ZZ Top.

BIOGRAPHIE.

 

ZZ TOP/Houston (Texas)

 

Zz top 1

 

Actif depuis 1969.

Label:Rhino/WEA, RCA, Warner Bros.

Genre:blues-rock,hard rock,rock sudiste,southern rock.

Site officiel:www.zztop.com

La pilosité la plus célèbre du rock.

Au moment où le clip vidéo fait son apparition sur les écrans TV au début des 80’s et où le trio de texans velus bénéficie d’une audience télévisée exceptionnelle pour Gimme All Your Lovin’, grâce à MTV, ZZ Top affiche déjà plus de 10 ans de carrière.

Dès sa création en juin 1969, le groupe à la pilosité génienne la plus démesurée du rock développe un hard’n’blues terriblement efficace, tissé  autour d’un schéma des plus simples, des plus infaillibles et que l’on devine pouvoir être tenu des heures sans faiblir un seul instant : guitare, basse, batterie.

La maestria, la spontanéité, la décontraction, et l’énergie de ce blues-rock de derrière les fagots virent systématiquement depuis à la contagion podale : aux premières notes, les barbus les plus connus de la planète font battre du soulier, qu’il soit tiag ou charentaise ou suscitent, chez le sujet sensible, une improvisation hystérisée d’air guitare.

La zizitopaddiction initiée par cette tierce aux 2/3 barbue et chaussant lunettes de soleil a déjà fait des millions de victimes : plus d’une cinquantaine (de millions) a craqué sur sa discographie.  Et la fin de la pandémie n’est pas encore programmée…

Southern rock, bière, nanas…

ZZ Top, c’est rock, bibine, caisses américaines et pin-ups canons. Cette vision est certes réductrice, mais elle est celle qui colle le plus près à la réputation mondiale de la formation née à Houston autour de Billy Fredericks Gibbons, chanteur et guitariste (barbu), Joe Dusty Hill Michael, chanteur et bassiste (barbu) et Frank Lee Beard, batteur et seul non barbu, même si, curieusement, Beard signifie barbe en anglais.

L’origine de son identité, ZZ Top, demeure floue. Pour les uns, il réfère au nom du papier de cigarette utilisé à l’époque par les membres de ce trio extravagant ou à une marque de bière ; d’autres avancent que le choix de ce nom a été fait pour que les albums du groupe apparaissent toujours dans les derniers des bacs des disquaires. Une troisième piste, révélée par Billy Gibbons, fait état d’une volonté délibérée des intéressés d’avoir voulu privilégier une appellation dérivée de B.B King.

Ne pouvant s’appeler ZZ King, car trop ressemblant avec le patronyme du bluesman, et compte tenu que le King en question était au Top, Gibbons, Hill et Beard ont jeté leur dévolu sur ZZ Top. Plus de 45 ans après, le mythique ZZ Top, toujours autant acclamé par le public et soutenu par la critique, est devenu un label boogie-rock synonyme de simplicité, d’efficacité, de puissance, d’humour, de gros hits et ce n’est pas le dernier de la quinzaine de LP rattachés à son catalogue, La Futura (2012), qui change quoi que ce soit à la popularité de ces stars planétaires.

Zz top 3

De grands pros.

ZZ Top n’a pas pris une ride depuis ses débuts ; il est même carrément indémodable, n’en déplaise à ceux qui pensent un peu trop fort que le trio ne se renouvèle pas depuis des décennies et qu’il propose toujours la même chose. ZZ Top est si bon que sa gloire est pérenne, ses hits si mémorables qu’ils sont devenus intemporels. L’énergie frénétique qu’il déploie et communique toujours autant dans ses spectacles force le respect. Le Zénith parisien de 2013 s’en souvient.

Ces mecs sont de grands pros et ils repassent par chez nous en juin de cette année 2015 dans le cadre d’un tour européen. Ceux qui n’ont jamais assisté à un de leurs concerts ont une opportunité énorme de constater de quel bois se chauffent les trois acolytes, peut-être papy rockers pour certains, mais éternels et inamovibles lauréats de disques d’or et de platine : le métal jaune pour Tres Hombres (1973), le mi-live, mi-studio Fandango ! (1975), Tejas (1977), El Loco (1981) ; le gris-blanc pour Degüello (1979), Eliminator avec ses nouvelles sonorités cuivres et synthés et son classique mondial Gimme All Your Lovin’ (1983), Afterburner (1985), Recycler (1990) et Antenna (1994) qui annonce les juteuses années RCA. L’état des lieux parle de lui-même. No comment.

Quelques couacs…

Emargent de ce lot prestigieux les deux LP qui débutent le catalogue : le satisfaisant First Album (1971), blues-rock lourd sur une matière encore hésitante, qui établit aussi bien le son à venir qu’il ne pose les bizarreries et l’humour auxquels il faudra s’habituer ; Rio Grande Mud (1972), son suivant, encore plus lourd et plus puissant, plus consistant aussi autour d’une écriture bonifiée, annonce le grand power-trio à venir.

Si Rhythmeen (1996) qui revient aux bases ZZ Top, XXX en hommage à ses 30 ans d’activité (1999) et Mescalero (2003) se classent dans les charts US et britanniques, ils ne présentent pas beaucoup d’intérêt et n’appartiennent pas au gratin discographique de ZZ Top. La Futura (2012), 9 ans plus tard, n’a pas la prétention de bousculer une hiérarchie bien établie depuis 20 ans ; il traduit pourtant le retour à un excellent niveau des barbus, permet de les retrouver avec des ambitions encore clairement affichées après quatre décades au service du boogie-blues. En ce sens, le passage entre les mains du producteur Rick Rubin en 2008 s’avère déterminant.

Zz top billy gibbons

« S’il y a eu des moments difficiles ?

Gardez à l’esprit que lorsque vous avez 18, 19, 20 ans, que vous êtes jeunes, insouciants et que vous avez du succès, rien n’est difficile.

Quand vous passez votre temps à jouer devant un public passionné et fidèle, ce n’est que du bonheur.

Pour nous, ZZ Top a été un véritable cadeau du ciel. »

(Billy Gibbons)

La mémorable et incontournable discographie des 70’s.

Gibbons, grand pote d’Hendrix, Hill et Beard unissent leur destinée en 1969, en bénéficiant du rapprochement de deux groupes alors rivaux, les Moving Sidewalk (Gibbons) et l’American Blues (Beard et Hill). Leur musique, dès le départ, penche radicalement vers le blues. ZZ Top donne son premier vrai concert en février 1970, à Beaumont (Texas) et publie son premier LP en 1971 ; déjà, il se fait remarquer par son hard ‘n’ blues marqué de riffs de guitares tranchants.

Zz top tres hombres

Pendant les 70’s, il enfile 6 albums studio avec la réussite évoquée antérieurement. Il enchaîne également les hits jusqu’au milieu des années 80 : La Grange (1973), au nom faisant référence à un claque texan, Jesus Just Left Chicago, Beer Drinkers & Heel Raisers, puis, plus tard, Gimme All Your Lovin’, Sharp Dressed Man, TV Dinners, Legs, Sleeping Bag, Velcro Fly et Rough Boy.

Après Tejas (1977) et d'interminables tournées, le trio s’accorde un répit de 2 à 3 ans mis à profit par le label London pour combler l’attente avec un best of. Le retour se fait avec Degüello (1979), album à partir duquel ZZ Top commence à surfer sur son look pileux, à s’afficher avec des costumes colorés et des guitares customisées, et que le nouveau format promotionnel vidéo va populariser.

Les années 80 sont très lucratives et avant tout commerciales, même si moins croustillantes que les 70’s. Il sera même proposé à ZZ Top un contrat mirifique d’un million de dollars par une marque de produits de rasage pour que les barbus se débarrassent de leurs poils au menton.

Malgré quelques bons LP dans les années 80 et une communication gravitant essentiellement autour du look pilaire, des voitures et des nanas pulpeuses, l’après Afterburner (1985) s’annonce plus délicat et il faut attendre l’année 1990 pour assister au retour en studio de ZZ Top par l’entremise de Recycler.

Zz top 4

Un N° 16 imminent ?

Recycler amorce une phase de déclin commercial dans les bacs, pas au niveau ses concerts, toujours aussi rentables et prisés. ZZ Top engage alors une étonnante traversée du désert discographique, ses LP entre 1990 et 2003 étant très décevants pour les purs et durs des dernières décennies (Antenna, Rythmeen, XXX et Mescalero). Le trio se fait alors moins présent, mais ses membres appartiendront éternellement à la légende. 

Le Texas les fait citoyens d’honneur et lui aménage, le 23 août, un jour lui étant entièrement consacré ; il est par ailleurs élu au Rock And Roll Hall Of Fame et un des plus gros vendeurs du rock. Où cela s’arrêtera-t-il ? L’avenir nous le dira, un nouveau disque serait en préparation : le 16ème. Gageons qu’il trouvera encore les arguments pour faire battre le rythme à tous les souliers de la planète terre : charentaises, santiags’, sandales, nu-pieds, talons aiguilles, baskets, brodequins, mules… que sais-je encore. C’est contagieux, je vous dis (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1971

 

Zz top first album

 

ZZ TOP

ZZ TOP’S FIRST ALBUM – 1971  3,5/5

 

Publié le 16 janvier 1971.

Produit par Bill Ham.

Durée:35:16.

Label:London.

Genre:Texas blues,southern rock,blues-rock,boogie rock,hard rock.

 

Espoir et déjà cador.

 

Leurs barbes ont viré au gris depuis la parution de cet album, pas vraiment éponyme dans son intitulé, ni réellement nommé, révélant ZZ Top au monde du rock. Nous sommes en 1971 et ça fait déjà deux ans que le groupe est né. ZZ Top’s First Album (en écoute intégrale ici) révèle une formation, ou plutôt un trio, car c’est de cela dont il s’agit avec les texans, un trio qui tient plus alors de Canned Heat ou du Mountain que du ZZ Top qui nous est familier.

ZZ Top en est encore à se chercher, à installer le son qui a mis sur le cul toute la planète rock, limitant pour l’heure sa musique à jouer le blues dans sa représentation la plus brutale.

Porté par la guitare de Billy Gibbons, une des plus fines lames blues œuvrant dans le hard rock, et par une rythmique hors norme constituée de Dusty Hill à la basse et Franck Beard à la batterie, ce trio infernal du rock texan, aux barbes pas encore aussi fournies qu’aujourd’hui, aux futures tenues vestimentaires excentriques et aux gestes scéniques  synchronisés, fixe ici le début de sa carrière phénoménale. Il n’est pas leur plus connu et n’est pas récompensé d’un quelconque métal (or, argent ou platine).

Premier LP pour London Records, le disque met en place leur boogie-blues-rock de demain.  Il le fait à grand renfort de guitares saturées et en y mettant beaucoup de lourdeur et de puissance, confortant le constat que le combo texan est avant tout une entreprise taillée pour la scène.

Ce ne sont encore que les premiers pas du trio, mais déjà l’élixir a du corps. Le poil n’est certes encore que duvet et si elle ne fait pas d’ombre pas aux monstres sacrés que sont les Degüello ou Tejas, Tres Hombres ou Fandango, l’affaire vinylique initiale est déjà rondement menée, sans prise de tête, mais sans trop de risques non plus, malgré une technique individuelle et collective bien rompue, l’essentiel du moment étant d’être efficace. Et ça l’est.

Au blues de leurs racines, Gibbons, Hil et Beard mêlent de la country, du hard, du boogie et des influences sudistes. Cette décoction donne le jour à des pièces pour le moins très remarquées à ce niveau précoce de leur carrière, à l’instar des Old Man, Brown Sugar, (Somebody Else Been) Shakin’ Your Tree, Backdoor Love Affair, Squank, Neighbor Neighbor et Goin’ Down To Mexico. Les texans sont ici déjà prêts à faire le grand saut. Espoir du genre, ZZ Top en est déjà aussi un expert (RAZOR©).

 

1. (Somebody Else Been) Shakin' Your Tree.

2. Brown Sugar.

3. Squank.

4. Goin' Down To Mexico.

5. Old Man.

6. Neighbor, Neighbor.

7. Certified Blues.

8. Bedroom Thang.

9. Just Got Back From Baby's.

10. Backdoor Love Affair.

 

Frank Beard (Rube Beard):batterie.

Billy Gibbons:chant,guitare,harmonica.

Dusty Hill:chant,basse.

LP Studio 2 - 1972

 

Z z top rio grande mud 1972

 

ZZ TOP

RIO GRANDE MUD – 1972  - 4/5

 

Publié le 4 avril 1972.

Produit par Bill Ham.

Durée:38:55.

Label:London.

Genre:Texas blues,hard rock,blues-rock,boogie-rock,southern rock.

 

ZZ Top s’approprie le rock.

 

ZZ Top n’est jamais passé par la case Espoirs du rock. Il y est entré comme le cador qu’il est, en bousculant tout sur son passage, sans franchir de palier, mais en prenant position naturellement parmi les grosses cavaleries de la profession. Au regard de son excellent LP précédent, il serait inconvenant de ne pas l’admettre. On a affaire à du lourd et même le plus affûté des bookmakers ignore alors encore de quelle pesanteur les zigs sont capables.

Rio Mud Grande (en écoute intégrale ici), publié au printemps de 1972, remet une couche là où ZZ Top’s First Album faisait déjà assez mal : du blues, du rock, du boogie malaxé à la sauce sudiste. Certes, la marge est encore conséquente avec les œuvres primées des artistes texans, j’entends par là les Tres Hombres, Fandango, Tejas et Degüello, mais le niveau est déjà très bon de bout en bout.  

La ballade Francine permet à ZZ Top de goûter pour la première fois aux joies de figurer dans les charts, une délicieuse habitude qu’il va reproduire pendant trois décennies. Précédé d’une belle renommée, ZZ Top, à l’avant-garde de l’échiquier texan, connaît, cette même année, le bonheur de pouvoir ouvrir pour les monstres sacrés, les seuls qui le devancent encore en termes de popularité. Ainsi, il est retenu pour chauffer les spectacles des Stones. Parallèlement, le trio assure un nombre considérable de dates américaines.

Rio Grande Mud, mieux maîtrisé que son prédécesseur, est un excellent disque de blues-rock, fort de ces pétillantes pièces maîtresses que sont l’explosif Just Got Paid, le hard fumeux Whiskey’n Mama, le jubilatoire boogie Bar-B-Q, le blues de papa Mushmouth Shoutin’, un des seuls rescapés encore ancré dans les racines blues du combo de Houston et dont il tend à s’éloigner ici, l’instrumental Apologies To Pearly et sa magnifique slide, le vitaminé Ko Ko Blue, Chevrolet, plus classique et plus pop et celui que je trouve personnellement fabuleux, Sure Got Cold After The Rain Fell.

Avec Rio Grande Mud, première grande signature du catalogue, les poilus texans passent la vitesse supérieure, en devenant plus lourds et plus puissants, mais surtout en étoffant leurs compositions. Ils s’approprient désormais et aussi la place rock ; qui pourra l’en déloger ? (RAZOR©).

 

1. Francine.

2. Just Got Paid.

3. Mushmouth Shoutin'.

4. Ko Ko Blue.

5. Chevrolet.

6. Apologies to Pearly.

7. Bar-B-Q.

8. Sure Got Cold After the Rain Fell.

9. Whiskey'n Mama.

10. Down Brownie.

 

Billy Gibbons:guitare,chant.

Dusty Hill:basse,claviers,chant sur 1,chœurs.

Frank Beard:batterie,percussions

Pete Tickle:guitare acoustique sur 3.

LP Studio 3 - 1973

 

Zz top tres hombres 1

 

ZZ TOP

TRES HOMBRES – 1973  5/5

 

Publié le 26 juillet 1973.

Produit par Bill Ham.

Durée:33:32.

Label:London.

Genre:blues-rock,Southern rock,boogie rock,hard rock,Texas blues.

 

Contagieux.

 

Le riff bien pansu du frénétique La Grange, un boogie blues de derrière les fagots, annonce le ZZ Top nouveau, celui qui va mettre la main sur le rock. Le son se durcit et s’épaissit ; le trio, plus puissant que jamais, est désormais formaté pour aller squatter les charts et faire carrière sur les ondes.

Tres Hombres (en écoute intégrale ici) est l’album du hit le plus fumeux des texans,il est également  le LP pour lequel les supporters de la première vague zizitopienne, celle des années 70, en pincent le plus. Comme on les comprend.

C’est en effet par ce disque généreux que la tierce de Houston fait ses premiers gros scores dans les bacs internationaux. Prophète en son pays, elle écoule plus d’un million de ce spécimen chez les disquaires yankees. Inutile de faire un dessin, son destin est en marche…

La matière, globalement bonifiée par rapport à hier, est sujette à une adhésion en masse des fans et on retrouve dans Tres Hombres des pièces au moins aussi toniques et incontournables du catalogue que l’hymne ZZ Top évoqué ci-dessus : le country-rock-boogie sudiste Waitin’ For The Bus et le blues Jesus Just Left Chicago, réunis pour la bonne cause et pour ne faire qu’un, ainsi que Beer Drinkers & Hell Raisers, limite hard rock, adressé à la clientèle motorisée et buveuse de bière qui gravite dans le giron de ZZ Top, Masters Of Sparks, le country-rock Precious And Grace, le zarbi Shiek ou encore Have You Heard.

La déferlante impulsée par le triptyque Beard/Gibbons/Hill renifle bon les grands espaces texans, les castagnes, les american trucks à donf sur les routes poussiéreuses, le sud et son rock façonné à force de pintes et de téquila.

Pendant un peu plus d’une demi-heure (Mr Cadbury aurait pu le faire un peu plus grand), ce qui est purement frustrant et scandaleux au regard de la qualité de ce disque essentiel dans la carrière du groupe, ZZ Top condense pour la première fois et avec l’aboutissement heureux qu’on lui connaît, son blues nerveux et incandescent au rock poussiéreux du sud, révélés par le First Album et Rio Grande Mud qui précédent. Le combo occupe est un terrain sur lequel Lynyrd Skynyrd prospère et s’y montre convaincant, inspiré, l’album en question, sorti fin juillet 1973, ne faisant pas platine pour la forme.

Comme les travaux de son illustre rival, on peut désormais nommer les choses ainsi, Tres Hombres occupe la place à coups de guitares saturées, de rythmes furibonds, de voix rageuses. Il n’est pas disposé à la lâcher, on le verra au travers d’une suite qui s’annonce aussi excitante, bandante, récréative, sauvage, puissante et fructueuse ; le panel de fans s’élargit, le public en redemande à ce ZZ Top là, encore le cœur et l’esprit à ses racines rustres texanes.

Jusqu’à virer dans un show-biz pour lequel je suis moins client, ZZ Top va lui en donner pour son argent. Que la décennie fut grande ; c’est là que ça se passe. On parle encore de southern rock, réalisé dans un schéma classique guitare/basse/batterie ; après ça appartient plus à la pipolisation et au show avec les costumes de pimpins, les lunettes de soleil, les guitares customisées et la batterie synthétique. Vous ai-je dit que Tres Hombres est indispensable ? Non ? Et bien, il l’est (RAZOR©).

 

1. Waitin' For The Bus.

2. Jesus Just Left Chicago.

3. Beer Drinkers & Hell Raisers.

4. Master Of Sparks.

5. Hot, Blue And Righteous.

6. Move Me On Down The Line.

7. Precious And Grace.

8. La Grange.

9. Shiek.

10. Have You Heard ?

 

Billy Gibbons:guitare,chant.

Dusty Hill:basse,choeurs,chant.

Rube Beard:batterie,percussions.

LP Hybride - live et Studio 4 - 1975

 

Zz top fandango

 

ZZ TOP

FANDANGO – 1975  5/5

 

Publié le 18 avril 1975.

Produit par Bill Ham.

Durée:32:00.

Label:London.

Genre:Texas blues,southern rock,boogie rock,blues rock,hard rock.

 

Un ZZ en forme.

 

Je n’ai pas vraiment d’affinités avec les albums hybrides, à savoir les moitié live, moitié studio. Pour moi, selon que l’on se plonge dans un live ou dans un studio, l’état d’esprit diffère. Ne serait-ce qu’un peu de l’un dans l’autre plombe mon écoute. J’ai le sentiment tenace que cette batardisation fait désordre, qu’elle nuit à l’appréciation du disque ou procède à sa dévaluation.

Je dois toutefois admettre, par la force des choses, que la publication du printemps 1975 répondant au nom de Fandango passe chez moi comme une lettre à la poste. En vertu du principe qui veut qu’on ne crache pas sur du ZZ Top en tournée, parce que l’unité est taillée avant tout pour la scène, pas plus que l’on ne fait pas la fine bouche sur un lot de titres studio que j’aurais aimé plus conséquent, j’ai étouffé ma philosophie que j’admets carrée, pour ne retenir que l’œuvre d’un groupe au meilleur de sa forme et de son inspiration.

Ce ZZ Top de Fandango (en écoute intégrale ici), installé dans le sillage du grandiose Tres Hombres et en grande forme au regard de la sublime tournée organisée dans le cadre de la promotion dudit troisième LP, s’avère un passage obligé. Qu’importe finalement le format, quand on tient un disque de ce niveau, révélateur de la colossale puissance scénique que ses acteurs sont capables de produire et éloquent quant à l’inspiration qui continue à les accompagner dans la matière originale occupant la deuxième partie de Fandango.

Avec en face one, trois titres live à fond les manettes, capturés à la Warehouse de la Nouvelle-Orléans pendant la tournée nationale de 74 et restitués tels quels, le dynamique Thunderbird, bien dans le style maison, la reprise explosive Jailhouse Rock et le pot pourri chaud comme la braise de près de 10 minutes, Backdoor Meddley, avec une seconde partie studio plus bluesy, affectée à des nouveautés dans la digne continuité de Tres Hombres, à savoir Mexican Blackbird, Heard It On The X, Tush, le boogie Balinese ou le mythique Blue Jean Blues, ce quatrième album conforte ZZ Top parmi les plus grands groupes de rock du moment. Une chose est sûre : désormais, il faut compter avec eux. Au résultat de ce qui précède, il ne surprendra personne d’apprendre que Fandango ait été couvert de platine pour la seconde fois de rang. De la belle ouvrage (RAZOR©).

 

1. Thunderbird (live).

2. Jailhouse Rock (live)

3. Backdoor Medley:Backdoor Love Affair/Mellow Down Easy/Backdoor Love Affair No. 2/Long Distance Boogie (live).

4. Nasty Dogs and Funky Kings.

5. Blue Jean Blues.

6. Balinese.

7. Mexican Blackbird.

8. Heard it on the X.

9. Tush.

 

Billy Gibbons:guitare,chant.

Dusty Hill:basse,choeurs,chant sur 2/6/9,co-chant sur 8.

Frank Beard:batterie,percussions.

LP Studio 5 - 1976

 

Zz top tejas

 

ZZ TOP

TEJAS – 1976  5/5

 

Publié en novembre 1976.

Produit par Bill Ham.

Durée:34:44.

Label:London.

Genre: Texas blues,southern rock,boogie rock,blues-rock,hard rock.

 

Ici et nulle part ailleurs.

 

ZZ Top est au comble de sa forme, de sa créativité et de sa maturité technique ici. Le trio en est intimement convaincu, considérant son cinquième jet, Tejas (en écoute intégrale ici), comme le plus abouti des travaux qu’il a réalisés. Pour avoir mis 18 mois à le ciseler en studio, ses auteurs en savent quelque chose : Tejas est bien le grand crû annoncé par ceux qui en sont à l’initiative.

La seule interrogation à son endroit porte sur la qualité de l’accueil pouvant lui être réservée du fait qu’il prend position juste après les deux volumes exceptionnels que sont Tres Hombres et Fandango. Les craintes rapidement dissipées malgré une direction un peu moins bluesy et  légitimes au regard du niveau de ses devanciers vinyliques, Tejas s’inscrit effectivement comme la troisième grande œuvre de rang des texans : la musique ici développée s’inscrit comme une norme incontournable de boogie, comme la haute-couture du genre.

Publié fin novembre 1976, le seul reproche que l’on peut formuler contre lui est d’être trop court du haut de ses 34 minutes. Cette concision, si elle  amène à une énième frustration car le phénomène est récurrent chez ZZ Top, est surtout l’assurance que le trio a redoublé de soin quant au présent lot qu’il propose et qu’une production en tous points remarquable dote d’un son brumeux fantastique et rehausse la guitare de Gibbons (Bill Ham). Comme si cette dernière, déjà inventive et légère, avait besoin de ça pour voler la vedette à une rythmique tueuse ou aux fameuses voix âpres du trio, autres arguments convaincants ici.

La collecte en question, solide et calée sur les thèmes familiers du groupe (gonzesses, picole, caisses et blues), recense des merveilles de pesanteurs blues-rock : la perle El Diablo, l’ouvreur It’s Only Love, l’énorme Arrested For Driving While Blind, Ten Dollar Men, les boogie basiques Pan Am Highway Blues, le somptueux Enjoy And Get It On, Avalon Hideaway ou l’instrumental Asleep In The Desert.

La caisse de bibines fraîches à portée de main, le cul dans le rocking-chair, faites-vous complice de ces renégats de Houston qui s’écoutent sans discontinuer jusqu’à la dernière goutte de la dernière canette. Fabuleux ! (RAZOR©)

 

1. It's Only Love.

2. Arrested For Driving While Blind.

3. El Diablo.

4. Snappy Kakkie.

5. Enjoy And Get It On.

6. Ten Dollar Man.

7. Pan Am Highway Blues.

8. Avalon Hideaway.

9. She's A Heartbreaker.

10. Asleep In The Desert.

 

Billy Gibbons:chant,guitare,violon,harmonica.

Dusty Hill:basse,chant.

Frank "Rube" Beard:batterie.

LP Studio 6 - 1979

 

Zz top deguello

 

ZZ TOP

DEGUELLO -1979  3/5

 

Publié en novembre 1979.

Produit par Bill Ham.

Durée:34:03.

Label:Warner Bros.

Genre:Texas blues,blues-rock,boogie-rock,southern rock,hard rock.

 

L’entrée dans le show-biz.

 

Avec Degüello (en écoute intégrale ici) prend fin la première phase ZZ Top, la plus intéressante à mon goût, ma préférée sans la moindre contestation. Sur ce créneau temporel, Degüello s’avère être le disque que j’aime le moins des texans et pour cause : il flirte trop avec le son des 80’s, que je ne supporte pas, et auquel, pas plus que la communication devant laquelle la génération MTV se pâme généralement, je n’ai jamais pu m’habituer, encore moins lui trouver des arguments avantageux.

Degüello, vous l’aurez deviné, n’est pas ma tasse de thé ; je lui objecte, de loin et en bloc, tout ce qui précède. Chez moi, la mutation vers le show biz passe mal et ce disque scelle la fin du ZZ Top classique, gamelle dans laquelle je me sustente encore régulièrement et avec plaisir. Jamais sa suite.

N’empêche, c’est le sixième acte du catalogue studio du trio et on ne peut passer outre. Il s’est fait attendre quasiment trois ans, non pas en raison d’une quelconque difficulté à l’alimenter ou à l’enregistrer, mais en raison de deux facteurs : le changement de label, ZZ Top passant de London à Warner Bros pour se doter de moyens supplémentaires à son développement international, et le besoin de recharger les accus pour des acteurs carrément rincés par la répétitivité des tournées engagées dans l’élan de Tejas.

Degüello est l’album à partir duquel le cirque médiatico-publicitaire s’engage. Les barbes, les stetson, les lunettes de soleil, les gonzesses, les grosses voitures américaines, les guitares customisées et les chorégraphies bien huilées, c’est pour le fun, pour l’image. L’ère du clip s’annonce : ZZ Top est un support tout trouvé, le filon va être exploité à donf. Non merci, pas pour moi.

Il n’est cependant pas permis de négliger son succès au Degüello, ni de remettre en question la qualité de ses acteurs, mais le ton change. A mon grand dam.

On baigne ici dans un contexte 80’s dans lequel je ne me retrouve pas, sans génie, gentillet, encore acceptable par rares instants, à l’instar de Cheap Sunglasses, I’m Bad I’m Nationwide, I Thank You, Dust My Broom.

Mes héros sont si fatigués qu’ils vont se laisser happer un peu facilement, puis formater, par un impitoyable et sans scrupules show biz. Je n’y étais plus et c’est mieux ainsi (RAZOR©).

 

1. I Thank You.
2. She Loves My Automobile.
3. I'm Bad, I'm Nationwide.
4. A Fool For Your Stockings.
5. Manic Mechanic.
6. Dust My Broom.
7. Lowdown In The Street.
8. Hi Fi Mama.
9. Cheap Sunglasses.
10. Esther Be The One.

 

Billy Gibbons:chant,guitare.

Dusty Hill:chant,basse.

Franck Beard:batterie.

DISCOGRAPHIE ERE MODERNE.

LP Studio 15 - 2012

 

Zz top la futura

 

ZZ TOP

LA FUTURA – 2012  3,5/5

 

Publié en septembre 2012.

Produit par Rick Rubin,Billy Gibbons.

Durée:39:28.

Label:American Recordings,Universal Republic.

Genre:Texas blues,blues-rock,hard rock.

 

ZZ Top refait du ZZ Top !

 

Les barbes sont certes plus blanchies que grisonnantes ou poivre et sel, mais ne vous imaginez pas pour autant que les pépés Top sont gagnés par une quelconque arthrose. En quarante trois ans d’une vie musicale partagée exclusivement et égoïstement à trois (Gibbons, Hill et Beard), les texans les plus célèbres du rock, s’ils n’ont plus la fougue qui sied à la jeunesse, se permettent néanmoins un retour probant sur l’échiquier discographique rock (2012), en publiant La Futura (en écoute intégrale ici), un disque honnête, on va dire.

Cet album, leur 15ème studio, comble ainsi un vide d’une dizaine d’années, le tristounet Mescalero (2003) étant leur dernier point de repère studio. La recette de ce retour aux affaires concluant est simple comme bonjour : refaire du ZZ Top, autrement dit remettre en branle leur fameux et fumeux boogie-blues électrique.

On verra que, s’il soulève moins de poussière qu’avant-hier, il n’en conserve pas moins une belle crédibilité. Que les barbus ressortent les antisèches de leur manche pour nous refaire du vintage 70’s importe finalement peu au fidèle supporter.

Cette démarche un peu facile, sans risques, mais à coup sûr gagnante, suffit déjà amplement à notre bonheur. Pourquoi cracher sur un come-back basé sur la simplicité et l’efficacité ? Le trio sait faire et bien faire ce type de musique qui crépite encore de belles étincelles.

Le rendu est peut être moins énergique qu’il ne le fut au moment de la splendeur du groupe de Houston, l’album ne fait pas preuve d’une grande originalité, ni ne surprend vraiment, mais il reste encore de belle volée, malgré une fureur émoussée.

Les riffs suintent encore, les soli ne manquent pas d’inspiration, Gibbons s’arrache les cordes vocales au point d’en avoir mal pour lui, la rythmique demeure toujours  implacable. Mais c’est du déjà vu, déjà entendu.

Bref, le N°15 des trois gaziers à la pilosité extraordinairement développée s’inscrit dans l’état d’esprit ZZ Top, celui auquel nous sommes familiers depuis les années 70.

Les dix titres, relativement tempérés pour l’essentiel, dont les quatre premiers sont issus de l’EP sorti l’été dernier (Texicali-2012), fusionnent la tradition ZZ Top à la modernité technologique. C’est là que se situe la vraie originalité d’un lot marqué, que les fans se rassurent, par des soubresauts toniques ; j’en veux pour preuve les Chartreuse ou encore Flyin’ High.

Accrocheurs, même si moins punchy qu’auparavant (la tendance est mid tempo), ils permettent à ZZ Top de boucler son meilleur travail depuis longtemps, très longtemps : Heartache In Blue, I Don’t Wanna Lose, Lose You. Depuis près de 30 ans. Depuis Eliminator en fait, dernier grand ZZ Top, si l’on s’en tient aux réactions des fans qui y étaient encore !

Fort de ce constat, on ne manquera pas de tendre l’oreille pour un disque d’inspiration blues, dont le son chaud et épais, cradingue comme on l’aime, rappelle, toutes proportions gardées, les meilleures heures de la formation texane, la fougue de la jeunesse mise à part.

A l’image de I Gotsa Get Paid, ZZ Top effectue un retour concluant parmi nous, ce dont nous ne pouvons que nous réjouir. Mais bon, va falloir se sortir les doigts du fion pour mettre le feu, les barbus, on vous a connus beaucoup plus fougueux (RAZOR©).

 

1. I Gotsa Get Paid.

2. Chartreuse.

3. Consumption.

4. Over You.

5. Heartache in Blue.

6. I Don’t Wanna Lose,Lose,You.

7. Flyin’ High.

8. It’s Too Easy Manana.

9. Big Shiny Nine.

10. Have a Little Mercy.

 

Billy Gibbons:chant,guitare.

Dusty Hill:chant,basse.

Frank Beard:batterie.

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