Point Blank.

BIOGRAPHIE.

 

POINT BLANK/Irving (Texas)

 

Point blank in first lp

John O'Daniel,Kim Davis,Rusty Burns,Buzzy Gruen,Philipp Petty, le line-up d'origine.

 

Années actives:1974/1983,2005 à aujourd’hui.

Genre:southern rock,hard rock.

Label :Arista,MCA,Dixiefrog.

Site officiel:www.pointblanksouthernrock.com

 

Pieds tendres s’abstenir.

Point Blank n’est pas de la graine pour chochottes, demi-sels ou pieds tendres. L’affaire est couillue et hautement respectée dans les sphères poussiéreuses du southern rock. Et si quelqu’un venait à l’avoir oublié ou en douter, le double canon menaçant sur la pochette du premier LP éponyme est là pour remettre le saloon au milieu du village far west, en face de chez le croque-mort.

3 grands albums ; après, c’est une autre histoire.

Ces texans reniflés par le tarin avisé de Bill Ham, l’impresario qui a également levé Z.Z.Top, ont aligné au bout de leur colt six LP entre 1976 et 1982. Cette salve discographique a de la gueule, je parle plus particulièrement des trois impacts de balle qui marque le répertoire des 70’s : Point Blank (Arista/1976) et Second Season (Arista/1977) résolument sudistes et Airplay (MCA/1979), plus hard rock et formaté pour une réussite sur les ondes. Pour schématiser, les années Arista ont défini et installé Point Blank, la collaboration avec MCA lui a apporté une petite parcelle de gloire. Après, c’est une autre histoire.

Point blank rusty burns

« Le nom de Point Blank semblait être le mieux adapté à notre identité musicale de Texas Blues-rock Band, tout comme le concept visuel associé à notre premier LP, représentant le double canon d’un fusil de chasse. » (Rusty Burns)

Freiné dans son élan.

Pour les grandes heures de Point Blank, c’est sur ce créneau qu’il convient de se poser. La formation texane, née en 74 du côté d’Irving, est alors à son meilleur et ce n’est pas l’effet du hasard si elle est courtisée pour ouvrir pour les formations les plus huppées du moment. Et si Lynyrd Skynyrd ne s’était pas croûté en avion en 1977, la carrière de Point Blank, planifié pour ouvrir 62 concerts blindés du groupe de Jacksonville, s’en serait trouvée changée du tout au tout. Au lieu de ça, Point Blank s’est retrouvé quelque temps sur le carreau, sans engagements. Il est clair que cela a contribué à freiner la promotion d’un groupe alors en plein boum et étouffé sa popularité naissante.

Dans le gotha du southern rock.

En s’appuyant sur une rythmique implacable, un duo de guitares torrides, sur un chanteur fantastique, Point Blank s’est installé parmi les plus grandes forces du southern rock, peut-être la plus proche des indéboulonnables Lynyrd Skynyrd et Allman Brothers Band. Les John O’Daniel, Kim Davis, Rusty Burns, Buzzy Gruen et Phillip Petty trônent désormais dans le gotha du rock du sud (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1976

 

Point blank 1976

 

POINT BLANK

POINT BLANK – 1976  5/5

 

Publié en septembre 1976.

Produit par Bill Ham.

Durée:32:34.

Label:Arista Records.

 

La gâchette facile.

 

Dans le catalogue desdits seconds couteaux du rock sudiste, voilà une bande débarquée tout droit du Texas, formée par Rusty Burns et Kim Davis, guitaristes, John O’Daniel (chanteur), Peter Gruen (batteur), Philip Petty (basse) : Point Blank. Dans le genre, on est considéré comme second couteau dès lors que le devant de la scène est squatté sans ménagement par Lynyrd Skynyrd et l’Allman Brothers, les deux monstres sacrés de la catégorie. Cette catégorisation n’a donc rien de déshonorant, elle affecte également les Molly Hatchet, Outlaws ou autres Marshall Tucker Band sans qu’il entre dans mon propos l’idée de les dévaloriser ou de les sous-considérer.

S’il est un groupe qui a les deux pieds en plein dans le southern rock, c’est bien Point Blank. Nos amis texans (endeuillés en 2010 par la disparition de son bassiste Philip Petty et préalablement par celle de Kim Davis) ne sont pas là pour faire tapisserie. Faut que ça crache et que ça dise pourquoi.

Leur premier album (en écoute intégrale ici), éponyme de 1976 est révélateur de leurs intentions pugnaces, puisqu’il pointe un double canon menaçant vers vous. Les deux orifices inamicaux indiquent que, là dedans, dans la pochette cartonnée du LP, il y a un vinyle qui sent la poudre et qu’il va falloir en découdre sans broncher. Sans quoi, c’est le goudron et les plumes.

Musicalement proche du groupe de Ronnie Van Zant et de Steve Gaines, Point Blank trace son sillon entre rock du sud et boogie, ses racines, en y répandant un rock hard et rageur.

Produit par le père des ZZ Top, Bill Ham, cette première salve a été décochée en septembre 1976 chez Arista Records, la Bible dans la main droite, la Winchester dans la gauche. A force de vivre dans l’ombre des barbus texans et des cadors du genre (alors qu’ils n’ont rien à leur envier) et de ne pas croquer sa part du butin dans un art qu’il maîtrise pourtant à la perfection, Point Blank règle ses comptes en passant en force. La finesse ? Connaît pas.

L’album, vous vous en doutez bien, est décoiffant, musclé, puissant et sans détour. S’appuyant sur de subtiles mélodies, des voix rompues au genre par des années d’une scène dont Point Blank est gros consommateur, gargarisées dès potron-minet à la bière et au Jack Daniels, sur des riffs tueurs, des guitares flambantes et sur une rythmique teigneuse et besogneuse, ce selftitled aligne les cibles gagnantes.

Free Man catapulte d’emblée une balle entre les deux yeux des qui en doutaient encore. Les coups de feu n’en finissent pas de pleuvoir, carton plein : Wandering, Movin’, In This World, Bad Bees, Lone Star Fool, That’s The Law.

Le décor s’étire entre rock & roll et blues. 8 titres et autant de projectiles  irascibles qui vous sifflent méchamment aux oreilles. Distance, sublime ballade dans ce monde de bouillants pistoleros, vous invite à quitter gentiment la ville, sur la pointe des pieds. Dès fois que le goudron et les plumes… Dire que Second Season est encore mieux…  

I'm A Poor Lonesome Cow-Boy And A Long Long Way From Home… (RAZOR©)

 

1. Free Man.

2. Moving.

3. Wandering.

4. Bad Bees.

5. That's The Law.

6. Lone Star Fool.

7. Distance.

8. In This World.

 

Rusty Burns:guitares,slide.

Kim Davis:guitares.

Peter Gruen:batterie.

John O'Daniel:chant.

Philip Petty:basse.

LP Studio 2 - 1977

 

Point blank second season

 

POINT BLANK

SECOND SEASON – 1977  5/5

 

Publié en 1977.

Produit par Bill Ham.

Durée:39:57.

Label:Arista Records.

 

Un classique du rock sudiste.

 

Ils ont fière allure les pistoleros du sulfureux album éponyme précédent. C’est la pause café ou quoi ? La photo de couverture du deuxième LP de 77, Second Season (en écoute intégrale ici), les assimile plus aux Castors Junior qu’aux redoutables hard-rockers du sud ayant enflammé l’album précédent. Ohé les Point Blank, c’est la trêve ? Plus de munitions ? On agite le drapeau blanc ? Besoin de souffler ? On s’est enfin calmé après avoir défouraillé à tout berzingue ? On a perdu la foi ? Plus rien dans les socquettes ? J’allume, je provoque, je titille, je raille, j’ironise, mais point trop e’en faut. Cessons derechef  la plaisanterie, avant de prendre une bastos entre les deux globes oculaires.

Second Season, malgré les apparences induites par la sérénité et l’apaisement de sa pochette champêtre, n’annonce en rien un déficit d’explosivité de ses fines gâchettes. Bien au contraire.

Point Blank a encore la rage dans la panse, de la bave aux commissures des lèvres. Plus que jamais, les texans croient en la musique qu’il pratique avec une telle ferveur, que beaucoup lui envient mais sont incapables de restituer ce son si énorme et cette précision si chirurgicale.

Dans les chiffres et pour le commerce, Second Season frappe encore plus fort que l’album éponyme, prenant place comme un des plus beaux fleurons du genre.

Redoutable groupe, Point Blank attaque aussi intensément ce disque qu’il avait conclu le disque précédent. A croire que la légende dit vraie comme quoi les deux albums auraient été réalisés lors d’une seule et même session journalière. Pas surprenant donc d’y retrouver les mêmes agréables sensations du début  (Part Time Lover) à la fin (Waiting For The Change).

Point Blank persiste et signe dans un registre dans lequel il se place sur les talons immédiats des deux références de la catégorie.

Le cadet des albums hérite de tout ce qui a fait la force de son ainé, en forçant toutefois un peu plus sur les ballades. C’est grandiose. La bête ne dort donc jamais (RAZOR©).

 

1. Part Time Lover.

2. Back in the Alley.

3. Rock and Roll Hideaway.

4. Stars and Scars.

5. Beautiful Loser.

6. Uncle Ned.

7. Tattooed Lady.

8. Nasty Notions.

9. Waiting for a Change.

 

Rusty Burns:guitare.

Kim Davis:guitare.

John O'Daniel:chant.

Buzzy Gruen:batterie.

Phillip Petty:basse.

LP Studio 3 - 1979

 

Point blank airplay

 

POINT BLANK

AIRPLAY – 1979  4/5

 

Publié en 1979.

Produit par Bill Ham.

Durée:39:51.

Label:MCA Records.

 

Tentative de subornation d’auditoire.

 

La période glorieuse de Point Blank prend fin avec ce troisième LP, Airplay (en écoute intégrale ici) de 1979. Les années 80 les verront progressivement disparaître, alors qu’ils avaient tout pour reprendre le flambeau laissé par Lynyrd Skynyrd, disparu tragiquement en 1977. Les deux albums précédents laissaient à penser que le vide généré par la perte du leader du rock sudiste allait être définitivement comblé.

En dépit de leur énorme qualité, ils n’ont pas réussi à installer Point Blank dans le costume taillé sur mesure pour lui, d’héritier du Lynyrd. Le costard lui allait pourtant si bien. Ce qui revient à dire que Second Season, sorti deux ans avant, était déjà de l’histoire ancienne en 1979. Deux ans, c’est long quand on est artiste. D’où la nécessité de revenir en force à tout prix pour ne pas être englouti définitivement.

La différence entre ce N°3 et ses devanciers, c’est que l’album est moins rageur. C’est un peu comme si les pistoleros de 1976 et 1977 s’étaient acheté une conduite, comme s’ils ne tiraient plus à balles réelles. Ils ne manquent pas leur cible pour autant.

Boogie-rock, ballades, mid-tempo rock, Point Blank est toujours influencé par les valeurs terroir et maison et son inspiration ne se déprécie aucunement. Il suborne ici son auditoire avec des arguments plus tempérés ce qui ne l’empêche pas de convaincre une troisième fois d’affilée.

Airplay (avec Steve Hardin dans le rôle du claviériste d’astreinte), marque un changement de direction de Point Blank dont on aurait aimé, pour ce qu’il a apporté au southern rock des seventies, qu’il se concrétise autrement que par le basculement dans l’oubli.

Il est, en effet, malheureux qu’une telle pointure du rock sudiste ne soit remise sur le devant de la scène que dès lors que l’on dépoussière un de ses trois premiers albums (le reste est à écarter) alors que sa place est auprès de Lynyrd Skynyrd, qu’il surpasse parfois. Enfin, ça n’engage que moi. Dans l’esprit, l’élève a fait oublier le maître. Pour moi, c’est certain (RAZOR©).

 

1. Mean To Your Queenie.

2. Two Time Loser.

3. Shine On.

4. Penthouse Pauper.

5. Danger Zone.

6. Louisiana Leg.

7. Takin' It Easy.

8. Thunder and Lightning.

9. Changed My Mind.

 

Rusty Burns:guitare.

Kim Davis,chant:guitare.

Peter Gruen:batterie.

John O’Daniel:chant.

Phillip Petty:basse.

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