Jerry Jeff Walker.

BIOGRAPHIE.

 

JERRY JEFF WALKER/Oneonta (Etat de New York).

 

Jerry jeff walker

 

Ronald Clyde Crosby, dit Jerry Jeff Walker.

Surnommé Jacky Jack.

Né le 16 mars 1942 à Oneonta (New York).

Années actives:fin des 60’s à aujourd’hui.

Labels:,Vanguard,Atlantic,Tried & True Music.

Genre:country rock,outlaw country,folk,jazz gitan.

Site officiel:www.jerryjeff.com

 

En tête des rebelles.

Jerry Jeff Walker est indissociable du mouvement outlaw, cette sphère country marginale progressive, dont Austin est l’épicentre dans les années 70. Il figure même en tête des renégats qui ont osé tourner le dos au classicisme de Nashville. Son nom est placardé sur toutes les affiches liées  à ce front rebelle, à côté d’autres frondeurs célèbres comme Willie Nelson, Guy Clark, Townes Van Zandt, Waylon Jennings, Billy Joe Shaver, Mickey Newbury. Pourtant, Jerry Jeff Walker n’a rien d’un texan, puisqu’il a vu le jour dans l’état de New York : Ronald Clyde Crosby pour l’état civil.

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"Des gens me disaient : nous n'avons jamais aimé la country music, mais nous aimons votre musique." (Jerry Jeff Walker)

Circus Maximus…

Lui, c’est à distance qu’il opère dans un premier temps dans ce cercle d’infidèles à la norme Nashville. Avant 1971 où il se fixe au cœur de la scène outlaw qui l’accueille les bras ouverts, Jerry Jeff Walker a d’abord œuvré avec une petite unité régionale, Circus Maximus, montée avec Bob Bruno et qui combinait folk, rock et jazz dans une sorte de rock psychédélique. Bruno étant trop jazz pour lui, Jerry Jeff Walker met les pouces, rompt, en juillet 68, avec cette mouture signée par le label Vanguard et pour lequel deux LP sont réalisés : Circus Maximus (1967) et Neverland Revisited (1968).

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Jerry jeff walker vanguardDans les manuels scolaires texans.

Jerry Jeff Walker, alors partie intégrante du cercle de Greenwich, signe pour Atco (3 LP entre 1968 et 1970) et entame une carrière en solitaire qui, au premier album, Mr. Bojangles (1968) braque les projecteurs sur cet auteur-compositeur-interprète de haut vol.

Mr. Bojangles.

Le LP Mr Bojangles est porté par le titre du même nom, sorte d’hommage au danseur de claquettes Bill Robinson. Cette chanson dont il est évidemment l’auteur et que le Nitty Gritty Dirt Band a porté dans le top ten des charts, a été reprise par un nombre considérable d’artistes comme David Bromberg, J.J. Cale, John Denver, Bob Dylan, Arlo Guthrie, Tom T. Hall, Billy Joel, Elton John, Cat Stevens. Hugues Aufray l’a adaptée en français, tandis que des crooners comme Sinatra, Bellafonte ou Sammy Davis Jr l’ont intégrée à leur catalogue respectif.

Viva Terlingua, sa référence.

Jerry Jeff Walker pose ses valises au Texas en 1971, opte pour Decca/MCA dès 1972. Il reste dans le giron de ce label quasiment toute la décennie. Dans le sillage l’éponyme Jerry Jeff Walker (1972), il publie en 1973 l’excellent Viva Terlingua, enregistré à Lübbock (Texas). Ce disque est sa référence discographique, sa meilleure vente en même temps qu’un classique du genre.

Jacky Jack toujours dans le coup.

La fin des 70’s se partage entre MCA et Elktra/Asylum. Son bilan est plutôt élogieux que d’avoir pu se forger un nom respectable dans le milieu à un moment où la country était claudicante en plus d’être en déficit de réceptivité. L’’ensemble de son œuvre est aujourd’hui hautement revalorisé. Jerry Jeff Walker est un grand songwriter ; ses textes sont étudiés dans les programmes scolaires des petits texans.

Jacky Jack, ainsi surnommé pour son penchant pour la fête no limit avant qu’il ne se marie en 74, est toujours sur le pont, mais dans un registre plus jazzy. Il est un héros national aujourd'hui (RAZOR©).  

DISCOGRAPHIE SOLO DES 60'S/70'S

LP Studio 1 - 1968

 

Jerry jeff walker mr bojangles

 

JERRY JEFF WALKER

MR. BOJANGLES – 1968  5/5

 

Publié le 25 septembre 1968.

Produit par Dan Elliot.

Durée:46:26.

Label:ATCO Records.

Genre:rock,country-rock,folk progressif,folk-rock.

 

Du cousu main.

 

Ronald Clyde Crosby. Si ce nom vous parle, je me les bouffe sur place. Avant d’être contraint de m’exécuter pour peu qu’un petit malin ne lève le doigt pour montrer qu’il touche sa bille, je prends la liberté d’étouffer dans l’œuf toute velléité de bonne réponse. Et toc ! Moralité : ça n’est pas encore pour aujourd’hui que je vais recracher les noyaux, parce que les choses dont je parle ont des noyaux. Vérifiez. Une simple pression suffit, s’agit pas de faire n’importe quoi, d’autant que c’est douloureux.

Du calme, les enfants, les bijoux de famille ne sont pas mon ordre du jour. J’y viens. Cette entrée en matière est tout ce que j’ai trouvé de mieux pour introduire le sujet Jerry Jeff Walker ; la voie utilisée, entre nous, n’a aucun rapport avec cette partie de l’anatomie.  Ne cherchez pas plus loin.

Inutile de s’alarmer, je n’ai pas pété un câble, j’ai juste voulu faire mon intéressant et me passer la brosse à reluire pour donner moi-même une langue au chat à laquelle je devinais une majorité d’entre vous suspendue. Maintenant que c’est lâché, venons-en aux faits. Et uniquement aux faits.

JJW, Ronald Clyde Crosby de son état (civil), figure indissociable du folk-jazz des 60’s, membre particulièrement intéressant d’une génération de chanteurs-compositeurs qui ont utilisé Greenwich Village comme tremplin pour leur carrière, est un songwriter et interprète de country/folk US et Mr. Bojangles (en écoute intégrale ici), son premier LP. Il ouvre la carrière solo de son auteur. Avant 1968, date de sa sortie, ce natif de Oneonta (Etat de New York)  fricote du côté de Lost Sea Dreamers ou LSD (tiens, tiens…) dont le noyau dur mute vers Circus Maximus (1967), avec un certain Bob Bruno, pianiste de jazz rencontré en 1965, auteur du mémorable Wind présent sur le premier LP de Circus Maximus.

Leurs routes se séparent alors, Bruno ne se sentant pas de réelles affinités avec la musique folk à laquelle Jerry Jeff Walker se consacre corps et âme, incarnant idéalement le troubadour pop/fol/country que le rock a rangé parmi ses hors la loi (outlaw) les plus représentatifs.

Mr. Bojangles, par lequel il dépucèle sa carrière en solitaire, est sa chanson la plus populaire, mais aussi un album qui lui permet de faire une apparition tonitruante dans le métier et de poser les bases d’une discographie qui se révèle haut de gamme dans sa douzaine de pièces rattachées aux années 70. Ce morceau inoubliable ouvre à Jerry Jeff Walker les portes de chez Atco, la filiale d’Atlantic Records qui abrite notamment Eric Clapton et qui est derrière la tierce discographique légendaire de Buffalo Springfield.

De ce mythique Mr. Bojangles d’origine, une telle exploitation en a été faite que l’on ne recense aujourd’hui pas moins d’une soixantaine de versions disponibles sur le marché. Celle qui me vient immédiatement à l’esprit est l’interprétation (nasale) faite par le Nitty Gritty Dirt Band sur Uncle Charlie & His Dog Teddy (1970). Elle est un des temps forts de ce magnifique disque de country-rock.

Sammy Davis Jr. En a fait une adaptation très croony. Nina Simone l’a transcendé en une couverture si envoûtante qu’elle demeure encore parmi les plus mémorables de son catalogue. Elle a été un temps fort du parcours de cette grande figure de la chanson black du milieu du vingtième siècle qu’est Harry Belafonte.

Plus proche de nous, dans le temps, Robbie Williams s’est y également collé. Plus près de nous, dans le rock, elle est pointée sur la compil’ d’inédits de Bob Dylan (Dylan/1973), enregistrés pendant les sessions de self Portrait et de New Morning, après son départ de Columbia et indépendamment de la volonté du Zim.

Arlo Guthrie, J.J Cale, Tom T.Hall, Billy Joel, Elton John, Don McLean, Cat Stevens, pour rester dans le milieu, comptent également parmi ses interprètes. On pourrait encore citer John Denver, Harris Nilsson, voire David Bromberg, présent ici, qui en a fait une transposition étirée à plus de 7 minutes (Demon In Disguise/1972) . Cette chanson mélancolique et ses paroles d’une grande tristesse est donc un monument. L’anecdote liée à sa naissance dans l’esprit de Walker n’est pas mal non plus.

Ecrite dans le milieu des années 60, elle est née d’une péripétie arrivée à son concepteur, visiblement passablement imbibé au moment des faits puisqu’il atterrit dans les geôles surchargées de la Nouvelle-Orléans où il partage sa cellule avec une bande de marginaux dont un vieux black qui a passé sa vie à faire des claquettes dans les rues et pour lequel il se prend de sympathie. En hommage à cette rencontre qui l’a marqué, Jerry Jeff Walker signe une chanson dont le titre réfère à Bill Robinson, célèbre danseur de tap-dance dont le surnom popularisé de Mr. Bojangles s’étend à tous les danseurs de rues. Transfiguré sous les mots de son créateur, animé par le seul véritable marionnettiste de cette  chanson, Mr. Bojangles est une incomparable œuvre d’art ; sa poésie folk colle comme rarement à la mélodie.

L’album Mr. Bojangles ne se résume pas, loin s’en faut, à sa chanson titre. Il est la retranscription des faits et gestes de la vie personnelle de l’artiste (le tendre My Old Man), une vie de nomade, d’itinérant, suggéré par des propres expériences sur la route. Gypsy Songman, l’autoportrait qui ouvre la tracklist, en est la parfaite illustration, prônant la bohême tandis que Maybe Mexico joue la carte de l’exotisme.

Outre sa pièce-phare, My Old Man, le sublime Little Bird, une de ses premières signatures d’amour, ainsi que le monologue étiré The Ballad Of The Hulk sont hors concours. Loin de moi l’idée d’écarter le reste d’un lot qui révèle le gros potentiel d’un auteur-compositeur encore jeune dans le métier. En les réécoutant plus de 45 ans plus tard, on est surpris de constater que le temps ne les pas altérés.

Ce mélange équilibré de bluegrass, de country, de rock, de salsa et de folk est gagnant sur toute la ligne, d’autant plus que JJW s’est entouré pour l’occurrence de la crème des musiciens dont le grand guitariste David Bromberg, partenaire apprécié des Jerry Garcia, Bob Dylan et autres Jorma Kaukonen, Jody Stecher (violon), Donny Brooks (harmonica), Danny Milhon (dobro), le bassiste de jazz Ron Carter, le claviériste Gary Illingworth et le batteur Bill Lavorgna. L’achat de ce must punchy (Maybe Mexico, I Keep Changin’, I Makes Money…) est donc totalement justifié d’autant plus que le Walker introspectif qui s’y exprime, chante merveilleusement bien, sa voix tendre et soul faisant déjà montre d’une belle maturité.

Comme le son est au diapason de la musique, de l’écriture et de l’émotion qui chapeaute le tout, dire que Mr Bojangles a laissé une empreinte indélébile sur le country-rock naissant est un euphémisme. Même en se démarquant du reste d’une carrière dans laquelle la country alternative, le Jack Daniels et les drogues vont progressivement s’inviter (RAZOR©).


1. Gypsy Songman.

2. Mr. Bojangles.

3. Little Bird.

4. I Makes Money (Money Don't Make Me).

5. Round And Round.

6. I Keep Changin'.

7. Maybe Mexico.

8. Broken Toys.

9. The Ballad Of The Hulk.

10. My Old Man.

 

Ron Carter:basse acoustique.

Bill Lavorgna:batterie.

Gerald Jermott:basse électrique.

Bobby Cranshaw:basse électrique,basse acoustique.

Jody Stecher:violon,mandoline.

Danny Milhon:guitare,dobro.

David H. Bromberg:guitare,guitare électrique.

Donny Brooks:harmonica.

Gary Illingworth:piano,orgue.

Jerry Jeff Walker:guitare,chant.

LP Studio 3 - 1969

 

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JERRY JEFF WALKER

DRIFTIN' WAY OF LIFE - 1969  5/5

 

Publié en 1969.

Produit par Jack Lothrop.

Durée:40:23.

Label:Vanguard.

 

Du Walker Vintage.

 

Driftin’ Way Of Life, c’est tout à fait le genre de disques que tu ne risquais pas trouver en tête de gondole des rayons, même chez les disquaires les plus huppés et les mieux achalandés de la contrée.

Rares étaient dans l’hexagone ceux qui avaient la tête à la country, je ne le répèterais jamais assez. En 1969, le rock en France était zeppelinien ou n’était pas, à un moment où les Beatles commençaient à ranger doucement leur matériel. Dans le même temps, Creedence Clearwater Revival y faisait fructifier ses trois albums sortis cette année là. Les plus avisés aux choses de la musique qui bouge avaient les yeux tournés vers le rock sudiste d’un Allman Brothers qui émergeait alors et qui faisait déjà parler de lui ou continuaient à suivre de près les Dead, Doors, Airplane, Crosby Stills & Nash, Neil Young et toute cette juteuse scène californienne qui occupait essentiellement les esprits.

Seuls les plus chanceux, les culards des grandes métropoles (et encore !) qui utilisaient le biais de l’importation pour alimenter leurs discothèques, avaient accès à ces LP d’un genre que j’ai  connu alors comme diabolisé, la faute à l’ignorance et au fanatisme, et dont la presse, pas réceptive pour deux ronds, parlait à peine.

Le fameux Driftin’ Way Of Life de Jerry Jeff Walker appartient à cette catégorie musicale muselée, soumise à discrétion par la force des choses, qui ne s’est révélée qu’après coup et qui n’a été sublimée que plus tard. Beaucoup plus tard. Mais, comme dit le dicton chez les bikers, vieux motard que jamais.

Ce Jerry Jeff Walker, dont beaucoup n’ont jamais entendu parler ni de la dent, ni de la lèvre dixit Alexandre Benoît Berurier, est un des chantres du genre country, mais dans son acte dérivé et rénégat, l’Outlaw Movement, né dans les années 60 et autoproclamé comme tel par ses électrons libres (Johnny Cash, Guy Clark, Mickey Newbury, Waylon Jennings, Kris Kristofferson, Merle Haggard, Willie Nelson…), en réaction au son de Nashville de Chet Atkins ou Hank Williams.

Jerry Jeff Walker, en voisin puisque né dans l'état de New York, est préalablement passé par la filière Greenwich Village new-yorkaise, contrairement à ce que la coloration texane de sa musique pourrait laisser penser. Il a par ailleurs officié aux commandes de sa propre légion, Circus Maximus (ne pas confondre avec des vikings qui se sont depuis appropriés cette identité), avec laquelle il publie deux excellentes galettes folk-psych.

Walker est également très impliqué dans l’écriture ; il est connu pour être l’auteur de Mr Bojangles, devenu un des classiques les plus enregistrés du rock, après être passé entre les mains expertes du Nitty Gritty Dirt Band. Toujours en activité en 2013, malgré une première partie de vie dissolue et excessive qui aurait dû le tuer (ne s’appelle pas Walker qui veut), ce troubadour compte une quarantaine d’albums à son actif, dont Viva Terlingua (1973), le plus populaire, et ce magnifique Driftin’ Way Of Life (1969), celui qui le qualifie le mieux, car il traduit bien et authentifie toutes ses années d’errance.

Ici tout est Walker : paroles et musique, à cheval entre country, folk, rock et légères influences cubaines. Album mélancolique, intime qui vous pénètre au compte-gouttes, ce LP, son premier en solo, est le fruit d’une obligation contractuelle avec son éditeur Vanguards Records (il avait déjà signé pour Atlantic) ; il recense un lot de 11 titres qui s’inscrivent parmi ce que l’artiste a fait de mieux dans sa carrière : Driftin’ Way Of Life, Morning Song To Sally, Shell Game, Old Road, North Cumberland Blues, Gertrude, No Roots In Ramblin’, Dust On My Boots… Le son, l’ambiance campagnarde, la voix profonde de JJW et la cohorte de bons et loyaux soldats qui l’accompagnent convergent vers le très haut niveau, seule issue qui pouvait advenir d’une telle conjonction de brillance (RAZOR©).

 

1. Driftin' Way Of Life.

2. Morning Song To Sally.

3. Shell Game.

4. Ramblin', Scramblin'.

5. No Roots In Ramblin'.

6. Old Road.

7. North Cumberland Blues.

8. Let It Ride.

9. Fading Lady.

10. Gertrude.

11. Dust On My Boots.

 

Pete Wade:guitare acoustique,dobro,violon.

Norbert Putnam:basse.

Kenney Buttrey:batterie.

David Bromberg,Wayne Moss:guitare.

Jerry Jeff Walker:guitare,harmonica.

David Briggs:piano,clavecin.

Harald Rugg:steel guitare.

Charlie McCoy:harmonica.

Hargus Robbins:piano électrique.

LP Live 1 - 1973

 

Jerry jeff walker viva terlingua 1973

 

JERRY JEFF WALKER

VIVA TERLINGUA ! - 1973  5/5

 

Publié en novembre 1973.

Enregistré le 18 août 1973 à Luckenbach (Texas).

Produit par Michael Brovsky.

Durée:43:50.

Label:MCA Nashville Records.

 

Le Fillmore des rednecks.

 

C’est par une belle et chaude nuit de l’été 1973, le 18 août plus exactement, que la scène du Dance Hall de Luckenbach la texane a signé un long bail avec la country music. Une soirée menée de main de maître par Jerry Jeff Walker soutenu par le Lost Gonzo Band et au cours de laquelle est enregistré le live Viva Terlingua !, devenu un incontournable album de country outlaw. Depuis, la cité du Gillespie County a été immortalisée par Waylon Jennings et Willie Nelson, via la chanson Luckenbach Texas (Back To The Basics Of Love). Aujourd’hui encore, Luckenbach organise régulièrement des concerts country où la Shiner Back, bière locale, coule à flot.

La première chose qui frappe à l’écoute de ce disque, c’est sa qualité sonore exceptionnelle. L’histoire de cet opus dit que l’équipe d’organisation du concert, à la demande des techniciens du cercle de l’artiste, ont fait installer des balles de paille le long des murs d’enceinte de la salle pour justement influer sur ce son. Pari réussi, les techniques de studio achevant d’enjoliver les bandes.

Ce qui surprend moins, à l’écoute de Viva Terlingua, c’est sa matière magnifique, tissée autour de ce qui représente l’excellence de ce genre anticonformiste et marginal, collectée dans le répertoire des texans Guy Clark (la ballade Desperados Waiting For A Train), Michael Martin Murphey (Backslider’s Wine), de Gary P. Nunn (un London Homesick Blues vénéré au Texas et étiré au-delà des 7 minutes) et Ray Wylie Hubbard (le tapageur Up Against The Wall Redneck Mother), et que complète, pour plus de la moitié des titres (Gettin’ By, le caribéen Sangria Wine, le mid-tempo façon Eagles du nom de  Little Bird, Get It Out aux refrain soul  et le zarbi Wheel), le songwriting de qualité du new yorkais Walker. L’assortiment est gagnant.

Il y a enfin la prestation  en elle-même, qui, bien qu’enregistrée face à un public, ne traduit pas vraiment la sensation habituelle du live, s’apparentant plus à une prestation studio, mais si maîtrisée, si convaincante, si festive, turbulente, décontractée, inspirée et polyvalente qu’elle en est un modèle de country prog se plaçant  dans le sillage immédiat de ce que le gratin du phénomène dit « hors-la-loi » d’alors est en mesure de proposer. Le Lost Gonzo Band n’est pas étranger à la belle impression qui se dégage de son soutien à Jerry Jeff Walker, notamment au niveau des claviers, du violon et des choeurs.

Viva Terlingua ! est un très grand LP de Jerry Jeff Walker qui capture bien l’esprit  de la scène country progressiste d’Austin, celle qui toise Nashville et chahute la norme en vigueur. Avec le temps, ce disque est définitivement immortalisé en un classique de l’Outlaw. Le new yorkais, en première ligne d’une troupe de jeunes renégats en herbe, est au sommet de son art, on ne lui fera donc pas l’affront de rater ce séminal rendez-vous de Luckenbach. Si Walker est une figure mythique du genre aujourd’hui, Viva Terlingua y a très largement contribué (RAZOR©).

 

1. Gettin' By.

2. Desperados Waiting for a Train.

3. Sangria Wine.

4. Little Bird.

5. Get It Out.

6. Up Against The Wall, Redneck Mother.

7. Backslider's Wine.

8. Wheel.

9. London Homesick Blues.

 

Kelly Dunn:orgue,piano.    

Mary Egan:violon.

Craig Hillis:guitare,guitare électrique.

Robert Livingston:basse,claviers,choeurs.  

Michael McGeary:batterie,percussions.

Gary P. Nunn:claviers,orgue,piano,choeurs.

Mickey Raipheld:harmonica.

Herb Steiner:steel guitare.        

Joanne Vent:chant,choeurs.

Jerry Jeff Walker:guitare acoustique,chant.

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