Larry Jon Wilson.

BIOGRAPHIE.

 

LARRY JON WILSON/Augusta (Géorgie)

 

Larry jon wilson

 

Né le 7 octobre 1940 à Swainsboro (Géorgie).

Décédé le 21 juin 2010 à Roanoke (Virginie)

Années actives:1975/2010.

Auteur-compositeur-interprète.

Label:Monument.

Genre:swamp pop,folk,blues,country,country outlaw.

Fan site:www.larry-jon-wilson.com

 

Associé aux plus belles heures de l'Outlaw.

Jusqu’à ce que sa route ne s’arrête par la volonté d’un AVC, le jour du passage à l’été 2010, Larry Jon Wilson a toujours été dans le coup. Dans l’ombre certes, ou plutôt dans la discrétion, comme le lui dictaient ses origines sudistes et sa nature réservée, mais toujours là.

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Plus que jamais là d’ailleurs, depuis que son nom, déjà associé aux plus belles heures de la country outlaw avec laquelle il fricotait, et son parcours, démarré au début des années 70, aient été ressuscités dans le cadre de la publication d’un LP éponyme en 2008.

Sublime interprète à la voix grave caractéristique, mais surtout éminent songwriter géorgien, Larry Jon Wilson a du Tony Joe White en lui. Avec lui, il partage une musique qui patauge dans la country-soul.

Comme lui, il évolue sous le label Monument Records, cette belle étiquette qui fut le théâtre du développement de la country rebelle et de l’éclosion de ses légendaires précurseurs, les Kris Kristofferson, Willie Nelson notamment.

Un come-back après 30 ans.

Le label de Nashville/Tennessee permet au Géorgien d’Augusta de réaliser quatre LP dans la seconde moitié des 70’s : New Beginnings (1975), Let Me Sing My Songs (1976), Loose Change (1977) et The Sojourner (1979).

Il n’aura, malheureusement, pas beaucoup le temps de profiter de son cinquième album, celui du retour en studio, le disque qu’il a toujours rêvé de faire, le magnifique et mélancolique unplugged Larry Jon Wilson, publié en 2008 pour Drag City. Au 15ème étage du Mirabella sur Perdido Key (Floride), il enregistre seul et en une semaine une enfilade d’histoires personnelles que sa voix de baryton, prêtée un temps à la publicité, et son jeu de guitare acoustique aux lignes  mélodiques, appris en autodidacte, transforment en une délicieuse collection de chansons.

Son come-back ne laisse pas insensible la nouvelle génération, de quoi le rendre heureux comme personne.

L’esthète Larry Jon Wilson, l’homme au grand cœur, à l’humeur communicative, au rire contagieux, l’égal des artistes qu’il côtoie, les Townes Van Zandt ou Mickey Newbury, sans en avoir eu le succès, rompt ainsi un silence d’une trentaine d’années. En 1980, il se retire de l’industrie du disque, sans véritable succès à faire valoir et ce, malgré les éloges qui portent sur son nom et son œuvre, New Beginnings plus particulièrement. Il y revient à la fin des eighties et début des années 2000, mais ponctuellement.

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« Ceux qui me disent que je suis un grand joueur de guitare, n’ont certainement pas dû étudier mon jeu. Il est très limité et j’en suis très conscient. Mais il accompagne bien ce que je joue. » (Larry Jon Wilson)

Vénéré par les stars du genre.

Pendant son mandat artistique des seventies, il est vénéré, respecté et sollicité par les stars du genre et de l’heure, ceux évoqués précédemment. Mais à la différence de ces monstres sacrés de la country, lui se complaît dans la discrétion, n’étant pas de ceux à l’aise sous les projecteurs ou dans les grandes réunions publiques.

Il privilégie l’endroit intimiste pour s’exprimer et partager, avec un parterre plus réduit, une musique qui n’a de dessein que de rendre les gens heureux. Larry aime la vie simple, quitte à ce qu’elle soit moyenne.

Dans ces conditions, adhérer à la gloire se révèle compromis. Comme il ne la rêve pas, sa popularité le comble copieusement. Le Bitter End, son endroit préféré, suffit amplement à son bonheur et à son ambition. S’il est dans son élément dans cet anonymat qu’il s’est lui-même aménagé, pour ceux qui aime ce personnage attachant, le conteur et le troubadour de Beginnings, il est frustrant de continuer à taire un talent qui aurait mérité une autre destinée. Il a bien mérité de la country (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1975

 

Larry jon wilson new beginnings 1975

 

LARRY JON WILSON

NEW BEGINNINGS – 1975  5/5

 

Publié en 1975.

Produit par Bruce Dees,Rob Galbraith.

Durée:36:30.

Label:Monument Records.

Genre:blues,folk,country,country-pop,soul swamp.

 

Gloire posthume.

 

Jouons-la franco. Jusqu’au visionnage du documentaire sur la country Outlaw, Heartworn Highways, je n’avais pas la moindre idée de qui était Larry Jon Wilson, encore moins que ce natif de Géorgie et familier des Earle, Van Zandt, Prine, Newbury, Clark, Coe ou Kristofferson était si considéré dans la musique country. Comme auteur-compositeur, d’une part, et comme chanteur-guitariste d’autre part.

Révélé par ce film, je me suis mis en quête d’en savoir un peu plus sur cet oiseau à la voix de baryton, d’abord assez sympathique, d’humeur plutôt joviale au regard des images attachantes que j’en ai vues. J’en ai aussitôt pincé pour cette tronche, tombant littéralement sous le charme de sa chanson Ohoopee River Bottomland, rivière géorgienne au nord de laquelle Larry Jon Wilson est né.

Patratas ! J’apprends, dans la foulée des premiers contacts noués avec le cursus de cet artiste, que l’homme est mort d’un AVC le jour où l’été 2010 annonce son retour et surtout, terrible ironie du sort, alors que son petit-fils vient de naître.

Venu tard aux affaires, mais surtout trop soul pour les ploucs du sud et trop précieux pour les honky-tonkers, Larry n’a jamais trop fait parler de lui dans son art, n’ayant jamais vraiment accroché de quoi alimenter les charts pour s’assurer une parcelle de popularité, et a eu la merveilleuse idée de tourner le dos à l’industrie du disque au début des années 80. Qui plus est, le songwriter country a attendu plus de trente ans avant de republier un LP éponyme en 2008 sur le label Drag City.

Et pourtant, tous les avis convergent pour louer la qualité de ses quatre albums pour Monument Records, réalisés dans la deuxième moitié des  années 70 : New Beginnings (1975), Let Me Sing My Songs (1976), Loose Change (1977) et Sojourner (1979). Malgré les éloges du milieu musical, Wilson se retire de la scène, préférant donner la primeur à l’écriture tout en continuant à se produire en public de manière informelle. Ecoutable pour peu que vous sortiez des clous de la distribution classique, tout le bien qui transpire de cette œuvre se confirme. J’vous dis ça, j’vous dis rien.

New Beginnings, sur lequel j’ai jeté mon dévolu pour l’heure, a été acclamé par la critique. Le LP de ses débuts pêche par le seul fait qu’aucun de ses titres n’a fait carrière dans les hits. Pour le promouvoir à l’époque, c’était coton. Avec le temps, la crédibilité engendrée au fil des années par les rumeurs favorables et grâce au regain d’intérêt dû à la sortie de son dernier album, New Beginnings a pris un volume supplémentaire par rapport aux commentaires liés à sa publication d’origine.

Ma propre écoute de New Beginnings, prise sous l’angle du chroniqueur privé de munitions et débarquant, trois décennies plus tard et à l’aveugle dans un environnement peu familier, avec la bite et le couteau pour seuls alliés, relève plus du blind test au doigt mouillé, que de l’avis généralement décortiqué et documenté que je pratique habituellement.

Au pif, il est patent que cette collection de chansons ne véhicule pas en elle les éléments d’une réussite commerciale, ceci explique certaines interrogations sur le sujet Wilson. Il s’avère malgré tout que la prestation variée de Larry Jon Wilson restitue une belle fraîcheur, une bonne dose d’originalité et encore plus, de sincérité. New Beginnings est accrocheur. Constitué pour moitié de belles ballades, les origines sudistes de ce répertoire sont manifestes.

La voix forte de baryton vole la vedette à une écriture originale introspective pourtant sublime, souvent narrative, qui amène à regretter de ne pas avoir eu connaissance de l’existence de ce personnage attachant plus tôt, mais qui n’a rien fait pour changer le cours des événements. Sa country-funk de New Beginnings bénéficie de beaux arrangements ; elle n’est pas sans rappeler un certain Tony Joe White, dont on se demande si Larry n’est pas le fils caché.

J’ai craqué pour ce mec qui dit être né en 1975 quand il débarque à Nashville, j’ai craqué pour son délicieux Ohoopee River Bottomland qui fricote avec l’Outlaw, une scène que j’affectionne. Sa perte est lourde et immense. Je tenais tout simplement à vous en faire part, point barre. Souhaitons-lui une gloire posthume, son anonymat étant si injuste ; il le méritait bien (RAZOR©).

 

1. Ohoopee River Bottomland.

2. Through The Eyes Of Little Children.

3. New Beginnings (Russian River Rainbow).

4. The Truth Ain't In You.

5. Canoochee Revisited (Jesus Man).

6. Broomstraw Philosophers And Scuppernong Wine.

7. Lay Me Down Again.

8. Melt Not My Igloo.

9. Things Ain't What They Used To Be (And Probably Never Was).

10. Bertrand My Son.

 

Johnny Christopher,Don Potter:guitare acoustique.

Tommy Cogbill:basse.

Henry Strzelecki:basse acoustique.

Hayward Bishop,Jerry Carrigan:batterie.

Bruce Dees,Reggie Young:guitare électrique.

Lloyd Green:slide guitare.

Donnie Lowell:harmonica.

Bobby Woods:claviers.

Farrell Morris,Hayward Bishop:percussions.

Gayle Whitfield:saxophone.

Tommy Smith:trompette.

Larry Jon Wilson:guitare,chant.

Belinda West,Bruce Dees,Ginger Holloday:choeurs.

Janet Helm,Lea Jane Berinati,Mary Holladay:choeurs.

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