Molly Hatchet.

BIOGRAPHIE.

 

MOLLY HATCHET/Jacksonville (Floride)

 

Molly hatchet

 

Années actives:1975 à aujourd’hui.

Label:Epic,Capitol,SPV/Steamhammer.

Genre:southern rock,boogie rock,hard rock,southern metal,jam rock,blues-rock.

Site officiel:www.mollyhatchet.com

 

Calife à la place du calife.

La place laissée vacante par le drame ayant affecté Lynyrd Skynyrd n’est toujours pas pourvue quand les floridiens de Jacksonville, Molly Hatchet, formé en 1975, pointent pour la première fois en studio pour l’enregistrement de leur premier album, l’éponyme Molly Hatchet, sorti en 1978.

Le 20 octobre 77, le southern rock perd son guide dans les forêts marécageuses de Bâton Rouge, mais personne n’a encore les épaules assez larges pour se glisser dans le costume du maitre des lieux. 38 Special est un moment pressenti, mais… Il faudra la sortie de cet album de Molly Hatchet pour que se pose enfin et sérieusement le problème de la succession à Lynyrd Skynyrd.

Molly hatchet 1

Molly hatchet 2015De 1975 à 2015.

Platine et double platine.

Molly Hatchet, au regard de son travail studio étonnant, semble avoir le profil pour reprendre le flambeau et continuer à porter haut les couleurs de l’étendard de Jacksonville et du rock sudiste. La dynamique et l’engouement installés dans le sillage de ce disque éponyme ne se démentent pas avec la publication, en octobre 1979, de Flirtin’ With Disaster qui fait encore plus fort. Il n’en faut pas plus pour que tout le monde voie en Molly Hatchet le groupe le plus à même de marcher dans les pas de son défunt modèle, dont l’histoire a commencé également à Jacksonville. Les comparaisons vont bon train et, entre le registre hard rock sudiste qu’il pratique et le jeu à trois guitares qu’il a mis en place, tout concorde à rapprocher Molly Hatchet de son illustre devancier, de son mythique défricheur et ambassadeur du genre.

Une institution du rock sudiste.

Du punch, de l’efficacité, de la technique, des envolées de guitare, du feeling… Molly Hatchet marque les esprits, malgré quelques petites failles qui, quand elles seront corrigées, doivent installer les floridiens dans le trône délaissé. C’est écrit. Molly Hatchet l’album commence une histoire qui va fédérer un panel conséquent d’amateurs de southern rock autour de ce nom.

Non content de souffler par sa musique, Molly Hatchet met également un point d’honneur à marquer les esprits par ses pochettes. La première, celle de l’éponyme, fait apparaître une œuvre de Frank Frazetta, le Death Dealer (1973), un guerrier provocateur surplombant les Ténèbres, habillé d’une armure et chevauchant un destrier noir, coiffé d’un casque surmonté de cornes, visage masqué que dardent deux yeux écarlates, portant, en main droite,  hache dégoulinant de sang et arborant dans la main opposée un bouclier.

Molly hatchet dave hlubek

« Les gens viennent me dire : vous savez que vous êtes une légende vivante. Manière polie de dire, vous être vieux. C’est flatteur, mais quoi que me disent les gens, je n’ai jamais imaginé un seul instant être encore en vie à cet instant. J’ai utilisé mon corps comme une saloperie de poubelle depuis 30 ans. Avec le succès et l’argent sont venus tous les vices liés à cette vie. Je suis passé par toutes les merdes de drogue. » (Dave Hlubek)

Deux disques, mais quels disques !

Ce Death Dealer vinylique, typiquement sudiste et bien positionné dans la filière initiée par Lynyrd Skynyrd, énergique, rugueuse et graveleuse, est organisé autour d’un itinéraire de 9 étapes hard-rock, blues-rock taillé sur mesure pour concentrer tous les bikers ricains. La voix profonde, rauque, limite grondement d’ours mal léché, de feu Danny Joe Brown (décédé en mars 205) achève de connecter Molly Hatchet avec qui vous savez maintenant.

Molly hatchet flirtin with disaster

Flirtin’ With Disaster (1979), le deuxième et dernier LP des 70’s, côté commercial, explose les compteurs avec ses plus de 2 millions d’exemplaires écoulés qui en fait un double disque de platine. Le visuel de ce numéro 2 reprend l’idée du guerrier menaçant de Frazetta. Dark Kingdom prend le relais de Death Dealer, non sans se montrer aussi menaçant que son prédécesseur graphique au poste. Dans le même temps, la démarche musicale encore densifiée de Molly Hatchet représente un grand danger pour le siège royal convoité et promis au vu de ce second jet et de son morceau-titre, la signature par excellence du groupe. Malgré un boulevard s’ouvrant devant lui pour occuper le rôle de phare du rock sudiste que tous les experts s’accordent à lui attribuer haut la main, Molly Hatchet ne va jamais plus confirmer les espoirs suscités.

Il n’est qu’un best-of dans les années 90 qui les ait rappelés à notre bon souvenir. Molly Hatchet part en sucette ; drogue, alcool, dissensions en interne, l’apparition de la new wave et d’une clientèle portée dorénavant sur le clip, lui mettent la tête sous l’eau. Triste pour une formation qui avait tout pour supplanter son rival local et dont l’héritage exploité depuis par un ersatz de Molly Hatchet engendre les plus vives polémiques aujourd’hui.

Un ersatz de Molly Hatchet.

Monté autour de Danny Joe Brown (chanteur et harmoniciste), du trio de guitares Dave Hlubek, Duane Roland et Steve Holland, du bassiste Banner Thomas et du batteur Bruce Crump, Molly Hatchet tire son nom d’une prostituée qui, en Amérique et au dix-septième siècle, aurait dézingué ses clients. Du groupe d’origine, il ne reste personne, malgré la tentative de Dave Hlubek de donner du souffle à la formation en 2005. Passée entre les mains de Bobby Ingram qui s’accroche au fauteuil comme un mort de faim, elle n’est que l’ombre de l’institution du rock sudiste qu’elle a été l’espace de quelques années. Justice (2010), le dernier témoignage studio quant à l’existence de Molly Hatchet, est à ce titre révélateur d’un groupe retombé très bas. Il est des moments où vieillir passe mal (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1978

 

Molly hatchet lp 78

 

MOLLY HATCHET

MOLLY HATCHET – 1978  5/5

 

Publié en août 1978.

Produit par Tom Werman.

Durée:37:15.

Label:Epic.

Genre:southern rock,hard rock,boogie rock,blues-rock.

 

Dans la grande tradition du Sud.

 

Ce groupe de Jacksonville, Molly Hatchet (LP en écoute intégrale ici) dont le nom viendrait d’une prostituée qui aurait tué ses clients, est créé en 1975, mais son parcours discographique débute en 1978 par ce disque époustouflant.

Dès ce premier LP, une des références incontournables de toute l’histoire du rock sudiste, Molly Hatchet se pose en héritier de feu Lynyrd Skynyrd, emporté par un dramatique accident d’avion l’année précédente, quoi que son southern rock soit plus hard encore que son illustre devancier.

Toujours est-il que le malheur des uns faisant le bonheur des autres, une porte s’ouvre dans laquelle Molly Hatchet va s’engouffrer. Avec trois solistes (Steve Holland, Dave Hlubek et Duane Roland) et un Danny Joe Brown  dont la voix rude fait merveille, Molly Hatchet pond un premier LP fracassant, sans détour, alors que la formation de Floride se révèle encore très perfectible.

Epic Records les prend sous son aile et Tom Werman, que l’on retrouve derrière Cheap Trick et Ted Nuggent, les produit. Boogie, blues et hard rock constituent le cocktail détonnant de cet album éponyme.

Dès les premières notes, la filiation avec Lynyrd Skynyrd est frappante. Le southern rock pratiqué est mordant et efficace, Bounty Hunter, viril et direct, plein de vitalité, et qui ouvre le bal, en étant l’indiscutable illustration.

La chevauchée se poursuit avec un énorme Gator Country, plus long, aussi cadencé et vitaminé que son prédécesseur. Arrive Big Apple, un titre dépouillé qui a du muscle à revendre, puis The Creeper, blues-rock plus lent que la voix de Danny Joe Brown dote d’une inégalable plus-value.

The Price You Pay est un excellent et typical southern rock. Pour élargir le réseau de fans, Molly Hatchet couvre ensuite avec réussite un titre de l’Allman Brothers Band (Dreams I’ll Never See). Après un banal I’ll Be Running (le seul morceau qui ne me fasse pas bander), le répertoire se refait plus lourd, le son plus âpre avec Cheatin’ Woman, avant de se clore sur un enjoué Trust Your Old Friend.

Aujourd’hui encore, cet album frais sonne comme dans la plus pure des traditions du sud. Molly Hatchet trace le premier sillon d’une saga qui lui apportera beaucoup de bons moments. Un mot sur la pochette : elle représente « Le Marchand De Mort », une œuvre picturale de Frank Frazetta. A l’image du disque, elle est remarquable (RAZOR©).

 

1. Bounty Hunter.

2. Gator Country.

3. Big Apple.

4. The Creeper.

5. The Price You Pay.

6. Dreams I'll Never See.

7. I'll Be Running.

8. Cheatin' Woman.

9. Trust Your Old Friend.

 

Danny Joe Brown:chant.

Bruce Crump:batterie.

Dave Hlubek:guitare.

Steve Holland:guitare.

Duane Roland:guitare.

Banner Thomas:basse.

Thomas Powell:basse.

Tom Werman:percussions.

Jai Winding:claviers.

LP Studio 2 - 1979

 

Molly hatchet flirtin with disaster 79

 

MOLLY HATCHET

FLIRTIN’ WITH DISASTER – 1979  5/5

 

Publié en octobre 1979.

Produit par Tom Werman.

Durée:38:17.

Label:Epic.

Genre:southern rock,hard rock.

 

Une institution du southern rock.

 

Ne vous fiez pas au titre : en aucun cas, dans ce disque de 1979, Flirtin' With Disaster (en écoute intégrale ici), Molly Hatchet ne flirte avec le désastre. C’est tout le contraire. L’album frôle le quasi parfait.

Après un très probant LP éponyme l’année précédente, les floridiens de Dave Hlubek persistent et signent. En une quarantaine de minutes, Molly Hatchet, digne héritier de Lynyrd Skynyrd, envoie au front ses trois guitaristes, chauds comme des braises, et offre à l’ami Danny Joe Brown, tout aussi brûlant, l’opportunité de faire valoir la belle raucité de sa voix.

Flirtin With Disaster (1979) fait dans le bon hard sudiste, simple, sans fioritures, montrant aux éternels sceptiques que le premier travail réalisé sous la tutelle d’Epic, n’avait rien d’un accident et qu’en termes de southern rock, il allait falloir le considérer d’un autre œil, qu’il ne se satisferait pas du strapontin réservé aux seconds rôles.

Il ne faut pas être grand clerc pour renifler tout le plaisir qui nous tend les bras dans ce deuxième LP de Molly Hatchet. De Whiskey Man à Let The Good Times Roll, la formation de Jacksonville arpente tout ce que le rock du sud peut cracher de bon, dans un mix de boogie, blues et hard.

Par cette tonitruante prestation, nul doute que la formation de Jacksonville n’usurpe en rien sa place parmi le gratin du rock du sud et soigne son statut de nouveau groupe phare du genre, reprenant ainsi le leadership abandonné par Lynyrd Skynyrd suite à son crash aérien de 77.

Car c’est bien là qu’est son rang désormais, même si la suite de sa carrière n’aura pas le même retentissement. Les deux albums des seventies sont donc tout indiqués pour une familiarisation en règle avec ce groupe devenu ici une institution (RAZOR©).

 

1. Whiskey Man.

2. It's all Over Now.

3. One Man's Pleasure.

4. Jukin'City.

5. Boogie No More.

6. Flirtin'With Disaster.

7. Good Rockin'.

8. Gunsmoke.

9. Long Time.

10. Let the Good Times Roll.

 

Danny Joe Brown:chant.

Bruce Crump:batterie.

Dave Hlubek:guitare.

Steve Holland:guitare.

Duane Roland:guitare.

Banner Thomas:basse.

Thomas Powell:basse.

Tom Werman:percussions.

Jai Winding:claviers.

1 vote. Moyenne 5.00 sur 5.