Jeff Beck.

BIOGRAPHIE.

 

JEFF BECK/Londres (Angleterre)

 

Jeff beck 2

 

Né Goeffrey Arnold Beck, dit Jeff Beck.

Né le 24 juin 1944 à Wallington/Londres (Angleterre).

Actif depuis 1965.

Labels:EMI,Epic.

Genre:rock,jazz fusion,rock instrumental,hard rock,blues rock.

 

Un guitariste insaisissable et imprévisible.

Très tôt considéré comme un virtuose de la guitare, le londonien Jeff Beck n’a finalement pas eu la carrière à laquelle il aurait dû immanquablement  prétendre en raison d’un talent inouï qui en fit l’un des trois meilleurs guitaristes anglais avec Eric Clapton et Jimmy Page.

Cinquième meilleur gratteux de tous les temps pour le magazine Rolling Stone, Jeff Beck n’a jamais vraiment emprunté la trajectoire normalement tracée pour faire fructifier comme il se doit le parcours prometteur qu’on lui prédit alors. Serait-ce le fait d’avoir trop, trop longtemps ou à des périodes inappropriées, louvoyé entre rock, rock instrumental et jazz-fusion, un peu au gré du vent et de son caractère d’entêté, qui a, à ce point, freiné et marginalisé l’ex-Yardbirds au point de disparaître progressivement des écrans radars ?

Insaisissable à cause de rebonds artistiques souvent imprévisibles, Jeff Beck a toujours fait le choix de l’expérimentation et de l’improvisation. Ces caractéristiques principales de son jeu, libre et spontané, et de sa vision musicale sans cesse novatrice, ne sont évidemment que très peu compatibles avec l’itinéraire imaginé au regard de sa phénoménale technique.

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Jeff Beck : un nom à retenir.

Né dans le Surrey sous l’identité de Geoffrey Arnold Beck, il fait ses premiers pas dans la musique et dans le chant à 10 ans, en jouant sur le piano familial sous l’œil de maman Ethel et en fréquentant la chorale de l’église locale, puis, ado, apprend la pratique de la guitare sur un instrument qu’on lui prête. Il y trouve un tel plaisir qu’il tient coûte que coûte à avoir la sienne, quitte à la fabriquer de ses propres mains.

C’est ce qu’il fait à l’âge de 13 ans, en la couplant avec une radio utilisée comme ampli, mais rien ne vaut une bonne Les Paul, qu’il acquiert dès lors qu’il est convaincu que la musique sera son métier. Cette décision, il la prend après être allé à un concert de Buddy Holly au Davis Theatre de Croydon en 1958.Ses premières influences sont rockabilly et américaines ; outre Les Paul, elles ont pour nom Cliff Gallup, premier lead guitare de Gene Vincent et de ses Blue Caps, et le roi de la Telecaster, James Burton, guitariste de Ricky Nelson (1957/1968), puis de Presley (1969/1977).

Ses influences sont également blues, Beck étant un adepte des jeux de guitare de Buddy Guy, B.B. King et Otis Rush.

Jeff Beck a 16/17 ans quand il fait une pige dans Nightshift (1961) avant de rejoindre les Deltones, son premier véritable groupe (il y reste plus d’un an) puis le Johnny Howard Band en 63, Screaming Lord Sutch And The Savages (1964). Dans cette succession de formations, il  y eut aussi The Crescents et The Tridents, dernier marchepied avant le grand saut dans un rock qui va rapidement apprendre ce que le nom de Jeff Beck veut dire.

Des Yardbirds au Jeff Beck Group.

En mars 1965, Jeff Beck se rapproche des Yardbirds, qui viennent de perdre Eric Clapton, parti rejoindre les Blues Breakers de Mayall et après que Jimmy Page ait été pressenti pour occuper le poste. Adepte des nouvelles technologies (fuzz-box, pédales, larsen, feed-back), Beck signe la période la plus fructueuse et la plus créative du groupe comme en attestent les titres Heart Full of Soul, I’m a Man et Shapes of Things.

For Your Love et Having A Rave Up (1965) ainsi que Roger The Engineer (1966) sont les trois albums réalisés par Jeff Beck sous Yardbirds. Sous son mandat, la formation anglaise foule les terres du psychédélisme, Beck repoussant au maximum les limites de sa guitare.

Jeff beck 3

« Jimi Hendrix a été pour moi comme pour beaucoup de guitaristes, la première véritable onde de choc. Elle a secoué tout le monde ; Jimi est arrivé et a fixé de nouvelles bases même auprès de musiciens déjà très sûrs d’eux. Eric Clapton a été la deuxième claque avec Cream. J’ai été, comme beaucoup, démuni, sans n’avoir alors rien à proposer ; la différence s’est faite là et le fossé s’est creusé. Il m’a fallu évoluer sous Beck Bogert Appice, en 1973, pour corriger un peu le tir. Cette compétition s’est pour moi arrêtée avec Blow By Blow et Wired. » (Jeff Beck)  

Son passage dans Yardbirds prend fin à l’automne 1966, après que Jimmy Page, entré en remplacement du bassiste Paul Samwell-Smith n’en profite pour s’approprier la place de deuxième guitariste dévolue à Chris Dreja et ne fasse de l’ombre au sud-londonien. Leur collaboration se traduit par trois morceaux enregistrés en commun. Elle est immortalisée dans le film  Blow-Up d’Antonioni.

Jeff Beck rebondit dès janvier 1967 en fondant son propre groupe : le Jeff Beck Group, très influent dans le concert rock d’alors, avec son approche  blues-rock/hard rock innovante. Après divers castings (Dave Ambrose, Jet Harris, Clem Cattini, Viv Peince), le line-up se fige sur des pointures du milieu : Rod Stewart au chant, le futur Stones (1975) Ron Wood à la basse et Aynsley Dunbar à la batterie (puis Micky Waller et Tony Newman). Ce supergroupe se sépare en 1969, non sans avoir signé deux albums anthologiques Truth (1968) et Beck-Ola (1969).

Truth et Beck-Ola : l’œuvre séminale de Beck.

Truth, bien accueilli par la critique, est vu comme un des précurseurs du heavy metal. Appelé aussi le Jeff Beck Album, il n’est pas crédité au Jeff Beck Group. Beck-Ola, oui, qui est également considéré comme une œuvre séminale du genre évoqué précédemment. Le Jeff Beck Group gagne ses galons pour figurer au festival de Woodstock, mais des tensions internes scellent la fin du groupe et l’en empêchent (1969).

Jeff Beck dissout le Jeff Beck Group après que Stewart et Wood ne partent pour les Faces. Initialement, les projets de Beck sont de rebondir sur le projet de créer avec Tim Bogert et Carmine Appice un power trio, mais un accident de voiture très grave l’en prive fin 1969. Une fois rétabli, il met en place la deuxième version du JFG se forme en 1971 avec le chanteur Alex Ligertwood, le claviériste Max Middleton, le batteur Cozy Powell et le bassiste Clive Chaman.

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Jeff Beck Group le retour.

En juin 1971, CBS le signe mais ne veut pas d'Alex Ligertwood, en dépit de sa belle voix soul ; le nom de Bobby Tench est avancé d’autant qu’il est également un guitariste compétent. Il figure sur le premier des deux disques rattachés à cette deuxième mouture : Rough & Ready (1971).Remis sur pied physiquement, Jeff Beck revient en pleine forme et ce disque en est la preuve ; il opte pour une direction qui le rapproche de la fusion jazz-rock ; Beck poursuit donc ses expérimentations. L’album fait 46 aux Etats-Unis.

L’éponyme Jeff Beck Group, publié en mai 1972, reprend le même line-up. Malgré la présence de Steve Crooper aux manettes, le LP n’a pas la même force que son prédécesseur. Jeff Beck, qui a fait un gros effort d’écriture sur Rough And Ready, relâche l’étreinte ici. Sur les 8 titres, une bonne  moitié est constituée de reprises et l’artiste comme son collectif s’y montrent moins inspirés. Beck met la barre très haut ; malgré l’excellence de cette deuxième mouture et des deux albums qui sont rattachés à son existence, il considère cette expérience comme un échec. Beck a la tête à Beck Bogert Appice et c’est un peu cela qui plombe l’ambiance.

L’éphémère Beck Bogert Appice.

Trois mois après la publication de Jeff Beck Group, le guitariste londonien dissout le groupe pour se projeter dans le trio hard rock avec les deux anciens Cactus. Ce power trio y va d’un LP, éponyme (1973) avant de se diluer sous l’influence d’un Beck aussi enthousiaste à s’investir dans le projet que prompt à arrêter l’aventure, faute d’avenir artistique et commercial.

Jeff Beck s’engage alors dans une phase solo qui se traduit par Blow By Blow. En fait, il reprend là où il a laissé son public avant Beck Bogert Appice : la fusion jazz-rock. Jamais à court d’idées, le Beck solitaire se veut, cette fois-ci, instrumental, plus funk mais surtout génial.

Le jazz-rock pour rebondir.

Blow By Blow, sorti en 1975, compte parmi ce qu’il a fait de mieux. Son suivant Wired (1976) est du même acabit. Il clôt le catalogue studio du Beck des 70’s. C’est sur ce créneau qu’il a bâti l’essentiel d’une carrière qui méritait incontestablement mieux et qu’il continue à mener cahin-caha aujourd’hui. Le symphonique Emotion & Commotion (2010) est son dernier opus studio. Pas son meilleur (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE THE YARDBIRDS 60'S.

LP Studio 2 - 1965

 

Yardbirds for your love

 

THE YARDBIRDS

FOR YOUR LOVE – 1965  3/5

 

Publié en août 1965.

Produit par Giorgio Gomelsky.

Durée:31:04.

Label:Epic.

Genre:blues-rock,rock.

 

Micmac Epic.

 

For Your Love (1965) est la deuxième sortie dans la chronologie discographique des Yardbirds. Je ne parle pas d’album studio, car il n’en est pas un. Il réunit pourtant sous le même projet Eric Clapton et Jeff Beck, alors que leurs destinées, au sein de ce groupe, se sont croisées.

Le second nommé pose ses valises dans cette formation, après que Clapton en soit parti, dans la foulée du single commercial  For Your Love, lequel provoque une réaction épidermique chez le God, peu friand de pop et viscéralement lié au blues. Cette orientation est l’objet de la discorde entre les Yardbirds et Clapton.

For Your Love, en fait, est un micmac monté par Epic, pour promouvoir (nous sommes en pleine British Invasion) la première tournée américaine  du groupe. Outre trois titres, avec un Jeff Beck pas encore imprégné de l’humeur Yardbirds (I Ain’t Done Wrong, I’m Not Talking et My Sloopy Girl) et trois faces B de l’époque Clapton (absent de l’historique de ce disque), complété par d’obscures cadavres retrouvés dans les placards, l’intérêt véritable de cette compilation consiste dans le témoignage historique de cette prise de pouvoir britannique sur le sol US.

Voyez-le comme une collection (très acceptable) de titres des Yardbirds et comme le point de départ d’une carrière dont ils tireront les bénéfices plus tard. Vous pourrez alors jauger le chemin parcouru (RAZOR©).

 

1. For Your Love.

2. I'm Not Talking.

3. Putty in Your Hands.

4. I Ain't Got You.

5. Got to Hurry.

6. I Ain't Done Wrong.

7. I Wish You Would.

8. A Certain Girl.

9. Sweet Music.

10. Good Morning Little Schoolgirl.

11. My Girl Sloopy.

 

Keith Relf:chant,harmonica.

Eric Clapton:lead guitare.

Jeff Beck:lead guitare sur 2/6/11.

Chris Dreja:guitare rythmique.

Paul Samwell-Smith:basse,chant.

Jim McCarty:batterie,choeurs.

Giorgio Gomelsky:choeurs sur 8.

Brian Auger:clavecin sur 1.

Denny Pierce:bongos sur 1.

Ron Prentice:bowed basse sur 1.

Manfred Mann:claviers,choeurs sur 9.

Paul Jones:choeurs sur 9.

Mike Hugg:effets sur 9.

Tom McGuinness:guitare sur 9.

Mike Vickers:guitare sur 9.

LP studio (hybride) 3 - 1965

 

The yardbirds having a rave up 1965

 

THE YARDBIRDS

HAVING A RAVE UP – 1965  4/5

 

Publié le 20 novembre 1965.

Produit par Giorgio Gomelsky.

Durée:35:40.

Label:Epic.

Genre:blues-rock,rock.

 

A la tête de l’Hard.

 

On peut le dire. Ce disque, Having A Rave-Up (en écoute intégrale ici), n’est pas un disque… je veux dire par là que ce n’est pas un vrai disque…un album original, quoi. C’est plutôt une compil. On ne disait pas compil’ en 1965, date de sa sortie. Toujours est-il que Having A Rave Up compile des singles (devenus tubes pour la plupart) parus sous forme de 45 tours, des faces B et des live réalisés sur la période 1964/65.

Situer avec exactitude le contenu  et l’origine des titres publiés sur cet album relève du parcours du combattant et je ne m’y aventure pas au risque de choper une méga migraine et de vous induire en erreur. Sachez seulement que 1965 a été une année royale pour le groupe, qui a enchaîné les concerts et les tubes en single.

Mais, pas le moindre 33 tours à se mettre sous la dent, ce qui n’était pas convenable pour un groupe aussi prestigieux et important. On va donc, pour l’occasion se contenter de ce que l’on sait à propos de Having A Rave Up et des dix titres de l’album d’origine.

Personne n’ignore que les Yardbirds figurent alors parmi ce qui se fait de mieux sur la scène rock du moment. Que ce soit Beck, Clapton ou Page, chacun a marqué le groupe d’une griffe indélébile et a permis son inscription définitive dans le cercle fermé des groupes d’anthologie.

Ce que nous retiendrons de cet album, c’est que chronologiquement considéré, il prend place juste avant Roger The Engineer de 1966. Train Kept A Rollin’ (la guitare de Beck se transforme en sifflet de locomotive et le convoi démarre), Evil Hearted You, Heart Full of Soul… j’en passe et des meilleurs.

L’album est plus intéressant dans sa partie studio initiale du fait du registre plus complet, à l’époque, de Jeff Beck que dans celle live accordée à Clapton.

C’est de là que sortent des sons incroyables, « never hearded before », dans la vague pop anglaise alors en vogue (Beck avait le souci de toujours expérimenter), et qui posent les bases du futur hard.

Having A Rave Up, complexe dans sa structure (mais on s’y fait vite !) est un passage obligé pour la compréhension de la mouvance de l’époque Kinks, Them, Who, Stones et… Yardbirds, devenu emblématique.

La seule critique que l’on puisse formuler à son propos concerne un son, pas toujours de qualité, manquant parfois de clarté, mais qui se bonifie au fil des remasterisations. Bonne nouvelle, non ? (RAZOR©).

 

1. Mr. You’re A Better Man Than I.

2. Evil Hearted You.

3. I’m A Man.

4. Still I’m Sad.

5. Heart Full Of Soul.

6. Train Kept A Rollin’.

7. Smokestack Lightning.

8. Respectable.

9. Here ‘Tis.

 

Jeff Beck:lead guitare.

Eric Clapton:lead guitare.

Chris Dreja:guitare rythmique.

Jim McCarty:batterie,chœurs.

Keith Relf:chant,harmonica,guitare acoustique.

Paul Samwell-Smith:basse,chœurs.

Jimmy Page:basse.

LP Studio 4 - 1966

 

Yardbirds roger the engineer 1

 

THE YARDBIRDS

YARDBIRDS (ROGER THE ENGINEER) – 1966  5/5

 

Publié le 15 juillet 1966.

Produit par Paul Samwell-Smith,Simon Napier-Bell.

Durée:35:52.

Label:Columbia.

Genre:blues-rock,rock psychédélique.

 

Dans le top des sixties.

 

Roger The Engineer (en écoute intégrale ici) s’appelle aussi Yardbirds. Paru aux States et dans d’autres pays, sous Over, Under, Sideways, Down (le titre d’une de ses chansons), il tire son nom de sa pochette croquée d’une manière drôle par Chris Dreja, et représentant l’ingénieur du son des Yardbirds, Roger Cameron, alias Roger The Engineer. C’est l’album que je préfère des Yardbirds.

Publié en 1966, après l’excellent Having A Rave Up, il est le premier disque des britanniques à ne pas compter de reprises, mais uniquement des originaux auxquels les cinq membres, Beck, Dreja,, McCarty, Samwell-Smith et Relf ont tous contribué.

Blues-rock, boogie, psychédélisme, influences indiennes, le Yardbirds emmené par la guitare de Jeff Beck est tout à fait différent de celui pour lequel Clapton avait préalablement fait la pige. Beck pousse sa guitare dans ses derniers retranchements, alors que Slowhand faisait plus dans la dentelle.

Beck visite de nouvelles directions, se veut plus aventureux, plus téméraire et cette témérité s’avère payante. Lost Woman, Farewell, House Of Omagarashid, The Nazz Are Blues, What Do You Want, Over Under Sideaways Down montrent un groupe au top de son jeu.

Avec Having A Rave Up, Yardbirds/Roger The Engineer est l’autre fleuron de la discographie des “pigeons voyageurs” et assurément un des très magnifiques disques psyché et british des sixties (RAZOR©).

 

1. Lost Woman.

2. Over, Under, Sideways, Down.

3. The Nazz Are Blue.

4. I Can't Make Your Way.

5. Rack My Mind.

6. Farewell.

7. Hot House of Omagarashid.

8. Jeff's Boogie.

9. He's Always There.

10. Turn Into Earth.

11. What Do You Want.

12. Ever Since the World Began.

 

Jeff Beck:lead guitare,basse sur 2,chant sur 3.

Chris Dreja:guitare rythmique,chœurs.

Jim McCarty:batterie,percussions,chœurs.

Keith Relf:chant,harmonica.

Paul Samwell-Smith:basse,chœurs.

DISCOGRAPHIE JEFF BECK GROUP 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1968

 

Jeff beck truth

 

JEFF BECK GROUP

TRUTH – 1968  5/5

 

Publié en 1968.

Produit par Mickie Most.

Durée:40:16.

Label:Epic.

Genre:blues-rock, rock,hard rock,rock psychédélique,heavy metal.

 

Ouvrage heavy très influent.

 

Pierre angulaire de l’histoire du heavy metal et du rock moderne, Truth (en écoute intégrale ici) est le premier disque réunissant le Jeff Beck Group. Autour du berceau, Jeff Beck, qui a laissé les clés du camion (poussif) nommé Yardbirds  à Jimmy Page (à charge pour lui de tenter de le redémarrer), quelques géniteurs connus comme Rod Stewart (chanteur), Ron Wood (basse), un père qu’on pourrait croire inconnu, mais qui a fait pas mal de belles boutiques avant, Micky Waller, et quatre parrains, venus pour la circonstance, offrir leur jeu de basse et de claviers (comme John Paul Jones), leur talent de batteur (Keith Moon), de pianiste (Nicky Hopkins) ou faire l’appoint à la rythmique (Jimmy Page). Pourtant la paternité de ce bébé est revendiquée par le seul Jeff Beck comme en atteste la pochette.

Enfant métissé blues-rock, Truth pousse ses premiers hurlements en août 1968. Chassez le naturel, il revient au galop… C’est par un titre repris au répertoire des  Yardbirds et réarrangé que l’éveil se fait. Shapes Of Things est plutôt musclé, la voix de Stewart puissante est bien plus intéressante que celle de Relf, en 1966.

Le sidérant Let Me Love You, son suivant, révèle que le blues peut être joué différemment, plus  puissamment encore que ce qui se fait. Il revisite le répertoire de Buddy Guy sous le nom de Jeffrey Rod (les noms de Jeff Beck et Rod Stewart sont contractés).

Deux autres originaux sont issus de la collaboration entre le guitariste et le chanteur : Blues Deluxe, lourd et féroce, joué à la tronçonneuse par des rockeurs plus que par des bluesmen, et,  plus classique, Rock My Plimsoul. Stewart au chant rajoute à cette vigueur hors norme.

Seuls deux titres échappent à son interprétation vocale remarquée : le planant Beck’s Bolero (avec Page, Paul Jones et Moon) et l’instrumental  délectable, qu’est la ballade traditionnelle Greensleeves.

Le sublime I Ain’t Superstitious de clôture  et You Shook Me (Led Zep en a fait une version plus croustillante et plus étendue) sont des reprises de Willie Dixon. Restent Morning Drew et Ol’ Man River. Le premier nommé est un champ d’expérimentation pour Beck qui profite de cette reprise de l’auteur-compositeur et interprète canadienne, Bonnie Dobson, pour jouer avec les effets de pédales et y introduire un final original au son de la cornemuse. Ol’ Man River (avec Paul Jones à l’orgue) a un côté quelque peu bizarre.

Lien entre Cream et Led Zeppelin, cet album bluesy dans l’esprit mais rock dans son exécution, boxe dans la catégorie des plus grands disques du rock. On peut lui préférer Ola qui ira encore plus loin (et qui fait que l’on a tendance à oublier Truth), mais  le premier né de la famille Jeff Beck a ce côté cradingue que j’aime. Au regard de ce disque fondateur exceptionnel (15 aux States) et de son suivant, on en vient à regretter que Jeff Beck ait si mal géré sa carrière (RAZOR©).

 

1. Shapes of Things.

2. Let Me Love You.

3. Morning Dew.

4. You Shook Me.

5. Ol' Man River.

6. Greensleeves.

7. Rock My Plimsoul.

8. Beck's Bolero.

9. Blues Deluxe.

10. I Ain't Superstitious.

 

Jeff Beck:guitares,basse sur 4.

Rod Stewart:chant.

Micky Waller:batterie.

Ronnie Wood:basse.

Nicky Hopkins:piano sur 3/4/8/9.

Keith Moon:batterie sur 8,timbales sur 5.

Jimmy Page:guitare rythmique sur 8.

John Paul Jones:basse sur 8,orgue Hammond sur 4/5.

LP Studio 2 - 1969

 

Jeff beck beck ola

JEFF BECK GROUP

BECK-OLA – 1969  5/5

 

Publié en juin 1969.

Produit par Mickie Most.

Durée:30:29.

Label:EMI Columbia (UK),Epic Records (US).

Genre:blues-rock,rock psychédélique,hard rock.

 

Beck hausse le son.

 

Beck avait cette volonté d’être constamment au sommet, d’inventer, d’être différent à une époque où le hard fourbissait ses premières armes (Led Zep, pour n’en citer qu’un, semble alors inarrêtable). Beck ne digérait pas que Jimmy Page, son alter ego au sein des Yardbirds ait pu lui faire un gosse dans le dos en menant Led Zeppelin sur le devant de la scène avec des titres… de Beck.

Beck-Ola (en écoute intégrale ici), deuxième album du JBG, vient après le monumental Truth ; Jeff Beck, accompagné de Rod Stewart au chant, Ron Wood à la basse, Tony Newman à la batterie et de Nick Hopkins aux claviers, va balancer à la face du monde qu’il n’est pas le dernier à produire du lourd, du bon heavy. Il va remettre les pendules à l’heure dans un contexte musical de forte concurrence et clouer le bec à l’ennemi héréditaire. Il va faire encore plus fort, hausser le son.

Dans la foulée de ce Beck-Ola, JFG aurait du se produire à Woodstock, mais, une fois encore, le projet tombe à l’eau pour des problèmes d’égo démesuré et de scissions au sein du groupe. Jeff Beck, le chat noir, aura cette faculté de passer à côté de belles opportunités pour sa carrière. Page, Clapton, non.

All Shook Up, Jailhouse Rock, Hangman’s Knee en sont les illustrations qui fixent les premiers pas du hard rock. Dans les faits, Beck-Ola est un album musclé et bien équilibré, bien que donnant parfois le sentiment d’être un peu bordélique.

En 7 titres d’une lourdeur incroyable, Beck signe ici un véritable tour de force.

La voix de Rod Stewart n’en finit plus de s’érailler, les riffs de Beck se font encore plus acérés et tueurs, la batterie de Newman martèle comme jamais, la basse de Ron Wood (qui était un super bassiste, meilleur qu’il n’est guitariste) se promène subtilement dans cette déferlante sonore, tandis que le grand Hopkins impose son piano, un peu léger dans ce contexte, le temps d’un répit (Girl From Mill Valley).

Du grand art, mais qui malheureusement pour Beck, ne paie pas. Dans le même temps que Clapton, peaufine son statut de star et que Led Zep, tiré par Page, émerge, lui reste à quai. S’il s’offre pourtant une belle revanche sur le destin, le destin en retour ne l’épargne pas, puisque le Jeff Beck Group est dissout dans la foulée. Pas de Woodstock, une vitrine qui aurait pourtant bien servi l’image de Jeff Beck. Derrière ça, le projet de power trio, Beck Bogert Appice, tombe à l’eau à cause d’un accident de la route de l’anglais. Quand ça ne veut pas sourire… (RAZOR©).

 

1. All Shook Up.

2. Spanish Boots.

3. Girl From Mill Valley.

4. Jailhouse Rock.

5. Plynth (Water Down the Drain).

6. The Hangman's Knee.

7. Rice Pudding.

 

Jeff Beck:guitares.

Rod Stewart:chant.

Nicky Hopkins:piano,orgue.

Ronnie Wood:basse.

Tony Newman:batterie.

LP Studio 3 - 1971

 

Jeff beck rough ready

 

JEFF BECK GROUP

ROUGH & READY – 1971  4/5

 

Publié le 25 octobre 1971.

Produit par Jeff Beck.

Durée:36:48.

Label:Epic.

Genre:hard rock,blues-rock,jazz fusion.

 

Un Beck fin.

 

La route a failli nous l’enlever. En 1971, Jeff Beck revient encore plus motivé et, de surcroît, en pleine forme. Beck n’a en rien perdu de la superbe qui en fait un des 5 meilleurs guitaristes du moment. Ce mec, dont la ténacité et le sale caractère sont désormais légendaires, toujours avide d’expériences musicales nouvelles, nous gratifie d’un retour probant avec Rough & Ready (en écoute intégrale ici), un opus rock, aux senteurs de jazz, de soul et de rhythm & blues.

Entouré de techniciens affutés à leurs postes respectifs comme le raffiné Max Middleton (aux claviers, dont l’apport est déterminant dans la qualité et le ton de Rough & Ready), Clive Chapman (basse) et Cozy Powell (batterie), de Bob Tench au chant (préféré à Alex Ligertwood et imposé par le label), Jeff Beck, dont c’est le troisième album sous JBG, s’implique un peu plus dans l’écriture, plus qu’il ne l’a alors fait. Et ça n’a plus rien de commun avec la production antérieure de l’artiste.

S’appuyant sur une rythmique efficace et sur un jeu de guitare de Beck plus syncopé, l’album (qui s’éloigne du blues, pour expérimenter dans la fusion, et qui est un travail collectif avant tout) contient des prouesses artistiques comme Situation, l’instrumental sublime et éthéré qu’est Max’s Tune (par temps de blues, c’est encore plus profond), Jody, I’ve Been Used, Got The Feeling et New Ways/Train Train.

Finalement, avec 6 titres éminents sur 7, ça sent bon le carton plein cette affaire. Cet album, qui ne plaisait pas à l’artiste, permet pourtant d’y retrouver un Beck qui livre ici quelques-unes de ses meilleures prestations. Je le conseille ; il est, à mon sens, sous-estimé, à l’image de ce guitariste et de l’ensemble de son œuvre (RAZOR©).


1. Got The Feeling.
2. Situation.
3. Short Business.
4. Max’s Tune.
5. I’ve Been Used.
6. New Ways/Train Train.
7. Jody.


Jeff Beck:guitare.

Bob Tench:chant.

Max Middleton:claviers.

Clive Chapman:basse.

Cozy Powell:batterie.

LP Studio 4 - 1972

 

Jeff beck group lp 1972

 

JEFF BECK GROUP

JEFF BECK GROUP – 1972 3,5/5

 

Publié le 1er mai 1972.

Produit par Steve Cropper.

Durée:40:29.

Label:Epic.

Genre:blues rock,jazz fusion.

 

Un Beck enfariné.

La mouture de ce Jeff Beck Group, version album éponyme de 1972 (en écoute intégrale ici), n’a plus rien à voir avec celle qui fut derrière les exceptionnels Truth et Ola. Des tensions l’ont amenée à la rupture, laissant la porte ouverte à Led Zeppelin, lequel ne va pas se gêner pour s’y engouffrer.

Beck rêve alors de collaborer au projet de power trio avec Bogert et Appice, la section rythmique de Vanilla Fudge, avant qu’un accident de voiture, fin 1969, ne mette fin à ce dessein. Tout juste retapé, il repart à l’aventure avec une nouvelle version du Jeff Beck group que Rough & Ready (janvier 1972) conforte comme étant très fiable.

Outre Beck à la guitare, Max Middleton est aux claviers, Bob Tench au chant, Clive Chaman tient la basse et Cozy Powell s’assoit derrière les fûts. S’inscrit alors l’album éponyme qui nous concerne, sorti mi 1972.

Produit par Steve Crooper (Booker T. & The MG’S), il annonce le Beck de l’après Beck Bogert Appice, mêlant avec réussite, le rock, la soul, le jazz. En effet, après l’enregistrement de l’album éponyme, le groupe est une nouvelle fois dissous, le temps de s’offrir cette collaboration tant désirée avec Carmine Appice et Tim Bogert.

Alors que les Etats-Unis installent le quatrième disque du JBG à une belle 19ème place dans les charts, la formation a déjà cessé d’être.  Pris d’une grande sympathie pour la Tamla Motown, Jeff Beck allège le son et édulcore (peut-être un peu trop) un blues- rock qui se fait à peine moins excitant que Rough & Ready (voir mon commentaire), son prédécesseur.

Il a ses moments, en fait ; ceux-ci  sont incontestablement très bons et plaident en faveur de ce line-up, dont musiciens comme chanteur, sont bien en place : Ice Cream Cakes, rock solide, un Going Down (de Don Nix) victorieux, Highways, Definitely Maybe (exceptionnelle guitare de Beck), les excellentes reprises de Dylan (Tonight I’ll Be Staying Here With You) et de Stevie Wonder (I Got To Have A Song) ainsi que l’instrumental I Can’t Give Back The Love I Feel For You sont les temps forts.

Le reste est également de bonne facture, mais un ton en dessous. Le diptyque Rough & Ready/ Jeff Beck Group marque une évolution musicale annonçant la carrière solo du Jeff Beck à venir, celle amorcée avec Blow By Blow en 1975. Ce disque vaut bien mieux que ce qui en a été rapporté de son temps (RAZOR©).

 

1. Ice Cream Cakes.

2. Glad All Over.

3. Tonight I'll Be Staying Here With You.

4. Sugar Cane.

5. I Can't Give Back the Love I Feel For You.

6. Going Down.

7. I Got to Have a Song.

8. Highways.

9. Definitely Maybe.

 

Jeff  Beck:guitare.

Bobby Tench:chant.

Clive Chaman:basse.

Max Middleton:claviers.

Cozy Powell:batterie.

DISCOGRAPHIE 70'S SOUS BECK BOGERT APPICE.

Jeff beck bba

 

BECK, BOGERT AND APPICE

BECK, BOGERT AND APPICE – 1973  5/5

 

Sortie le 26 mars 1973.

Produit par Don Nix,BBA.

Durée:36:57.

Label:Epic.

Genre:blues rock,hard rock.

 

BBA tombe sur un Beck.

 

BBA, du nom de ses 3 acteurs, Jeff Beck, Tim Bogert et Carmine Appice, est un projet qui trotte dans la tête de Beck depuis des années. Cette intention de monter un ambitieux power trio aurait dû déjà se réaliser quand le Jeff Beck Group de la première mouture (avec Rod Stewart et Ron Wood) battait de l’aile en 1969, avant de se dissoudre juste avant Woodstock.

Un accident de la route en décide alors autrement ; immobilisé, le guitariste doit renoncer la mort dans l’âme à ce dessein pour lequel tout le rock s’enflamme. Le projet n’est, en fait, que repousser et l’ancien Yardbirds relance le binôme de la rythmique de Cactus en 1972 ; le trio de hard rock pousse la porte des studios en décembre de cette même année et publie un LP quatre mois plus tard : Beck Bogert And Appice (en écoute intégrale ici).

C’est le seul attestant de cette collaboration exceptionnelle (avec live in Japan/1974), car l’expérience vire rapidement en eau de boudin quand, à l’amorce de la réalisation d’un autre album studio, Jeff Beck quitte ses camarades sans raison bien définie. Cette volte-face inattendue du guitariste anglais scelle aussitôt la mort de BBA, une unité que le public international avait pourtant à la bonne (début 1974).

Il nous reste de cette réunion huppée un disque. Eponyme, il s’avère concis, en culminant à 37 minutes, mais incontournable au regard du hard rock exceptionnel et efficace qu’il affiche. BBA, c’est un trio de choc, un poids lourd du rock et du blues. BBA a de la frappe et du rythme (Appice), du toucher (Bogert) et de la finesse (Beck).

Ce mix détonant donne le jour au tonique Black Cat Moan, à Oh To Love You, Livin’ Alone, I’m So Proud ou encore Lady. Accompagné de Jimmy Greenspoon au piano, de Duane Hitchings (claviers, mellotron), le trio est au top de son talent et s’appuie sur une musique qui, basée sur le blues, propose quelques belles ballades mais pousse aussi jusqu’à visiter l’univers du hard.

Compte tenu du rendu de l’album, le projet de Jeff n’avait donc rien d’irréalisable et d’insensé ; il n’a simplement pas pu aller plus loin en raison d’interminables et de répétés conflits de personnalité. L’album, quant à lui, aurait pu exploser, si Stevie Wonder, qui a composé, pour BBA, Superstition, n’avait popularisé le morceau juste avant que le disque ne sorte.

Quoi qu’il en soit, vous avez devant vous un album exceptionnel, inventif, très technique, virtuose et qui renifle le plaisir de faire le job. Ce disque, tout fan de rock, se doit de le faire sien (RAZOR©).

 

1. Black Cat Moan.
2. Lady.
3. Oh To Love You.
4. Superstition.
5. Sweet Sweet Surrender.
6. Why Should I Care.
7. Lose Myself With You.
8. Livin' Alone.
9. I 'M So Proud.

 

Jeff Beck:guitare,chant.

Tim Bogert:basse,chant.

Carmine Appice:batterie,chant.

DISCOGRAPHIE SOLO 70'S.

LP Studio 1 - 1975

 

Jeff beck blow by blow

 

JEFF BECK

BLOW BY BLOW – 1975  5/5

 

Publié le 29 mars 1975.

Produit par George Martin.

Durée:44:40.

Label:Epic.

Genre:jazz fusion,rock instrumental.

 

Le Beck dans le haut !

 

Lorsque Jeff Beck a fait dans la fusion jazz rock, en 1971, j’ai aimé. C’était avec le JBG, entendez par là, le Jeff Beck Group, c’était au travers de l’album d’un groupe, Rough & Ready. Dans Blow By Blow (en écoute intégrale ici), produit par George Martin, s’il s’agit encore de fusion et de jazz, il ne s’agit plus d’un travail collectif (mais le père Middleton est encore présent aux claviers). L’œuvre est désormais individuelle et sortie sous le patronyme de Jeff Beck.

Toujours à la pointe de l’originalité et pour se démarquer, Beck, qui décidément ne fait rien comme les autres et prend malin plaisir à prendre son public à revers, nous la joue présentement instrumental. Le rock instrumental n’ayant jamais été ma tasse de thé, ma première réaction a été de renâcler et je peux imaginer que bon nombre de fans de Beck, à mon image et aussi sceptiques que j’ai pu l’être, ont dû sourciller quand le disque est sorti dans les bacs…

Je me suis mis le doigt dans l’œil jusqu’au coude ! Beck, c’est Beck. C’est un génie, un novateur. Oui, un marginal. Oui, un caractériel. Ok pour tout ce que vous voudrez… mais Beck était avant tout un créatif, un avant-gardiste, un touche-à-tout et un incomparable guitariste.

Ici, Beck ne passe pas à côté de son sujet. Le contraire m’eut étonné de sa part, même s’il n’est pas un habitué de l’exercice instrumental ; il s’y montre à l’aise et sous contrôle, inspiré, déterminé et surtout virtuose. La moindre note est maîtrisée. Comme les arrangements de Martin sont précis et bien pensés, Blow By Blow est un chef d’œuvre qui reste aujourd’hui un sommet de la carrière (4ème aux Etats-Unis) de Beck. Indispensable ! (RAZOR©)

 

1. You Know What I Mean.

2. She's A Woman.

3. Constipated Duck.

4. Air Blower.

5. Scatterbrain.

6. Cause We've Ended As Lovers.

7. Thelonius.

8. Freeway Jam.

9. Diamond Dust.

 

Jeff Beck:guitare,basse.

Max Middleton:claviers.

Phil Chen:basse.

Richard Bailey:batterie,percussion.

LP Studio 2 - 1976

 

Jeff beck wired

 

JEFF BECK

WIRED – 1976  3,5/5

 

Publié en mai 1976.

Produit par George Martin,Christopher Bond,Jan Hammer.

Durée:37:21.

Label:Epic.

Genre:jazz fusion,rock instrumental.

 

Hammer cloue le Beck.

 

Saviez-vous que Jeff Beck était pressenti pour remplacer Mick Taylor au sein des Rolling Stones ? Au regard de la manière probante dont il a rebondi en solo au lendemain de sa furtive expérience BBA, accepter cette offre aurait été une mauvaise décision.

L’épisode précédent s’est arrêté sur ’instrumental Blow By Blow, de mars 1975, produit par George Martin, par lequel Beck reprend là même où son Jeff Beck Group deuxième mouture a arrêté son activité : dans une audacieuse fusion de rock, de soul et de jazz. Comme la sauce Blow By Blow a pris, en faisant 4ème aux States et disque de platine, l’anglais remet de couvert avec un deuxième album crédité au seul Beck. C’est Wired.

Wired (en écoute intégrale ici), sorti en mai 1976, se veut, dans l’esprit, être la reconduction de son prédécesseur. Dans les faits, ce n’est pas vraiment le cas, le son est plus synthétique etJeff Beck est quasiment relégué au rôle de comparse sur son propre projet, la faute à Jan Hammer.

En articulant le line-up, composé du fidèle Max Middleton (le clavieriste était du premier Jeff Beck Group), de Wilbur Bascomb (basse) autour du puissant Narada Michael Walden (batterie), et surtout de l’omniprésent  compositeur et claviériste tchèque Jan Hammer (auteur de la musique de Miami Vice), fou de technologies contemporaines (le moog), récupéré du Mahavishnu Orchestra qu’un McLaughlin a dissous, Beck, s’est donné le bâton pour se faire battre.

Lui, le guitariste innovant et hautement qualifié que l’on connaît, est sous le contrôle d’un Hammer qui met le nez partout (y compris dans la production). L’efficacité et la virtuosité de Beck sont mises souvent sous l’éteignoir et l’électronique y est omniprésente, surtout sur la face 2 ;  il faut tabler sur l’absence de Jan Hammer sur Head For Backstage, ainsi que sur l’audacieux et réussi Goodbye Pork Pie Hat (Charlie Mingus) pour que Beck puisse enfin en placer une.

Walden signe quatre titres, Hammer un, et Middleton apporte Led Boots, un hommage à Led Zep. A Part ça ? C’est pas mal foutu, c’est imaginatif (surtout la face 1), c’est une référence en matière de rock instrumental.

Wired est bien plus qu’un simple album de jazz-rock, il en est un mix délectable (surtout Come Dancing, Head For Backstage Pass, Blue Wind, Play With Me, Love Is Green et Goodbye Pork Pie Hat) pour peu que l’on soit prêt à accepter l’effacement de Jeff Beck dans sa deuxième partie, au profit de Jan Hammer. Ce disque est un tournant de la carrière de l’artiste, mais personnellement, c’est le disque de Beck que j’aime le moins (RAZOR©).

 

1. Led Boots.

2. Come Dancing.

3. Goodbye Pork Pie Hat.

4. Head for Backstage Pass.

5. Blue Wind.

6. Sophie.

7. Play with Me.

8. Love Is Green.

 

Jeff Beck:guitare.

Max Middleton:clavinet,claviers.

Jan Hammer:synthétiseur,batterie sur 5.

Wilbur Bascomb:basse.

Narada Michael Walden:batterie sur 1/2/6/7,piano sur 8.

Richard Bailey:batterie sur 3 et 4.

Ed Greene:deuxième batterie sur 2.

 

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