Kris Kristofferson.

BIOGRAPHIE.

 

 

KRIS KRISTOFFERSON/Brownsville (Texas – USA)

 

Kristofferson intro

 

Né le 22 juin 1936 à Brownsville (Texas).

Actif entre 1959 et 2020.

Labels:Monument,Mercury,Warner Bros,New West,Columbia.

Genre:country,country outlaw,country-rock,folk,rock,folk-rock,blues,gospel.

Site web officiel:kriskristofferson.com

 

Mens sana in corpore sano.

Il aurait pu finir boxeur après son expérience probante aux Golden Gloves ou à Oxford, voire s'épanouir comme défenseur dans le football américain à l'université de Claremont (Californie), être un ouvrier sur les voies ferrées, dans le bâtiment ou sur une plate-forme pétrolière, bûcheron, tant il était un athlète accompli et avait un physique avantageux.

Comme son père et son grand-père, il aurait pu marcher dans les pas des officiers de l'Armée américaine qu'ils furent avant lui et pousser, au-delà des 6 ans passés comme ranger stationné en Allemagne de l'Ouest, une prometteuse carrière militaire menée comme capitaine (1965) et qu'il quitte, titulaire d'un diplôme de pilote d'hélicoptère.

Il était un pacifiste et un trublion dont le nom est resté, de manière inéluctable, associé aux Highwaymen (avec Johnny Cash, Waylon Jennings et Willie Nelson), ces renégats de la country.

Il avait les dispositions pour embrasser le métier de professeur et son cursus universitaire dans la littérature le destinait vraisemblablement à aller dans ce sens.

Kristofferson army captainIl aurait pu épouser une carrière militaire...

Kristofferson boxeur...être boxeur...

Kristofferson 60 s...il a choisi la musique...

Kristofferson pat garrett...et le cinéma (Pat Garrett & Billy The Kid).

Kristofferson me and bpbbu mcgeeIl est un grand songwriter aussi.

Kristofferson highwaymenUn des renégats les plus fameux de la country.

Kristofferson the silver tongued devil and iSon album le plus représentatif.

Kristofferson 56th grammy awards honoring neil young 04Grammy Award (2014).

Au lieu de cela, cet étudiant-boursier d'Oxford, plutôt que de continuer à explorer la poésie et l’œuvre de l'écrivain William Blake, fait le choix d'un autre destin. Né avec une cuillère dorée dans la bouche, il opte pour un dessein artistique.

De Carson à Kristofferson.

Kris Kristoffersson a eu mille vies mais c'est à la musique qu'il donne la priorité, persuadé que l'auteur-compositeur-interprète en herbe qu'il est au début des 60's, a les moyens de réussir comme chanteur.

Il aime ça, possède la base littéraire nécessaire pour aller chercher sa réussite dans cette voie et ne craint pas de mettre tout ce qu'il a de meilleur en lui pour y parvenir.

Sous Kris Carson, il pose ses premiers jalons dans le songwriting, commence à se montrer dans les clubs d'Oxford et enregistre quelques chansons pour un label mineur, mais sans réussite.

Ce qui, au terme de ses études, le contraint à prendre la décision de retraverser l'Atlantique, mais dans l'autre sens, cette fois.

Les débuts dans sa nouvelle vie sont difficiles ; il passe 5 ans à Nashville sans que quiconque ne fasse attention à ses démos, demandant même à d'autres de les chanter pour lui, avant, faute de moyens suffisants, de se résoudre à le faire lui-même.

Une page se tourne.

Grâce au soutien de Johnny Cash et à Janis Joplin qui fait briller son Me And Bobby McGee (deuxième succès posthume de toute l'histoire du rock), Kris Kristofferson réalise, de manière brillante, l'objectif qu'il s'était assigné.

Intronisée au Songwriters Hall Of Fame (1985) et au Country Music Hall Of Fame (2004), cette belle gueule que le cinéma s'est offerte dès 1971 (The Last Movie de Dennis Hooper) et jusqu'à 2017 (une soixantaine de films), est aujourd'hui parvenue au bout de ses rêves professionnels.

L'année passée (2020), après avoir accumulé des pépins de santé pendant les dernières décennies, il a officialisé la fin de sa carrière.

A 84 ans, réaliste quant aux effets pervers qu'ont la maladie et l'avancée dans l'âge sur la qualité de ses prestations, l'auteur des intemporelles Me And Bobby McGee, Sunday Mornin' Coming Down, For The Good Times, Why Me Lord, Help Me Make It Through The Night tourne définitivement la page.

Au fronton du rock, à côté de Dylan.

A l'heure des bilans, que n'a-t-il pas fait qu'il aurait pu faire ? Peut-être écrire pour Dylan pour lequel il avait les yeux de Chimène et qu'il ne remerciera jamais assez pour avoir été celui qui a ouvert la porte aux songwriters de sa génération.

Uu Dylan que cet admirateur de la première heure n'a jamais osé déranger quand le Zim occupait les studios de Nashville (il enregistrait Blonde On Blonde en 1966), dont le texan était concierge.

Apparaissant à ses côtés dans le film Pat Garrett And Billy The Kid (1973), Kris s'est satisfait d'enregistrer et d'interpréter le répertoire de Bob. Et réciproquement.

Le barde a même repris They Killed Him de son confrère (Knocked Out Loaded/1986), mais la relation professionnelle n'a pas été poussée plus loin.

Aujourd'hui, alors que le rideau se referme, le nom de Kris Kristofferson trône au fronton du rock, à côté de celui qui l'a influencé et pointe comme son plus grand héros en qualité d'artiste, d'auteur-compositeur et de chanteur.

Au regard du discours élogieux et plein de gentillesse tenu par le Zim à l'endroit de Kris, dans le cadre de la soirée de gala Musicares du 6 février 2015, il ne fait aucun doute que leur admiration est mutuelle.

Dans son hommage du soir, Bob affirme que quand Kris a débarqué à Nashville, c'est toute la country music qui a changé avec lui. Et si c'est Dylan qui le dit...

Hank Williams, son inspirateur...

Né à Brownsville (Texas), le 22 juin 1936, Kris a une enfance et une jeunesse privilégiée et sans véritables problèmes, dans une famille bien mise et à la ligne disciplinaire bien établie.

Après une scolarité secondaire (1954/San Mateo), puis universitaire (1958/Pomona College) qui l'amène à étudier l'écriture et la littérature, il obtient une bourse Rhodes qui permet à son récipiendaire de poursuivre ses études à Oxford.

A leur terme, il obtient sa maîtrise (1960), avant de retourner en Californie où il épouse sa petite amie, Frances Beer, connue au lycée avant d'effectuer ses obligations militaires.

Durant sa conscription, Kris monte un groupe et écrit des chansons pour lesquelles Hank Williams est son inspirateur, avant que Bob Dylan ne le supplante.

...Nashville, son berceau.

En 1965, contre l'avis de ses parents, il se rend à Nashville pour rencontrer la tante d'un ancien frère d'armes, Marijohn Wilkin, une des grandes compositrices de country-music.

Aide inestimable dans le lancement et le développement de la carrière de songwriters, celle-ci favorise son intégration à Nashville, permet sa collaboration avec le label Buckhorn Music. Ces rapprochements lui ouvrent les portes du Grand Ole Opry où Krys fait la connaissance de Johnny Cash.

Kristofferson now

« Quand je regarde chaque photo ou album de Highwaymen, je ne peux pas le croire. Mes plus grands héros sont là : Waylon, Willie, Johnny, et, à côté d'eux, le concierge, c'est moi. C'est tellement cool d'être ami avec tes héros. » (Kris Kristofferson)

Le natif de Brownsville prend alors la décision de rester dans le berceau de la musique country et d'y commencer, à l'amorce de la trentaine, la carrière qu'il a choisie. Avec deux enfants sur les bras en prime.

En acceptant un emploi de concierge pour les studios Columbia de la place tennesséenne, il noue ses premiers contacts avec les stars du moment et éveille son entourage sur son talent d'auteur de chansons.

Membre de longue date du Grand Ole Opry (depuis 1960), Billy Walker s'arroge son From The Bottle To The Bottom (1969) qui ne laisse pas insensible le milieu de la country.

Dès lors, l'artiste, après un long purgatoire, déclenche un engouement pour son écriture. Sa carrière décolle enfin quand, après Ray Stevens, Johnny Cash porte Sunday Morning Comin' Down au premier rang du Hot Country Singles du Billboard et à la 46ème place du Hot 100. Le titre en question est plébiscité comme chanson country de l'année (Country Music Association/1970).

Une écriture enfin reconnue.

Sunday Morning Comin' Down, Me And Bobby McGee, For The Good Times et Once More With Feeling, respectivement repris par Cash, Roger Miller puis Janis Joplin (elle l'enregistre la veille de sa mort), Ray Price et Jerry Lee Lewis, assoient définitivement le statut de songwriter de renommée internationale de Kristofferson.

S'il est admis que celui-ci est un brillant auteur de chansons, reste à prouver qu'il est capable de chanter son répertoire et ça, ce n'est pas gagné car Kris a tout a fait conscience qu'il n'est pas le chanteur du siècle.

Il a une belle voix rugueuse, expressive, mais ne sait pas trop s'en servir à bon escient, bien qu'elle lui permette parfois de traiter plus efficacement certaines chansons que d'autres chanteurs traditionnels du genre.

Les considérations pour l'écriture de Kris préparent le terrain à son basculement dans l'interprétation, effectif en juin 1970 avec la publication, pour Monument Records, de l'éponyme Kristofferson.

Merci Janis Joplin.

Si la critique lui réserve un bon accueil, dans les bacs, c'est un échec (30.000 exemplaires vendus). Malgré cela, il part soutenir son œuvre en signant quelques beaux concerts au Troubadour ou à l'Isle de Wight.

L'opus, réédité l'année suivante sous le titre Me And Bobby McGee, après le succès du single du même nom, se classe dans le top 10 des meilleurs albums de country (Billboard) et N°43 du Billboard 200 ; il est certifié or.

La profession jette un regard nouveau sur l'artiste que le succès de Janis Joplin conforte comme un des acteurs de la contre-culture.

Apprécié par ses confrères du milieu, aimé du public, soutenu par la presse, Kristofferson contribue à populariser un peu plus la country.

Succès critique comme commercial, The Silver Tongued Devil And I (Monument/juillet 1971) fait disque d'or et top 20 (Billboard). Ses ventes, poussées par le succès retentissant de Me And Bobby McGee, installent désormais Kris Kristofferson comme un artiste à part entière et ne le résument plus au seul songwriter talentueux.

A la fin de l'année de sa grande percée (1971), trois de ses titres sont en lice aux Grammy Awards. Help Me Make It Through The Night enlève le prix de la meilleure chanson country. A la même période, il entame une carrière d'acteur cinématographique et de télévision, parallèlement à son parcours de chanteur.

L'acteur Kristofferson.

On retiendra surtout de celle-ci ses rôles mémorables sur grand écran dans Pat Garrett And Billy The Kid (1973), Alice Doesn't Live Here Anymore (1974), A Star Is Born (1976) pour lequel il remporte un Golden Globe, The Sailor Who Fell From Grace With The Sea (1975), Lone Star (1996) et Blade (1998).

Durant la décennie, il enchaîne les films au rythme de ses albums (12 apparitions cinématographiques pour 9 LP), avant de connaître durant les deux suivantes des hauts et des bas dans les deux domaines.

Un Grammy pour l'ensemble de son oeuvre.

Il mène toutefois quelques projets de collaboration fructueux, dont le plus mémorable est les Highwaymen (1985), le premier super-groupe de country réunissant, Johnny Cash, Waylon Jennings, Willie Nelson et Kris.

Dissous en 2005, à la mort de Waylon Jennings, le groupe (3 albums entre 1985 et 1995) est très influent dans la country dite outlaw, mouvement caractérisé par l'enrichissement de la country classique par des sonorités folk et rock et qui s'oppose au conventionnel Nashville Sound.

Partagé entre la route, pour la partie musicale, et le cinéma, Kris Kristofferson, malgré des ennuis de santé de plus en plus récurrents dont il vient fort heureusement à bout à chaque fois, ne ralentit que très peu sa cadence. Ce n'est pas dans les gènes du troubadour texan.

Il alimente sa discographie de l'ère moderne de très jolis albums, parmi les plus beaux de sa carrière : This Old Road (2006), Closer To The Bone (2009) et Feeling Mortal (2013), tous classés dans le top 40.

En juin 2016, le catalogue se complète d'un nouvel opus, le frénétique The Austin Sessions (double LP), enregistré à Austin les 24 et 25 juin 2014.

En 2014, il reçoit un Grammy Award pour l'ensemble de son œuvre. L’œuvre de toute une vie, à propos de laquelle l'homme se plaît à dire qu'elle s'est tellement bien passée, pour lui comme pour l'artiste, qu'il ne retirerait rien de ce qu'il a fait. Et pourtant il en a fait... (RAZOR©2022).

MON CHOIX DISCOGRAPHIQUE.

LP Studio 2 - 1971

 

Kristofferson the silver tongued devil and i

 

KRIS KRISTOFFERSON

THE SILVER TONGUED DEVIL AND I – 1971  5/5

 

Publié en juillet 1971.

Produit par Fred Foster.

Durée :32:22.

Label:Monument.

Genre:country outlaw,country progressive.

 

Un talent naturel.

 

Après un premier album convaincant (l'éponyme Kris Kristofferson/1970), bien que n'ayant pas eu les honneurs dus à son rang auprès du public, Kris Kristofferson est pris très au sérieux par la presse spécialisée qui, elle, l'encense pour son œuvre initiale.

Son écriture puissant séduit et accouche de quelques chansons qui ne laissent personne insensibles ; j'en veux pour preuve les Me And Bobby McGee, For The Good Times, Help Me Make It Through The Night et Sunday Mornin' Coming Down.

Les bases sont posées pour que son suivant poursuive dans une voie identique. Attendu au tournant, The Silver Tongued Devil And I, publié à l'été 1971, se voit doter de moyens supplémentaires par le label Monument (des cordes et des cuivres sont rajoutés) et fait mieux encore que son prédécesseur, puisque le disque est non seulement acclamé par la critique, mais trouve également un écho commercial dès sa tombée dans les bacs.

Kris Kristofferson, démissionnaire de l'Armée (1965) pour se projeter dans l'écriture de chansons pour Johnny Cash et Janis Joplin (il a suivi des études universitaires en littérature), fait une entrée fracassante (son premier LP hérite d'une écriture longuement travaillée) dans sa carrière personnelle en alignant coup sur coup deux belles œuvres.

Son aptitude vocale, la simplicité, la sincérité et la décontraction de son interprétation, son talent naturel pour le songwriting portent l'artiste sur le devant de la scène country, un genre qu'il affectionne plus que d'autres et qu'il va alimenter de nombreux albums, généralement dignes d'intérêt.

Ce sont toutefois ses quatre premiers opus des 70's qui me séduisent le plus dans sa discographie, avec, plus particulièrement, une affection pour le second, Himself par lequel on se trouve confronté à un raconteur plus grave et mélancolique que jamais, d'une profonde émotion (Joy And The Kid, When I Loves Her, Loving Her Was Easier, Good Christian Soldier, Epitaph...).

Il y a du Townes Van Zandt dans ce Kristofferson d'Himself, dans ce poète sous-estimé ; pour moi, ce parallèle est lourd de sens... (RAZOR©2022).

 

1. The Silver Tongued Devil And I.

2. Jody And The Kid.

3. Billy Dee.

4. Good Christian Soldier.

5. Breakdown (A Long Way From Home).

6. Loving Her Was Easier (Than Anything I'll Ever Do Again).

7. The Taker.

8. When I Loved Her.

9. The Pilgrim – Chapter 33.

10. Epitaph (Black And Blue).

 

Kris Kristofferson:chant,guitare.

Jerry Kennedy:guitare.

Norbert Putnam:basse.

Jerry Carrigan:batterie.

David Briggs:claviers.

Jerry Shook:guitare.

Norman Blake:dobro.

Bobby Dyson:basse.

Charlie McCoy:harmonica,vibraphone.

Farrell Morris:percussion.

Billie Swan:basse,chœurs.

Chris Gantry:guitare.

Donnie Fritts:piano électrique,chœurs.

Gary Vanosdale,Marvin Chantry,Byron Bach,Lilian Hunt,Brenton Banks,George Binkley III,Solie Fott,Sheldon Kurland,Martin Katahn:cordes.

Rita Coolidge:chœurs.

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