Jimmy Smith.

BIOGRAPHIE.

 

JIMMY SMITH/Norristown (Pennsylvanie-USA)

 

Jimmy smith 3

 

Actif de 1956 à 2005.

Né James Oscar Smith,dit Jimmy Smith.

Né le 8 décembre 1925 à Norristown (Pennsylvanie),mort le 8 février 2005 à Scottdale (Arizona/USA).

Labels:Blue Note,Verve.

Genre:hard bop,jazz mainstream,jazz-funk,jazz-fusion.

 

Le chaînon entre le jazz et la soul.

De Count Basie à Ray Charles, en passant par Aretha Franklin, John Lord, Keith Emerson, Steve Winwood, Ray Manzarek, Brian Auger, Rick Wright, Greg Allman, Tony Banks, Al Kooper ou Vincent Crane, l'orgue, plus spécialement le B3 de Hammond, a permis au jazz et au rock de s'offrir un second souffle.

Construit à la base pour répondre aux besoins des églises noires américaines, son exploitation a autorisé de nouvelles inspirations créatrices.

Jimmy Smith, très influencé par le gospel et le blues, n'a pas donné sa part aux chiens pour populariser l'orgue, en faisant le lien entre le jazz et la musique soul des 60's.

Quand l'orgue prend la dimension d'un orchestre.

Au regard du brillant parcours qui l'a propulsé dans les classements d'albums (Hobo Flats/1963, Organ Grinder Swing/1965) ou de singles (Walk On The Wild Side, Got My Mojo Working, The Cat, Midnight Special, Back At The Chicken Shack, Hobo Flats, Ol' Man River...) du Billboard, personne n'oserait remettre en question son statut de Maître inconditionnel de l'Hammond, de plus grand organiste de jazz du monde, un des meilleurs de l'Histoire.

Jimmy smith jeuneLa 8ème merveille du monde.Jimmy smith intro 2Quand le jazz s'ouvre à la funk.Jimmy smith introLe chaînon entre le jazz et la soul.Jimmy smith at the organUn premier opus en 1956.Jimmy smith legacy 2005 last lpUn dernier LP (posthume/2005).

L'ensemble de son œuvre et sa virtuosité, entrée dans la légende, n'ont pas échappé au National Endowment For The Arts qui, en 2005, a décerné à Jimmy Smith le NEA Jazz Masters Award.

Cette reconnaissance est la plus haute distinction que l'Amérique attribue aux musiciens de jazz.

Entre ses mains, l'orgue prend la dimension d'un orchestre. A l'instar de Bird (Charlie Parker) et de Trane (Coltrane) ou d'Art Tatum en ce qui concerne leurs instruments respectifs, le saxo et le piano, Smith révolutionne la manière de pratiquer le sien.

En ouvrant le jazz au funk, il a, dès le milieu des 50's, ouvert une brèche dans laquelle de nombreux organistes se sont engouffrés.

Né James Oscar Smith à Norristown (Pennsylvanie), vraisemblablement un 8 décembre 1925, mais sans certitudes, Jimmy Smith apprend le piano par ses parents.

Sa maîtrise précoce de l'instrument lui permet, alors qu'il n'a pas encore 10 ans, d'enlever un concours radiophonique réservé aux jeunes talents (Philadelphie). Grâce à une prestation boogie-woogie très remarquée, il séduit le jury de la radio organisatrice.

Bien qu'il quitte précocement l'école (15 ans) pour aider à subvenir aux besoins de sa famille, affaiblie par un accident de son père, son avenir, compte tenu de son potentiel, est tout tracé.

Il intègre la Marine pour y effectuer ses obligations militaires ; durant sa mobilisation, il continue à pratiquer le piano dans une formation réunissant quelques soldats.

Des rencontres décisives.

A la fin de sa mobilisation en 1947, James entame une formation musicale pour piano et contrebasse financée par le GI Bill qui lui permet de fréquenter, dès 1948, le Royal Hamilton College Of Music, puis l'élitiste Ornstein School Of Music, les deux années suivantes (1949/50).

Alors qu'il réside dans la région de Philadelphie, James intègre les Sonotones de Don Gardner où il joue du R&B.

Sa rencontre avec Wild Bill Davis, organiste missourien, achève, en 1953, de le convaincre de faire la transition entre le piano et l'orgue.

Un son et une technique révolutionnaires.

Il ne tarde pas à apprivoiser les contours de son B3, récemment mis sur le marché, et à en exploiter les énormes potentialités.

Après des débuts remarqués au Small Paradise d'Harlem et au Café Bohemia new-yorkais (1956), Smith signe, avec l'appui de l'influent médiateur qu'est Babs Gonzales, avec le Blue Note Records. Le label est enthousiasmé par le nouveau son qu'il entend.

Les premières joutes discographiques de Smith constituent un événement majeur pour la musique, du fait que le musicien introduit un son complètement nouveau et une technique de jeu différente. L'artiste pennsylvanien emmène alors l'orgue dans des sphères jamais atteintes auparavant.

Jimmy smith joey defrancesco by michael woodall

"Jimmy était l'un des musiciens les plus grands et les plus innovants de notre époque. Il était mon idole, mon mentor et mon ami." (Joe DeFrancesco)

Séminal A New Sound...A New Star.

A New Sound...A New Star (1956), amorce une collaboration avec Blue Note qui durera 9 ans et une trentaine d'albums ; le disque est salué comme l'une des plus grandes réalisations de l'histoire du jazz.

Pour Blue Note comme pour Verve, dès 1962 et jusqu'en 1972, Jimmy Smith réalise de multiples enregistrements restés dans l'histoire comme Growin' At Small's Paradise (1 et 2 en 1958), Back At The Chicken Shack (1963), The Cat (1964) ou Bashin' : The Impredictable Jimmy Smith (1962).

Tout au long des 60's et 70's, Jimmy Smith passe l'essentiel de son temps sur les routes mais façonne un programme discographique qui le maintient en haut de l'affiche, enregistrant notamment avec le guitariste de jazz Wes Montgomery.

La 8ème merveille du monde.

Fatigué de l'exigence de la vie d'artiste, il ouvre avec son épouse un club (le Jazz Supper Club Jimmy Smith) dans la vallée de San Bernardo (Californie) ; il en fait le théâtre de ses apparitions publiques avant de cesser définitivement cette activité.

Tout en continuant à alimenter son catalogue personnel durant les 80's pour des maisons de disques mineures, il joue sur les sessions de Bad (Michaei Jackson/1987) puis rebondit chez Milestone, la décennie suivante.

Pour le label de jazz new-yorkais, Jimmy Smith rappelle à qui en doute qu'il est toujours une sommité de son instrument en enchaînant quelques LP plutôt réussis.

De retour chez Verve (LP Damn - 1995 et Dot Com Blues – 2000), le musicien se rapproche d'artistes comme Etta James, B.B. King, Keb' Mo et Dr. John et collabore également à deux splendides projets avec son protégé Joey DeFrancesco, Incredible (2000) et Legacy (2005), le second paraissant après la mort de Smith.

Après avoir déménagé à Scottsdale (Arizona) où il a la douleur de perdre son épouse Lola (2004), et avant la tournée de promotion de Legacy, Jimmy Smith s'éteint à son tour, visiblement de mort naturelle, le 8 févier 2005 à son domicile de Scottsdale. Il était la huitième merveille du monde, dit-on... (RAZOR©2022)

MES CHOIX DISCOGRAPHIQUES

LP Studio 1963

 

Jimmy smith back at the chickenshack

 

JIMMY SMITH

BACK AT THE CHICKEN SHACK – 1963  5/5

 

Publié en février 1963.

Produit par Alfred Lion.

Durée:37:50.

Label:Blue Note.

Genre:jazz,soul jazz.

 

Un sommet de jazz et de soul.

 

Le casting laisse songeur, et quand, pour l’album Back At The Chicken Shack (1963), Jimmy Smith s’entoure de Stanley Turrentine, de Kenny Burrell et de Donald Bailey, il ne se mouche pas du coude, le bougre.

Réunir respectivement un phénoménal saxophoniste de jazz, un sobre mais efficace guitariste (toujours de jazz) et un batteur accompagnateur aussi discret qu’efficace et inspiré, n’est pas à la portée du premier venu. Lui-même se pose comme un des plus éminents praticiens de l’orgue des années 50/60. Ceci explique donc cet entre-soi de haute voltige.

Jimmy Smith, James Oscar Smith pour l’état civil, est un pionnier de l’Hammond B3 et surtout un novateur, en ce sens qu’il détourne ce spécimen d’orgue à l’usage essentiellement réservé aux églises, au profit du jazz. Le rock l’adaptera à ses besoins ensuite.

Il en devient le représentant le plus populaire et le plus influent au moment où la soul-jazz tient le haut du pavé, fin 50’s/début 60’s.

Back At The Chicken Shack se fait pour Blue Note Records, le label (longtemps autonome) de jazz mis sur pied par Alfred Lion et qui réunit quasiment tout ce que le genre compte de jazzmen de l’après-guerre, d’où la grande richesse du catalogue maison. En une quarantaine de minutes et 4 titres (Back At The Chicken Shack, When I Grow Too Old To Dream, le blues Minor Chant et l’éblouissant Messy Bessie), dans un langage encore jamais entendu mais qui va influencer beaucoup de futurs caïds de l’instrument, Isaac Hayes notamment, Jimmy Smith atteint des sommets de jazz, de funk et de blues, flirtant avec le top ten des meilleurs disques de l’année 1963.

Back At The Chicken Shack est peut-être son plus représentatif (avec Midnight Special et Home Cookin’) dans le lot impressionnant qu’il a signé pour Blue Note (plus d’une trentaine de LP). On appelle ça un classique. On n'y échappera pas pour le coup ; ça appartient à l'Histoire.

La chaleur du jeu de sax de Turrentine se prête bien aux lignes virtuoses, généreuses et cool déclinées par l’Hammond de Smith ; l’ensemble bénéficie aussi de la qualité des prestations de guitare du génial Burrell et de rythmique du batteur Donald Bailey.

La synergie au sein de ce quatuor est totale. Smith le créatif, Smith l’audacieux, Smith l’enthousiaste, qui utilise son clavier inférieur pour traiter les segments de basse, est superbement encadré à l’heure de pousser la porte du Van Gelder Recording Studio d’Englewood Cliffs, la Cathédrale du Jazz, le 25 avril 60, époque de son enregistrement.

Je ne vous recommanderai jamais assez d’insister surtout sur When I Get Too Old To Dream dont l’association Smith/Turrentine est un des grands moments de musique. Les amateurs de jazz apprécieront ce petit bijou instrumental (RAZOR©2022).

 

1. Back At The Chicken Shack.

2. When I Grow Too Old To Dream.

3. Minor Chant.

4. Messy Bessie.

 

Jimmy Smith:orgue.

Stanley Turrentine:saxophone ténor.

Kenny Burrell:guitare sur 1 et 4.

Donald Bailey:batterie.

 

LP Duo - 1966

 

Jimmy smith wes montgomery the duo

 

JIMMY & WEST

THE DYNAMIC DUO – 1966  4,5/5

 

Publié en 1966.

Produit par Creed Taylor.

Durée:41:46.

Label:Verve Records.

Genre:jazz.

 

Hammond et merveilles...

 

Voilà un LP, The Dynamic Duo, enregistré en 1966 qui met en scène deux des figures majeures de la musique des 60's, le guitariste de jazz Wes Montgomery et l'organiste Jimmy Smith.

Pour le meilleur, serais-je tenter de rajouter car le partenariat entre ces deux monstres sacrés débouche sur une prestation à laquelle il est difficile de reprocher quoi que ce soit.

Qui aurait pu en douter au regard du pedigree de ces deux artistes, de leur forme du moment et de leur légendaire inspiration, d'autant plus que le big band qui encadre la performance de deux solistes, le batteur Grady Tate notamment, est sur la même longueur d'ondes.

La collaboration fonctionne plutôt bien, articulée autour de 5 titres dont certains populaires, même si l’interaction entre Wes et Jimmy n'est pas toujours très fluide et bien huilée.

Elle n'altère en rien la qualité globale de la performance mais amène à quelques regrets du fait qu'un peu plus de complémentarité entre Wes et Jimmy aurait pu transformer ce rendez-vous en un anthologique sommet musical.

Ne faisons pas la fine bouche, car l’œuvre collaborative est répertoriée comme un des fleurons du catalogue de Jimmy Smith.

Très facile et agréable à écouter (Riverside, Night Train et Death March), elle séduira au-delà des seuls fans de jazz. Album brillant (RAZOR©2022).

 

1. Down By The Riverside.

2. Night Train.

3. James And Wes.

4. 13 (Death March).

5. Baby It's Cold Outside.

 

Jimmy Smith:orgue Hammond.

Wes Montgomery:guitare.

Grady Tate:batterie.

Ray Barretto:conga (3 et 6).

Bob Ashton,Danny Bank,Jerry Dodgion,Jerome Richardson,Phil Woods:anche.

Clary Terry:trompette,cor.

Ernie Royal,Jimmy Maxwell,Joe Newman:trompette.

Jimmy Claveland,Melba Liston,Quentin Jackson:trombone.

Tony Studd:trombone basse (1 et 2).

Dick Hixson:trombone basse (4).

Richard Davis:basse.

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