberta Flack, Aretha Franklin et le cinéma, confient également leurs travaux de studio à Deodato.

Il enrichit dans le même intervalle son catalogue personnel de deux très grands LP : Percepao (Odeon/1972) et Os Catedráticos, publié  après le succès de Prelude sur le sol américain.

Deodato portrait 1

« Là où j’ai vraiment appris, c’était au Brésil. Quand je commençais à savoir jouer du piano, j’ai travaillé pour des nightclubs. Il y avait ce club, Au bon gourmet : on te programmait pour un show pour une semaine, et si c’était bon, tu étais reconduit pour la semaine suivante et ainsi de suite. » (Eumir Deodato)

La consécration avec Also Sprach Zarathustra.

A New York et en 1972, Deodato travaille avec le label CTI (Creed Taylor Incorporation) pour lequel sort Prelude (janvier 73). De jazz brésilien, Deodato, plus inspiré que jamais, prend un virage plus pop-funk.

Le succès est instantané grâce à Also Sprach Zarathustra. L'album rafle toutes les distinctions internationales et se pare d'un Grammy. C'est la consécration pour l'orchestrateur carioca, devenu du même coup le parrain du jazz-funk.

Mais Creed Taylor a également engagé Deodato pour écrire des arrangements pour les artistes du label : Tony Bennett, Frank Sinatra, Paul Desmond ou Aretha Franklin. Ce qu'il fait tout en continuant à enrichir sa propre discographie (Joao Donato/Muse, Deodato 2/CTI, Os Catedráticos 73, Airto In Concert/CTI). Après CTI, il en fait de même pour MCA, puis Warner (16 albums entre 74 et 79) et assure plusieurs tournées mondiales et américaines.

10 ans de Kool & The Gang.

Nous sommes à la fin des 70's et le disco bat son plein. Les formations de funk optent pour une approche plus pop afin de toucher une audience plus conséquente. Deodato se consacre alors à nouveau à la production et aux arrangements en se rapprochant de Kool & The Gang avec lequel il partage une passion commune, le jazz.

Ils entament un partenariat qui dure une décennie et se ponctue par 4 albums mémorables : Ladies Night (1979), Celebration (1980), Something Special (1981) et As One (1982). Kool & The Gang devient une star mondiale.

450 LP, 16 disques de platine, des millions de disques vendus...

Dans les 90's, il lance la carrière de Björk dont il arrange les albums Post (95), Telegram (96) et Homogenic (97). On pourrait épiloguer des heures sur ce grand professionnel respecté de par le monde entier et dont la compétence est toujours autant sollicitée aujourd'hui par le milieu de l'industrie du disque et du cinéma. Le mieux pour situer son œuvre, c'est de la résumer comme suit : 450 LP, 16 disques de platine et plus de 25 millions de disques vendus sur le seul territoire américain. Ces chiffres parlent d'eux-mêmes (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 8 - 1973

 

Deodato prelude

 

DEODATO

PRELUDE – 1973  4,5/5

 

Publié en janvier 1973.

Produit par Creed Taylor.

Durée:31:42.

Label:CTI Records.

Genre:jazz-funk,jazz fusion,jazz-rock.

 

Délicieux vertige.

 

En revisitant mes vieux vinyles, je suis retombé sur un LP qui m’est carrément sorti de l’esprit et pour lequel j’en ai beaucoup pincé au début des 70's : Prelude (en écoute intégrale ici) d'Eumir Deodato, un disque qui m'avait procuré beaucoup d'émotion de son temps.

En le reposant sur ma platine, les premières notes m’étreignent à nouveau, signe que 45 ans plus tard, l'effet est toujours là et que le temps n'a pas en rien altéré ma relation spéciale avec lui. Les premières lignes musicales de l'album sont escortées d’un patchwork d’images très intimes qui installent aussitôt une boule dans la gorge, assèchent subitement la bouche et font monter les larmes aux yeux. Qu’il fait bon d’en découdre à nouveau avec lui et de régler ses comptes en silence et en se mordant les lèvres, avec l’injustice et l’ingratitude d’une vie qui envoie sans prévenir et sans ménagement au tapis ses meilleurs éléments. Feu Papa l’aimait tant ce disque aux accents jazz, bossa-nova et pop. Je le revois battre la mesure en claquant des doigts et en hochant la tête…

Ces souvenirs qui refont subitement surface décuplent ma motivation de remettre à l’honneur ce disque. Cela étant, Prelude, premier album de la collaboration CTI Records/Deodato, classique pop jazz funk latino des 70’s, déplace pour l’occasion, autour d’Eumir Deodato, pianiste, producteur et orchestrateur de renom, le gratin du jazz et des rythmes auriverde: John Tropea (guitare), Ron Carter (basse), Hubert Laws (flûte), Stanley Clarke (basse électrique), Jay Berliner (guitare), Billy Cobham (batterie), Airto (percussions), Ray Barretto (congas), Peter Gordon (cor français), Bill Watrous, Garnett Brown, Joe Shepley (cuivres)…

Enregistré en trois jours de septembre 72, dans un studio new-yorkais, Prelude connaît un succès immédiat et fulgurant. Sa fusion du jazz et du latino avec la pop musique séduit un public qui n’est pas insensible à l’adaptation et à l’orchestration jazz-funk de l’œuvre de Richard Strauss Also Sprach Zarathustra.

Pièce instrumentale essentielle du LP, culminant à 9 minutes, cette traduction modernisée du poème symphonique du compositeur allemand s’affirme rapidement être une grande performance de la part de son auteur, traduite aussitôt par des ventes records (plus d’un million d’exemplaires en quelques semaines) et des récompenses internationales (Grammy Award 73).

Les 23 minutes restantes sont occupées à revisiter, de façon contemporaine, d’autres partitions classiques, qui plus est avec la même compétence, avec beaucoup d’intelligence, de finesse et de feeling : Prelude To An Afternoon Of A Faun de Claude Debussy, Baubles Bangles And Beads d’Alexandre Borodine.

Les transpositions orchestrales et réinterprétations modernes du génial carioca de Prelude sont autant de merveilleux tableaux qui effleurent la sensibilité de l’auditeur.

September 13, Spirit Of Summer, Carly & Carole sont les autres beaux fleurons d’un disque lumineux, émouvant, inspiré, joyeusement mélancolique, bien en place, au groove expert, aux rythmes naturellement syncopés, remodelés avec une touche de Brésil qui, même si elle reste discrète, fait regretter de ne pas avoir quatre jambes pour mieux se trémousser encore.

Prelude sent bon, l’écoute est très agréable. Ce disque, vous l’avez compris, a une saveur particulière à mes yeux. Puisse-t-elle avoir un effet papillon auprès de ceux qui découvrent cet incomparable artiste qui, en jouant avec la musique sans toutefois s’en écarter, transmet un délicieux vertige à son auditoire (RAZOR©).

 

1. Also Sprach Zarathustra.

2. Spirit if Summer.

3. Carly & Carole.

4. Baubles, Bangles and Beads.

5. Prelude to Afternoon of a Faun.

6. September 13.

 

Ron Carter:basse.

Charles McCracken,Harvey Shapiro,Seymour Barab:cello.

Ray Barretto:congas.

Billy Cobham:batterie.

Stanley Clarke:basse électrique.

John Tropea:guitare électrique.

George Marge,Hubert Laws,Phil Bodner,Romeo Penque:flûte.

Jim Buffington,Peter Gordon:cor français.

Jay Berliner:guitare.

Airto:percussions.

Eumir Deodato:piano,piano électrique.

Bill Watrous,Garnett Brown,George Strakey:trombone.

Paul Faulise,Wayne Andre:trombone.

Joe Shepley,John Frosk,Marky Markowitz,Marvin Stamm:trompette.

Al Brown,Emanuel Vardi:viola.

David Nadien,Elliot Rosoff,Emanuel Green:violon.

Gene Orloff,Harry Lookofsky,Max Ellen,Paul Gershman:violon.

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