Jean-Luc Ponty.

BIOGRAPHIE.

 

JEAN-LUC PONTY/France

 

Ponty intro

 

Né le 29 septembre 1942 à Avranches (France).

Actif depuis 1964.

Labels:Philips,Pacific Jazz,Atlantic,Columbia.

Genre:jazz,jazz-rock,rock en France.

Site Internet officiel:ponty.com

 

Le Petit Prince du violon.

Dans les années 60/70, être français et, dans le même temps, avoir une reconnaissance sur la scène internationale relève de l'exploit. Il n'est qu'à constater le peu d'intérêt porté par notre presse de l'époque à ses ouailles du rock progressif pour s'en convaincre.

Trop accaparée à regarder ce qui se passe ailleurs et à détourner le regard vers les artistes et groupes issus des deux côtés de l'Atlantique, elle n'a pas toujours joué le rôle de soutien que l'on attend généralement des siens et ainsi, contribué à tuer prématurément dans l’œuf des projets de qualité encensés par les observateurs étrangers d'alors ou réhabilités tardivement.

A fortiori, la pratique d'instruments qui n'ont pas encore complètement fait leur trou dans le rock ambiant rajoute à leur difficulté de s'épanouir aussi vite que la grande majorité des musiciens cantonnés dans un registre plus classique.

Jean-Luc Ponty a fait le choix du violon pour s'exprimer dans ce milieu ; il aura fallu que le jazz s'ouvre sur le rock et se modernise pour qu'il se fasse, d'abord une place puis un nom, dans cette fusion.

Le natif d'Avranches coche alors toutes les cases pour rejoindre l'élite du jazz-rock, du jazz-fusion occupée par les Chick Corea, les Al Di Meola, les Herbie Hancock, le Mahavishnu Orchestra de John McLaughlin et Jeff Beck.

Ponty conservatoirePassé par le Conservatoire National...Ponty frank zappa...repéré et lancé par Frank Zappa...Ponty 2Star planétaire aujourd'hui.Ponty andersonAvec Jon Anderson (Yes).Ponty imaginary voyage 76L'incontournable Imaginary Voyage de 1976.

Dans les bons papiers de Frankie.

En 1964, s'il triomphe dans l'arène du festival de jazz d'Antibes et se forge une réputation de petit prince du violon, il n'en tire pourtant pas les avantages immédiats.

Il faut attendre la fin des 60's, quand il part tenter sa chance aux États-Unis et qu'il est repéré par le visionnaire Frank Zappa, déjà sommité internationale, pour qu'il fasse le grand saut.

Ce dernier n'est pas insensible au talent mais surtout à l'inventivité du français ; Zappa se rapproche même de lui pour l'aider à réaliser son album King Kong (1970), après l'avoir préalablement invité sur l'enregistrement de Hots Rats, à l'été 69, et avant de lui proposer ni plus, ni moins, d'intégrer ses Mothers pour sa tournée 1973. Jean-Luc Ponty est à nouveau convoqué sur les albums Over-Nite Sensation (1973) et Apostrophe (1974).

La fabuleuse école française.

Après le be-bop et le free jazz (1962/1969), le milieu rock s'approprie à son tour celui qui, diplômé du Conservatoire de Paris, se destinait à devenir chef d'orchestre et compositeur, mais qui n'a pu mener à bien ses ambitions initiales.

Ainsi, Elton John l'engage pour les besoins de son Honky Chateau (1972), tandis que John McLaughlin l'invite auprès de lui dans un Mahavishnu remanié et orienté vers un jazz-rock plus classique, pour deux disques (Apocalypse/1974) et Visions Of The Emerald Beyond/1975), ainsi que sur son Tour 75.

Sa carrière solo, amorcée dès le milieu des 70's, est cadencée par une brassée d'albums qui confortent  son statut de violoniste original et de star planétaire.

Sommité indiscutable de sa branche, Jean-Luc Ponty a posé les jalons du violon électrique dans le jazz et le rock ; son style unique et son sens de l’improvisation ont fait de nombreux émules depuis.

Avec Stéphane Grappelli, son rival le plus coriace pour le titre de meilleur violoniste de jazz européen, c'est l'école française qui fait florès sur la scène internationale.

Qui s'en plaindra quand on sait que l'artiste, malgré une carrière brillante et influente, est plus populaire aux États-Unis qu'en France où il joue devant des parterres clairsemés alors que les salles américaines sont bondées à chacune de ses prestations...

Les chiens ne font pas de chats...

Jean-Luc Ponty est né le 29 septembre 1942 à Avranches (Manche), une ville plongée, durant son enfance, dans le chaos par les bombardements violents et incessants de la seconde guerre mondiale.

Enfant d'un couple de professeurs de musique (le violon pour son père, le piano pour sa mère), le jeune Jean-Luc a une trajectoire toute tracée dans la musique.

Celle-ci trouve son aboutissement quand, en 1958, l'adolescent de 16 ans entre au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris.

Il y ambitionne de devenir chef d'orchestre. S'il en ressort, deux ans plus tard, avec un Premier Prix de violon, il marque toutefois un intérêt très fort pour le jazz qu'il découvre dans les clubs de la capitale.

Le violon, plus fort que la clarinette.

Bien ce ce ne soit pas la destinée envisagée par ses parents, Jean-Luc devient clarinettiste la nuit (il a appris l'instrument à 11 ans). Il mène cette vie artistique nocturne en parallèle à une présence au conservatoire en journée.Le jazz prend le dessus sur le classique et devient son unique objectif, sa seule passion, la découverte des trompettistes et saxophonistes bop, et notamment de John Coltrane et Miles Davis, n'étant pas étrangère à ce basculement.

Le violon supplante la clarinette, quand un soir de concert, il a oublié son instrument. Pour pallier à toute défection, il se rabat sur son instrument à cordes dont il fait un usage complètement improvisé ; sa prestation est une révélation pour tous et la clarinette revendue pour s'assurer le gîte et le couvert.

Dès lors, le manchois va s'appliquer à exploiter tout le potentiel expressif du violon dans le jazz d'abord, puis dans le rock.

Original, moderne, exaltant...

Il a 21 ans quand il enregistre Jazz Long Playing (été 1964), son premier LP qui ouvre la voie à un style de violon radicalement moderne. La critique encense avant l'heure cet artiste aussi exaltant qu'un saxophoniste.

Lauréat du prix Django Reinhardt (1965) délivré par l'Académie du jazz, il enregistre Violin Summit (1966), avec le gratin du violon (Stuff Smith, Stéphane Grappelli et Svend Asmussen).

Sur invitation de John Lewis (Modern Jazz Quartet), il prend part au festival jazz californien de Monterey 1967, participation qui lui vaut un contrat avec World Pacific.

Ce partenariat débouche sur un engagement pour la fourniture de 4 LP : More Than Meets The Ear (1968), Electric Connection (1969), Jean-Luc Ponty Experience With The George Duke Trio (1969) et King Kong : Jean-Luc Ponty Plays The Music Of Frank Zappa (1970) ; ceux-ci prennent place juste après Sunday Walk et Trio HLP (comme Humair, Louiss, Ponty), respectivement publiés en 1967 et 1968 pour le compte du label SABA.

Ponty interview

« Quand je suis arrivé en Californie, les ingénieurs en électronique comme Tom Oberheim venaient trouver les musiciens comme Zappa ou McLaughlin pour leur présenter les prototypes, et j’essayais donc de brancher mon violon dedans. C’est comme ça que j’ai découvert les premiers phasers, la wah wah, les échos à bande, la distorsion... ça a ouvert mon imagination et donné l’idée d’écrire des morceaux inspirés par ces sons. » (Jean-Luc Ponty)

Star planétaire, adulée aux États-Unis.

Jean-Luc Ponty est alors plébiscité meilleur violoniste du moment et cette distinction concentre les regards sur lui de manière un peu plus appuyée, au point qu'après Zappa, le rock lui fait les yeux doux.

Il triomphe alors aux quatre coins de la planète rock mais jouit d'une cote de popularité exceptionnelle aux États-Unis où il a élu domicile (Los Angeles) dès 1973.

Après les Mothers et le Mahavishnu, l'avranchais amorce une carrière solo (1975) en signant avec Atlantic, lequel lui laisse les coudées franches sur le plan artistique.

Une brillante discographie.

Upon The Wings Of Music (1975) ouvre cette collaboration dont les convaincants Aurora (1975) et Imaginary Voyage (1976) sont les pièces les plus représentatives de son style.

Ponty s'affirme alors comme une figure majeure du jazz-rock et la fin de ses 70's s'achève de la meilleure manière possible, Enigmatic Ocean prenant la première place du Billboard Jazz Albums 77.

Son suivant, Cosmic Messenger, s'il n'est pas consacré dans ce même classement, n'en finit pas moins dans le top 3 (N°2) et se classe N°36 du Billboard Pop Albums.

Sa discographie (confondue) est aujourd'hui très conséquente ; elle avoisine la centaine d'albums.

L'artiste n'a jamais cessé de tourner et de développer des projets depuis comme celui, très intéressant, mené avec Jon Anderson sous Anderson Ponty Band (Better Late Than Never/2015), par lequel le duo interprète des titres réarrangés de Yes et des compos originales de Ponty. En deux mots : c'est excellent (RAZOR©2022).

MON CHOIX DISCOGRAPHIQUE.

LP studio 16 - 1976

 

Ponty imaginary voyage 76

 

JEAN-LUC PONTY

IMAGINARY VOYAGE – 1976  5/5

 

Publié en novembre 1976.

Produit par Jean-Luc Ponty.

Durée:38:10.

Label:Atlantic Records.

Genre:jazz-fusion.

 

Du grand art.

 

Dans les années 60/70, être français et, dans le même temps, musicien épanoui sur la scène internationale relevait de l'exploit. Il n'est qu'à constater le peu d'intérêt porté par notre presse à ses ouailles du rock progressif pour s'en convaincre.

A fortiori, être musicien et pratiquer un instrument alors pas spécialement connu, ni populaire auprès des fans de rock, j'ai nommé le violon, rajoutait encore à cette difficulté de reconnaissance artistique.

Jean-Luc Ponty, le p'tit gars d'Avranches est un des premiers à avoir réuni tous les éléments réclamés pour cette réussite hors des frontières hexagonales. Il aura fallu que le jazz s'ouvre sur le rock et se modernise pour que notre produit labellisé Made In France, valeur que défend aujourd'hui Arnaud Montebourg en arborant une mimi marinière pour le promouvoir, s'engouffre dans cette brèche jazz-fusion, y occupe une parcelle d'espace au même titre que les Chick Corea, Al Di Meola, Herbie Hancock, le Mahavishnu ou Lee Ritenour et aboutisse à la très belle carrière qu'on lui connaît, mangeant à la table des grands de ce monde musical et à celle de Frank Zappa (Hot Rats, Over-Nite Sensation, Apostrophe) en l'occurrence.

Dans son registre instrumental, seul Monsieur Stéphane Grappelli avait alors pignon sur rue. Vous voyez bien le topo du moment...Ambiance, ambiance...

Visionnaire, autant que pouvait l'être Zappa, Jean-Luc Ponty a popularisé le jazz-rock gaulois, l'a fait évoluer vers plus de modernité, lui a donné ses lettres de noblesse du fait d'une personnalité qui lui est propre.

Son jeu de violon flamboyant, novateur, précis, dynamique et inspiré se fait une place remarquée dans ce concert fusionnel du rock et du jazz comme en atteste Imaginary Voyage, son LP de 1976, son sommet musical des années 70 et ce, même si Aurora (1975) qui le précède et Enigmatic Ocean (1977) qui le suit, ont également du chien.

Aidé par un line-up pas piqué des vers, derrière lequel on retrouve le batteur et percussioniste véloce Mark Craney, le bassiste Tom Fowler de la bande à Zappa & Mothers, le guitariste virtuose Daryl Stuermer qui a tâté du Genesis (1978) dans sa carrière et le discret Allan Zavod, pianiste de jazz qui s'est acoquiné avec les Mothers dans les années 80, soutenu par des musiciens plutôt fiables, disais-je, Jean-Luc Ponty nous livre ici de magnifiques plages instrumentales à l'image de la face 2 qui donne le nom à l'album, époustouflante et vertigineuse suite jazz-rock en quatre mouvements.

La première partie a de quoi susciter l'excitation de l'auditeur ; elle ouvre sur une note country dynamique et enjouée, démontrant d'entrée tout le parti que Ponty tire de son instrument.

The Gardens Of Babylon, à la belle ligne de basse, Once Upon A Dream et surtout Tarantula, pour la prestation guitaristique phénoménale de Stuermer, dévoilent tant d'arguments pour situer l'ensemble de ce LP à un excellent niveau.

On peut cependant lui objecter parfois une propension à la prétention, mais bon on ne va pas faire la fine bouche. Pour une fois qu'on tient un Frenchie qui joue dans la cour des grands, on ne va pas rechigner comme on dit chez l'Arnaud (RAZOR©2014).

 

1. New Country.

2. The Gardens Of Babylon.

3. Wandering On The Milky Way.

4. Once Upon A Dream.

5. Tarantula.

6. Imaginary Voyage.

 

Jean-Luc Ponty:violon acoustique et électrique,orgue,synthés.

David Stuermer:guitare acoustique et électrique.

Allan Zavod:piano acoustique,claviers.

Tom Fowler:basse électrique.

Mark Craney:batterie,percussions.

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