Hydra.

BIOGRAPHIE.

HYDRA/Atlanta (Georgie-USA)

 

Hydra intro

 

Actif entre 1968 et 1978.

Labels:Capricorn,Polydor.

Genre:southern rock,heavy rock,hard rock,arena rock.

 

Il y avait quelque chose à faire...

Hydra est un groupe parmi les plus populaires de la place d'Atlanta. Estampillé southern rock, il n'a, hélas, jamais gravi l'échelon qui aurait dû normalement le propulser sur le devant de la scène nationale du genre, squattée alors par Lynyrd Skynyrd et l'Allman Brothers Band.

Faute d'un coup commercial gagnant, celui-ci doit se contenter d'un strapontin, malgré un potentiel énorme et l'appartenance à un label monstrueux, Capricorn Records.

En dépit d'une discographie dont on ne peut que louer la qualité, le groupe géorgien est reste quai : la faute à une formation trop jeune lorsqu'elle atteint son pic de popularité et de maîtrise (72/73), trop absorbée par le jeu et le style de vie.

En proie également à des problèmes de gestion réguliers et insuffisamment encadrée et soutenue par son label (c'est surprenant) pour pouvoir prétendre à mieux, Hydra doit se satisfaire aujourd'hui d'avoir été un très bon groupe de southern rock mais de ne jamais toucher à la gloire nationale avec un grand G.

Hydra intro 1Hydra : passé tout près du pompon...

Hydra spencer kirkpatrick 2...en dépit du talent précoce de Spencer Kirkpatrick...

Hydra scene...et de musiciens très talentueux.

Hydra kirkpatrick 3Un come-back tonitruant en 2005.

Hydra lpDes débuts réussis avec l'éponyme Hydra...

Hydra rock the world...mais Rock The World reste le joyau du catalogue.

Une popularité essentiellement sudiste.

Les quelques dates sporadiques organisées pour promouvoir le groupe ne suffisent pas à adouber Hydra au-delà des frontières du sud, pourtant soutenu par des formations plus huppées comme ZZ Top, Lynyrd Skynyrd, Rush, Wet Willie, Grinderwitch, Charlie Daniels, Marshall Tucker Band ou encore les anglais de Trapeze.

Capricorn Records, pourtant maison de référence du southern rock, ne s'est pas montrée très inspirée pour le coup. Le potentiel était là, l'énergie et l'instinct aussi. Peut-être aurait-il mieux valu qu'Hydra s'affranchisse de son éditeur du moment, alors en pleine réorganisation artistique, et vole de ses propres ailes pour exploser.

Outre-Atlantique et au Japon, il y avait un véritable engouement pour Kirkpatrick et les siens. De quoi aviver les regrets aujourd'hui. Dommage, dommage, il y avait quelque chose à faire...

Kirkpatrick devant les Beatles.

Hydra est constitué à la fin des 60's par l'entremise du guitariste Spencer Kirkpatrick, du chanteur et guitariste Wayne Bruce et du batteur Steve Pace.

Le premier nommé, Kirkpatrick, n'est alors pas un inconnu sur l'échiquier sud-américain pour avoir évolué dans un groupe de surf-rock scolaire, Atlanta Vibrations, dont le fait d'armes le plus notable fut d'avoir joué devant les Beatles.

En effet, tandis qu'il en est le jeune guitariste (il a 14 ans), sa formation vient de gagner un concours régional dont la double récompense est un Vox AC15 et le droit d'ouvrir, en pleine beatlemania et alors que la british invasion bat son plein, pour ceux qui sont alors les plus grandes stars du monde.

Lorsque, lors de leur tournée américaine de 1965, les anglais passent par Atlanta et le Fulton County Stadium où s'entassent 34 000 fans. Kirkpatrick et Atlanta Vibrations, à l'insu de Brian Epstein (le promoteur local les a mis à l'affiche sans l'en aviser) et en contrepartie de services rendus (le Vox de Lennon tombant en panne, les membres d'Atlanta Vibrations leur en dénichent aussitôt un autre), se retrouvent en première partie des Fab Four.

De Strange Brew à Hydra.

C'est la première fois que le nom de Kirkpatrick émerge sur la place géorgienne. Il aura l'occasion de le faire briller par ailleurs durant sa carrière. Et ce, dès 1968, date à laquelle, Kirkpatrick évolue, avec Steve Pace (futur batteur de Krokus), au sein de Strange Brew, première étape sur la voie qui mène à Hydra. Wayne Bruce, transfuge de Nickelodian, entre alors dans le jeu.

Le trio mute de Strange Brew en un furtif Noah Mayflower, avant de se fixer sous l'identité d'Osmosis à partir de 1969. Hydra émerge enfin à la fin des 60's. Après avoir longtemps tâtonné pour s'assurer le meilleur bassiste possible, le choix du trio s'arrête sur Davis d'Orville (1971), après que Trip Burgess (1970) ait été un temps pressenti.

Le line-up officiel d'Hydra s'articule autour des géorgiens Kirkpatrick (Atlanta), Wayne (Smyrna), Pace (Madison) et du floridien installé en Géorgie, d'Orville. Hydra a une coloration très sudiste bien que ne se définissant pas vraiment comme une formation complètement infusée dans le southern rock.

Sa musique tient plus du heavy blues british que d'émules de Lynyrd Skynyrd ou de clones de l'Allman Brothers Band. Le groupe pratique en effet un mix de country, de rock et de blues aromatisé à la sauce britannique.

Repéré par le label de Phil Walden.

Hydra marque très rapidement son territoire en se montrant comme le premier groupe heavy du sud et attire les regards du label vers lequel convergent tous les groupes sudistes du moment : Capricorn Records à Macon, la Mecque du southern rock dirigée par l'omnipotent Phil Walden.

Hydra est signé par Capricorn en 1973. Deux LP en émanent. Le premier, éponyme, est libéré en 1974 et implique le line-up classique d'Hydra (Wayne, Kirkpatrick, Pace et D'Orville). Il marque des débuts réussis et augure de beaux lendemains, si l'on s'en réfère aux titres accrocheurs et puissants que sont Glitter Queen, Keep You Around, It's So Hard, Good Man, Feel A Pain ou l'étiré Miriam. Hydra a les arguments pour devenir une des formations productives de la maison Walden.

Land Of Money lui emboîte le pas l'année suivante. Moins excitant et tonique que son devancier, le second LP d'Hydra oblige les géorgiens à rentrer dans le rang et à oublier leurs rêves de devenir les futurs grands du southern rock.

Déception malgré Rock The World.

Même si c'est parfois bien léché, ce disque de l'été 1975 ne marque pas les esprits comme le public est alors en droit de l'espérer après le convaincant Hydra. C'est une déception malgré les qualités qui pointent en filigrane.

Hydra kirkpatrick portrait

« Capricorn nous a soumis à une pression constante. Polydor également. Le but recherché était de rendre notre musique plus commerciale. C'était monnaie courante à l'époque. Nous n'avons jamais pensé à signer un succès, nous nous sommes surtout concentrés sur notre musique et sur le fait de briller sur la place sudiste, Alabama, Floride, Caroline du Nord et du Sud confondus. Nous avons eu la chance de pousser jusqu'au Texas et à New York où nous avons toujours été très bien accueillis. » (Spencer Kirkpatrick)

Hydra stagne, sa progression n'est plus aussi marquée, un changement s'impose. D'Orville choisit ce moment pour quitter Hydra, lequel passe désormais en trio et opte pour Polydor pour enregistrer son troisième LP (1977).

Celui-ci, Rock The World, est certainement le meilleur album du catalogue. Intelligent, techniquement rôdé, plus enthousiaste, il recèle de très belles pièces à l'instar de To The Willowed, Feel Like Running, Diamond In The Rough, Shame, Wasting Time. Il porte la véritable patte d'Hydra. Le temps lui a donné une aura supplémentaire.

Passé tout près du pompon.

Il est hélas à déplorer que ce regain de vitalité prompt à raviver la flamme du fan hard rockeur vire en eau de boudin à la fin de cette année 77 avec le dépôt de bilan quasi acté du groupe. Les quelques rares réunions au cours des mois suivants ne changent rien à la donne.

Rangé des voitures depuis, Hydra, sous la pression de ses supporters, s'est réuni pour une série de concerts en 2005 sur la place d'Atlanta ; un LP Live After All These Years atteste de ce come-back tonitruant en revisitant son catalogue (14 titres et deux reprises). Sa qualité corrobore le constat que ce groupe est vraiment passé très près de décrocher le pompon (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1974

 

Hydra lp

 

HYDRA

HYDRA – 1974  4/5

 

Publié en 1974.

Produit par Dan Turbeville.

Durée:46:33.

Label:Capricorn Records.

Genre:rock sudiste,southern rock,hard rock,arena rock.

 

De très jolies dispositions.

 

Encore un pur et talentueux produit du rock sudiste des seventies et de l’ère Capricorn Records (signé en 73): Hydra, créé à la fin des années 60 à Atlanta, groupe qui n’a, malheureusement, jamais vraiment touché les dividendes que son gros potentiel laissait entrevoir, en live notamment où il déployait une énergie incroyable.

Hydra, c’est Steve Pace, batteur, Spencer Kirkpatrick, guitariste, Wayne Bruce, chanteur et guitariste et Davis Orville, bassiste. Ce quatuor oublié du southern rock s’est rapidement taillé une belle réputation dans le landerneau, aussi il n’est pas surprenant de le voir ouvrir pour Lynyrd Skynyrd, l’Allman Brothers Band, Mountain, Procol Harum, Deep Purple, Elvin Bishop, Joe Cocker, Blue Oyster Cult et Z.Z.Top notamment.

Les trois albums rattachés au catalogue d’Hydra sont tous très bons : l’éponyme Hydra enregistré durant l’hiver 73/74 que j’ai retenu pour la chronique de ce jour, son suivant Land Of Money (1975), légèrement en retrait toutefois, et surtout Rock The World, publié chez Polydor en 1977, année de la séparation.

Réputé comme étant un des meilleurs groupes sudistes en marge des grands du genre, Hydra a suscité les convoitises de labels comme Windfall Records qui abritait Mountain, comme Epic ou Sounds Of The South du rusé et avisé producteur Al Kooper (Pronounced ‘Leh-‘nérd’Skin-‘nérd en 73), envoyé en éclaireur sur cette scène pour dénicher l’oiseau rare.

Mais c’est Phil Walden de Capricorn qui enlève finalement le lot et leur fout la pression d’emblée en tentant de les placer dans le même moule que leurs illustres colocataires et néanmoins rivaux.

Le mal est peut-être là pour Capricorn Records d’avoir bridé ces gamins d’une vingtaine d’années et d’avoir canalisé leur débordante énergie dispensée sur scène.

Leur premier LP, Hydra, s’en ressent, dit-on dans les sphères des chanceux qui alors ont pu tâter de ce combo en direct live. Au lieu de ça, la production (un certain Dan Turbeville) rajoute quelques cuivres par ci, par là, alors que le groupe s’accorde quelques jours de repos et sans qu’il n’ait donné le moindre accord. Soit dit en passant, cette section cuivrée n’a rien de dommageable.

L’album éponyme de 74 (dix titres) démarre sur les chapeaux de roue avec l’impétueux Glitter Queen, suivi par la déferlante Keep You Around et relayé par un tonique It’s So Hard.

Going Down et Feel A Pain achèvent en beauté une face A convaincante et révélatrice de la potentialité des garçons. Capricorn a eu le nez creux et ne s'est pas trompé.

L’autre face vaut essentiellement par Good Time Man de Don Nix, Let Me Down Easy, le court et agressif If You Care To Survive et l’acoustique Miriam.

Hydra affiche ici de très jolies dispositions, aligne des titres, ma foi, fort bons, mais pas mémorables. Hydra aurait dû être une belle référence du rock du sud et avoir un tout autre destin. L’histoire en ayant voulu autrement, on va se contenter de ce disque pour s’en convaincre (RAZOR©).

 

1. Glitter Queen.

2. Keep You Around.

3. It's So Hard.

4. Going Down.

5. Feel A Pain.

6. Good Time Man.

7. Let Me Down Easy.

8. Warp 16.

9. If You Care To Survive.

10. Miriam.

 

Davis Orville:basse,guitare.

Steve Pace:batterie.

Spencer Kirkpatrick:lead guitare,slide guitare,guitare acoustique et électrique.

Wayne Bruce:chant,guitare,claviers.

Randall Bramnlett:saxophone.

Earl Ford:trombone.

Oscar Jackson:saxophone.

Todd Logan:trompette.

Dan Turbeville:claviers,production.

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