Gary Stewart.

BIOGRAPHIE.

 

GARY STEWART/Jenkins (Kentucky)

 

Gary stewart 1

 

Actif de 1968 à 2003.

Labels:Cory,Kapp,Decca Records,RCA Records,MCA Records,HighTone,Smith Music Group.

Genre:country,outlaw country,honky tonk,rock sudiste.

 

Le roi des honkey tonkers.

Gary Stewart doit son prénom à l’intérêt que portait Mr Stewart père, à Gary Cooper. Né le 28 mai 1944, Garry Ronnie Stewart est un musicien de country, doublé d’un songwriter et d’un chanteur que les historiens de la  country outlaw oublient souvent à l’heure de la distribution des prix. Rarement les fans, qui reconnaissent en lui le meilleur des honkey tonkers.

Doté d’une magnifique voix, celui que la presse de l’époque considère alors comme le roi du Honky Tonk a malheureusement mis fin à ses jours le 16 décembre 2003 dans sa modeste caravane de Fort Pierce. L’année 2003 a été impitoyable pour la country music. Elle a successivement laissé sur le carreau June Carter (en mai), puis celui qui fut son homme, Johnny Cash (septembre), et enfin le moins médiatique Gary Stewart (décembre).

Misère, dépression, alcool et drogue…

La mort de sa femme un mois auparavant, des contrats engloutis dans la toxicomanie et l’alcool, un dos qui le faisait horriblement souffrir quotidiennement suite à un accident de moto dans les années 80, un fils qui s’est donné la mort il y a une quinzaine d’années, il n’en fallut pas plus pour que son existence, brisée par le chagrin, l’infortune et le malheur, ne se termine par un suicide. Gary n’est jamais sorti (ou très rarement) de ce cycle infernal de la misère, de la dépression, de la drogue et de l’alcool. Il ne s’est jamais hissé au niveau de Hank Williams dont on lui prédisait pourtant le parcours.

Gary Stewart avait 58 ans, il était l’un des plus grands chanteurs de country. Son seul défaut ? Il est arrivé à un moment où il ne fallait pas être trop rock pour les countryistes, ni trop country pour les rockers. Tout au long des 70’s, Gary Stewart a pourtant été un faiseur de hits. Autant comme compositeur que comme interprète.

Gary stewart 4

Découvert par Mell Tellis.

Fils d’un mineur de charbon de Jenkins (Kentucky), en proie, enfant, à la pauvreté (pas d’eau courante, ni d’électricité) et à la dépression née de l’accident minier grave affectant son paternel, il réside quasiment toute sa vie à Fort Pierce, sur la côte Atlantique de la Floride où il déménage avec les siens à l’âge de 12 ans.

Au milieu de ses 8 frères et sœurs, il y fait son apprentissage de chanteur en apprenant la musique. A 14 ans, il a sa première guitare, mais sait également jouer du piano. Gary fait alors le grand saut dans les apparitions face à un public.

Déniché par Lonnie Melvin Tellis, alias Mel Tillis, chanteur de country à succès, l’adolescent Gary Stewart arpente alors les bars avec des groupes du crû pour jouer sa musique de prédilection, le rockabilly et la country.   

Le jour, il bosse dans une usine aéronautique, la nuit, il s’invite dans des bandes de country et pratique sa passion de la musique, en dépit du fait qu’il est un précoce jeune marié.

A Okeechobee, au Wagon Wheel, Gary Stewart rencontre le bègue le plus célèbre de la country, Mel Tellis, lequel convainc le jeune Stewart de rejoindre Nashville, d’autant qu’il compose déjà ses propres textes. Les conseils de Tellis vont s’avérer précieux pour la suite de sa carrière.

De Cory à Kapp.

Stewart enregistre quelques titres pour un label mineur, Cory Records en 1964, avant de commencer un partenariat d’écriture avec un personnage pour le moins surprenant de par sa fonction : Bill Eldridge, agent de police local. Cette collaboration signe Poor Red Georgia Dirt pour Stonewall Jackson qui en fait un N° 44 dans les hits du genre en 1965. Cette chanson est la première jamais publiée par Stewart. Elle lui vaut d’attirer l’attention sur lui et de signer chez Kapp Records en 1968, label indépendant de David Kapp (frère de Jack, propriétaire de Decca), alors passé entre les mains de MCA un an plus tôt.

La fortune peine toutefois à lui sourire ; plusieurs de ses enregistrements du moment ne percent pas, sa réussite reste très marginale en dépit de l’intérêt que lui témoignent des artistes comme Billy Walker, Cal Smith ou Nat Stuckey. Son heure n’est pas encore venue aussi quitte-t-il Nashville pour revenir sur les terres où il a forgé sa réputation : la Floride.

Dans cette période de disette, Charlie Pride, pour lequel il a joué du piano, continue à le soutenir et le met en relation avec le label RCA et le producteur Mercury Roy Dea. Celui-ci lui réserve rapidement un studio à Nashville pour lancer une fois pour toutes le phénomène Gary Stewart. Nous sommes en 1973 et Gary Stewart enregistre une reprise de Ramblin’ Man de l’Allman Brothers Band. Le titre se classe 36 au Billboard.

Gary stewart roy dea

« Je ne pensais pas que quelqu’un puisse me souffler comme l’a fait Gary. J’ai connu Hank Williams, Elvis Presley. Gary, c’était mieux. Il était comme une drogue à laquelle vous êtes accro. » (Roy Dea)

La référence Out Of Hand.

Drinkin’ Thing (mai 1974) fait encore mieux en se positionnant dans le top 10. Cette chanson, signée Wayne Carson, se retrouve sur son premier véritable LP, le monumental Out Of Hand (début 1975). Gary Stewart a pourtant réalisé un disque avant celui-ci, You’re Not The Woman You Used To Be, sorti en 1973 pour le compte de MCA. Il consiste surtout en une tentative du précédent label MCA de capitaliser sur un artiste qui commence à avoir du succès.

Out Of Hand, dont la single titre fait 4 dans les charts, est considéré par la critique comme étant l’un des plus grands disques de country honky tonk jamais réalisés. Le magazine Rolling Stone va jusqu’à considérer qu’avec un Gary Stewart de cette trempe, le rockabilly et la country ne sont pas prêts de disparaître.

Avec She’s Actin’ Single (I’m Drinkin’ Doubles), numéro 1 une semaine en mars 1975, Gary Stewart triomphe sur tous les fronts : les fans de country sont ravis, les non initiés surpris et séduits, et les critiques convaincus. Stewart n’a pas pour autant vaincu ses démons (alcool et drogue), mais, une chose est sûre, il a fait de Out Of Hand, 6ème du Billboard Country, une pièce maîtresse de toute la country confondue. Malheureusement il était tellement en vrac qu’il n’a pas su en profiter.

Gary stewart mary lou

Les années galères.

Les années qui suivent ne sont pas aussi exceptionnelles mais maintiennent cependant Gary Stewart a un très bon niveau : Stepping Out (1976) et Your Place Or Mine (1977) sont encore de solides top 20, Little Junior 35ème en 1978 et Gary, 45ème un an plus tard, marquent une perte d’intérêt pour ses travaux malgré leur qualité. Gary Stewart demeure néanmoins une valeur sûre du genre et conserve une base élargie de fidèles. Avec 3 LP dans les 80’s et 2 dans les 90’s, il compte finalement une douzaine d’albums à son crédit.

En disparaissant des écrans radars, Gary Stewart se réfugie dans les drogues et l’alcool et brûle la chandelle par les deux bouts en dépensant ce qu’il gagne dans les substances prohibées. Commence alors une spirale infernale pour celui qui, entre 1973 et 1989 a quand même aligné 30 singles.

Devenu vulnérable avec la mort tragique de son fils (1988), il sombre dans une longue dépression avant de recommencer à tourner, au Texas notamment où, en 2003, il signe, dans le plus grand honky tonk de la planète, le Billy Bob’s Texas, son premier LP en dix ans : Live At Billy Bob’ Texas Fort Worth.

Le coup de grâce en 2003.

Alors qu’il se remet lentement de ses déboires, le sort s’en mêle, une énième fois. Mary Lou, sa fidèle épouse, s’éteint d’une pneumonie à 43 ans. Il annule ses spectacles prévus au Billy Bob’s Texas pour promouvoir le disque ; replongé dans un cycle de déprimes et cédant au découragement, il se tire une balle dans la tête, rejoignant sa femme au paradis, trois semaines plus tard.

Roy Dea a cette formule sur Guy Clark : « Je ne pensais pas que quelqu’un puisse me souffler comme l’a fait Gary. J’ai connu Hank Williams, Elvis Presley. Gary, c’était mieux. Il était comme une drogue à laquelle vous êtes accro. » Il l’est toujours aujourd’hui pour des millions de fans qui n’ont jamais oublié sa musique et son inimitable voix de vibrato. (RAZOR©)      

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1975

 

Gary stewart out of hand

 

GARY STEWART

OUT OF HAND – 1975  5/5

 

Publié en 1975.

Produit par Roy Dea.

Durée:27:25.

Label:RCA Records.

Genre:country,honky tonk,country outlaw.

 

Il pouvait faire pleurer les anges.

 

L’année 2003 a été terrible pour la country music. Elle a successivement laissé sur le carreau June Carter (en mai), puis celui qui fut son homme, Johnny Cash (septembre), et enfin le moins médiatique Gary Stewart (décembre). Si, pour le couple  Carter/Cash, c’est la maladie qui eut finalement raison d’eux, en ce qui concerne la mort du roi de la Honky Tonk, elle relève apparemment d’un suicide par arme à feu. Un coup de fusil en pleine tronche. Stewart avait 58 ans. Un mois avant, sa femme disparaissait.

Non, restez. Je n’ai pas dans l’idée de faire dans la rubrique nécrologique mais plutôt de vous convier à découvrir un très grand acteur de la country, le fameux Gary Stewart en question, natif du Kentucky, mais floridien d’adoption, grand faiseur de hits country tant en qualité d’interprète que de compositeur. Malgré cela, l’artiste accuse un sérieux déficit de popularité auprès des rockeux pour lesquels la country est marginalisée et aura, c’est dur à dire, été plus célèbre mort que vivant. Sauf pour le milieu champêtre et l’environnement sudiste.

Out Of Hand chez RCA en 1975 et ses deux grands hymnes à la picole (Drinkin’ Thing et She’s Actin’ Single) est ce qu’il a fait de mieux. Non content d’être prolixe dans l’écriture et l’interprétation du genre à boire, il a vécu la déchéance de l’alcoolique en s’impliquant plus que de raison dans la bouta nche. Son penchant pour la dope et la chnique étaient connus du milieu.

Out Of Hand (en écoute intégrale ici) s’est positionné au sixième rang du Billboard catégorie Country. Insuffisant pour pouvoir gratter une once de notoriété à une époque où les clivages rock/country étaient très exacerbés.

Maintenant que les barrières sont levées entre ces deux genres qui ne faisaient alors pas bon ménage et que la country s’est refait une santé vis les réseaux de la toile, Gary Stewart refait parler de lui et de son disque fétiche ; c’est aussi celui des fans du Monsieur.

Notez bien que pour moi, dans le cas présent, Monsieur s’écrit avec un grand M. Comme Monument. Comme Monstrueux, Mémorable ou tout simplement comme Magnifique : c’est ce qu’il ressort de l’écoute d’Out Of Hand, un disque de honky tonk qui fait aimer la country.

Pour rappel, le honky tonk est une variante du genre, dérivée du style de bars où il est pratiqué. Hank Williams, Merle Haggard, Joe Ely, Jimmie Rodgers et Tony Joe White en sont de merveilleuses figures. C’est de la musique pour étancher une grande soif en s’accrochant au goulot d’une flopée de Budweiser et finir bourré le nez dans la sciure, pour danser comme un taré. Ca sent sacrément bon le lâcher de bourrins dans la cambrousse. C’est frais, récréatif et ça ne fait pas de mal au pourceau. Des fois même, ça vire en eau de boudin, c’est comme ça. C’est le folklore.

Outre les deux morceaux incitant à lever le coude cités précédemment, Out Of Hand, la chanson-titre, s’affirme être une des meilleures chansons que la country ait engendrée. Les inspirées I See The Want To In Your Eyes, Backslider’s Wine, Sweet Country Red situent bien le haut niveau d’ensemble de la deuxième prestation discographique solo de Stewart. La voix est pure (avec un beau vibrato), lourde d’émotion et pouvait, il se dit, faire pleurer les anges ; le chant est brillant, le son superbe et l’artiste est soutenu par un parterre de musiciens chevronnés et rompus à la country. C’est donc tout bénef.

Au final, Gary Stewart gagne sur tous les fronts : les fans de country sont ravis, les non initiés surpris et séduits, et les critiques convaincus. Stewart n’a pas pour autant vaincu ses démons, mais, une chose est sûre, il a fait de Out Of Hand une pièce maîtresse de toute la country confondue. Malheureusement il était tellement en vrac qu’il n’a pas su en profiter. Dommage car de l’avis général, l’après Out Of Hand a réservé quelques autres bons moments comme Your Place Of Mine en 77 et Gary en 79  (RAZOR©).

 

1. Drinkin' Thing.

2. Honky Tonkin.

3. I See the Want To in Your Eyes.

4. This Old Heart Won't Let Go.

5. Draggin' Shackles.

6. She's Actin' Single (I'm Drinkin' Doubles).

7. Backslider's Wine.

8. Sweet Country Red.

9. Out of Hand.

10. Williamson County.

 

Gary Stewart:chant,guitare.

Harold Bradley:guitare, basse.

David Briggs:piano.

Jerry Carrigan:batterie.

Pete Drake:steel guitare.

Ray Edenton:guitare.

Buddy Harman:batterie.

John Hughey:steel guitare.

Jim Isbell:batterie.

The Jordanaires:choeurs.

Charlie McCoy:harmonica.

Bob Moore:double basse.

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