John Prine

BIOGRAPHIE.

 

JOHN PRINE/Maywood (Illinois)

 

John prine

 

Né le 10 octobre 1976 dans l'Illinois.

Actif de 1971 à aujourd'hui.

Genre:country,folk,progressive bluegrass,country alternative,Americana.

Labels:Atlantic,Asylum,Oh Boy,Rhino.

Site officiel:www.johnprine.net

 

Une belle empreinte.

Son domaine de prédilection c’est le country-folk. L’auteur-compositeur-interprète John Prine, natif de Maywood dans l’Illinois, y a laissé une belle empreinte, donnant le jour à des chansons devenues des classiques de la culture musicale américaine que les artistes, au gré des années, se sont fait fort de fructifier pour leur compte.

Joan Baez, Johnny Cash, Bette Midler, Al Kooper, Bonnie Raitt, Jimmy Buffett, pour n’en citer que quelques-uns, ont eu l’immense honneur d’interpréter certaines des plus belles pages d’un catalogue dont les bases ont été posées, fin des 60’s, sur l’énergique et actif terrain d’expression folk de Chicago, une scène qui a fortement impacté sur celle nationale.

John prine 1

Songwriter influent.

Incontournable maillon de cet échiquier artistique, cet enfant de la ruralité, malheureusement en proie à des problèmes de santé qui l’ont contraint à suspendre ses activités professionnelles à l’heure où je vous parle, y fait la connaissance d’un autre artiste du crû, réputé dans les milieux populaires comme étant un très grand et très influent songwriter ricain, Steve Goodman, emporté par la maladie à 36 ans.

Ces deux là ne laissent pas Kris Kristofferson de marbre. Ce dernier contribue à lancer leur carrière. Pour le Prine des 70’s, elle se déroule pour l’essentiel chez Atlantic Records avant de se poursuivre chez Asylum en fin de décennie, où il retrouve l’ami Goodman.

Un parcours en dents de scie.

L’éponyme John Prine (1971) ouvre son compteur discographique de la meilleure manière qui soit. Cette figure de proue du folk revival de Chicago marque les esprits par la pertinence d’une écriture qui a des choses à dire. La grandeur de sa poésie lui vaut d’attirer l’attention de ses consœurs notamment, Bette Middler et John Baez qui s’approprient respectivement Hello In There et Angel From Montgomery.

John prine waters

"John Prine a développé une musique extraordinairement éloquente, comme Neil Young et John Lennon". (Roger Waters)

Si  Diamonds In The Rough (1972) peine à convaincre un public encore hermétique au genre, Sweet Revenge (1973) remet l’église au milieu du village. Mais pas pour longtemps, car avec Common Sense (1975), mal produit, Prine signe son plus mauvais coup. En renouant avec Steve Goodman, en charge de la production de Bruised Orange (Asylum/1978), John Prine renoue avec le haut niveau. Le très haut niveau même, peut-être son meilleur quoi que les débuts sont pas mal.

Pink Cadillac, dernier LP de la décennie, est une nouvelle déception, dans la mesure où l’album réunit un répertoire constitué pour moitié de reprises, registre pas du tout adapté à cet artiste. Le flop qui en découle n’est pas étranger à la fin de la collaboration entre lui et Asylum.

Joyau national.

Pour aborder les années 80, Prine change de label. Mieux, il crée le sien, Oh Boy Records, et continue son petit bonhomme de chemin, lequel se traduit par des nominations aux Grammy Awards. Il est considéré aujourd’hui comme un des joyaux du trésor national culturel US (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1971

 

John prine john prine 1971

 

JOHN PRINE

JOHN PRINE – 1971  5/5

 

Publié en 1971.

Produit par Arif Mardin.

Durée:44:07.

Label:Atlantic.

 

Une onde de choc.

 

John Prine ne fait pas les choses à moitié quand il publie son album éponyme de 1971. Pour une première œuvre, il signe ce qui reste comme un classique de son catalogue et du genre dans lequel il excelle, la country-folk music. On ne peut donc rêver meilleure entrée dans une  profession qu’il continue d’exercer de manière active à l’heure où je l’évoque, alors qu’il vient de boucler sa soixante septième année sur terre.

Né dans l’Illinois, cet auteur-compositeur-interprète  de première force, songwriter précoce (dès 14 ans), habité par une fibre poétique hors norme, est la cible privilégiée des plus grands artistes U.S qui, dès lors qu’il s’agit de briller ou de se relancer, s’approprient son riche répertoire. Ainsi, Johnny Cash et Al Cooper (Naked Songs/1973) mettent la main sur Sam Stone, référence directe à l’addiction aux drogues d’un vétéran et où le Vietnam apparaît en filigrane. Joan Baez (Diamonds & Rust/1975) et Bette Midler lui empruntent son Hello In There traitant du vieillissement et de la solitude qui l’accompagne, tandis que Bonnie Raitt, Carly Simon et Susan Tedeschi jettent leur dévolu sur Angel From Montgomery au thème quasi similaire quand Jimmy  Buffett reprend à son compte It’s A Goofy Old World, microcosme de la vision du monde de Prine. Plus près de nous, en 2007, Robert Plant et Alison Krauss (Raising Sand) remettent à l’honneur son Killing The Blues. Prine ne laisse pas indifférent dans le milieu.

Pote avec Steve Goodman, ce dernier le met en relation avec Kris Kristofferson qui va favoriser son démarrage dans le métier et permettre la réalisation de ce premier LP chez Atlantic Records, Jerry Wexler, son manager, tombant littéralement sous son charme.

L’album John Prine (en écoute intégrale ici) de 1971 est enregistré pour la quasi-totalité à Memphis ; seule une piste en échappe : Paradise (reprise par les Everly Brothers, John Fogerty, Johnny Cash…), écrite pour son père, mais pour le coup réalisée dans les studios new yorkais d’A & R.

Il n’est pas meilleure introduction à l’univers de Prine que cette collection de chansons ici présente et que n’importe quel artiste folk ou country aurait aimé écrire. A son écoute, il ne faut pas être grand clerc pour comprendre les raisons pour lesquelles Prine suscite beaucoup de considération de ses contemporains.

Figure de proue du Chicago Folk Revival, Prine ne touche pas les dividendes financiers que la qualité de son album aurait dû engendrer. Ce qui n’émeut, ni ne démotive l’artiste, lojn s’en faut, son intérêt étant ailleurs. Le succès commercial n’étant pas compatible avec celui critique, l’accueil de son premier jet est beaucoup plus enthousiaste de la part des presses spécialisées, comme le seront ses travaux suivants. L’œuvre de Prine, précise, aérienne et élégante, constituée de véritables pépites lyriques, est une valeur sûre du patrimoine musical U.S.

Quoi qu’il en soit, c’est sur ce disque éponyme que l’on retrouve la croustillance des titres de celui en qui l’on voyait alors le nouveau Dylan. John Prine l’album a incontestablement mis son auteur sur une voie dorée pour la suite de sa carrière.

Illegal Smile (incitatif à la consommation de marijuana), Sam Stone, le mélancolique Angel From Montgomery, Paradise, Hello In There, Far From Me (son préféré), Spanish Pipedream, le résigné Pretty Good sont l’apanage d’un conteur-né déjà très mature. Intelligentes, dans le moule américain de l’époque, ce lot de chansons folk/rock/country est celui que j’ai personnellement retenu de cet artiste qui, à sa publication, a créé une véritable onde de choc. John Prine, Townes Van Zandt, Bob Dylan, Guy Clark… même combat, c’est du lourd dans la culture ricaine. On ne passera pas à côté (RAZOR©).

 

1. Illegal Smile.

2. Spanish Pipedream.

3. Hello in There.

4. Sam Stone.

5. Paradise.

6. Pretty Good.

7. Your Flag Decal Won't Get You Into Heaven Anymore.

8. Far from Me.

9. Angel from Montgomery.

10. Quiet Man.

11. Donald and Lydia.

12. Six O'Clock News.

13. Flashback Blues.

 

John Prine:chant,guitare acoustique.

Reggie Young:lead guitare.

Leo LeBlanc:pedal steel guitare.

John Christopher:guitare rhythmique.

Bobby Emmons:orgue.

Bobby Wood:piano.

Mike Leach:basse.

Gene Chrisman:batterie.

Heywood Bishop:percussions.

Steve Goodman:guitare acoustique sur 5/13,harmonies.

Dave Prine:violon sur 5.

Noel Gilbert:violon sur 13.

Neil Rosengarden:basse sur 5.

Gene Grisman:tambourin sur 13.

LP Studio 3 - 1973

 

John prine sweet revenge 1973 2

 

JOHN PRINE

SWEET REVENGE - 1973  5/5

 

Publié en octobre 1973.

Produit par Arif Mardin.

Durée:35:12.

Label:Atlantic.

 

Valeur sûre du catalogue.

 

John Prine avait l’imagination fertile. Il fourmillait de tant de bonnes idées et de scénarii prompts à alimenter matière à s’exprimer qu’il aurait pu écrire des bouquins, signer des chroniques ou je ne sais quoi encore. Il a choisi la musique comme vecteur pour libérer l’effervescence qui couvait en permanence sous sa coiffe. Au stade actuel de sa carrière et au regard d’un C.V. incitant plus à détourner le regard vers le bout de ses godasses qu’à chicaner, qui serait assez gonflé de lui en faire le grief ? Ce conteur-né, passé par le rock, le rockabilly, la folk et la country jusque dans sa version alternative, c’est respect et chapeau. Quand son nom est cité, on met le mouchoir dessus et on se fait petit, petit. Etre repris par Dylan et Baez, pour ne citer qu’eux, indique bien la haute considération que le milieu porte à son écriture. La critique du moment abonde dans ce sens à l’unanimité. De quoi faire taire le camp des opposants…

Son premier LP (John Prine/1971), alors que Prine est à peine débarqué sur la scène folk du début des années 70, confirme le sentiment général. Comme il est exceptionnel, son suivant, Diamonds In The Rough (1972) peine à convaincre d’une récidive et paraît un peu en retrait. Avec le recul et en se coupant de ce contexte, il s’avère juste un peu inégal, mais ça ne va pas plus loin. Il a de la gueule quand même, n’en déplaise aux détracteurs.

Paraît alors, dans la foulée, puisqu'en 1973, Sweet Revenge (en écoute intégrale ici) qui remet les pendules à l’heure et rabat pour le compte le caquet des mêmes ronchons, si tant est que sa régularité à haut niveau ait été mise en cause à un quelconque moment. Dans la cour de récré du rock, c’est ferme ta boîte à camembert, tu l’ouvriras pour le dessert…

Si j’ai écorné l’angle supérieur de la page consacrée à Sweet Revenge, c’est parce que ma vie musicale, dédiée à l’écoute de la production country-rock essentiellement, m’a amené à la consulter souvent et régulièrement depuis sa publication. On ne peut pas faire sans si on apprécie le sujet et l’artiste. Elle constitue une valeur sûre du catalogue des 70’s de Prine, avec l’éponyme et Bruised Orange (1978) sur lequel il donne l’impression d’être venu en mobylette et sans casque à la séance photo, à moins qu’il n’ait souscrit à un méga brushing. Néanmoins, je vous le recommande, c’est balaize et ce pour la troisième fois de rang dans cette décennie.

La presse a bien accueilli ce LP. Moi aussi, car il se situe dans le moule artistique de ce que j’aime tout particulièrement chez les grands songwriters Yankees du folk et de la country : leur faculté à mêler humour et peine, autodérision et tendresse, à provoquer, à manier la coolitude dans la simplicité et avec détachement, et la grâce naturelle qu’ils déploient à le faire. Sur fond de country-rock ici. Son répertoire du jour, sous contrôle permanent, est, complètement et sans la moindre ambigüité, porteur des germes ricains.

Poussé sur le devant de la scène par Paul Anka, le chanteur chéri de nos jeunes mamans d’alors, et par Kris Kristoffferson, le countryiste racé, Prine met à profit son engagement par Atlantic Records pour montrer qu’il en a sous le capot.

Témoin cet accrocheur Sweet Revenge, plus mature et plus cohérent, qui avance de solides pions comme le simultanément fun et affligé Christmas In Prison, comme A Good Time, Onomatopeia, The Accident, Mexican Home, A Good Time, Please Don’t Bury Me, Dear Abby, le up-tempo Blue Umbrella, comme le délicieux Grandpa Was A Carpenter.

Même si Prine n’est pas, à proprement parler, de la race des grands chanteurs, il n’en demeure pas moins un excellent interprète du répertoire amerloque ; il y met tellement de cœur et d’âme que l’on pourrait penser que sa vie en dépend. Dès lors, il ne surprendra personne que Prine, un des très grands auteurs-compositeurs de la seconde moitié du siècle dernier soit vu comme un trésor national au pays de l’Oncle Sam

Produit par Arif Mardin, ce tome 3 de sa tierce discographique de référence a été enregistré, pour l’essentiel des 12 titres (9) à Nashville avec des acteurs du crû. C’est assurément son album le plus irrévérencieux (RAZOR©).

 

1. Sweet Revenge.

2. Please Don't Bury Me.

3. Christmas In Prison.

4. Dear Abby.

5. Blue Umbrella.

6. Often Is A World I Seldom Use.

7. Onomatopeia.

8. Grandpa Was A Carpenter.

9. The Accident (Things Could Be Worse).

10. Mexican Home.

11. A Good Time.

12. Nine Pound Hammer.

 

John Prine:chant,guitare acoustique.

Reggie Young:guitare électrique,guitare acoustique.

Steve Goodman:guitares,harmonies vocales.

David Briggs:piano,orgue.

Mike Leech,Hugh McDonald:basse.

Kenny Malone,Steve Mosley:batterie.

Cissy Houston,Deirdre Tuck,Judy Clay: choeurs.

John Christopher:guitare acoustique.

Dave Prine:dobro,banjo.

Raun McKinnon:harmonies vocales.

Grady Martin:dobro,guitare acoustique.

Jerry Shook:harmonica

Steve Burgh:guitare acoustique,guitare électrique.

Kenny Ascher:piano électrique.

Ralph McDonald,Bill Slater:percussions.

Doyle Grisham:steel guitare.

Bobby Wood:piano.

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