Dickey Betts.

BIOGRAPHIE.

 

DICKEY BETTS/West Palm Beach (Floride)

 

Dickey betts 2

 

Né Forrest Richard Betts, 12 décembre 1943.

Actif depuis les 60’s.

Genre musical:southern rock,country-rock,blues,country,jazz fusion,blues-rock.

Site officiel:www.dickeybetts.com

 

La superstar du rock sudiste.

Quand, en 1972, Claude Villers, déjà contributeur au lancement du Pop Club de José Artur (1965), crée, sur France Inter, son émission Pas de Panique, il choisit, en guise de générique, un instrumental crédité à l’Allman Brothers Band, le groupe en vogue outre-Atlantique. Jessica, le mémorable titre en question, est inspiré à son auteur Dickey Betts, alors guitariste du groupe vedette du southern rock, par la naissance de sa fille en mai 1972.

Dickey Betts est né Forrest Richard Betts et grandit à Bradenton au milieu d’une famille de musiciens branchée country & western et bluegrass. Très tôt, il apprend le ukulélé, puis au fil de sa croissance passe à la mandoline et au banjo. Pour impressionner les filles, il considère qu’il n’y a pas mieux que la guitare électrique. Dont acte. Il se met à la guitare.

The Joker’s, The Second Coming avant l’Allman Brothers Band.

Ado désobéissant et turbulent, il a 16 ans quand il quitte la maison pour rejoindre un groupe de rock oscillant entre cirque et Vaudeville. Il y connaît ses premières tournées, avant de s’engager avec les Joker’s dont le leader, bluffé par le jeu de guitare de Betts, tient absolument à l’engager. Comme ce dernier est sous le coup d’une interdiction de quitter la région pour avoir volé une vache et organisé un barbecue avec son butin à 4 pattes, l’affaire se complique. Placé sous tutelle, il intègre finalement les Joker’s et prend le chemin de l’Indiana pour quelque temps.

A son retour, Betts fait équipe avec le guitariste floridien Larry Reinhardt, dit Rhino, futur Iron Butterfly et Captain Beyond, le bassiste Berry Oakley et le claviériste Reese Wymans. Le groupe s’appelle The Second Coming (1967) et se produit dans la région de Jacksonville.   

Son destin croise alors la route de Duane Allman, guitariste de sessions réputé sur la place pour avoir fait partie de la légendaire Muscle Shoals. Celui-ci tape le bœuf avec le Second Coming. L’osmose est telle que Betts, Allman et Oakley donnent le jour à l’Allman Brothers Band en mars 1969.

Le son et l’inspiration d’ABB.

C’est au sein de ce groupe fabuleux, dont le manager Phil Walden veut faire le pilier de sa maison de production discographique, Capricorn Records, qu’il forge l’essentiel de la popularité qui va le porter à devenir aujourd’hui le 58ème guitariste de tous les temps (source Rolling Stone Magazine). Richard Betts, influencé par la country, s’y révèle un compositeur clé et doué, un chanteur d’harmonies efficace, mais surtout un complément explosif incontournable au jeu de guitare fluide et tout en sensibilité blues de Duane Allman.

Au registre de l’écriture, Dickey Betts signe quelques titres devenus depuis des valeurs sûres du catalogue du southern rock et de son plus acteur le plus représentatif. Il en va ainsi de In Memory of Elizabeth Reed, de Jessica, de Blue Sky ou encore de Ramblin’ Man, plus grand succès commercial du groupe maison Capricorn (N° 2 du Billboard 100).

Dickey betts 3

Dickey betts allman

Dickey betts gregg allmanLa période Allman Brothers Band.

En qualité de membre de l’Allman Brothers Band, Dickey Betts est de tous les albums des géorgiens : l’honnête éponyme Allman Brothers Band de 1969 (35.000 exemplaires vendus seulement à sa sortie), le réussi Idlewild South (septembre 70) où son influence commence à se faire sentir, Betts contribuant par deux morceaux devenus des indéboulonnables des concerts d’ABB, l’instrumental Revival et le grandiose In Memory Of Elizabeth Reed, parfois étiré au-delà de la demi-heure en live. Une version culminant à plus de 13 minutes apparaît sur le chef d’œuvre du catalogue de la formation de rock sudiste, l’anthologique Live At Fillmore East de 1971, album par lequel les protégés de Walden touchent le graal. 

Malheureusement, Duane Allman se tue dans un accident de moto pendant les sessions d’enregistrement de Eat A Peach (février 1972), album que Betts alimente de deux titres, Les Brers In A Minor et Blue Sky, écrit pour sa petite amie Sandy Bluesky Wabegijig. Eat A Peach (4ème du Billboard 200) propulse ses acteurs au rang de combo le plus inventif de la scène rock sudiste du moment et le floridien y prend sa part.

L’après Duane.

Après cette tragique disparition, Dickey Betts se retrouve unique guitariste. A charge pour lui, chanteur, compositeur, guitariste et cofondateur d’ABB de prendre à son compte le leadership et d’assurer la suite musicale. Mais il ne peut pas tout assurer seul et, lui adjoindre un nouveau guitariste alors que Duane Allman a tant fait pour ce groupe, les membres ne l’envisagent même pas.

La solution retenue consiste à intégrer Chuck Leavell, pianiste de Tuscaloosa. Il est à l’appel de Brothers and Sisters (août 1973), cinquième LP d’ABB, frappé une seconde fois et un an après par la mort, celle de Berry Oakley disparu accidentellement dans les mêmes circonstances que Duane Allman. Le bassiste est présent sur deux titres du 5ème LP.

Des trois fondateurs originaux d’Allman Brothers Band, Dickey Betts est désormais le seul rescapé, mais le groupe, touché et en panne d’inspiration, n’a pas vraiment le cœur à continuer. Avec 4 chansons (Ramblin’ Man, Southband, Jessica et Pony Boy) sur 7, le guitariste permet la transition et sauve la face. Il s’affirme comme le patron et permet à l’Allman Brothers Band de Brothers and Sisters, largement relayé sur les ondes FM, de faire des musiciens sudistes de véritables rock stars. Qu’il ait pu reprendre le rôle dévolu à Duane n’est pas une surprise en soi, qu’il en ait fait un succès sans lui tient cependant du miracle.

Dickey betts 1

« Je n’ai jamais eu de problème avec Gregg. Je pense qu’il y a beaucoup de ragots. Vous savez, Gregg et moi avons dû recréer le son du groupe après la double disparition de Duane et de Berry. C’est Gregg et moi qui avons assuré l’écriture. Je n’ai rien contre les autres, nous n’avons fait que notre devoir. J’ai simplement essayé de valoriser son chant avec mon jeu de guitare. Gregg et moi étions très proches dans l’Allman Brothers Band. J’avais mes défauts, il avait les siens. Je serais ravi de rejouer avec lui. » (Dickey Betts)       

Mis en minorité.

Greg Allman, timide et effacé jusque-là, engagé dans une carrière solo (Laid Back/1973), dispute alors à Betts, également auteur d’un LP personnel (Highway Call/1974), la gestion du groupe. Des tensions s’invitent, aggravées par les prises de drogues et exacerbées par des egos de plus en plus démesurés et des divergences artistiques.

Jusqu’ici soudé, l’Allman Brothers Band se fissure. Betts veut prendre une orientation plus country quand Leavell souhaite des influences jazz. Greg Allman tente en vain de jouer les médiateurs. Le nez dans la cocaïne et la tête dans le décolleté de Cher, la star pop, il se décrédibilise surtout, d’autant que Betts travaille ses contributions à Win Lose Or Draw (Just Another Love Song, Louisiana Lou and Three Card Monty John et High Falls), à l’écart, pour ne pas dire loin du groupe.

L’album, sorti en 1975, s’il s’en sort honorablement dans les charts sur la seule notoriété d’ABB, scelle toutefois la fin d’une époque, officialisée par une rupture en 1976 et une dislocation à la suite de laquelle naissent trois axes : Sea Level pour Chuck Leavell, le Gregg Allman Band pour le cadet des Allman et The Great Southern pour Dickey.

Dickey betts great southern

Dickey betts duane betts great southern

The Great Southern depuis 1974 et avec son fils Duane.

Enlightened Rogues (1979) ressoude un temps l’Allman Brothers Band malgré les défections de Chuck Leavell et de Lamar Williams, bassiste occupant le poste après Berry Oakley. Avec 5 titres sur 8, Dickey Betts, initiateur de la reformation du groupe, en est le principal pourvoyeur. Malgré son Crazy Love, positionné dans le top 40, l’Allman Brothers Band ne connaît pas un franc succès, entraînant dans le mouvement la faillite de Capricorn Records (1979).

Un beau catalogue personnel et une carrière bien remplie.

Arista reprend à son compte une formation qui n’a plus d’Allman Brothers Band que le nom. Si Betts en est toujours le songwriter, sa plume ne touche plus et les deux albums qui jalonnent le début des 80’s (Reach For The Sky et Brothers Of the Road) sont vraiment insignifiants. L’Allman Brothers Band se sépare à nouveau. Dickey retourne à une carrière solo amorcée en 1974.

L’excellent Highway Call, qui ouvre son catalogue personnel, est un produit Capricorn Records. Dickey donne sa pleine mesure dans l’orientation country qu’il souhaite alors pour le collectif dont il a la charge morale et son premier album solo est, en quelque sorte, la bouffée d’oxygène dont il a besoin pour donner un deuxième élan à un Allman Brothers Band à la croisée des chemins. Highway Call prend une magnifique 19ème place dans le Billboard 74.

Son deuxième opus individuel est réalisé dans le créneau temporel venant après le premier arrêt d’Allman Brothers Band. En 1977, il publie Dickey Betts & The Great Southern.

Le Great Southern se retrouve derrière le délicieux Atlanta’s Burning Down (1978), 3ème volet studio de Betts. Depuis 2013, après des hauts et des bas avec un Allman Brothers Band réactivé selon les besoins et les humeurs, Betts revient avec le Great Southern. A ses côtés, à la guitare, son fils Duane Betts. Duane, ça ne vous rappelle rien ? (RAZOR©)

DISCOGRAPHIE ALLMAN BROTHERS BAND 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1969

 

Abb 70

 

THE ALLMAN BROTHERS BAND

THE ALLMAN BROTHERS BAND – 1969  5/5

 

Publié le 30 novembre 1969.

Produit par Phil Walden.

Durée:33:18.

Label:Capricorn Records (Atco).

LP couplé en 1973 avec Idlewild South sous Beginnings.

 

Accueil mitigé…et pourtant !

 

Groupe américain originaire de Macon en Géorgie, la formation des frères Duane et Gregg Allman compte parmi les sommités du rock sudiste. De bar en bar, les Allman, Betts, Oakley, Trucks et Jay Jay Johanson vont rendre populaires les mélodies et le son de ce genre musical. Le Sud des Etats-Unis est le territoire où ils vont sévir.

Avec leurs cheveux longs, leurs baccantes tombantes et leurs tenues cuir et clous, ces hippies sudistes séduisent le milieu des bikers et des Hell’s Angels. Leur popularité se faisant croissante, un premier album paraît. Eponyme dans un ton essentiellement blues-rock, apprécié par la presse, mais ignoré par le public.

Dreams, et Whipping Post (titre figurant dans la liste des morceaux ayant marqué le rock) posent les jalons de ce que va être ce groupe mythique et deviennent incontournables dans les concerts du groupe.

L’album, sorti en 1969, recèle une excellente musique. Il est réédité en 1972 (Beginnings) sous forme de double (album éponyme + Idlewild South).

Ce LP s’ouvre par un instrumental, Don’t Want You No More de Spencer Davis, une sorte de locomotive qui tracte dans son sillage, avec force, talent et complémentarité (quel line-up que celui-ci !) 6 autres wagons-titres solides, accrocheurs, et ce, jusqu’à l’arrivée en gare et dont le  sublime Whipping Post est le point d’orgue. Aucune faille, entretemps. Le train Allman Brothers est sur les rails de la gloire. C’est une révélation.

S’il est un reproche que l’on peut faire valoir à propos de cet album, c’est sa longueur. Il est beaucoup trop court pour la beauté de son blues rock et le plaisir, l’émotion qu’il suscite ! Duane Allman, le génial guitariste et légende du rock, est omniprésent. Berry Oakley affiche des grosses qualités à la basse. Les deux potes mourront jeunes et dans les mêmes circonstances, au même endroit, à un an d’intervalle. Il est des légendes qui ne s’inventent pas. Pour moi, cet album est un inévitable classique du rock à posséder. Pourquoi un tel monument du rock est-il passé entre les gouttes du succès ? Difficile à expliquer, si ce n’est le peu d’engouement et de popularité qu’avait, au moment de sa sortie, le blues rock (RAZOR©).

 

1. Don’t Want You No More.

2. It’s Not My Cross To Bear.

3. Black Hearted Woman.

4. Trouble No More.

5. Every Hungry Woman.

6. Dreams.

7. Whipping Post.

 

Duane Allman:slide guitare,lead guitare.

Gregg Allman:chant,orgue.

Dickey Betts:lead guitare.

Berry Oakley:basse,choeurs.

Butch Trucks:batterie.

Jai Johanny "Jaimoe" Johanson:percussions,congas.

 

LP Studio 2 - 1970

 

Idlewild south cover

 

THE ALLMAN BROTHERS BAND

IDLEWILD SOUTH – 1970  4/5

 

Publié en septembre 1970.

Produit par Tom Dowd.

Durée:30:19.

Label:Capricorn (Atco).

LP couplé en 1973 avec The Allman Brothers Band (1969) sous Beginnings.

 

Merveilleusement construit.

 

Le deuxième album de l’Allman Brothers Band, datant de 1970, a suscité des commentaires élogieux de la critique et c’est tout à fait justifié et mérité. Ce disque est merveilleusement construit avec des titres concis, l’idéal pour un passage sur les antennes. C’est un délicieux mélange de rock, de blues, de jazz et de soul.

L’Allman Brothers Band est attendu au tournant après son premier album éponyme très réussi. Pour la petite histoire (et je sais que vous en êtes friands), le nom donné à l’album, Idlewild South, est celui d’un ranch dans lequel le groupe avait pris l’habitude de se réunir.

L’album met au grand jour trois morceaux extraordinaires : Revival, signé Dickey Betts, un incontournable du groupe et qui était une base de leurs concerts (Jai Jai et Butch aux percussions et batterie, c’est quelque chose !), Midnight River (Gregg Allman), une bien belle ballade soul ponctuée par un solo de Dickey et qui illustre à merveille le rock sudiste ainsi que l’instrumental curieux et jazzy qu’est In Memory Of Elizabeth Reed de Betts (il paraît que l’inspiration aurait été puisée sur une tombe d’un cimetière de Macon, leur ville).

On appréciera tout autant le hot rock Don’t Keep Me Wondering, un country-blues portant toujours la signature de l’aîné des Allman, le retour aux racines blues réalisé avec la reprise du classique Hoochie Coochie Man de Willie Dixon. Le blues, leur terroir, reprend ses droits dans le dernier morceau de l’album, Leave My Blues At Home. Seules petites ombres au tableau, ce dernier titre cité, et celui qui le précède sur le LP, Please Call Home qui, bien que n’ayant aucune remarque à faire quant à leur interprétation, sont malgré tout en peu en retrait par rapport au niveau global de Idlewild South.

Cependant, pour un groupe encore jeune dans le métier, je trouve cet album très mature et j’invite quiconque n’est pas familiarisé avec ces artistes, de se pencher sur ce disque, qui est le reflet de la période dorée d’Allman Brothers Band, avant que la tragédie ne vienne les faucher en pleine gloire. Mais avant, il y aura le live au Fillmore East et Eat A Peach. Et ça, mes biquets… (RAZOR©)

 

1. Revival.

2. Don't Keep Me Wonderin'.

3. Midnight Rider.

4. In Memory of Elizabeth Reed.

5. Hoochie Coochie Man.

6. Please Call Home.

7. Leave My Blues At Home.

 

Gregg Allman:chant,piano,orgue.

Duane Allman:lead,slide,acoustique guitare.

Dickey Betts:lead guitare.

Berry Oakley:basse,chant sur 5.

Butch Trucks:batterie.

Jai Johnny "Jaimoe" Johanson:batterie,congas.

Thom "Ace" Doucette:harmonica,tambourin.

 

LP Live 1 - 1971

 

Allman bros live fillmore

 

THE ALLMAN BROTHERS BAND

LIVE AT FILLMORE EAST- 1971 5/5

 

Enregistré les 12 et 13 mars 1971 au Fillmore East (New York).

Publié en juillet 1971.

Produit par Tom Dowd.

Durée:76:26 (double LP).

Label:Capricorn (Atco).

 

La der de Duane.

 

Culte, mythique, phénomenal, fabuleux, anthologique, légendaire, intemporel…n’en jetez plus la cour est pleine ! Normal, c’est certifié or et platine. Live At Fillmore East est une référence incontournable du rock. Donc à posséder coûte que coûte !

Débarqué sur le marché en juillet 1971, le live At Fillmore East (écouter l'intégralité ici) consiste en un double album en public. Mélange de blues, de rock ou plutôt de southern Rock, de country, de jazz aussi, il a été classé numéro 49 par Rolling Stone Mag. Donc, c’est une référence.

Les 12 et 13 mars 1971, dates de cet enregistrement, il a dû se passer quelque chose de grandiose entre la bande à Allman et le public, un courant exceptionnel de vibes car ce disque est une bombe dégoupillée en direct, un must de prestation live.

Gregg Allman, le chanteur-organiste a une belle voix de bluesman, pleine de force, les phrasés de guitares de Duane Allman et de Dickey Betts, la basse de Oakley atteignent des sommets qu’on pensait inaccessibles (seuls les grands… mais les jeunes sont désormais grands). Deux batteries… qui dit mieux ? Tout y est et ça donne une rythmique fracassante ; ça file la pêche et ça dégage une chaleur et une joie spontanées comme seuls les grands albums live savent en générer. Et ce disque compte parmi le gratin de ce qui se fait dans le genre.

Ce disque est une fête qui s’ouvre sur Statesboro Blues lequel plante le décor de ce qui nous attend. On ne redescend qu’à Whipping Post. Prêtez toutefois une oreille attentive à ce titre In Memory of Elisabeth Reed, inventif, à la mélodie harmonisée, l’ambiance latino. On croirait ces groupes de blacks et de blancs de l’époque qui tapaient le bœuf et fusionnaient leurs univers musicaux sur fond d’impro.

Profitez-en bien car c’est le dernier des albums de Duane Allman qui, trois mois plus tard, décèdera dans un accident de moto. Il s’est vraiment passé quelque chose en ces 12 et 13 mars 1971, croyez-moi ! (RAZOR©)

 

1. Statesboro Blues.

2. Done Somebody Wrong.

3. Stormy Monday.

4. You Don’t Love Me.

5. Hot’ Lanta.

6. In Memory Of Elizabeth Reed.

7. Whipping Post.

 

Gregg Allman:chant,piano,orgue.

Duane Allman:lead,slide,acoustique guitare.

Dickey Betts:guitare,chant.

Berry Oakley:basse.

Butch Trucks:batterie,timbales.

Jai Johnny "Jaimoe" Johanson:percussions,batterie,congas,timbales.

Thom "Ace" Doucette:harmonica,tambourin.

Randolph Juicy Carter:saxophone.

 

LP Studio 3 - 1972

 

Eat abb

 

THE ALLMAN BROTHERS BAND

EAT A PEACH – 1972  5/5

 

Publié le 12 février 1972.

Double LP hybride (studio et live).

Produit par Tom Dowd.

Durée:69:24.

Label:Capricorn Records.

Fait marquant du disque:mort du Duane Allman pendant l’enregistrement ; c’est la dernière réunion de ce line-up exceptionnel.

 

Le meilleur line-up d’ABB.

 

"A chaque fois que je rentre en Géorgie, je mange une pêche pour la paix". Ce sont ces propos, tenus par Duane Allman, le génial guitariste du groupe, lors d’une interview accordée à Rolling Stones Mag juste avant sa disparition, qui ont motivé le titre du quatrième album d’Allman Brothers, double LP hybride de 1972 (studio et live) en l’occurrence.

Pendant l’enregistrement de ce disque, Duane Allman se tue en moto. C’est le meilleur moyen que trouvent les membres restants, terriblement affectés par cette affreuse tragédie, pour lui rendre un ultime hommage.

Venant juste après le fabuleux live At Fillmore East (1971), les terribles circonstances confortées par les fantastiques retombées médiatiques de ce  concert mythique font que les ventes vont exploser.

Trois titres sont sortis du live anthologique précédent pour alimenter et pour boucler un Eat A Peach quasi achevé au moment du drame : Trouble No More, One Way Out et Mountain Jam, une jam de plus de 33 minutes reprise d’un titre de Donovan (First There Is A Mountain).

Pour le reste, c’est du studio dans un mélange d’acoustique et de rock sudiste. Ain’t Wastin’ Time No More (de Gregg Allman) ouvre l’album. Ce titre, rythmé par la basse et le piano, est un hommage au frère disparu. Les Brers In A Minor est un peu zarbi, hésitant à se fixer comme un pur instrumental ou un titre résolument psychédélique. C’est un peu bordélique au départ, mais quand les divers instruments s’invitent au festin, c’est plutôt bien gaulé.

Melissa ? Que voilà un beau bébé ! C’est dépouillé, avec un jeu de guitare tout en douceur. Un délice prompt à se relaxer avant de plonger à corps perdu dans le méga bœuf de folie qu’est Mountain Jam (un des plus grands et longs du rock), sur lequel le terme de génie de la guitare pour Duane Allman, prend tout son sens.

Suivent un fabuleux titre bluesy, One Way Out, Trouble No More aux influences jazz, un bon Stand Back (autour du piano et de la guitare), le magnifique titre Blue Sky avec Betts au chant et l’acoustique Little Martha, merveilleuse manière de finir de manger la pêche.

Je profite de cette occasion pour rétablir certaines vérités. Duane Allman a bel et bien participé à l’enregistrement de Eat A Peach. Il assure certaines parties de guitare avec Dicky Betts. Les seules sur lesquelles il ne figure pas, sont Ain’t Wastin’ Time No More, Les Brers In A Minor et Melissa morceaux enregistrés après la mort du génial guitariste.

Un dernier mot sur ce line-up extraordinaire : portez une attention particulière aux musiciens ; après Eat A Peach, le cœur y est moins d’autant que Berry Oakley, le bassiste et grand pote de Duane Allman, va également perdre la vie à moto à quelques centaines de mètres des lieux où l’aîné des Allman s’est tué.

Ces mecs-là sont vraiment les cadors de tous les line-ups de l’Allman Brothers ! Leur musique, c'est du très grand southern rock, malheureusement pour la dernière fois en ce qui concerne cette mouture d’exception  (RAZOR©).

 

1. Ain't Wastin' Time No More.

2. Les Brers In A Minor.

3. Melissa.

4. Mountain Jam.

5. One Way Out.

6. Trouble No More.

7. Stand Back.

8. Blue Sky.

9. Little Martha.

 

Gregg Allman:orgue,chant,piano,piano électrique.

Duane Allman:slide guitare,lead guitare.

Dickey Betts:slide guitare,lead guitare,chant.

Jai Johanny Johanson:batterie,congas.

Berry Oakley:basse

Butch Trucks:batterie,percussions,timbales,gong,vibraphone.

 

LP Studio 4 - 1973

 

Brothers abb

 

THE ALLMAN BROTHERS BAND

BROTHERS AND SISTERS - 1973  5/5

 

Publié en septembre 1973.

Produit par Johnny Sandlin et ABB.

Durée:38:21.

Label:Capricorn Records.

Fait marquant:mort de Berry Oakley pendant l’enregistrement.

 

Betts et méchant…

 

On a généralement tendance à mettre en avance le Live At Fillmore East et Eat A Peach, dès lors que l’on évoque la discographie d’Allman Brothers Band. Et on oublie qu’il y a eu un géantissime Brothers And Sisters (en écoute intégrale ici), sorti en 1973 et premier album paru sans Duane Allman, et partiellement, sans Berry Oakley, mort dans les mêmes circonstances (accident de moto) que son pote, pendant les sessions d’enregistrement. Lamar Williams le supplée pour la fin de ces sessions.

La mort du cadet de la famille Allman donne l’occasion de sortir du chapeau un Richard Betts, considéré au sein des siens, comme meilleur guitariste que le défunt Duane. On flairait bien un talent, mais jusqu’alors il était étouffé dans l’œuf pour les besoins de la cause.

Dans Brothers And Sisters, Dickey Betts donne la pleine mesure de cet énorme potentiel, tant à l’écriture, car il est l’auteur de la plupart des titres, qu’au chant où il est efficace et agréable, qu’à la guitare où il excelle. C’est son album et c’est lui qui en fait la force et la grande teneur. Son savoir-faire mélodique éclate au grand jour dans cet extraordinaire morceau au refrain accrocheur qu’est Ramblin’ Man.

Si Betts prend une envergure plus ample dans l’Allman Brothers Band, le petit nouveau Chuck Leavell aux claviers trouve bien vite ses marques et une complémentarité intéressante qui se ressent sur l’album. Ce Brothers And Sisters, qui flaire bon la communauté hippie (un poster de la famille Allman élargie aux oncles, cousins, cousines, tantes, descendants, chats, chiens… était proposé dans le package du LP), est d’une grande fluidité, dynamique, chaleureux dans ses sonorités, moderne (il n’a pas vieilli), bien maîtrisé sur le plan de la technique (merci Mr Sandlin).

Aucun titre n’est à écarter. Le seul (et encore !) qui puisse paraître un peu vieillot, c’est la reprise de Trade Martin, Jelly Jelly. Mais un petit retour en arrière, pour ne pas oublier d’où l’on vient, n’est pas vain.

Que ce soient les deux morceaux proposés par Gregg Allman, Wasted Words et Come And Go Blues, l’instrumental fantastique Jessica, qui fut l'indicatif d'une émission nocturne de Claude Villers sur France Inter, le blues acoustique enjoué Pony Boy ou le plus classique et vitaminé Southbound, tous contribuent à faire de Brothers And Sisters un excellentissime disque de blues rock sudiste bien percutant et très efficace. On voudrait que ça ne s’arrête jamais, mais ça c’est une autre histoire ! (RAZOR©).

 

1. Wasted Words.

2. Ramblin' Man.

3. Come and Go Blues.

4. Jelly Jelly.

5. Southbound.

6. Jessica.

7. Pony Boy.

 

Gregg Allman:chant,orgue,guitare rhythmique,choeurs.

Richard Betts:chant,lead et slide guitare,dobro.

Berry Oakley:basse sur 1 et 2.

Lamar Williams:basse sur 3/4/5/6/7.

Chuck Leavell:piano,piano électrique,choeurs.

Jaimoe:batterie,congas.

Butch Trucks:batterie,percussions,tympani,congas.

Les Dudek:lead guitare sur 2,guitare acoustique sur 6.

Tommy Talton:guitare acoustique sur 7.

 

LP Studio 5 - 1975

 

Winabb

 

THE ALLMAN BROTHERS BAND

WIN, LOSE OR DRAW – 1975  2/5

 

Publié en août 1975.

Produit par Johnny Sandlin.

Durée:38:38.

Label:Capricorn Records et ABB.

 

Sauvé par sa seule notoriété.

 

Alors là, je veux qu’on m’explique! Que l’on m’explique pourquoi on a quitté un groupe extraordinaire, sur un album qui l’est tout autant (Brothers And Sisters-1973) et ce, en dépit d’être orphelin de deux de ses membres fondateurs, et que l’on retrouve, deux ans après, un album d’une tristesse et d’une déception incroyables.

Si incroyables, que je n’hésite pas à voir au travers de ce disque et en ce line-up tombé dans la dope une fin de parcours imminente. Je pensais ABB être dirigé désormais de main de maître par un Betts taille XXXL, par un Betts véritable âme et créateur du nouvel Allman Bro. Point de tout cela ici. Totale désillusion. On retombe de haut. Y a le bordel dans le groupe ou quoi ? La came les enfants. La came, le fric et le statut de rock stars marquent la fin d’une grande époque, d’un groupe hors norme. Bref,ça fout la merde entre les membres. Des dissensions voient le jour sur la marche à suivre en matière artistique. Leavell veut du son plus jazz, Betts prône de regarder du côté de la country. Le ver est dans le fruit… Qui plus est question ego, je ne vous en cause pas. Chacun bosse de son côté sur des projets solo. Greg Allman, Dickey Betts se la jouent perso au lieu de la faire collective. C’est la cata, la cabane est tombé sur le chien, ça pue le sapin grave.

Dans les faits, qu’a-t-on à se mettre sous la dent ? Pas grand-chose d’exceptionnel, si ce n’est quelques petites gâteries comme l’instrumental jazzy High Falls, Nevertheless, la chanson titre et du Can’t Lose What You Never Had. A part ça, nada ! Rien ! Nothing ! Nichts ! Peau de balle, sinon que des titres pour meubler et sortir quelque chose qui puisse s’appeler un album. C’est des coups à se la prendre et la mettre sur l’oreille en attendant des jours meilleurs. On aurait pardonné cet ersatz de disque à un bleu-bite, mais pas à eux. Surtout après leurs derniers chefs d’œuvre. C’est digne de peu d’attention, parce qu’en manque d’inspiration flagrant et de grosses carences en énergie. Trop pour un seul disque. Le groupe allait se liquéfier l’année suivante. Je comprends mieux. Ok. Donc on passera sous silence ce disque de celui qui est devenu l’Allman Bordel Band (RAZOR©).

 

1. Can't Lose What You Never Had.

2. Just Another Love Song.

3. Nevertheless.

4. Win, Lose or Draw.

5. Louisiana Lou and Three Card Monty John.

6. High Falls.

7. Sweet Mama.

 

Gregg Allman:chant,orgue,clavinet,guitare acoustique.

Dickey Betts:lead guitare,slide guitare,guitare acoustique,chant.

Jaimoe:batterie,percussions.

Chuck Leavell:piano,piano électrique,synthétiseur Moog,clavinet,choeurs.

Butch Trucks:batterie,congas,tympani,percussions.

Lamar Williams:basse électrique.

Johnny Sandlin:guitare acoustique,batterie,percussions.

 

LP Studio 6 - 1979

 

Abb enlightened rogues

 

THE ALLMAN BROTHERS BAND

ENLIGHTENED ROGUES - 1979  3,5/5

 

Publié en février 1979.

Produit par Johnny Sandlin et ABB.

Durée:38:10.

Label:Capricorn Records/Polygram.

Fait saillant:Dan Toler et David Goldflies intègrent ABB.

 

Inespéré, presque miraculeux.

 

L’Allman Brothers Band, on va dire, dans sa mouture originale amputée de Duane Allman et Berry Oakley, a déposé le bilan en 1976. Mais le groupe et la communauté qui gravite autour refusent de mourir. On se dit alors que c’est une grosse plaisanterie que de tenter de s’accrocher aux branches, compte tenu de la désagréable impression laissée par l’album précédent et des bugs persistants en interne liés à la dope et aux egos ; j’ai nommé le crac cra Win Lose Or Draw de 75.

A l’appel d’Enlightened Rogues, qui y croît encore ? Mais quand on voit, que pointent présents, pour cet album de reformation, Gregg Allman, Dickey Betts, Jaimoe, Butch Trucks et Tom Dowd à la production (il a été le producteur des grands albums de début de carrière), on se frotte les mains à l’idée de renouer avec leur bon vieux rock sudiste de derrière les fagots.

Pour l’occasion, Dan Toler, guitariste, rejoint le groupe. Idem pour David Goldflies à la basse. Nous sommes en 1979 et l’Allman Brothers Band renaît de ses cendres en revenant à une formule gagnante avec deux guitaristes.

Dickey Betts s’est remis au travail d’écriture et l’album se révèle finalement plus que correct avec des morceaux qui passent bien, comme Blind Love, le blues nonchalant Need Your Love So Bad, Try It One More Time, une ballade sixties ou Can’t Take It With You avec un Gregg Allman en grande forme.

Les lauriers de ce disque vont surtout vers Pegasus, un joyau instrumental qui n’est pas sans rappeler le fameux In Memory Of Elizabeth Reed. J’ai aimé cette résurrection et je pense ne pas être le seul à ‘approuver (RAZOR©).

 

1. Crazy Love.

2. Can't Take It With You.

3. Pegasus.

4. Need Your Love So Bad.

5. Blind Love.

6. Try It One More Time.

7. Just Ain't Easy.

8. Sail Away.

 

Gregg Allman:claviers,chant.

Dickey Betts:guitare,chant.

Dan Toler:guitare.

David Goldflies:basse.

Jaimoe:percussions,batterie.

Butch Trucks:batterie,percussions.

Joe Lala:percussions sur 3/5/6.

Bonnie Bramlett:chœurs sur 1

Jim Essery:harmonica sur 2/4/5/7.

Mimi Hart:choeurs sur 8.

 

LP Live - 1970 publié en 1990

 

Allman brothers band live ludlow 1990

 

THE ALLMAN BROTHERS BAND

LIVE AT LUDLOW GARAGE 1970 – 1990  4/5

 

Publié en avril 1990.

Enregistré le 11 avril 1970 à Ludlow.

Produit par Bill Levenson.

Durée:90:50.

Label:Polydor.

Genre:southern rock,blues-rock,jam rock, live.  

 

Grande rencontre avec le public.

 

L’histoire du Ludlow Garage n’est pas banale. Cette salle de spectacle d’un quartier de Cincinnati (Ohio), affectée à la réparation automobile jusqu’à la fin des 60’s avant de devenir un endroit de musique réputé dans le rock, a servi de cadre, en 1970, au live du même nom de l’Allman Brothers Band : Live At Ludlow (en écoute intégrale ici). Tout ça pour une acoustique digne des meilleures salles des Etats-Unis et pour éviter que les jeunes du crû, alors en proie à des problèmes de taf, ne désertent la région. Le Ludlow était souvent cité comme le Fillmore East du Midwest.

Cette place culturelle de Cincinnati réputée, apte à recevoir 1200 spectateurs, était très prisée de la scène rock du moment puisque des groupes comme Grand Funk Railroad (qui a fait l’ouverture), Spirit, Santana, James Gang, Elvin Bishop, Sons Of Champlin, les Kinks, Boz Skaggs, Bo Diddley, Dr John, Neil Young, les Stooges, MC5, Fairport Convention, Humble Pie, Pure Prairie League, Stone Fox s’y sont également régulièrement produit. Mais c’est grâce aux frères Allman que le site est aujourd’hui immortalisé.

En effet, un an avant de sortir, en juillet 71, leur fumeuse référence Live At Fillmore (double LP), l’Allman Brothers Band enregistre à Ludlow et en direct (11 avril 1970), ce qui semble être une ultime répétition avant le Fillmore. Le disque n’était pas prévu pour une quelconque publication dans le commerce ; c’était plutôt un enregistrement destiné à alimenter les archives personnelles du groupe tant les défectuosités techniques (un ampli défaillant) prévalent sur ce que l’on peut considérer comme un petit trésor malgré tout, car il restitue une prestation brillante d’un groupe encore jeune et qui allait après l’événement Fillmore, dominer la plate-forme du rock. Rares sont les témoignages en public de la formation sudiste d’origine, trop tôt privée de son leader charismatique, le génial Duane Allman, donc autant profiter de ces enregistrements restaurés et  remasterisés depuis. Et oui, nous sommes des petits veinards…

Il aura fallu le début des années 90 pour que Live At Ludlow ait une vie dans les bacs grâce à Polydor Records (1990). 20 ans après quasiment jour pour jour. On n’osera pas une comparaison avec le mythique Fillmore, indéboulonnable pièce maîtresse de la formation géorgienne, mais on peut s’intéresser de très près à ce double bootleg qui prépare le légendaire concert new yorkais des 12 et 13 mars 71.

Le matériel collecté figurant sur Ludlow Garage occupe l’auditeur pendant presque 91 minutes. Il fait la part belle aux basiques de l’équipe de Macon comme Statesboro Blues, repris aussi sur le live à suivre, comme les incontournables Dreams, Every Hungry Woman et Trouble No More de l’excellent album éponyme de 69 ; la collection s’ouvre également à des blues prestigieux comme Dimples, un classique John Lee Hooker, (I’m Your) Hoochie Coochie Man de Willie Dixon, ainsi qu’à un I’m Gonna Move To The Outskirts Of Town allongé à plus de 9 minutes.

Dans le genre jam, le disque 2 détient la palme de l’étirement, Mountain Jam, bœuf mémorable sur un titre de Donovan (First There Is A Mountain) que l’on retrouve à 33 minutes sur le dramatique LP Eat A Peach (1972), dramatique car Duane Allman décède pendant son enregistrement, avoisine ici les 44 minutes. Du jamais vu, sauf du côté de Canned Heat dont le délire acide Refried Boogie culmine à 45 minutes…

La prestation de Ludlow est moins intense que la performance séminale captée dans les lieux cultes de Manhattan ; elle permet néanmoins de voir comment le groupe a évolué entre ces deux dates, c’est pourquoi on n’écartera pas ce disque tardif au motif de faire double emploi avec le Fillmore. Les deux se complètent même si l’histoire du rock n’en a retenu qu’un.

Ludlow, plus brut que son devancier, paye également le manque de maturité d’un groupe qui débutait alors et dont l’expérience technique, les moyens étaient encore assez limités. Leur budget du moment ayant été quasiment englouti dans leur premier LP, Live At Ludlow en subit certainement le revers.

Considérons donc cette œuvre comme un disque entrant dans le cadre de la formation de l’Allman Brothers Band : c’était déjà du costaud. Personne ne peut nier un talent sous-jacent dont on connaît désormais l’issue. Un grand moment de l’histoire de l’ABB a été ressuscité en 90, Ludlow est une première grande rencontre avec le public ; sautez dessus comme des crevards (RAZOR©).

 

Disque 1.

1. Dreams.

2. Statesboro Blues.

3. Trouble No More.

4. Dimples.

5. Every Hungry Woman.

6. I'm Gonna Move to the Outskirts of Town.

7. (I'm Your) Hoochie Coochie Man.

 

Disque 2.

1. Mountain Jam (Theme from First There Is a Mountain).

 

Gregg Allman:orgue,piano,claviers,chant.
Dickey Betts:guitare,voix.
Duane Allman:guitare.
Berry Oakley:basse.
Jaimoe:batterie,percussions.
Butch Trucks:batterie.

 

Bootleg officialisé - 2012

 

Abb ars

 

THE ALLMAN BROTHERS BAND

A & R STUDIOS NEW YORK : 26 AUGUST 1971 – 2012 5/5

 

Publié en 2012.

Durée:environ 70’.

Label:Letfield Media/Chrome Dreams.

Fait saillant:ultimes enregistrements de Duane Allman et Berry Oakley.

 

On met le mouchoir dessus.

 

Avant d’être légitimé par l’étiquette de la périphérie londonienne Chrome Dreams (2012), l’album A & R Studios : New York 26th August 1971 (en écoute intégrale ici) de l’Allman Brothers Band a eu une vie de hors-la-loi.

Bootleg issu d’un live de studio (A & R), destiné à une retransmission radiophonique pour WPLJ FM, la station de Manhattan, cette performance suit de quelques cinq mois le live anthologique à Fillmore East (mars 71) et précède de deux, la mort accidentelle (moto) de son leader charismatique Duane Allman (octobre 71).

Un an plus tard, le malheur  repasse les plats en enlevant à la vie Berry Oakley, bassiste, dans des circonstances identiques et quasiment au même endroit. Ce disque est une de leurs dernières apparitions ensemble et le line-up qui y prend part est le meilleur que le groupe ait proposé.  

Trésor national américain, le groupe de Macon, pionnier du rock sudiste, livre ici une exceptionnelle exhibition, pleine de fougue, de confiance et inspirée, rehaussée par la grande qualité sonore et le dynamisme de l’offre, chose rare pour un boot’. A moins que les intervenants sur ce disque officialisé n’aient eu accès aux bandes d’origine.

Quoi qu’il en soit, compte tenu de la proximité de cette prestation avec les événements tragiques qui ont affectés l’Allman Brothers Band, il s’avère que nous tenons là une pièce historique des ultimes heures de cette formation mythique. Rien pour cela, l’offre est alléchante, d’autant plus que les acteurs affichent une forme resplendissante.

Tous ses titres appartiennent à un répertoire familier du southern rock et de la bande des frères Allman. Parmi les standards, In Memory Of Elizabeth Reed, étiré au-delà des dix minutes et qui envoie au front le peloton des guitaristes, Duane Allman et Dickey Betts, la suite improvisée You Don’t Love Me, le classique Statesboro Blues, Don’t Keep Me Wonderin’, Done Somebody Wrong, Stormy Monday, Don’t Keep Me Wonderin’…

La grande majorité des morceaux interprétés se retrouve sur le Live At Fillmore East, certains d’entre (une minorité) eux ayant fait l’objet d’un passage dans les deux premiers LP de l’ABB (l’éponyme de 69 et Idlewild South de 70), commercialement ratés, avant que leur live de référence ne vienne remettre l’église au milieu du village. On aura ici une pensée toute particulière pour Duane et Berry et on met le mouchoir dessus of course (RAZOR).

 

1. Statesboro Blues.

2. Trouble No More.

3. Don't Keep Me Wonderin'.

4. Done Somebody Wrong.

5. One Way Out.

6. In Memory of Elizabeth Reed.

7. Stormy Monday.

8. You Don't Love Me.

9. Soul Serenade.

10. You Don't Love Me.

11. Soul Serenade (in memory of King Curtis).

12. Hot 'Lanta.



Gregg Allman:chant,orgue,piano.

Duane Allman:slide guitare,guitare.

Dickey Betts:guitare,guitare rythmique.

Berry Oakley:basse.

Butch Trucks:batterie.

Jai Johanny "Jaimoe" Johanson:tambours.

DISCOGRAPHIE SOLO 70'S.

LP Studio 1 - 1974

 

Dickey betts highway call

 

DICKEY BETTS

HIGHWAY CALL – 1974  4,5/5

 

Publié en septembre 1974.

Produit par Johnny Sandlin,Dickey Betts.

Durée:35:28.

Label:Capricorn.

Genre:southern rock,country-rock.

 

Yeah !

 

Dickey Betts est un des plus grands guitaristes que le rock sudiste ait engendrés et des disques comme Highway Call (1974), on signe des deux mains pour que le ciel daigne nous en balancer encore.

Alors qu’il porte toujours la tunique de l’Allman Brothers Band, formation qu’il a contribué à créer avec Duane Allman et Berry Oakley, le floridien opte pour un intermède solo, histoire de tâter le terrain et de tester sa potentialité à évoluer sans le légendaire collectif sur le dos, mais, plus vraisemblablement, pour souffler après les tensions nées de la double disparition des deux membres préalablement cités ; le contexte dramatique l’a amené à redoubler d’imagination pour éviter l’arrêt d’ABB et à tenir la maison.

Pour l’occasion, il préfère éviter de marcher sur les plates-bandes du groupe Capricorn et s’éloigne des longues envolées de Gibson qu’on lui connaît. Il se cantonne plutôt dans un registre formaté autour d’une country puisant ses racines dans le fin fond su sud. Ce qu’il a en tête pour l’avenir de l’Allman Brothers, soit-dit en passant.

Partant de là, Highway Call diffère radicalement de ce qu’il fait au quotidien avec ABB. L’album est très sympa, entraînant, enjoué ; il est cependant regrettable qu’il n’ait pas eu, de son temps, le retour sur investissement car son approche country-rock est délicieuse et crédible.

Le nom et le statut de Betts suffisent à réunir à ses côtés une palanquée de belles mains comme le violoniste Vassar Clements, Chuck Leavell, Tommy Talton, John Hughey et les Rambos (chœurs) notamment. Tout le long de ce disque, la virtuosité technique transpire, l’émulation est totale, il n’est qu’à apprécier à sa juste valeur la bourre que se tirent Dickey Betts et Vassar Clements et plus particulièrement dans Hand Picked, instrumental élargi à 15 minutes.

Dickey Betts se positionne, à ce moment précis de sa carrière, comme un des meilleurs songwriters du sud et sa démarche perso tient largement la route. L’auteur de Jessica et de In The Memory Of Elizabeth Reed, deux fleurons de l’Allman Brothers Band, s’amuse comme un môme, avec simplicité, sans chercher à feindre, et nous transmet cette irrésistible envie de danser, de sauter, taper du pied, de se défouler. Highway Call est une belle réussite (RAZOR©).

 

1. Long Time Gone.

2. Rain.

3. Highway Call.

4. Let Nature Sing.

5. Hand Picked.

6. Kissimmee Kid.

 

Dickey Betts:guitares,dobro,chant.

Vassar Clements:violon.

Chuck Leavell:piano.

Tommy Talton:guitare acoustique.

John Hughey:steel guitare.

Walter Poindexter:banjo,chœurs.

Leon Poindexter:guitare acoustique,chœurs.

Frank Poindexter:dobro,chœurs.

Stray Straton:basse,chœurs.

Johnny Sandlin:basse.

Oscar Underwood Adams:mandoline.

David Walshaw:batterie,percussion.

Reese Wynans:harmonica.

The Rambos (Buck,Dottie,Reba):chœurs.

DISCOGRAPHIE THE GREAT SOUTHERN 70'S.

LP Studio 1 - 1977

 

Dickey betts 1977 great southern

 

DICKEY BETTS & THE GREAT SOUTHERN

GREAT SOUTHERN – 1977  4/5

 

Publié en octobre 1977.

Produit par Dickey Betts.

Durée:34:31.

Label:Arista.

Genre:southern rock.

 

Betts of.

 

Membre fondateur du mythique Allman Brothers Band, auteur de 10 albums solo, intronisé au Hall Rock Of Fame (1995), classé parmi les meilleurs guitaristes de tous les temps, Richard Betts, dit Dickey Betts, possède l’un des styles de guitare les plus distinctifs et les plus influents de la musique.

En combinant des éléments de blues, de rock, de jazz, de country et de bluegrass, Dickey a imposé sa signature sonore au rock. Guitariste glorifié sur lequel la nouvelle génération porte le même regard bienveillant et respectueux que celui que ses précepteurs lui accordaient, il est une référence incontournable du southern rock.

En 2009, il avait promis, juré, craché que cette fois-ci, la scène pour lui, c’était râpé. Terminado, on range les gaules… Tu parles, il a trop le virus de la tournée pour tirer le rideau derrière lui. Il a remis le couvert le vieux (il vient de fêter ses 72 balais en décembre 2015). Il est tombé dedans, groin en premier, quand il était minot. Il a replongé malgré des ennuis de santé. Vous croyez qu’il soit homme à se plaindre…

Souvenez-vous de 1972 quand l’Allman Brothers Band est frappé de plein fouet par le double décès de Duane Allman et de Berry Oakley. Le groupe est dans la douleur la plus profonde, parle de renoncer, de ne pas pouvoir continuer… C’est lui qui remonte les gars comme des coucous suisses. Comme il fourmille d’idées et qu’il a la science de l’écriture, il va remettre le navire à flots et apporter une touche de country à la musique du groupe de Macon.

L’Allman Brothers, ainsi tenu à bout de bras, ne meurt pas. Mieux, il va régner sur le rock (Eat A Peach et Brothers And Sisters), malgré des tensions qui voient le jour. L’Allman Brothers Band arrêtera les frais en 76 et se reformera deux fois.

Il est toujours en activité, mais Dickey Betts en a été évincé en 2000 pour des raisons assez floues. Pas de reconnaissance du ventre donc ; les rancunes sont tenaces. Dickey n’a pas toujours été très correct non plus, selon l’autre son de cloche.

Lucide, sentant le vent du boulet quant au devenir de sa formation, Dickey Betts s’engage parallèlement dans un parcours solo et sort rapidement un excellent premier LP, Highway Call (74), dans lequel ses racines country sautent aux yeux. Quand l’Allman explose en 1976, il réunit autour de lui quelques connaissances et forme le Great Southern. Une énième mouture, dans laquelle évolue, à ses côtés, son fils Duane, a repris le flambeau. Elle est également active en 2014.

Dickey Betts & The Great Southern (en écoute intégrale ici) est le deuxième album de son catalogue solo, le premier avec Great Southern. Un éponyme sorti en 1977 autour duquel on retrouve, outre Betts à la guitare et au chant, feu Dan Toler, guitariste fougueux surnommé à juste titre Dangerous Dan qui suivra Betts dans l’ABB de la reformation en 1978, Tom Broome aux claviers, Jerry Thompson à la batterie, Ken Tibbets à la basse et Donnie Sharbano aux tambours.

Beau disque de southern rock que ce selftitled articulé autour du jeu de guitare de Betts et de Toler et d’une scetion rythmique pleine de détermination. Mélange de rock, de blues, de country et de jazz, le Great Southern développe un son qui lui est propre. Betts pète le feu ; il est au sommet de son art.

Parmi les sept titres repris ici, Out To Get Me et sa slide furieuse (bel harmonica aussi de Topper Price) ne pouvait pas mieux ouvrir l’album. Le Run Gypsy Run qui enchaîne est une tuerie que son suivant, Sweet Virginia, pourtant très emballant, peine à faire oublier. 

Puis vient le temps de la ballade (The Way Love Goes), belle, portée par les claviers de Broome. Nothin You Can do (rien d’exceptionnel), California Blues, dans la norme sudiste et emmené par des grattes qui pètent un câble, précèdent une autre ballade (que n’aurait pas renié Santana), l’étiré Bougainvillea, final d’un disque qui s’achève en apothéose. Bien joué, bien chanté, c’est un classique du genre (RAZOR©).

 

1. Out to Get Me.

2. Run Gypsy Run.

3. Sweet Virginia.

4. The Way Love Goes.

5. Nothing You Can Do.

6. California Blues.

7. Bougainvillea.

 

Dickey Betts:guitare électrique,guitare acoustique,slide guitare,chant.

Dan Toler:guitare acoustique,guitare électrique,choeurs.

Tom Broome:claviers,choeurs.

Ken Tibbets:basse.

Topper Price:harmonica.

Jerry Thompson:batterie,percussions.

Donnie Sharbono:batterie,percussions.

Mickey Thomas,Don Johnson:choeurs.

CD - COLLECTION - 2010

 

Dickey betts 30 years of southern rock rockpalast

 

DICKEY BETTS & GREAT SOUTHERN

LIVE ROCKPALAST – 30 YEARS OF SOUTHERN ROCK 1978/20082010  4/5

 

Publié en 2010.

Enregistré le 4 mars,1978 et le 19 juillet 2008.

Produit par Peter Sommer. 

Durée:149:46.

Label:SPV.

Genre:southern rock.

 

Rockpalast est une émission de TV destinée au rock et apparue sur la TV allemande en 1977 dans laquelle une myriade de formations peut s’exprimer en direct. Bob Marley, le Dead, Peter Gabriel, John Martyn, Rory Gallagher, les Kinks, Golden Earring et plus récemment Muse, ont souscrit au rituel de Rockpalast pour lancer leur carrière, la relancer dans certains cas, ou la promouvoir sur le Vieux Continent, dont une grande partie de l’Europe occidentale reçoit les programmes teutons. En gros, Rockpalast peut être vu comme l’un des plus grands spectacles rock télévisés en direct au monde.

Dicky Betts, l’homme derrière la création du mythique Allman Brothers Band, a piqué deux fois au truc, le 4 mars 1978 (Gruga Halle à Hassen) et, trente ans plus tard, en été 2008 au Museumplatz de Bonn.

Très intelligemment, les gens de la TV ont eu l’initiative de libérer une série d’enregistrements de leurs archives, parmi lesquelles les deux prestations passées du guitariste exceptionnel qu’est Betts, venu, non pas à la tête de l’Allman Brothers Band, avec lequel l’histoire est définitivement terminée (1976), jurant de ne plus jamais travailler avec Greg Allman, mais avec, dans son sillage, son nouveau groupe The Great Southern.

Betts a été bien inspiré de venir sur les plateaux allemands car en 2010, ces deux fabuleuses apparitions à trente ans d’intervalle, notamment celle de 1978, sont consignées aujourd’hui sur l’album Live Rock Palast – 30 Years Of Southern Rock 1978/2008 (en écoute intégrale ici). C’est une merveilleuse petite collection qui couvre deux époques différentes.

La première performance révèle le caractère chaud-bouillant des twin towers de la guitare, Dan Toler et Dicky Betts, ce dernier remettant le couvert dans la seconde. Visiblement, le floridien n’est pas affecté par l’avancée dans l’âge dans ce qu’elle a de désagréments physiques (fatigue, usure, arthrose et voix qui change).

En décortiquant l’affaire, il apparaît toutefois que la jeunesse de la troupe de 1978 a ce petit supplément de ferveur et d’intensité que son aînée n’a pas. Le groupe a mûri, est plus sage et répète des gammes qu’il maîtrise parfaitement depuis trente ans qu’il sillonne les routes. Mais il dégage toujours du positif et de l’émotion.

C’est certainement au niveau du chant de Betts que la distinction est plus frappante, c’est la raison pour laquelle il se limite, à ce niveau, aux classiques, laissant au claviériste Michael Kach le soin de gérer les autres titres. Si Betts reste un grand auteur-compositeur et un guitariste hors pair, le bât blesse au niveau vocal. Il compense heureusement cette carence en y mettant un cœur gros comme ça.

Le live de 78 a ma préférence. Libéré du poids de la famille Allman, Betts retrouve la lumière et lâche un trop-plein canalisé depuis des années par une vie musicale dans l’ombre de l’icône de l’ABB. Il nous montre de quel bois il se chauffe et ne se prive pas d’en remettre des couches, d’en faire des tonnes parfois. La star, désormais, c’est lui. Et ses boys du Great Southern, cinq rednecks qui savent ce que southern rock veut dire. C’est leur raison d’être et leur gagne-pain quotidien depuis trois décennies.

Ce rock sudiste, ils le déroulent naturellement, fougueusement, d’une manière très inspirée et fluide. Si on en pince pour l’époque ABB, on retrouvera avec plaisir les titres pondus par Betts, ses bébés, les classiques Ramblin’ Man, Jessica, et notamment In Memory Of Elisabeth Reed, dont le récital allemand livre une des versions les plus épiques.

Outre ces basiques, la première partie propose une version fleuve de High Falls, souligné par un long solo de batterie et de belles envolées de guitare, un Run Gipsy Run de la meilleure veine, deux Back On The Road, Dealin’ With The Devil et Good Time Feelin’ qui sont autant de régals pour l’oreille.

La seconde phase de ce live (2008) se prive du « dangerous » Dan Toler, reparti à l’Allman Brothers dans la foulée de 1978, mais passe de deux guitares à trois. Hormis le boss, Andy Aledort et le fils Betts, prénommé comme par enchantement Duane, constituent le trio placé sur l’avant de la scène. Le rejeton montre qu’il a hérité de papa (Get Away).

L’intensité fait parfois défaut sur cette prestation captée au vingt et unième siècle et dont on relèvera surtout Havin’ A Good Time, No One To Run With, Blue Sky et Get Away, ainsi que les classiques Jessica, In Memory Of Elisabeth Reed et Statesboro Blues.

Publiée par le label allemand SPV en 2010 après qu’un DVD ait préalablement vu le jour un an plus tôt, la version audio de ce double live est un achat incontournable. Les fans de southern rock peuvent se frotter les mains (RAZOR©).


Rockpalast (1978).

1. Rockpalast Caption.
2. Run Gypsy Run.
3. You Can Have Her/Leavin' Me Again.
4. You Can Have Her.
5. Back on the Road.
6. In Memory of Elisabeth Reed.
7. Good Time Feelin'.
8. Dealin' With The Devil.
9. Jessica.
10. High Falls (includes Drum Solo).
11. Ramblin’ Man.

Dickey Betts:guitare,chant.
Dan Toler:guitare.
Michael Workman:claviers.
David Godflies:basse.
David Toler:batterie,percussion.
Dani Sharbono:batterie,percussion.

Rockpalast (2008).

1. Statesboro Blues.
2. Nothing You Can Do.
3. Blue Sky.
4. Get Away.
5. One Way Out.
6. Jessica.
7. Havin' A Good Time.
8. In Memory of Elisabeth Reed.
9. No One to Run with.
10. Ramblin' Man.

Dickey Betts:guitare,chant.
Duane Betts:guitare.
Frankie Lombardi:batterie,choeurs.
Michael Kach:orgue,chant.
Pedro Arevalo:basse.
James Vanardo:batterie.
Andy Aledort:guitare.

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