Johnny Jenkins

BIOGRAPHIE.

 

JOHNNY JENKINS/Macon (Géorgie).

 

Johnny jenkins 2

 

Johnny Edward Jenkins,dit Johnny Jenkins.

Né le 5 mars 1939 à Macon (Géorgie).

Décédé le 26 juin 2006 à Macon (Géorgie).

Années actives:1950/2000.

Genre:blues rock,blues électrique,southern rock.

Label:Atco,Capricorn Records.

 

L’artiste qui a inspiré le sud et Hendrix.

L’histoire de Johnny Jenkins n’est pas banale et colle littéralement à Macon, cité géorgienne ayant donné naissance au southern rock pour avoir abrité le légendaire Capricorn Records et l’Allman Brothers Band. Avant que son initiateur, Phil Walden, ne monte cette prestigieuse maison de production discographique, il eut une vie de manager et eut notamment à s’occuper des intérêts d’un certain Otis Redding, chanteur de soul américain, natif de la ville voisine de Dawson.

Otis passe l’essentiel de sa vie à Macon où il fait la connaissance de Johnny Jenkins qui est, en quelque sorte, la star locale de l’endroit et du moment. Cette rencontre va tout changer pour l’auteur de (Stittin’ On) The Dock of the Bay et être le point de départ d’une carrière que tout le monde s’accorde à voir comme prometteuse, malheureusement interrompue par un fatal accident d’avion. Otis avait 26 ans.

Une nuit au Douglass Theatre de Macon, Johnny Jenkins, guitariste atypique et démonstratif, entend chanter Otis Redding ; intéressé par son profil, il lui propose aussitôt d’intégrer sa formation, les Pinetoppers, un bon petit groupe de R & B qui écume les bars de la région depuis la fin des 50’s, début des 60’s.

Johnny jenkins douglass theatre

Johnny jenkins chuck berry

Otis Redding, c’est lui.

Gaucher, fait rare dans le milieu musical pour un guitariste, Johnny Jenkins passe alors pour être un original, pratiquant un jeu plutôt survolté et acrobatique, dont la mise en scène l’amène à jouer derrière la tête ou à singer Chuck Berry.

Jimi Hendrix, de passage à Macon pour des raisons familiales, subjugué par cette main gauche flamboyante, s’inspirera quelque temps plus tard de l’explosivité et du jeu de ce virtuose anomal.

L’implication d'Otis Redding dans la formation de Johnny Jenkins permet au premier nommé de lancer sa propre carrière et de faire la connaissance avec Phil Walden, alors agent de Jenkins. Walden sent la bonne opportunité et préfère alors se consacrer entièrement à Redding ; dans le même temps, le manager prend de la distance avec celui qui est le prince de Macon avant même l’Allman Brothers Band, sa figure mythique. 

Prince de Macon avant tous les autres.

Cela va faire dix ans que Johnny Jenkins est décédé d’un AVC (26 juin 2006) ; il avait 67 ans. Tous les acteurs du rock sudiste des années 60/70 sont unanimes à louer l’influence qu’il eut sur eux : il était un personnage incontournable de cette scène.

A Macon, Jenkins était notamment un pilier du Club 15, un juke-joint de Macon, dans lequel il eut à vivre une des plus grandes peurs de sa vie quand le parrain de la soul James Brown, au cœur d’une rivalité profonde avec Joe Tex, la vedette montante du moment, entre dans le club armé d’un fusil de chasse et arrose la salle, visant plus particulièrement Joe Tex. Jenkins et Redding venaient juste de terminer leur set avec les Pinetoppers ; ils eurent le réflexe de se réfugier derrière le piano pour sauver leur peau. Le tir aux pigeons de Brown fit quand même 7 blessés.

Jenkins n’a jamais cherché à attirer la lumière sur lui. Le métier de musicien, il s’en foutait comme de sa première chemise mais, quand il montait sur scène, il donnait tout, allant jusqu’aux confins de la sauvagerie.

Devenir professionnel ne le branchait pas plus que ça. C’est la raison pour laquelle il menait sa carrière de guitariste de front avec des emplois ô combien moins gratifiants dans l’industrie minière, celle forestière ou dans la mécanique.

Jenkins hornsby

« Johnny Jenkins, avec lequel j’ai travaillé, était réputé dans la région de Macon comme le guitariste gaucher capable de jouer de la guitare derrière la tête et de se livrer à d’autres acrobaties aussi cocasses.

Son style est remonté jusqu’aux oreilles de Jimi Hendrix qui, à l’occasion d’une visite à sa tante à Macon, est venu voir un de ses spectacles. Celui-ci s’en estinspiré dans son jeu. » (Paul Hornsby)

Les Pinetoppers et Phil Walden.

Né à Macon du côté de Swift Creek, l’ado Johnny Edward Jenkins est élevé au son de la Hillbilly Music et du R & B auxquels il est très réceptif. Des artistes comme Bill Doggett ou Bullmoose Jackson le sensibilisent plus spécialement.

Il a neuf ans quand il fabrique de ses propres mains une guitare faite de bric et de broc : une boite de cigare et quelques bandes de caoutchouc suffisent à faire son bonheur. Une vraie guitare, cette fois, offerte par sa sœur, échoit entre ses mains. Il apprend seul son enseignement et comme il est gaucher, accumule les mauvaises habitudes et les défauts.

L’école passe au second plan, il la quitte et, à 16 ans, s’oriente vers ce qu’il aime le mieux, la musique, jusqu’à fonder les Pinetoppers par lesquels il noue une relation avec Phil Walden, alors étudiant de l’Université Mercer de Macon et passionné de musique R & B.

Walden décide alors de suivre cet artiste dégageant une telle prestance que la presse de l’époque en fait ses choux gras en laissant filtrer l’info qu’Otis Redding est le chauffeur de Jenkins. La vérité est que Jenkins n’est pas titulaire du permis de conduire et qu’il file le coup de main pour décharger le matériel. Quoi de plus normal, donc, de le retrouver sur le siège arrière avec Redding au volant…

Johnny jenkins 1

Johnny jenkins ton ton macoute

Gros Jean comme devant.

Le futur fondateur de Capricorn Records tombe sous le charme de Jenkins, lorsqu’une émission radiophonique organise un concours de jeunes talents locaux en 1959.

Il le prend alors sous son aile et encourage les Pinetoppers à intégrer Otis Redding au chant et à en faire un membre permanent.

Au sein des Pinetoppers, la star, c’est Jenkins et son style de guitare acrobatique ; pas Redding, lequel assure alors les parties chantées. Par l’entremise de James Newton, banquier local et propriétaire d’une petite compagnie de disques, Tifco, l’idée d’un 45T instrumental est lancée. Il doit être enregistré sur Atlanta, dans le studio d’une radio de la région. Otis Redding en est écarté.

Love Twist capte l’attention de Frank Clark, D.J sur la radio de Macon, la dénommée WNEX. Joe Galkin, alors chargé de la promotion de l’étiquette Atlantic Records dans le sud des Etats-Unis, s’approprie le disque via Gerald sa compagnie, l’édite à 25.000 exemplaires et revend les droits à Atlantic (septembre 1961).

Comme Atlantic avait des accords de distribution avec Stax, société de Memphis et l'un des plus grands labels de soul music, finit le travail au profit de Redding, au détriment de Jenkins qui se retrouve Gros Jean comme devant.

Le premier artiste Capricorn Records.

L’ironie de l’histoire, c’est que Walden abandonne alors son poulain et suit Redding, jusqu’à sa mort dans le Wisconsin en décembre 1967. Bien que le manager ait proposé, comme option, que Jenkins intègre l’orchestre de la nouvelle pépite de la soul music, ce dernier décline la proposition au motif d’avoir la phobie de l’avion, mais les vraies raisons sont assurément ailleurs.

A la création de sa société en 1969, Phil Walden fait de Johnny Jenkins le premier artiste Capricorn. Avant même l’Allman Brothers Band ! Des membres (Duane Allman, Berry Oakley, Butch Trucks) du légendaire groupe de southern rock, ainsi que les légendaires producteurs Capricorn alors encore musiciens de sessions de la maison, Paul Hornsby et Johnny Sandlin, prennent part à l’enregistrement du premier LP de Jenkins, Ton-Ton Macoute (1970) dont certains titres étaient initialement destinés à un album solo que préparait alors Duane Allman.

Le tueur Ton-Ton Macoute !

Bien accepté par la critique, Ton-Ton Macoute ! (1970) souffrit dans le milieu du côté un peu récupérateur de la démarche de son auteur, mais fut surtout étouffé par l’insolente réussite d’Allman Brothers Band. Il reste néanmoins comme une des plus grandes œuvres du catalogue Capricorn.

Son auteur, malheureusement pas plus suivi aujourd’hui qu’hier par un manager misant désormais sur le rock sudiste et tous les projets discographiques qu’il va générer, désabusé par l’industrie de la musique, sort des écrans radars, jusqu’à réapparaître en 1996 avec Blessed Blues, exhorté par Phil Walden. Jenkins continue à tourner dans les clubs régionaux, publiant Handle with Care et All In Good Time, respectivement en 2001 et 2005. En 2006, le rock perd alors le seul musicien local à avoir eu un public international fidèle : Johnny Jenkins (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1970

 

Johnny jenkins ton ton macoutes 1970

 

JOHNNY JENKINS

TON-TON MACOUTE – 1970  5/5

 

Publié en avril 1970.

Produit par Duane Allman,Johnny Sandlin.

Durée:48:07.

Label:Atco,Capricorn.

Genre:southern rock,blues-rock,blues électrique.

 

Tueur !

 

S’il en est un qui a été fidèle jusqu’à sa mort (2006 à 67 ans) à la scène de Macon, c’est bien lui, Johnny Jenkins. Mieux, ce guitariste ancré dans le blues, chanteur excentrique et également compositeur, y est né. Musicien essentiellement local où il comptait un public fidèle, partenaire dans les Pinetoppers et dans les années 60, d’Otis Redding, géorgien comme lui, influent sur le style de jeu de guitare acrobatique d’Hendrix, il jouissait d’une aura internationale dans le milieu du rock, de la soul et du blues.

Signé par la jeune étiquette du crû, Capricorn Records pour avoir tapé dans l’œil du boss Phil Walden, convaincu que le rock tenait peut-être en lui une de ses plus belles pépites, cet incontournable personnage et artiste autodidacte publie en 1970 un LP sous son nom, accompagné par une partie des membres d’Allman Brothers Band et dont certains titres étaient initialement destinés à un album solo que préparait alors Duane Allman. Le projet du génial guitariste fut abandonné, ce dernier étant accaparé par le développement de son groupe. Bien accepté par la critique, Ton-Ton Macoute (1970) souffrit du côté un peu récupérateur de la démarche de son auteur mais fut surtout étouffé par l’insolente réussite d’A.B.B.

Le temps effaçant les rancœurs, la frustration étant retombée, reste ce disque fantastique fait pour Capricorn et en collaboration avec Duane Allman, au titre qui réfère doublement à la garde rapprochée du dictateur Duvalier et à l’effrayant personnage folklorique haïtien, pendant du Père Fouettard ; il donne le ton de l’album. Une ambiance à la Dr John, si vous voyez ce que je veux dire, façon blues-rock des marais. Témoin I walk On Gilded Splinters, Blind Bats & Swamp Rats, Sick And Tired et Voodoo In You. Tout amateur de blues se doit d’en être.

L’album, fait de portions de funk, de blues, de cajun, de soul et de southern rock, est le deuxième de tout le catalogue édité par Capricorn ; il ne couvre que des reprises (11) de -on en parlait- Dr John, de Muddy Waters, Bob Dylan, Otis Rush, John Lee Hooker, Sleepy John Estes, Jackie Avery, Dave Bartholomew, John D. Loudermilk (Tobacco Road), Don Robey. Il n’en est pas une seule qui ne soit pas éclatante. La sélection est variée mais parfaitement équilibrée et cohérente.

Le showman Jenkins est au chant ; il y est coriace et mordant. Duane Allman assure l’essentiel des travaux de guitare (sur six titres) et de quelle manière !  La section rythmique d’A.B.B, à savoir Berry Oakley, Butch Trucks et l’incroyable percussionniste Jai  Johanny Jaimoe Johanson, ainsi que Paul Hornsby, aux claviers, tous musiciens en interne de Capricorn, contribuent à immortaliser cette hypnotique œuvre funky. Si je ne m’abuse, il doit aussi y avoir du Muscle Shoals là-dessous. Un tueur, ce disque. Et dire que Jenkins n’a pas fait deux lignes dans les presses spécialisées. Honteux (RAZOR©).

 

1. I Walk on Gilded Splinters.

2. Leaving Trunk.

3. Blind Bats & Swamp Rats.

4. Rollin' Stone.

5. Sick and Tired.

6. Down Along the Cove.

7. Bad News.

8. Dimples.

9. Voodoo in You.

10. I Don't Want No Woman.

11. My Love Will Never Die.

 

Johnny Jenkins:chant,guitare,harmonica,lead guitare.

Duane Allman:guitare électrique,rythmique,slide,dobro.

Berry Oakley:basse.

Jaimoe:timbales.

Butch Trucks:batterie.

Paul Hornsby:Wurlitzer piano,orgue,guitare rythmique.

Eddie Hinton:cloche.

Tippy Armstrong:cabasa.

Pete Carr:guitare acoustique,guitare électrique.

Robert Popwell:basse,timbales,shaker.

Johnny Wyker:shakers.

Jimmy Nalls:guitare.

Ella Brown:chant.

Southern Comfort:choeurs.

Johnny Sandlin:batterie.

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