Gram Parsons.

BIOGRAPHIE.

 

GRAM PARSONS/Winter Haven (Floride)

 

Gram parsons 2

 

Né Ingram Cecil Connor III, le 5 novembre 1946 à Winter Haven (Floride).

Mort le 19 septembre 1973 à Joshua Tree (Californie).

Actif entre 1963 et 1973.

Label:Reprise,A&M,Warner Bros.

Genre:country,country-rock,country alternative,rock.

 

Le père de l’American Cosmic Music.

Né dans une famille floridienne qui a fait fortune dans le négoce de fruits et légumes, Cecil Ingram Connors, ça ne parle pas à beaucoup. Par contre, si je dis Gram Parsons, les yeux des initiés aux choses du rock s’écarquillent.

A la mort de son père, pianiste de country, sa maman Cecil se remarie en 1961 avec le néo-orléanais Robert Ellis Avis Parsons qui adopte ses enfants. Cecil Ingram prend alors le nom des Connors ; le rock retiendra surtout celui de Gram Parsons pour être depuis immortalisé sous l’appellation du père de l’American Cosmic Music et pour avoir élevé les Byrds et les Flying Burrito Brothers au rang de formations influentes en matière d’ouverture de la country vers le rock.

Plus célèbre mort que vivant, Gram Parsons est un mythe qui a surtout prospéré à titre posthume. Actif, Gram Parsons n’a jamais accédé à la notoriété et cette faille au regard de ce qu’il représente aujourd’hui constitue une énigme. Il avait tout pour lui : la gueule, le talent du songwriter, la virtuosité et l’inventivité du musicien, les dispositions du chanteur et un environnement musical toujours placé parmi les meilleurs.

Le pionnier de la country alternative.

Mais Parsons avait le cul entre deux chaises : celle du rock et de la country. Parsons était trop country pour le rock et les hippies, trop hippie et rock pour les countryistes. C’est pourtant lui qui réunit, avant tous les autres, ces deux mondes qui se regardent alors en chiens de faïence.

Né en 1946 à Winterhaven (Floride), Gram est mort le 19 septembre 1973 dans un motel jouxtant le parc national de Joshua Tree dans le sud-est californien, lieu de retraite très en vogue pour le milieu hippie de Los Angeles au début des 70’s et, pour certains acteurs de l’environnement musical de l’époque comme les Byrds ou Crosby Stills Nash & Young, considéré comme l’épicentre de la culture californienne du moment.

Gram parsons 1

Selon la légende, Gram, accro aux drogues dures et tout aussi addict à l’alcool, y meurt vraisemblablement d’une overdose, même si le coroner conclut à une mort naturelle. L’épisode de sa disparition est entouré de beaucoup de mystère et de loufoquerie puisque son manager, Phil Kaufman est accusé d’avoir volé la dépouille mortelle de Gram et de l’avoir brulée dans le Joshua Tree National Park, honorant ainsi une promesse faite à son ami. De quoi entretenir un peu plus la légende qui colle au nom de Gram Parsons.

Des Pacers aux Shilos.
Gram a 13 ans quand il forme son premier groupe, The Pacers (1959/60) qui reprend les hits rock de l’époque et interprète les premières chansons de l’artiste. Viennent ensuite l’enthousiaste The Legends dans une première version en trio (1960), puis une deuxième sous forme de quatuor quand Jim Stattford vient grossir les rangs (1961).

Une troisième et une quatrième mouture des Legends (1961), avec le batteur ami Jon Corneal, précèdent The Rumors (1961). Avec la perte de vitesse du rock, Gram Parsons s’engage dans une phase folk sur la scène de Greenwich Village : Village Vanguard est créé dans cet esprit en 1962.

Avec The Shilos (1963/65), unité folk, Gram Parsons devient véritablement professionnel : manager, nouveau matériel, concerts rémunérés, enregistrements. Les Shilos se produisent alors régulièrement au Bitter End de Manhattan. La popularité naissante du groupe l’amène à prendre part au Ed Sullivan Show. A cette époque, Gram a déjà dans l’idée de mélanger rock et country. Sa vision ne plaît pas aux autres membres ; Parsons quitte les Shilos qui, sans lui, disparaissent dans le même élan (1965).

L’influent International Submarine Band.

Gram Parsons commence alors à nourrir une ambition légitime pour sa propre carrière et se met à enregistrer ses chansons, à réaliser quelques démos pour tenter de décrocher un contrat ou de séduire quiconque serait intéressé par son écriture. 

Sa rencontre avec Ian Dunlop, en 1965, change la donne. Les deux artistes vont alors travailler ensemble, se produire ensemble, partager les galères et même vivre ensemble pendant plusieurs années. Ils ont une vision musicale proche et s’y accrochent, faisant fi des avertissements et conseils suggérés ici et là de cesser de se perdre dans cette musique marginale, décrite par leurs auteurs comme une synthèse de soul music blanche, de country, de rock et de folk.

Mieux, Dunlop et Parsons, encore étudiant en théologie à cette période, montent un groupe pour aller encore plus loin dans leur démarche visionnaire : Gram Parsons & The Like, puis The International Submarine Band (1965/66). John Nuese, et Mickey Gauvin sont également partie prenante dans ISB, un très bon groupe qui malheureusement n’a pas donné tout ce que l’on est alors en droit d’attendre. Deux singles et un sublime LP, Safe At Home, rappellent ce passé californien glorieux mais méconnu.

Gram parsons chris hillman

« Dans le Burrito, Gram était un gars cohérent à nos débuts. Nous avons eu cette merveilleuse vision, signé toutes ces excellentes chansons, partagé les moments forts du groupe comme The Gilded Palace Of Sin. Un titre comme Sin City, même les Byrds dont nous étions issus, en rêvaient sans jamais l’avoir eu. Notre approche était très intéressante et beaucoup d’éléments étaient le reflet de la vision de Gram. La première année fut excellente, mais je l’ai vite perdu. Il est alors parti dans des fantasmes délirants … » (Chris Hillman)

Quand les Byrds virent country.

Au printemps 1967, après que des tensions aient commencé à poindre au sein d’ISB, le groupe se disloque avec les départs de Gauvin et de Dunlop. L’occasion est toute trouvée pour Gram d’intégrer son pote batteur Jon Corneal, ainsi que Joe Osborn (basse), Earl Ball au piano et Jay Dee Maness à la pedal steel guitare. Chris Ethridge et Bob Buchanan rejoignent la bande en fin d’année 67 ; tout ce joli monde se retrouve donc sur l’album référence cité précédemment : Safe At Home (achevé en décembre 1967 mais publié en mars 1968), considéré comme fondateur du mouvement country-rock de la fin 60’s, début 70’s, est l’unique album d’ISB.

La suite, c’est chez les Byrds qu’elle se construit. Elle prend naissance en février 1968 alors que Safe At Home n’est pas encore sorti. Son implication dans ce qui est alors le groupe américain de la décennie est brève et se résume à Sweetheart Of The Rodeo (1968). Brève mais essentielle dans la mesure où les Byrds, sous l’influence de Parsons et de Chris Hillman surtout, éditent leur seul LP tissé autour de la country, du folk et du bluegrass, un disque séminal pour le country-rock.

Gram parsons keith richardsL'influence de Keith Richards.

Avec The Byrds.Gram parsons byrds

Les Flying Burrito Brothers.

Gram parsons flying burrito

Le sémillant Flying Burrito Brothers.

Déclinant une tournée en Afrique du Sud, Parsons et Hillman quittent les Byrds peu après la sortie de l'album et fondent les Flying Burrito Brothers (1969). Chris Ethridge (basse), Sneaky Pete Kleinow (pedal steel guitare), Chris Hillman (guitare, mandoline) et Gram Parsons (chant, guitare, piano, orgue) et une flopée de batteurs (Jon Corneal, Popeye Phillips, Eddie Hoh et Sam Goldstein) constituent le cœur de ce projet rêvé par son leader de réunir deux Amériques radicalement opposées : celle du bluegrass et de la country & western emmenée par Merle Haggard et les Louvin Brothers, et celle du rock avant-gardiste et décalé incarnée par la place de San Francisco.

Le premier LP des Flying Burrito Brothers est explosif ; The Gilded Palace Of Sin (1969) est un classique du genre et de la fin des 60’s. Incontournable, ce disque aux 11 titres célestes et torturés est encensé par la critique, Gram Parsons est au sommet de son art, alors qu’il n’a que 22/23 ans.

Le début d’une lente décadence.

Burrito Deluxe (1970) voit les arrivées de Bernie Leadon et de Michael Clarke. Chris Ethridge s’en va, lassé de voir le groupe ne pas capitaliser sur son premier LP. Affecté par un manque d’inspiration à l’écriture, Burrito Deluxe doté d’un lot révélateur de reprises, est moins sémillant que son prédécesseur.

Gram Parsons commence, par ailleurs, à s’acoquiner avec Keith Richards et à mettre le nez plus que de raison dans la bouteille et dans la dope. Il est aux abonnés absents sur certains concerts, trop imbibé ou stoned sur d’autres. Le groupe le vire en 1970, d’autant que Parsons semble avoir, dans l’esprit, tourné les talons aux Flying Burrito Brothers.

Son comportement change de tout au tout. Sur scène, on le retrouve affublé de vêtements loufoques, en dehors, il joue les stars. Comme les Stones qui ont d’évidence déteint sur lui. A l’inverse, l’influence de Parsons sur les Rolling Stones est palpable dans l’album Exile On Main Street (1972), symbole du Sex and Drugs and Rock ‘n’ Roll ambiant. Il suffit de se rappeler des Dead Flowers ou Wild Horses sur le précédent Sticky Fingers du groupe anglais.

Culte à titre posthume.

En 1972, Gram Parsons, désormais engagé en solo, sollicite, sur les recommandations de Chris Hillman, Emmylou Harris.

Il lui demande de faire les harmonies vocales sur son premier LP personnel. En acceptant, l’alabamienne lance parallèlement sa carrière et certains des musiciens de GP (janvier 1973), l’album en question, la suivront pour aller grossir les rangs de son Hot Band.

Le fabuleux GP est réalisé pour Warner Bros. Il est le seul disque solo de Gram Parsons de son vivant. Le deuxième LP personnel du catalogue, tout aussi excellent malgré son côté fonds de tiroir, est en effet édité à titre posthume quelques mois après sa mort dans le désertique Joshua Tree National Park (septembre 1973).

Grievous Angel sort en janvier 1974. Entre les deux, un live enregistré en studio au WLIR, une station de radio de Long Island : Live 1973 avec les Fallen Angels, groupe assemblé dans le cadre de la tournée de promotion de GP.

Comme évoqué antérieurement, c’est après sa mort que la légende de Gram Parsons a surtout prospéré. Il a inspiré des palanquées d’artistes de toutes catégories et de tous âges, mais il est surtout reconnu comme étant le symbole de la country alternative. Sous-estimé, voire ignoré, de son vivant, ce génial créateur et grand défricheur du country-rock est aujourd’hui culte (RAZOR©). 

DISCOGRAPHIE 60'S - INTERNATIONAL SUBMARINE BAND

LP unique - 1968

 

Gram parsons isb safe

 

THE INTERNATIONAL SUBMARINE BAND

SAFE AT HOME – 1968  5/5

 

Publié en mars 1968.

Produit par Suzi Jane Hokom.

Durée:26:19.

Label:LHI.

Genre:country rock.

 

La naissance du country-rock.

 

Le country-rock naît quasiment avec ce disque séminal du genre et que l’on doit à l’International Submarine Band. Le bien nommé Safe At Home, enregistré en 1967, est publié en 1968. Gram Parsons est sur son petit nuage, porteur d’une vision musicale moderne consistant à réunir rock et country. Entre 1967, il est quasiment intouchable là dans un registre où tout le monde s’accorde à dire qu’il va se planter et se mettre à dos et les rockeux et les countryistes. Lui n’en a cure et va au bout de ce qu’il a en tête.

Au travers de ce LP dont il est le maillon fort malgré un parterre de collaborateurs triés sur le volet (Corneal, Buchanan, Ethridge, Nuese, Ball, Maness), Gram annonce, sans le chanter sur tous les toits, les Flying Burrito Brothers et son chef d’œuvre Gilded Palace Of Sin de février 69. Certes, il y a bien entre ses deux étapes musicales, l’épisode Byrds en mode country (Sweetheart of The Rodeo/1968) très influencé par Parsons (et Hillman son compère des Flying Burrito), mais celui-ci profite plus à McGuinn et à son groupe qu’à Parsons lui-même. Pourtant il est une deuxième pierre angulaire consécutive du country-rock derrière laquelle le nom de Parsons se profile. La troisième sera le chef d’œuvre évoqué plus haut. C’est après que ça se gâte, quand il croise la route des Stones et commence à accumuler les écarts de conduite.

Safe At Home réfère aux premières heures de la représentation qu’il se fait de la réunion entre rock et country. Court, car culminant à moins de 28 minutes, Safe At Home développe dix titres (originaux et reprises) modernes et frais ; certains peuvent, sans aucune discussion, être élevés au rang de cultes comme Blues Eyes, Luxury Liner.

On peut ne pas aimer la country, mais ici plus particulièrement, on fera l’effort de ne pas bouder ce qui est avant tout une page historique du rock qui se construit. Pour un coup d’essai, c’est évidemment un coup de maître. Intouchable, je vous dis (RAZOR©).

 

1. Blue Eyes.

2. I Must Be Somebody Else You've Known.

3. A Satisfied Mind.

4. Folsom Prison Blues/That's All Right.

5. Miller's Cave.

6. I Still Miss Someone.

7. Luxury Liner.

8. Strong Boy.

9. Do You Know How It Feels to Be Lonesome?

10. Knee Deep in the Blues.

 

Gram Parsons:guitare,guitare rythmique,chant.

Bob Buchanan:guitare rythmique,choeurs.

Jon Corneal:batterie,choeurs.

Chris Ethridge:basse.

John Nuese:lead guitare.

Earl “Les” Ball:piano.

Jay Dee Maness:steel guitare.

DISCOGRAPHIE 60'S - THE BYRDS

LP Studio 6 - 1968

 

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THE BYRDS

SWEETHEART OF THE RODEO – 1968  5/5

 

Publié le 29 juillet 1968.

Produit par Gary Usher.

Durée:32:26.

Label:Columbia Records.

 

Album séminal.

 

On ne peut pas dire que Sweetheart Of The Rodeo (en écoute intégrale ici) de 1968 ait été un grand succès au niveau des ventes. Sur le plan critique, c’est autre chose ; les experts ont adoré. Crosby et Clarke, le batteur, ont décroché dernièrement. Seuls McGuinn l’inamovible et Hillman, le fidèle lieutenant subsistent du Byrds initial.

Alors que l’acid rock crame ses dernières cartouches et que la country music n’est alors pas en odeur de sainteté du côté des rockeux, qui constituent globalement la majorité du public, les Byrds prennent le contrepied de tout le monde pour sortir un album qui mêle le rock à des influences populaires, de la country et du bluegrass, du jazz et de l’électronique. Osé !

Pour ce faire, McGuinn recrute un cousin de Hillman, Kevin Kelley, batteur de son état et Gram Parsons, branché country comme pianiste. Il passe rapidement du clavier à la gratte.

Ce sixième disque est enregistré à Nashville. Il ne génère pas un seul hit et pointe à une peu glorieuse 77 position des charts. Rare pour un produit estampillé Byrds. Il faut admettre que, spontanément, on a du mal à aimer si l’on n’est pas country. Et c’est l’état d’esprit des fans de l’époque, au moment de sa sortie. Depuis, ils ont dû revoir leur copie.

Avec de l’écoute et du recul, cet album s’apprécie aussi n’est-il pas surprenant que Sweetheart Of The Rodeo soit considéré aujourd’hui comme un album charnière essentiel de l’histoire du rock.

Gram Parsons n’est pas étranger à cette métamorphose. Près de 50 ans plus tard, et quand on connaît l’histoire mouvementée des Byrds, on ne peut que constater que Roger McGuinn et sa troupe ont relevé un sacré défi, pas évident du tout au départ. Dans ce contexte toutefois, on ne dira jamais assez l’apport et l’investissement de Gram Parsons dont Sweetheart Of The Rodeo aurait pu être un album personnel. Très bon disque qui en a certainement influencé plus d’un (RAZOR©).

 

1. You Ain't Going Nowhere.

2. I Am a Pilgrim.

3. The Christian Life.

4. You Don't Miss Your Water.

5. You're Still on My Mind.

6. Pretty Boy Floyd.

7. Hickory Wind.

8. One Hundred Years from Now.

9. Blue Canadian Rockies.

10. Life in Prison.

11. Nothing Was Delivered.

 

Clarence White:guitare,chant.

John Hartford:banjo,guitare.

Chris Hillman:basse,mandoline,chant.

Gram Parsons:guitare,chant.

Lloyd Green:guitare steel.

Earl Ball:piano.

Jon Corneal:batterie.

Roy M. Junior Husky:basse.

Kevin Kelley:batterie.

Jay Dee Maness:guitare steel.

Roger McGuinn:banjo,guitare,chant.

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S - THE FLYING BURRITO BROTHERS.

LP Studio 1 - 1969

 

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THE FLYING BURRITO BROTHERS

THE GILDED PALACE OF SIN – 1969  5/5

 

Publié en février 1969.

Produit par Henry Lewy,Larry Marks, The Flying Burrito Brothers.

Durée:37:24.

Label:A&M Records.

Genre:country-rock.

 

Une référence country.

 

Gram Parsons et Chris Hillman quittent les Byrds pour former le Flying Burrito Brothers. Parsons prend le chant, les claviers et la guitare. Hillman chante aussi et tient la guitare rythmique et mandoline. Au côté des deux créateurs de cette unité essentielle du rock, Sneaky Pete Kleinow à la pédale steel guitare, Chris Ethridge à la basse électrique et au piano.

L’implication dans cette nouvelle entreprise se fait juste après que les deux ex-Byrds aient contribué à la référence country du groupe alors leader américain, l’énorme Sweetheart Of The Rodeo (1968).

Parsons et Hillman sont des dingues de country moderne et signent ce magnifique album produit par le magicien des pupitres, Henry Lewy : The Gilded Palace Of Sin (en écoute intégrale ici), publié à la sortie de l’hiver 68/69.

Ecrit principalement par les deux compères du Burrito Manor, une maison située dans la vallée de San Fernando, le résultat est merveilleux avec des mélodies surprenantes, accrocheuses, sans contestation aucune, les meilleures du duo Parsons/Hillman.

Parsons, notamment, n’avait pas son pareil pour pondre des gâteries country. Sa carrière individuelle en fourmille. Il nous en fournit l’heureux constat ici avec Hot Burrito 1 et 2, Sin City. Comme tous les très bons groupes de cette époque (et leur grands albums), Flying Burrito Brothers  ne rencontre pas le succès commercial  mérité, à sa sortie. Je dis mérité, parce que pour ce qui est espéré, il n’en était pas question au regard du peu d’adeptes que le country-rock fédère alors dans son élan. L’honneur est sauf depuis, et de nombreux groupes ont puisé leur inspiration dans ce genre.

Le LP suscite malgré tout les vocations : Emmylou Harris, Linda Ronstadt, les Eagles). La profession ne se trompe pas, la critique non plus qui plébiscite cette musique. Le public attendra encore un peu.

Cet album m’a surpris par sa délicatesse, sa douceur, son côté mélodieux. Parsons, au chant, n’a jamais été aussi convaincant, les harmonies vocales jamais été aussi efficaces en soutien et la steel guitare du dénommé Sneaky Pete Kleinow est une pure merveille. Elle est le cordon ombilical entre la country et le rock psychédélique.

Ce disque est leur référence artistique ; des Gilded Palace Of Sin, il n’y en aura plus dans la carrière du groupe, comme vous pouvez les compter sur les doigts d’une seule main dans le catalogue de tout le country-rock réuni. Si je ne l’ai pas écouté mille fois, je ne l’ai pas écouté une fois. Je l’ai toujours aujourd’hui à portée de main, c’est dire. Laissez-vous tenter, le jeu en vaut la chandelle (RAZOR©).

 

1. Christine's Tune.

2. Sin City.

3. Do Right Woman.

4. Dark End Of The Street.

5. My Uncle.

6. Wheels.

7. Juanita.

8. Hot Burrito #1.

9. Hot Burrito #2.

10. Do You Know How It Feels.

11. Hippie Boy.

 

Gram Parsons:chant,guitare rythmique,piano,orgue.

Chris Hillman:chant,harmonies vocales,mandoline,guitare rythmique

"Sneaky" Pete Kleinow:pedal steel guitare.

Chris Ethridge:basse,piano.

Jon Corneal:batterie sur 1/3/4/5/7.

Popeye Phillips:batterie sur 8/9/11.

Eddie Hoh:batterie sur 2/10.

Sam Goldstein:batterie sur 6.

David Crosby:choeurs sur 3.

LP Studio 2 - 1970

 

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THE FLYING BURRITO BROTHERS

BURRITO DELUXE – 1970  4/5

 

Publié en avril 1970.

Produit par Jim Dickson,Henry Lewy.

Durée:33:08.

Label:A&M Records.

Genre:country-rock.

 

Plus rock que country.

 

Frustré par l’insuccès du pourtant génial Gilded Palace Of Sin (1969), Chris Ethridge, bassiste, met les pouces. Il ne faut plus compter sur lui, du moins pour l’instant. A la basse, c’est un autre Chris qui s’y colle : Chris Hillman. Le monsieur a un beau pédigrée (ex-Byrds), aucune inquiétude à avoir. Bernie Leadon arrive en renfort à la guitare. L’homme n’est pas un manchot, il rejoindra les Eagles par la suite.

Les Byrds ayant déjà alimenté le Flying Burrito Brothers (Parsons et Hillman) avec succès, c’est de ce côté que Michael Clarke, nouveau batteur, est recruté. The Gilded Palace Of Sin a consommé quatre batteurs, souvenons-nous. Avoir son batteur maison n’est donc pas un luxe. Sneaky Pete Kleinow (pedal steel guitare), Gram Parsons, jusqu’alors point focal du groupe, complètent le line-up qui attaque l’enregistrement de ce Burrito Deluxe de 1970, leur deuxième LP.

Avec un tel parterre de cadors, la voie est royale pour le Flying Burrito Brothers. Et là, légère déception. Serait-ce le fait de manger des grives, qui fait du mal à avoir à se contenter de merles ? Placé dans la foulée d’un disque extraordinaire, référence absolue de leur discographie, et qui a défini le genre country-rock (The Gilded Palace Of Sin), tout le monde attend beaucoup, trop peut-être, de cet album. Il n’est pas moins bon, il est simplement différent, en ce sens qu’il est plus rock que country. Il s’est souvent fait taillé à tort.

Cet album a son quota de bonnes chansons. Mais Parsons, habituellement sur le devant de la scène, et songwriter en chef, semble se désintéresser de ce Burrito Deluxe, s’en foutre comme de l’an quarante et a la tête ailleurs. Drogue ou projets perso ? Il mettra les voiles, juste après.

Cela se ressent dans une écriture devenue moins séduisante, Parsons étant particulièrement effacé. Toujours est-il que cet album mérite mieux que ce qui a pu en être dit et rien ne justifie pour autant de le dévaloriser à ce point.

En dépit d’être installé dans l’ombre de son illustre aîné, Burrito Deluxe demeure encore très probant, au moins autant, sinon plus que de nombreux albums de country rock que j’ai pu entendre depuis. Mes préférences vont à la reprise de Dylan, If You Gotta Go, Go Now, High Fashion Queen, formidable country rock, le décontracté Farther Along, God’s Own Singer, Lazy Days, le classique Cody Cody, Older Guys, Image Of Me, Man In The Fog et cette merveilleuse reprise des Stones, Wild Horses, un an avant que la bande à Jagger/Richards ne le couche sur Sticky Fingers.

Moralité de l’affaire : si cet album n’est pas la pièce maîtresse de l’œuvre des Flying, il n’en demeure pas moins un très bon album et certainement pas ce qu’ont pu en dire certains détracteurs. Redécouvrez ce qu’était leur sémillant country-rock d’autant que derrière cet album, et là je suis entièrement d’accord avec la majorité des fans, les bons moments sont rares. Du bon temps, il y en a encore à passer ici, même si Burrito Deluxe  sonne plus rock que country (RAZOR©).

 

1. Lazy Days.

2. Image of Me.

3. High Fashion Queen.

4. If You Gotta Go, Go Now.

5. Man in the Fog.

6. Farther Along.

7. Older Guys.

8. Cody, Cody.

9. God's Own Singer.

10. Down in the Churchyard.

11. Wild Horses.

 

Gram Parsons:chant,guitare rythmique,claviers.

Chris Hillman:chant,basse,mandoline.

Sneaky Pete Kleinow:pedal steel guitare.

Bernie Leadon:chant,guitare,dobro.

Michael Clarke:batterie.

DISCOGRAPHIE SOLO 70'S.

LP Studio 1 - 1973

 

Gram parsons gp 1973

 

GRAM PARSONS

G.P. – 1973  5/5

 

Publié en janvier 1973.

Produit par Gram Parsons,Ric Grech.

Durée:38:26.

Label:Reprise.

Genre:country rock.

 

Un génie !

 

Même s’il n’a pas eu le succès commercial escompté (la country-music était tout, sauf commerciale dans le milieu du rock de l’époque), la critique musicale, généralement avisée et compétente pour en juger, en a fait grand éloge et c’est bien là l’essentiel.

G.P (en écoute intégrale ici)de 1973 est le premier des deux albums solos de Gram Parsons. Rolling Stone Magazine, en 2004, l’a placé au 87ème rang des plus grands albums de tous les temps. L’autre, sorti à titre posthume, est Grievous Angel (1974).

Malheureusement, ce génie, comme se plaît à le dire sa partenaire sur cet album, Emmylou Harris, aura une carrière individuelle très écourtée du fait de ses addictions aux drogues dures et à l’alcool. Quelques mois après la sortie de ce LP (janvier 1973), Gram Parsons succombe à une overdose (septembre 1973).

Il avait alors 26 ans, avait, jusque là, joué un rôle capital dans le développement du country-rock et semblait promis à une très grande carrière. Cet ami de Keith Richards et habitué de la villa Nellcôte à Villefranche/Mer, où l’aiguille a du tourner, nous réalise un G.P exquis, cosmique, que le divin mariage des voix Harris/Parsons, le violon exceptionnel du Maître Byron Berline (We’ll Sweep Out The Ashes In The Morning et Still Feeling Blue), la contribution subtile de James Burton à la guitare électrique, les touchers magiques  d’Al Perkins et Buddy Emmons (les cadors de la pedal steel guitar) élèvent à un niveau incroyable.

L’élite de L.A et de Nashville, celle du country, fait l’union sacrée pour G.P et c’est tout le répertoire proposé qui en touche les sublimes bénéfices. She, Streets Of Baltimore, Kiss The Children, We’ll Sweep Out The Ashes In The Morning, Big Mouth Blues, Still Feeling Blues… je pourrais tous les citer, mais je garde pour la conclusion The Titre:  A Song For You, déchirant et désespéré. Quel talent! Quel gâchis! (RAZOR©).

 

1. Still Feeling Blue.

2. We'll Sweep Out the Ashes in the Morning.

3. A Song for You.

4. Streets of Baltimore.

5. She.

6. That's All It Took.

7. The New Soft Shoe.

8. Kiss the Children.

9. Cry One More Time.

10. How Much I've Lied.

11. Big Mouth Blues.

 

Gram Parsons:chant,guitare acoustique.

Emmylou Harris:choeurs,chant.

Barry Tashian:guitare rythmique,chœurs.

Ric Grech:basse.

John Conrad:basse.

Ronnie Tutt,John Guerin,Sam Goldstein:batterie.

Glen D. Hardin:piano,orgue.

James Burton:guitare électrique,dobro.

Al Perkins,Buddy Emmons:pedal steel guitare.

Byron Berline:violon.

Ron Hicklin,Tom Bahler,Mitch Gordon,Lewis:choeurs sur 8.

Hal Battiste:saxophone baryton sur 9.

Alan Munde:banjo sur 1.

DISCOGRAPHIE POSTHUME.

LP Studio 2 - 1974

 

Gram parsons grievous angel

 

GRAM PARSONS

GRIEVOUS ANGEL – 1974  5/5

 

Publié en janvier 1974.

Produit par Gram Parsons.

Durée:36:14.

Label:Reprise.

Genre:country rock.

 

Divin.

 

Un premier album, G.P, a révélé la grande classe de ce garçon de 25 ans. Son second, Grievous Angel de janvier1974, la confirme  et démontre son unicité. Parsons était à nul autre identique. Artistiquement, il nous a laissés des testaments exceptionnels.

Consumé par les drogues jusqu’à en crever, Parsons n’a pas pu goûter à la gloire qui lui tendait les bras depuis son éclosion dans l’International Submarine Band quand il a commencé à rapprocher la country du rock et à développer sa vision pour ce rapprochement.

Quelques mois après qu’il ait été incinéré dans le désert par son ami et manager Phil Kaufman, est publié son deuxième chef d’œuvre, compilé à partir des sessions de 1973, qu’il avait produit et sur lequel pointent encore, avec bonheur, Emmylou Harris et les talentueux Al Perkins, Glen D. Hardin, James Burton, ainsi que Bernie Leadon , Kim Fowley, Linda Ronstadt.

Disque très proche de son devancier, je ne ferais pas l’injure aux fans de country de décortiquer la matière divine alimentant ce legs inestimable, à la recherche d’un titre vedette. Tout est tellement beau du début à la fin. Tout se consomme religieusement.

Là haut, au-dessus des nuages, une gueule angélique esquisse un sourire presque gêné : Gram Parsons, un gars de grande classe et une légende, non pas de la country, mais du rock qu’il est parvenu à réconcilier à sa façon (RAZOR©).

 

1. Return of the Grievous Angel.

2. Hearts on Fire.

3. I Can't Dance.

4. Brass Buttons.

5. $1000 Wedding.

6. Medley (Live from Northern Quebec)/Cash on the Barrelhead/Hickory Wind.

7. Love Hurts.

8. Ooh Las Vegas.

9. In My Hour of Darkness.

 

Gram Parsons:chant,guitare acoustique.

Emmylou Harris:chant sauf 4.

Glen D. Hardin:piano,piano électrique.

James Burton:lead guitare électrique.

Emory Gordy:basse.

Ronnie Tutt:batterie.

Herb Pedersen:guitare acoustique.

Al Perkins:pedal steel guitare.

Bernie Leadon:guitare électrique sur2,dobro sur 9.

Byron Berline:violon sur 1/6/9,mandoline sur 6.

N.D. Smart:batterie sur 2/9.

Steve Snyder:effets sur 6.

Linda Ronstadt:harmonies vocales sur 9.

Kim Fowley,Phil Kaufman,Ed Tickner,Jane & Jon Doe:choeurs sur 6.

DISCOGRAPHIE 70'S THE FALLEN ANGELS.

LP Live 1973 - 1982

 

Gram parsons fallen angels live 73 1982

 

GRAM PARSONS & THE FALLEN  ANGELS

LIVE 1973 – 1982  4,5/5

 

Publié en 1982.

Enregistré en mars 1973.

Durée:48:45.

Produit par John Delgatto,Marley Brant.

Label:Sierra Records.

Genre:country,country rock.

 

Bienvenue au Country Club.

 

Deux mois après la parution de son premier album solo, le sublime GP, Gram Parsons, ancien de la maison Byrds, quittée faute de lui avoir accordé plus de contrôle musical, et ex-Flying Burrito Brothers qu’il a lâché  trois ans auparavant, participe, le 13 mars 1973, à une émission de radio sur WLIR FM organisée dans les studios Sonic à Hempstead (New York), dans le cadre de la promotion de GP.

Gram Parsons, l’artiste de référence de la scène country-rock ambiante, se déplace, pour l’occasion, avec les Fallen  Angels au grand complet  et bénéficie de la présence  d’Emmylou Harris, qui se rend disponible pour rejoindre celui l’a prise sous son aile.

Jock Bartley (guitare électrique), Neil Flanz (pedal steel), Kyle Tullis (basse) et le batteur N.D. Smart II constituent le groupe de soutien de cette séance plus privée et intime que véritable concert. Dans une ambiance douce, décontractée et un peu désinvolte, malgré les contraintes imposées par le cadre radiophonique qui régit la performance du jour, ce live 1973 (en écoute intégrale ici) déroule tranquillement son succulent country-rock, genre que Parsons a définitivement légitimé auprès d’un public d’abord peu réceptif.

Pour ce, il s’appuie, pour l’essentiel, sur un répertoire de titres apparus sur GP et d’autres qui vont alimenter le futur Grievous Angel, autre balise essentielle du parcours malheureusement trop court de Gram, ce jeune homme autodestructeur  qui a grandi au country club et vécu comme un Honky Tonk Hero. Il succombe à une overdose de Tequila et de morphine, six mois plus tard.

Merveilleuse restitution d’une de ses dernières apparitions, Live 73 est un must pour les fans de l’artiste. Si Emmylou Harris est attentive aux directives du tutélaire Parsons, comme le révèlent les échanges de mots captés par l’oreille entre certaines pistes, elle n’en apporte pas moins une contribution subtile et harmonieuse au duo qu’elle forme avec ce dernier et lui vole parfois la vedette.

Dans le catalogue de Gram Parsons, réduit à une peau de chagrin pour avoir brûlé la chandelle par les deux bouts, cette prestation en comité restreint, libérée seulement en 1982, est un bon complément.

Dans cette sélection, Love Hurts, plainte déchirante nominée par un Grammy en 1983, est l’incontestable star des duos commencés par The New  Soft Shoe, poursuivis par Streets Of Baltimore et That’s All It Took. Même plus âpre que la meilleure version fixée sur Grievous Angel, cette interprétation est en quelque sorte le reflet du degré de performance globale d’un disque qui vaut, également et entre autres, par le super  Six Days On The Road, belle vitrine pour le groupe qui l’accompagne. Il est donc difficile de reprocher quoi que ce soit à cette offre, à condition d’en pincer pour ce genre de musique (RAZOR©)

 

1. We'll Sweep Out the Ashes in the Morning.

2. Country Baptizing.

3. Drug Store Truck Drivin' Man.

4. Big Mouth Blues.

5. The New Soft Shoe.

6. Cry One More Time.

7. Streets of Baltimore.

8. That's All It Took.

9. Love Hurts.

10. California Cotton Fields.

11. Six Days on the Road.

12. Encore Medley: Bony Maronie/Forty Days/Almost Grown.

 

Gram Parsons:guitare acoustique,chant.        

Emmylou Harris:guitare acoustique,harmonies vocales.  

Neil Flanz:pedal steel guitare.

N. D. Smart II:batterie

Kyle Tullis:basse.

Jock Bartley:guitare électrique.

COMPILATION.

LP Compilation - 2000

 

Gram parsons another side 2000

 

GRAM PARSONS

ANOTHER SIDE OF THIS LIFE (LOST RECORDINGS 1965/1966) - 2000.  3/5

 

Publié le 19 décembre 2000.

Enregistré entre mars 1965 et décembre 1966.

Produit par Bob Irwin.

Durée:62:26.

Label:Sundazed.

Genre:folk.

 

Valeur historique avant tout.

 

Que les adorateurs du Cosmic Cowboy tempèrent leur joie, Another Side Of This Life n’apporte rien de neuf que nous ne sachions déjà sur la face la plus exposée de sa carrière. Ce disque sorti en 2000 concentre sa collecte sur un côté plus méconnu de Gram Parsons, celui d’une furtive période folk, associée à une activité passagère sur la scène de Greenwich Village (au Bitter End notamment). Faut bien vivre, alors on gratte tout et n’importe quoi pour fructifier sur le nom de l’ex-Byrds et Flying Burrito.

C’est en tout cas l’esprit qui sied à cet album qui réunit 18 démos que le jeune Parsons enregistre entre mars 65 et décembre 66, alors qu’il n’a pas encore vingt ans. Seul à la guitare, encore inexpérimenté et hésitant, il passe en revue un répertoire ne lui appartenant pas pour l’essentiel, 13 chansons étant des reprises, et un tantinet fourre-tout.

Au vu des originaux qui lui sont propres (5), il n’est pas encore le compositeur reconnu, encore moins le chanteur touchant qu’on admet généralement de lui. Pour le seul Parsons qui vaille donc pour les fans, on repassera.

Reste ce disque qui traduit une dérive située dans la continuité de sa fugue d’ado rebelle et des Shilos, son premier groupe, et avant son engagement visionnaire dans la country music contemporaine. L’étudiant en théologie qu’il est alors, flirte avec le projet de l’International Submarine Band. Cette période transitoire s’accompagne de ses premiers pas dans la dope et de sa découverte du boom folk.

Cette collection est loin de représenter le grand et génial Gram Parsons, mort lui aussi à 27 ans. Elle n’est pas la meilleure tranche professionnelle de son parcours, lui, future légende de la musique populaire de l’Oncle Sam (68/73). Mais c’est là et on fait avec. Valeur historique essentiellement, Another Side Of This Life ne doit pas être un leurre pour appâter le gogo.

On est loin ici de la réalité Parsons. Pour tout vous dire, c’est même franchement casse-burnes, rarement accrocheur et séduisant, même si le catalogue visité est emprunté aux Fred Neil, Buffy Sainte-Marie, Tim Hardin, Tom Paxton, Reverend Gary Davis, des pontes de Greenwich.

Tout juste pourra-t-on y voir l’intérêt de suivre l’évolution de l’artiste, à des années-lumière de sa vision country, mais c’est tout. Faiblard, rabat-joie, enregistré dans des conditions discutables… qui aurait pu penser que l’interprète derrière ce disque moyen et peu passionnant allait devenir un maillon essentiel du rock ? Pas indispensable du tout et très très nettement en deçà de ses œuvres majeures. Pour collectionneurs uniquement (RAZOR©).

   

1. Codine. 

2. Wheel Of Fortune.

3. Another Side Of This Life.

4. High Flyin' Bird.

5. November Nights.  

6. Zah's Blues.   

7. Reputation.   

8. That's The Bag I'm In.    

9. Willie Jean.

10. They Still Go Down.

11. Pride Of Man.

12. The Last Thing On My Mind.

13. Hey Nellie Nellie.

14. She's The Woman I Love-Good Time Music .

15. Brass Buttons.

16. Just Can't Take It Anymore.

17. Searchin'.

18. Candy Man.

 

Gram Parsons:guitare,chant.

DVD.

Gram parsons fallen angel dvd

 

GRAM PARSONS

FALLEN ANGEL – 2006 5/5

 

Documentaire édité le 20 juin 2006 en format DVD.

Réalisé par Gandulf Hennig et le biographe Sid Griffin.

Durée:90 minutes.

Label:Warner Vision France.

 

Le chanteur particulier de Dieu.

 

Les inconditionnels de Gram Parsons seront forcément de ce documentaire, s’ils n’y sont pas déjà et depuis longtemps. Personnellement, j’ai souscrit à Fallen Angel (voir ici version anglaise) quelques années après sa parution en 2006. Je viens de le visionner dernièrement pour une énième fois et pour remettre de l’ordre et de la clarté dans les souvenirs qu’il m’en restait, avant que de vous en faire le commentaire.

Les Gramfans connaissant leur Parsons sur le bout des doigts, n’ignorant rien de ses faits et gestes d’alors, n’apprendront pas forcément grand chose de ce docu qui conforte les biographies éditées sur papier ; par contre, Fallen Angel aura un réel intérêt pour les ceusses non initiés aux choses d’un artiste devenu légendaire depuis et dont la pertinence de sa vision musicale deviendra une norme pour beaucoup.

Fallen Angel, première adaptation sur écran, retrace avec fascination la vie, la mort (à quelques jours près il entrait dans le sinistre club des 27) et le parcours artistique de Parsons qui aboutit  à l’émouvante musique cosmique américaine à laquelle il a donné le jour et pour laquelle il est unanimement plébiscité aujourd’hui.

Jusqu’alors seules quelques bio écrites, pour certaines approximatives, inexactes ou insistant abusivement et douloureusement (pour la famille) sur les failles supposées ou avérées de Gram faisaient état du sujet Parsons. Mettons-nous à la place de ses proches et comprenons leur ras le bol de relire les mêmes casseroles à chaque recoin de rédaction.

En cela, Gandulf Hennig (aidé par le biographe Sid Griffin) a instauré dans cette relation une saine et vraie confiance, les rassurant sur toute tentative de récupération commerciale de Gram ou d’exploitation outrancière des frasques jusqu’alors excessivement dévoilées dans les presses, sans scrupules ni respect pour l’artiste et les siens ; en retour il a eu l’assentiment d’une famille qui, fait rare, apporte son écot au thème ciblé par le cinéaste allemand. Pour une partie de la parenté, c’est même une première et, même si, pour l’essentiel, la quasi-totalité des faits est corroborée, le fait de l’aborder sous un angle nouveau est un plus incontestable.

Proches (sa femme Gretschen, sa demie sœur Diane, sa belle sœur Becky, sa fille Polly, le cousin John Sively III, sa nièce Avis Parsons III,  fille survivante d’Avis, sœur de Gram), musiciens familiers (Keith Richards, Chris Hillman, Emmylou Harris, James Burton, Bernie Leadon, John Nuese, John Corneal, Sneaky Pete Kleinow, Chris Ethridge), confrères (Peter Buck de REM, Dwight Yoakam, Pamela Des Barres), milieu professionnel (Michael Voss d’A & M Records, le road manager Phil Kaufman), potes d’école, amis de la famille, ancien partenaire des Shilos (Paul Surratt), d’ISB et du Flying Burrito Brothers et même le costumier qui confectionnait ses Nudies de scène bariolés, ses tenues cloutées et strass, tous interviennent dans le superbe film du cinéaste berlinois pour façonner une sorte de biographie de celui qui avait en tête de vivre à 200 à l’heure et de devenir une rock star.

Tous dévoilent leur Ingram Cecil Connor, dit Gram Parsons, le fondateur d’un country-rock dans lequel se sont engouffré, à l’époque, les Byrds, Eagles et Rolling Stones, et plus tard des formations comme REM et sans lequel la country alternative n’aurait jamais existé.

Fallin Angel retrace l’itinéraire de ce musicien qui, à son apogée du moment, n’a jamais été populaire et commercial, encore moins soulevé les foules comme les Stones de son ami et frère de sang Keith Richards. Son heure de gloire sera posthume.

Les superlatifs se succèdent alors, de son rôle décisif dans l’évolution du mythique Byrds via le séminal Sweetheart Of The Rodeo (1968) qui relie deux mondes musicaux opposés (rock et country), à la country cosmique et alternative associée à son nom pour l’éternité.

C’est d’ailleurs le Capitaine Teague de Pirates Des Caraïbes 4 qui entame l’effeuillage du récit de l’une des existences les plus poignantes et dramatiques du rock, même si l’épisode de ses obsèques est assez cocasse et sa chute plutôt morbide, significatifs du monde d’illuminés dans lequel évoluaient alors  certains esprits complètement déconnectés du moment. Fallait pas laisser traîner les cachetons, l’herbe, les amphés et le Jack Daniels, sans quoi …

L’anecdote relative à l’incroyable scène de vol du cercueil de Gram, dictée par un pacte entre Clarence White et Parsons, orchestrée par son road manager et exécuteur de la promesse, Paul Kaufman, est ici mise à plat par son auteur et les acteurs qui ont accompagné ses derniers instants. Les derniers doutes sont ainsi dissipés sur des faits présentés souvent dans des versions abracadabrantes et déstabilisantes pour une famille qui voulait des funérailles à la hauteur de leur amour pour Gram.

Une grande pudeur se tisse  autour de cette péripétie, même si Phil Kaufman, coupable d’avoir détourné le corps et d’y avoir mis le feu, ne fait pas toujours dans la demie mesure pour l’expliciter. Mais c’est Kaufman, un fort en gueule pour ne pas dire une grande gueule, au regard de sa propension à facilement se vanter dans son autobiographique Road Mangler Deluxe, livre sur son expérience dans l’industrie du disque.

L’approche de Hennig alterne entrevues, courts extraits live, photographies et films personnels, images d’enfance et familiales, lettres, le tout sur fond musical soulignant la grandeur de l’œuvre du concerné. Un lot assez conséquent de documents jusqu’alors inaccessibles et jamais publiés alimente ce Fallen Angel.

Autant que faire se peut, progressivement, le documentariste parvient à détourner le spectateur des mauvais plis du Parsons autodestructeur, contribuant ainsi à la réhabilitation d’une image que les prises de drogue ont écornées et dont la presse a, avec insistance et au-delà de ce qui est permis, grossi les traits.

Le travail d’Hennig réanime beaucoup d’émotions enfouies. Beaucoup d’intimes de Gram, de par le cœur ou de par la note, n’ont pas fait le deuil de la perte immense de celui vu comme le chanteur particulier de Dieu. Les larmes de Gretschen Parsons Carpenter, sa veuve à 21 ans, sont à elles-seules révélatrices de toute la peine que véhicule encore la mémoire du mari, du frère, du cousin, du pote, du confrère, de l’artiste. Elles sont aussi les nôtres (RAZOR©).

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