Ginger Baker ('s Air Force).

BIOGRAPHIE.

GINGER BAKER ('S AIR FORCE)/Londres (Angleterre)

 

Ginger baker air force

 

Né Peter Edward Baker, le 19 août 1939 à Lewisham,décédé le 7 octobre 2019 à Londres.

Actif:1969/70,actif jusqu'en 2016.

Labels:Atco,Polydor.

Genre:jazz-rock,jazz fusion.

Site officiel:gingerbaker.com

 

Afro, jazz et méchant.

Le Ginger Baker's Air Force, comme son nom l'indique, implique Ginger Baker, un des personnages les plus sulfureux du rock, mais aussi l'un des musiciens à présenter un curriculum vitae parmi les plus prestigieux de cette scène.

Ginger (pour la couleur rousse de sa tignasse) a joué au sein du Blues Incorporated d'Alexis Korner, pionnier du blues Britannique, a été, avec Eric Clapton et Jack Bruce, de l'aventure Cream, le premier super groupe de l'histoire du rock.

Ginger baker introGinger nous a quittés le 7 octobre 2019.

Ginger baker 1Un batteur ingénieux et perfectionniste.

Ginger baker creamDe Cream...

Ginger baker fela kuti...à Fela Kuti...

Ginger baker blind faith...en passant par Blind Faith...

Ginger baker bga...et Baker Gurvitz Army.

Ginger baker air force lpGinger Baker's Air Force : une jam mémorable.

Puis avant de former son Air Force, de s'exiler au Nigeria et de se rapprocher de Fela Kuti qu'il a connu comme étudiant au début des 60's, le légendaire batteur fut l'un des membres fondateurs de l'excitant Blind Faith, montagne qui a accouché d'une souris.

Ce musicien ingénieux et perfectionniste doublé d'un caractère de cochon a trempé dans tout ce que le rock et son statut de batteur-vedette lui permettaient de faire ou de connaître : les disques cultes, le succès, la gloire, la déchéance, les problèmes d'argent, les excès de drogue et d'alcool qui amènent à penser comment il a pu passer entre les mailles du filet de la Grande Faucheuse, les collaborations prestigieuses avec les plus grands artistes de la planète, les cultures différentes partout où cet indéfectible itinérant s'est posé : Londres, la Californie, le Colorado, Hawaï, la Jamaïque, l'Italie, le Nigeria, l'Afrique du Sud.

Repose en paix, Ginger.

Il aura finalement fallu à ce fan de jazz de graves problèmes cardiaques et une opération à cœur ouvert pour, en 2016, mettre un terme à une carrière alors toujours active. Hélas, récemment, en septembre 2019, alors qu'il a tout juste fêté ses 80 piges (19 août dernier), son état de santé s'est subitement détérioré.

En plus de problèmes cardiaques, il souffrait également de bronchopneumopathie obstructive due à de nombreuses années de tabagisme intense et de douleurs liées à une arthrose dégénérative.

Le batteur fantasque était, depuis quelques jours, annoncé entre la vie et la mort. La nouvelle de son décès vient de tomber en ce 7 octobre 2019. Repose en paix, Ginger.

Du vélo aux baguettes.

Né Peter Edward Baker en 1939 et à Lewisham, dans le sud-est londonien, Ginger Baker est l'aîné d'une fratrie de 2 enfants (il a une sœur). Fils d'un briquetier et d'une employée d'un commerce de tabac, il a la douleur de perdre son père dès 4 ans, quand celui-ci meurt sur un champ de bataille durant la seconde guerre mondiale.

Peu doué pour l'école, il montre rapidement des dispositions pour le vélo en gagnant des courses locales et pour la batterie, mais c'est vers la seconde nommée qu'il va se projeter quand un élève de sa classe ramène un tambour en cours.

Il a le rythme dans la peau et le montre régulièrement en faisant tambouriner ses mains ou en frappant couteaux, fourchettes, crayons, sur le moindre support qui lui fait face.

Athlétique, il commence à pratiquer la batterie à 14 ans et surprend son monde de par les prouesses qu'il est capable de réaliser. La pratique de l'instrument calme le trop plein d'énergie de cet ado agité, ne tenant jamais en place et qui rend fou son entourage à tambouriner sur tout ce qui bouge.

C'est sa voie. Il peut y faire quelque chose, c'est pourquoi il prend des cours auprès du batteur de jazz, Phil Seamen.

Le jazz dans la peau.

A 15 ans, il travaille dans une agence de publicité et, une fois son travail terminé, il fait quelques piges avec un groupe local, Hugh Rainey All Stars (futur Storyville Jazz Band).

Rapidement, il quitte son job pour assurer une série d'engagements avec diverses formations : The Jazzmen de Terry Lightfoot en 1957, Diz Disley en 1958 avec lequel il fait une tournée scandinave, un groupe irlandais de la région, avant de délaisser le jazz pour rejoindre, au début des 60's, le mouvement de blues anglais qui va préparer le terrain à l'explosion de la pop british.

Il intègre alors l'informel Blues Incorporated d'Alexis Korner (1963), au sein duquel il rencontre Jack Bruce, puis fonde avec ce dernier et Graham Bond, le Graham Bond Organisation (1963 à 1966), un groupe de R&B/blues très influencé par le jazz.

Un tiers de Crème...

En juillet 1966, Ginger Baker, qui étouffe au sein du Graham Band Organisation, rencontre Eric Clapton (des Bluesbreakers de John Mayall) lequel cherche, de son côté, à intégrer un environnement à même de pouvoir asseoir son statut de meilleur guitariste du moment. Ils échafaudent un projet de groupe capable de fusionner blues, rock psychédélique et hard rock.

Ginger Baker adhère à la condition que Jack Bruce rejoigne le duo. Cream est né qui devient le premier supergroupe du rock. Auteur de 4 LP entre 1966 et 1968, la formation initiée par Baker reste à ce jour un des groupes les plus emblématiques de tous les temps.

Mais Eric Clapton et Steve Winwood (Traffic) veulent plus et plus fort. Ils lancent Blind Faith (1969) avec Ginger Baker et Ric Grech. A grand renfort de presse, le groupe est annoncé comme le plus grand projet de tous les temps. Il vire rapidement au flop, Clapton ayant plus la tête au combo ouvrant pour Blind Faith, Delaney & Bonnie & Friends. Il quitte Blind Faith en pleine tournée.

Sur les cendres de Blind Faith.

Baker, alors soucieux de réinventer le big band de sa jeunesse, prend les choses en main et, avec les membres restant, Winwood (claviers) et Grech (basse,violon), rebondit sur le Ginger Baker's Air Force, orienté vers le jazz-fusion (fin 1969).

Après l'échec de Blind Faith, Ginger Baker a plus dans l'idée de partir loin que de réunir des proches dans une entreprise comme celle de l'Air Force. L'affaire n'est pas destinée à durer, elle est estimée transitoire par son fondateur mais, au final, elle s’avérera plus durable que prévue puisque toujours active jusqu'en 2016.

Les amis que sont Jeannette Jacobs (chant), Denny Laine (guitare et chant), les saxophonistes Chris Wood, Graham Bond, Harold McNair et les batteurs-percussionnistes Phil Seamen et Remi Kabaka figurent dans le premier line-up mis sur pied par Ginger Baker.

Winwood, Baker, Grech, Laine, Bond, Wood, Seamen, Kabaka et Alan White (Yes) qui a fait partie du groupe de mars à septembre 1970... et si le super groupe en question est là ?

Ginger baker portrait

« Avant, j'étais méchant. Lors de sessions d'enregistrement, j'étais capable de devenir complètement fou pour un rien. Un jour, des roches m'ont pris à part et m'ont recadré. Je les ai écoutés parce que je les respectais. C'était à l'époque où j'étais jeune et vert. J'ai toujours fait confiance et pensé le bien pour tout le monde. Mais il m'a fallu quelques années et quelques expériences malheureuses pour apprendre qu'il est vraiment préférable de se fier uniquement à soi-même et non aux autres. » (Ginger Baker)

Une des meilleures jams de tous les temps.

A entendre le premier LP qui découle de la réunion de ce parterre huppé, un véritable Who's Who de l'échiquier britannique de l'époque, on peut le penser. Celui-ci, publié en mars 1970, est éponyme, double live et, surtout, très bon.

Mélange hypnotique de jazz, de rock et de World Music (des percussions africaines), cet album d'une durée de 78 minutes, passionné et virtuose, est articulé autour de 8 pistes et laisse, sans jamais ennuyer l'auditoire, une part belle aux longues improvisations. Saisi au Royal Albert Hall le 15 janvier 1970, Ginger Baker's Air Force 1 consiste en une des meilleures jams jamais enregistrées.

Avant la fin de l'année 70, un numéro 2 est publié. Moins excitant, il implique encore Graham Bond, Denny Laine, Harold McNair et Rick Grech mais également Diane Stewart, Ken Craddock, Colin Gibson, Steve Gregory, Bud Beadle, Catherine James, Aliki Ashman et les ghanéens Neemoi Acquaye et Rocky Dzidzornu.

Fela Kuti, BGA, Hawkwind...

L'Afrique va alors prendre une place prépondérante dans la carrière de Baker. Il dissout l'Air Force et s'envole pour le Nigeria où, attiré par le potentiel de la musique africaine, il collabore avec Fela Kuti et crée dans le même temps (janvier 1973) un studio d'enregistrement (studio Batakota). Celui-ci servira de point de chute à McCartney pour enregistrer Band On The Run (Wings).

En 1974, Baker revient à Londres et se rapproche des frères Gurvitz (Gun) avec lesquels il replonge dans un format qu'il connaît bien, le power trio (Baker Gurvitz Army). BGA dure deux ans avant de se séparer.

Baker est surtout impatient de vivre de nouvelles expériences hors milieu, la musique n'étant plus alors sa motivation première, même si, en 1980, il intègre Hawkwind comme musicien de session (LP Levitation), puis de rejoindre le groupe dans lequel évolue alors Lemmy Kilmister. Il en part un an après avoir bouclé la tournée en cours.

Au début des 80's, il joue moins et vit dans une ferme, en Italie, où il récolte des olives tout en soignant son accoutumance à l'héroïne. A la fin de la décennie, il revient sur le sol américain et s'installe à Los Angeles où il entreprend une carrière d'acteur et joue un petit rôle dans une série télévisée sur NBC, Nasty Boys.

Au milieu des 80's, il enregistre avec Public Image Ltd de John Lydon puis revient à ses origines musicales : le jazz et la fusion où il enchaîne les formations et les albums.

Dernier en date, en 2006, Air Force – Palanquin's Pole Synergie. En 2012, un documentaire retraçant sa vie lui est consacré, Beware Of Mr Baker (Jay Bulger).

Il porte un regard saisissant sur des plus grands musiciens rock de tous les temps et l'un des hommes plus craints pour sa mauvaise humeur (pour ne pas dire méchanceté) légendaire. Afro, jazz et méchant, le rouquin... (RAZOR©)

DISCOGRAPHIE GRAHAM BOND ORGANISATION 60'S.

LP Studio 1 - 1965

 

Graham bond organization the sound of 65

 

THE GRAHAM BOND ORGANIZATION

THE SOUND OF 1965 – 1965  4,5/5

 

Publié en mars 1965.

Produit par Robert Stigwood.

Durée:34:17.

Label:Columbia.

Genre:jazz,blues,rhythm & blues.

 

Album influent.

 

Sans le British Blues Boom, le blues ne serait pas ce qu'il est. Grâce à ses précurseurs blancs comme John Mayall, Alexis Korner, Cyril Davis, le blues américain, alors moribond et qui ne passionne plus grand monde, aurait mis la clé sous la porte.

Au rayon des artistes ayant accompagné cette revitalisation du genre, il convient d’associer le nord-londonien Graham (John Clifton) Bond, passé subrepticement par le Blues Incorporated d’Alexis Korner (1962).

Initiateur du Graham Bond Quartet, pour lequel il recrute Ginger Baker et Jack Bruce, les futurs Cream, et que John McLaughlin accompagne un temps (jusqu’en 63), puis fondateur du Graham Bond Organisation avec les mêmes Baker et Bruce, rejoints par le saxophoniste Dick Heckstall-Smith (qui migrera vers Colosseum), Graham Bond est le compositeur principal de la formation et pratique un jazz influencé par le R & B jusqu’en 1966, date du départ de Baker et Bruce pour Cream.

Affecté par des problèmes de drogue, il ne le supporte pas et ferme la boutique GBO (1967), laissant comme seules traces une poignée de singles et deux LP : The Sound Of ’65 et There’s A Bond Between Us chez Columbia.

Après un passage encore acceptable dans l’Air Force de Ginger Baker, un parcours cahotique en solo, quelques sessions à gauche, à droite, son état mental se dégrade (syndrome bipolaire) et ses finances sont au plus mal. Il met alors fin à ses jours en se jetant sous le métro londonien en 1974.

De Graham Bond, pionnier du mellotron et de la structure orgue/basse/saxo/batterie sur le sol anglais, il faut surtout retenir The Sound Of ’65, un des disques les plus intéressants des sixties et dont les jeunes Steve Winwood et Bill Bruford sont les meilleurs clients. C’est dire la haute estime qui leur est accordée.

Doté d’un son puissant et agressif, même s’il n’a pas le côté excitant qui se dégage des disques du contemporain Mayall ou des Stones, rien n’empêche d’aller y pêcher quelques trésors de cette époque comme Time Train (repris plus tard par les Cream), comme Baby Make Love To Me, Early In The Morning, Wade In The Water ou Tammy.

Sans compter que les versions de Hoochie Coochie Man (Willie Dixon) et de Got My Mojo Working sont des plus sympas. Pour ceux que les premières heures du British Blues Boom intéresse, l’influent Sound Of ’65 constitue une belle curiosité. Pour moi, c'est un incontournable de la production discographique anglaise du moment (RAZOR©).

 

Face 1.

1. Hoochie Koochie Man.

2. Baby Make Love to Me.

3. Neighbour, Neighbour.

4. Early in the Morning.

5. Spanish Blues.

6. Oh Baby.

7. Little Girl.

 

Face 2.

8. I Want You.

9. Wade in the Water.

10. Got My Mojo Working.

11. Train Time.

12. Baby Be Good to Me.

13. Half a Man.

14. Tammy.

 

Graham Bond:chant,orgue,saxophone alto.

Jack Bruce:basse,harmonica,chant.

Terry "Ginger" Baker:batterie.

Dick Heckstall-Smith:saxophone ténor.

DISCOGRAPHIE CREAM 60'S

LP Studio 1 - 1966

 

Cream fresh cream

 

CREAM

FRESH CREAM – 1966  3,5/5

 

Publié le 9 décembre 1966.

Produit par Robert Stigwood.

Durée:38:10 (U.K),34:30 (U.S.A).

Label:Reaction (U.K),Atco (U.S.A).

Genre:blues-rock,rock psychédélique,hard rock.

 

Le mythe s’installe.

 

Le premier LP du premier super groupe de l’histoire du rock, aussi légendaire qu’éphémère, installe le mythe en douceur. Sans tambours, ni trompettes. Entre originaux au nombre de 5 et reprises pour une proportion égale, Fresh Cream (en écoute intégrale ici), envoyé en éclaireur, a pour vocation de montrer de quel bois Cream, concentré de virtuosités individuelles, peut se chauffer. Publié en fin d’année 1966, l’album offre une vision de la potentialité du trio.

Les reprises que Cream s’approprie pour l’occurrence ont ce petit quelque chose en plus qui n’appartient qu’aux grands. I’m So Glad ou Rollin’ And Tumblin’ sont sublimées par le traitement revitalisant que leur réserve nos trois experts, par la griffe qu’ils y apposent. Elles rivalisent de qualité avec des titres alors partis pour être des classiques du répertoire : Cat’s Squirrel, N.S.U., I Feel Free figurant sur la version originale US, mais pas sur celle anglaise, Spoonful absent de l’offre américaine mais présent dans la tracklist destinée au Royaume-Uni.

Eric Clapton, alors loin d’être le guitare-héros qu’il est devenu par la suite, donne sa pleine mesure dans un style rarement entendu jusque là. Inventif, inspiré, techniquement exceptionnel, il est épaulé par une rythmique qui filera des complexes à des générations entières de bassistes et de batteurs, et qui suscitera aussi les vocations d’autres.

Le registre est british blues, métissé de hard ; le son très 60’s avec un penchant psychédélique. C’est efficace certes, mais il ne traduit pas encore toute la puissance caractéristique du trio et que bon nombre de musiciens à sa suite ont cherché à calquer sur un format identique.    

Cet album est quelque peu en retrait, en termes de puissance, par rapport à la production qui suivra. En dépit d’une 101ème place parmi les meilleurs disques de tous les temps, on lui préférera Disraeli Gears, sorti l’année suivante et considéré depuis des lustres comme la petite merveille de ce trio d’anthologie (RAZOR©).

 

1. N.S.U.

2. Sleepy Time Time.

3. Dreaming.

4. Sweet Wine.

5. Spoonful.

6. Cat's Squirrel (instrumental).

7. Four Until Late.

8. Rollin' and Tumblin'.

9. I'm So Glad.

10. Toad (Instrumental).

 

Eric Clapton:guitare,chant.

Jack Bruce:basse,harmonica,chant.

Ginger Baker:batterie,percussions,chant.

 

LP Studio 2 - 1967

 

Cream disraeli gears

 

CREAM

DISRAELI GEARS – 1967  4/5

Publié le 10 novembre 1967.

Produit par Felix Pappalardi.

Durée:33:37.

Label:Reaction,Atco,Polydor.

Genre:rock psychédélique,blues-rock,hard rock.

 

Un statut quelque peu usurpé.

 

N’en déplaise aux inconditionnels de Cream, Disraeli Gears (en écoute intégrale ici), réécouté aujourd’hui, fait vraiment daté de chez daté. Le son est à la limite d’être crade par moments et, en de rares occasions certes, il est très désagréable à se farcir entre les esgourdes. Il y a des fois où réveiller les morts ne se passe pas toujours bien. J’aimais beaucoup ce disque que j’ai considéré comme beaucoup comme culte dans l’euphorie de la Creammania ambiante. Je lui trouve désormais certaines failles qui m’avaient échappées.

Repassé au crible 48 ans plus tard, j’avoue en pincer différemment et surtout être désagréablement surpris par l’inégalité des titres qui le composent, je veux parler notamment de la tierce 3 à 5 du disque.

Disraeli Gears démarre sur les chapeaux de roue avec deux morceaux énormes, Strange Brew et l’inénarrable Sunshine Of Your Love, mais derrière et c’est plus flagrant aujourd’hui qu’hier, débarrassé de l’aveuglement qui sied au fanatisme, il déroule trois chansons loin d’être des foudres de guerre (World Of Pain, Dance The Night Away et le soporifique Blue Condition).

Tales Of Brave Ulysses reprend les choses par le bon bout ce que ne dément pas Swlabr, acronyme de She Walks Like A Bearded Rainbow, que l’on peut traduire par Elle Marche Comme Un Arc-en-Ciel Barbu. We’re Going Wrong appartient également au lot des excellents morceaux de l’album porté par la voix de Jack Bruce, son auteur et soutenu par la guitare psyché de Clapton et les roulements de batterie d’un baker frappant les fûts avec des maillets.

Les convaincants Outside Woman Blues et Take It Back précèdent une surprenante et drôlatique sortie a Cappela (Mother’s Lament). Ayant depuis écouté en boucle son suivant Wheels Of Fire, j’ai plus d’affinités avec ce dernier qu’avec Disraeli Gears. Ce qui ne remet en rien en cause le statut mythique de ce disque placé au carrefour du blues, du psychédélisme et de la pop anglaise.    

Malgré un jugement depuis tempéré, ce disque est une œuvre indispensable au regard de la trace historique qu’il a laissé au rock. Mais bon, si je devais le juger en 2015, je ne lui accorderais pas la note maximale que je lui ai toujours accordé (RAZOR©).

 

1. Strange Brew.
2. Sunshine Of Your Love.
3. World Of Pain.
4. Dance The Night Away.
5. Blue Condition.
6. Tales Of Brave Ulysses.
7. Swlabr.
8. We're Going Wrong.
9. Outside Woman Blues.
10. Take It Back.
11. Mother's Lament.



Eric Clapton:guitare,chant.

Jack Bruce:chant,harmonica,basse,piano.

Ginger Baker:batterie,chant.

 

LP Hybride Studio 3/ Live 1 - 1968

 

Cream wheels of fire

 

CREAM

WHEELS OF FIRE – 1968  5/5

 

Publié en juillet 1968.

Produit par Felix Pappalardi.

Durée:84:23.

Label:Polydor (U.K),Atco (U.S.A).

Genre:rock psychédélique,blues-rock.

 

Le Cream parfait.

 

Sans aucun doute dans mon esprit, le meilleur de Cream se situe ici. Dans ce double album hybride parfait pour moi, moitié studio, moitié live qui répond au nom de Wheels Of Fire (en écoute intégrale ici) et sorti en juillet 1968.

Ce troisième volet du catalogue de Cream affiche le meilleur des deux facettes du power-trio. On en prend pour 36 minutes de studio, pour 44 de live.

Bruce dote la partie initiale de 4 titres sur 9, tous cosignés avec Pete Brown : White Room, As You Said, Politician et Deserted Cities Of The Heart. Ginger Baker assure 3 morceaux avec Mike Taylor (Passing The Time, Pressed Rat And Warthog, Those Were The Days) ; deux reprises complètent la partie studio : Sitting on Top of the World d’Howlin’ Wolf et Born Under A Bad Sign de Booker T. Jones et William Bell.

Dans cette partie studio, les titres rivalisent de réussite même si l’extraordinaire White Room a ce petit supplément d’âme qui fait la différence. Passing The Time est un petit bijou trippy qui me plaît bien tout comme Politician et son riff assassin, un classique du répertoire de Clapton, le blues Sitting On The Top Of The World, le merveilleux et atypique As You Said ainsi que le brillant Those Were The Days qui met en avant toute la science du chant du regretté Bruce et le tonique Deserted Cities of the Heart final proche de rivaliser avec White Room. Cette phase studio est très aboutie, très inventive et supérieure à Disraeli Gears.

Que dire alors du contingent live ici collecté ? Exceptionnel, d’autant que les acteurs donnent libre cours à ce qui fait la légendaire explosivité de Cream et que les enregistrements studios ne restituent pas complètement.

Comment ne pas être secoué par le niveau de prestation d’un ardent Crossroads  ou par les 17 minutes du Spoonful de Willie Dixon, ne pas être surpris par le Toad à rallonges de Baker ou tout simplement séduit par l’inédit de Jack Bruce, Traintime et son solo d’harmonica ?

Cream est à son meilleur et c’est là qu’il faut être avant Disraeli Gears. Ici on a le meilleur de Cream puissance 10 et on prend un panard du diable (RAZOR©).

 

Studio

1. White Room.

2. Sitting on Top of the World.

3. Passing the Time.

4. As You Said.

5. Pressed Rat and Warthog.

6. Politician.

7. Those Were the Days.

8. Born Under a Bad Sign.

9. Deserted Cities of the Heart.

 

Live.

10. Crossroads.

11. Spoonful.

12. Traintime.

13. Toad.

 

Jack Bruce:chant,basse,violoncelle,harmonica,guitare acoustique.

Eric Clapton:guitare,chant sur 10,chœurs.

Ginger Baker:batterie,percussions,cloches,glockenspiel.

Felix Pappalardi:alto,instruments à vent,cloches,orgue.

 

LP Studio 4 - 1969

 

Cream goodbye

 

CREAM

GOODBYE – 1969  3/5

 

Publié le 5 février 1969.

Produit par Felix Pappalardi.

Durée:30:09.

Label:Polydor (U.K),Atco (U.S.A).

Genre:hard rock.

 

Adieu manqué.

 

Goodbye (en écoute intégrale ici), quatrième pli discographique de Cream, est un album posthume. Entendez par là que, quand il est publié le 5 février 1969, le power-trio britannique est dissous depuis novembre 1968. Polydor en assure la distribution européenne et Atco en fait de même de l’autre côté de l’Atlantique.

Trois titres live et trois studios, un album concis (30 minutes), Cream reprend pour Goodbye, une formule hybride déjà éprouvée dans le précédent  Wheels Of Fire à la différence près que la qualité de la matière ici présente est loin de valoir la collecte de Wheels Of Fire, le meilleur et surtout le plus abouti des disques de Cream. Disque d’adieu comme son nom l’indique, il ne fait pas regretter la séparation de ses auteurs.  

Le torchon brûle entre Baker et Bruce, Clapton a d’autres desseins en tête, alors la maison de disques insiste pour publier le der des ders (1969), sachant que le power-trio n’a plus d’avenir. Leur mort est déjà annoncée d’où l’ultime tentative de faire fructifier le nom. A procédé douteux, disque précipité et sous contrainte commerciale, peu travaillé et de ce fait moyen. Ce disque ne reste pas gravé dans les annales du rock. Encore moins dans mon esprit.

Chacun y est allé d’un titre, comme pour dire : « J’y étais ! ». Même Clapton qui pourtant était aux abonnés absents de l’écriture du LP qui précède. Hormis Badge (avec Pappalardi et Georges Harrison, alias L’Angelo Misterioso) et I’m So Glad, je ne vois pas grand chose digne d’intérêt sur ce disque ; par ailleurs, les trois derniers titres Doing That Scrapyard, What A Bringdown et Anyone For Tennis sont particulièrement décevants. Très peu pour moi ce Goodbye (RAZOR©).

 

1. I'm So Glad.

2. Politician.

3. Sitting on Top of the World.

4. Badge.

5. Doing That Scrapyard Thing.

6. What a Bringdown.

7. Anyone For Tennis.

 

Jack Bruce:basse,orgue sur 5/6,piano,chant.

Eric Clapton:guitare,chant.

Ginger Baker:batterie,percussions,chant.

Felix Pappalardi:piano,Mellotron,basse sur 6.

George Harrison (L'Angelo Misterioso):guitare rythmique,choeurs sur 4.

DISCOGRAPHIE BLIND FAITH 60'S.

LP Studio unique - 1969

 

Blind faith lp

 

BLIND FAITH

BLIND FAITH – 1969  3,5/5

 

Publié en août 1969.

Produit par Jimmy Miller.

Durée:42:12.

Label:Polydor, Atco.

Genre:rock.

 

Loin de la coupe aux lèvres.

 

Débarrassés de leurs anciens groupes respectifs, Traffic et Cream (premier supergroupe de l’histoire du rock), Steve Winwood et Eric Clapton fondent Blind Faith, que l'on peut traduire par foi aveugle, en 1968 et invitent à les rejoindre les dénommés Ginger Baker, furieux batteur (ex-Cream) et l’ex-Family, Rick Grech. Un seul album, bon mais sans plus, ponctue leur collaboration basée sur l’impro : l'éponyme Blind Faith (en écoute intégrale ici) et ses six titres, sorti en 1969.

L’aventure de ce quatuor de rock britannique prend fin prématurément, immédiatement après l'enregistrement de ce LP controversé. En effet, la pochette de ce disque représente une pré-ado pubère, mi-nue, tenant entre ses mains la réplique d’un avion doté d’un fuselage évoquant un phallus.

Créée par le photographe Bob Seidemann (célèbre pour ses photos de Grateful Dead et de Janis Joplin) qui lui avait donné le nom de Blind Faith, cette illustration fit scandale dans la maison de disque américaine. Elle fut interdite aux States et en France.

Clapton, à cette époque, joue dans la cour du blues et du rock. Winwood, quant à lui, est plus orienté jazz, pop et funk. La réunion de ces deux monstres sacrés (et déjà des vétérans pour leur jeune âge) méritait mieux et débouche sur un album décevant.

A sa sortie, la presse spécialisée et les fans s'attendant à autre chose, à la croisée des chemins entre Cream et Traffic. Les initiateurs de ce concept chauffent préalablement leur public en organisant un concert de promotion gratuit à Hyde Park (100 000 personnes), quelques mois avant la sortie de l’album, concert au cours duquel ils jouent, pour apaiser l’auditoire, d’anciens morceaux de leurs défunts groupes. Mais Clapton ne veut pas d’un ersatz de Cream et met un terme à cette collaboration.

Côté musique, Hard To Cry Today, titre bluesy, au tempo lent, débute cet album. Il révèle un Clapton en grande forme et qui part dans des solos démentiels. Une ballade apaisante et gracieuse d’un Clapton acoustique (Can’t Find My Way Home) prend le relais, suivie de Well All Right, repris de Buddy Holly et arrangé façon Blind Faith (le piano et la guitare se chamaillent dans un passage jazz funk).

Il faut plus de 75 prises pour accoucher du titre divin (ballade, très beau texte et solo fracassant), composé par Clapton, Presence Of The Lord. Sea Of Joy met en avant le violon de Grech et l’orgue de Winwood (également au chant).

Blind Faith tire sa révérence avec Do What You Like, une interminable impro jazzy de quatre minutes, signée Ginger Baker. Blind Faith est N°1 aux Etats-Unis l’année de sa sortie dans les bacs. On dit que Blind Faith aurait été très influencé par l’album Music From Big Pink du Band. On en est loin ici (RAZOR©).
 

1. Hard To Cry Today.

2. Can’t Find My Way Home.

3. Well…All Right.

4. Presence Of The Lord.

5. Sea Of Joy.

6. Do What You Like.

 

Steve Winwood:orgue Hammond,claviers,piano,guitare,chant.

Eric Clapton:guitare,chant.

Rick Grech:basse,violon,chant.

Ginger Baker:batterie,percussions.

DISCOGRAPHIE AIR FORCE 70'S.

LP Live 1 - 1970

 

Ginger baker air force lp

 

GINGER BAKER'S AIR FORCE

GINGER BAKER'S AIR FORCE – 1970  5/5

 

Publié le 30 mars 1970.

Enregistré le 15 janvier 1970 au Royal Albert Hall.

Produit par Ginger Baker,Jimmy Miller.

Durée:78:02.

Label:Polydor,Atco.

Genre:jazz-rock,jazz-fusion,afro-fusion,world music.

 

Une des meilleures jams du siècle dernier.

 

Ginger's Baker Air Force 1 est la preuve même que Ginger Baker était un fieffé touche-à-tout, un musicien talentueux, ingénieux, passionné, original, perfectionniste. Je rajouterai également opportuniste et précurseur dans son souci d'intégrer des touches africaines à sa musique. C'est à vérifier, mais il ne doit pas être loin d'être un des tout premiers artistes à mettre les pieds dans ce que l'on qualifie de World Music.

En mars 1970, le batteur, alors qu'il se remet doucement de l'échec de Blind Faith, Ginger a en tête de se relancer avec un projet qui épouserait le jazz, le R & B, le blues, le folk et la musique africaine.

Ses arguments parviennent à convaincre Steve Winwood et Ric Grech de coopérer à son projet baptisé Air Force et de travailler dans une voie qui, comme il l'a précisé, explorerait la musique dans de nouvelles directions, loin de Cream ou de Blind Faith.

Son objectif du moment n'est pas de pérenniser cette entreprise mais de l'expérimenter d'abord au travers de quelques réunions, comme celle de Birmingham notamment, fin 1969. Wait and See, en quelque sorte.

Pris à son propre piège face au succès de ce qui en émane, il est décidé de procéder à l'enregistrement du concert donné au Royal Albert Hall de Londres, le 15 janvier de la même année et d'en faire un album live.

Il sera double et éponyme. Polydor le distribue en Europe et Atlantic en fait de même pour le marché américain où il pointe au 33ème rang du Billboard (37 au Royaume-Uni).

On sait Baker très épris de jazz et de big band, aussi il réunit autour de lui une formation conséquente, forte de 10 éléments. Outre les rescapés de l'aventure précédente, le line-up compte aussi l'ex Moody Blues Denny Laine (guitare et choeurs), le saxophoniste Chris Wood, membre fondateur de Traffic, Graham Bond, figure éminente du british blues boom, le saxophoniste et flûtiste jamaïcain Harold McNair, la choriste Jeanette Jacobs (ex The Cake), le percussionniste d'avant-garde afro Remi Kabaka et le batteur de jazz qui a initié Baker à la batterie, Phil Seamen. Du beau linge.

Cette réunion, qui tient surtout de la jam entre potes, donne le jour à un extraordinaire double disque de 78 minutes et de 8 titres à ranger sur le haut de la pile du jazz-rock. Son écoute est un plaisir. Inutile de s'étendre plus loin, c'est un indispensable dans une discothèque qui se prétend digne du rock (RAZOR©).

 

Face 1.

1. Da Da Man.

2. Early In The Morning.

 

Face 2.

3. Don't Care.

4. Toad.

 

Face 3.

5. Aiko Biaye.

6. Man Of Constant Sorrow.

 

Face 4.

7. Do What You Like.

8. Doin' It.

 

Ginger Baker:batterie,percussions,timpani,chant.

Denny Laine:guitare,chant.

Ric Grech:basse,violon.

Steve Winwood:orgue,basse,chant.

Chris Wood:saxophone ténor,flûte.

Graham Bond:orge Hammond,saxophone alto,chant.

Harold McNair:saxophones ténor et alto,flûte alto.

Jeanette Jacobs:chant.

Remi Kabaka:batterie,percussions.

Phil Seamen:batterie,percussions.

DISCOGRAPHIE BAKER GURVITZ ARMY 70'S.

LP Studio 2 - 1975

 

Bga elysian encounter

 

BAKER GURVITZ ARMY

ELYSIAN ENCOUNTER – 1975  5/5

 

Publié en janvier 1975.

Produit par Eddy Offord.

Durée:40:06.

Label:Atco.

Genre:hard rock,heavy metal.

 

Tout d'un grand.

 

L’album éponyme précédent (1974) du trio constitué des frères Gurvitz et de Ginger Baker était déjà une grande réussite, mais là, avec Elysian Encounter (en écoute intégrale ici), sorti un an plus tard, Baker Gurvitz Army franchit un cap supplémentaire.

Faut dire que le pédigrée de ces trois soldats a de quoi impressionner. Peter Edward Baker dit « Ginger » pour ses cheveux peints au minium , c’est quand même et avant tout le power group Cream (1966/68), pour lequel il bat, mais le parcours, avant d’en arriver à toucher la consécration avec les collègues Clapton et Bruce, passe, dans un premier temps, par les Blues Incorporated d’Alexis Korner et le Graham Bond Organization

Il se poursuit, après l’épisode Cream, avec Blind Faith pour un unique mais fabuleux LP éponyme (1969), puis par la création du Ginger Baker’s Airforce (1970), qui vire vers une musique fusionnant jazz et rock.

Sa rencontre, en 1971, avec Fela Kuti, figure emblématique de l’Afrobeat et légende africaine des seventies, accouche d’un disque live (c’est son nom) que je vous conseille tout particulièrement (1971).

Les états de service des frangins Gurvitz, Adrian et Paul, sont moins prestigieux mais ce cnstat est trompeur. C'est du lourd aussi. Le cursus est plus concis, mais nous ramène quand même vers Gun (souvenez-vous du hit Race With The Devil, qui fait numéro 1 et de leurs deux albums Gun et Gunsight), très populaire dans les clubs londoniens et sur la scène européenne d’alors, puis vers Three Man Army lorsque Gun a cessé d’être (1971). C’est ce brillant double biais Gun/Three Man Army qui m’a mené vers BGA.

Elysian Encounter est le deuxième des trois albums réalisés par le groupe anglais. Le trio blues-rock/hard rock s’étoffe avec l’arrivée de l’excellent Peter Lemer aux claviers et surtout de Steve Parsons, alias Mr. Snips, chanteur hors norme.

Grâce à du nouveau matériel éprouvé lors de tournées, BGA fait sauter la banque. Vous aimez Cream ? Vous apprécierez de la même manière cette formation très technique et virtuose, aux soli de guitare aussi fluides que les riffs peuvent être carnassiers, à la batterie puissante, créative et à la basse qui bosse sans rechigner, aux compositions très costaudes qu’un chant puissant, varié et mélodique et un subtil jeu de claviers rendent encore plus attrayantes et convaincantes que sur l’album qui précède.

N’y cherchez pas la moindre faille, car le haut niveau est constant d’un bout à l’autre de son cheminement ; aucune médiocrité n’y est de mise : The Key, au style santanien (Santana), Time, The Dreamer, The Gambler, Remember, People sont les faits saillants d’un line-up qui a sa propre identité, fonctionne bien ensemble. Baker Gurvitz Army a tout d’un grand. Ceux qui ont vécu ce temps, s’en souviennent (RAZOR©).

 

1. People.

2. The Key.

3. Time.

4. The Gambler.

5. The Dreamer.

6. Remember.

7. The Artist.

8. The Hustler.

 

Ginger Baker:batterie,percussions,chant.

Adrian Gurvitz:guitare,chant sur 3/6.

Paul Gurvitz:basse,chant.

Peter Lemer:claviers,chant.

Steve Parsons (Mr. Snips):chant principal.

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