Lee Clayton.

BIOGRAPHIE.

 

LEE CLAYTON/Russelville (Alabama – USA)

 

Lee clayton intro

 

Né William Shotts, le 29 octobre 1942 à Russelville (Alabama).

Actif depuis 1973.

Labels:MCA,Capitol,Provogue,Repertoire,Edsel.

Genre:country,country-rock,country outlaw.

Site internet:leeclaytononline.com

 

Outlaw...le nom est lâché.

Jusqu'en 1972, le mot de country outlaw n'est pas encore d'actualité. Certes la country traditionnelle de Nashville commence sérieusement à avoir du plomb dans l'aile et nombreux sont alors les artistes du moments à tenter de lui donner un nouveau souffle, à la dépoussiérer.

Waylon Jennings, jusque là béni des Dieux en terme de succès, a de plus en plus de mal à supporter la main-mise que RCA a sur sa carrière ; malade, il est sur le point de prendre sa retraite et vient même de virer son manager tant il est déterminé à ne plus insister dans la country conventionnelle des Hank Williams et Jimmie Rodgers qui fait de moins en moins recette.

Au regard de son statut de star, il redoute basculer dans l'anonymat ; on lui suggère alors de changer son image en laissant pousser ses cheveux et sa barbe, afin de lui donner une allure de hors-la-loi.

Au même moment, d'autres infidèles comme Johnny Cash, Kris Kristofferson, David Allan Coe, Willie Nelson, Gary Stewart, Billy Joe Shaver ou encore Mickey Newbury marquent également leur opposition au Nashville Sound et s'organisent autour d'un mouvement défini comme Outlaw Music.

Si son album Good Hearted Woman, sorti en février 1972, annonce ce changement, son suivant, Ladies Love Outlaws, l'entérine définitivement et officialise la rébellion en cours. Pour la première fois, le nom de Outlaw est lâché.

Lee clayton 4Hors des standards de Nashville...

Lee clayton jennings wilsonLes hors-la-loi Jennings, Nelson et Clayton.

Lee clayton 1Toujours actif aujourd'hui.

Lee clayton border affairBorder Affair (1978) et...

Lee clayton naked child...Naked Cild (1979), incontournables.

Un rôle historique.

Ce dernier opus est nommé d'après une chanson signée Lee Clayton dont la version, enregistrée pour l'occasion par Waylon Jennings, est portée au 11ème rang du Billboard.

Si elle redonne de la crédibilité à la country et relance la carrière de son interprète, elle permet à Lee Clayton de braquer les regards sur lui, de décrocher un premier contrat et de réaliser une carrière intéressante, toujours en cours aujourd'hui.

Au regard de sa brillante discographie, de son rôle historique et influent dans la country renégate (il alimente aussi les répertoires de Johnny Cash ou Willie Nelson), il est regrettable que le nom de Lee Clayton, dont Bono (U2) est fan, ne soit pas plus souvent replacé sous les projecteurs...

Né à Russelville (Alabama) en octobre 1942, Lee Clayton, né William Shotts, grandit à Oak Ridge (Tennessee), où il fait ses premiers pas dans la musique en passant par l'harmonica.

Son père, passionné de country (Red Foley et Jimmie Rodgers) le stimule pour développer ses dispositions pour la musique. Il a 9 neuf quand l'enfant reçoit sa première guitare steel et suit un apprentissage de l'instrument pour en maîtriser tous les rouages. Il se fixe finalement sur la guitare qu'il pratique jusqu'au moment où il se marie.

Vivre de la musique.

Titulaire d'un diplôme universitaire, Lee Clayton décroche un emploi stable qui lui permet déquilibrer sa vie de famille, mais il trouve les journées un peu longues.

Comme il le chante dans son titre de l'album Naked Child, If I Can Do It (So Can You), la soif d'aventure le démange et il plaque tout (avril 1967).

Il envoie alors ballader femme et boulot pour rejoindre l'US Air Force qu'il intègre comme pilote-stagiaire jusqu'en 1969. Seuls le pilotage de jet et le métier de musicien le passionnent vraiment.

Il reprend alors la guitare, se met à recomposer et se retrouve du côté de Nashville où, après des années de bohême et de galère, il a bien l'intention de vivre de sa musique.

Des débuts remarqués et remarquables...

Il lui faut attendre le coup de pouce du destin en la personne de Waylon Jennings pour pouvoir toucher les premiers dividendes de son travail. Jusque là, il galère comme un malade, vivant dans la rue et sans attache amoureuse fixe et sérieuse.

Séducteur invétéré, il se contente de femmes de passage et trouve en la téquila et la cocaïne un échappatoire. Son existence se stabilise enfin quand le succès de Ladies Love Outlaws entre les mains de Jennings lui permet de décrocher un contrat pour MCA Records (1973), le label ouvrant alors ses portes aux jeunes talents. Le partenariat s'accompagne d'un premier opus.

Eponyme, ce disque de veine country-rock sort en 1973. Excellent à l'image de Lonesome Whiskey, de Bottles Of Brooze ou de Henry McCarthy, la presse spécialisée lui reconnaît de la qualité, mais les ventes ne suivent pas.

Visiblement insatisfait de l'insuccès de son propre projet, Lee Clayton met son catalogue en stand-bye pour se consacrer à façonner celui des autres.

Outre Waylon Jennings, Jerry Jeff Walker (Lone Wolf), Willie Nelson (If You Could Touch Her At All) et les Highwaymen (Silver Stallion), le supergroupe de la country outlaw (Cash, Jennings, Nelson et Kristofferson), s'approprient également ses chansons.

Hors des standards de Nashville.

Ceci explique son silence discographique personnel pendant 4 ans, années durant lesquelles il s'est également complètement isolé en s'installant dans le désert de Mojave (fin 1974).

Remotivé par la rencontre, puis l'amitié qu'il noue avec le guitariste irlandais Philip Donnelly (Donovan), le songwriter revient en 1978 avec un nouveau contrat en poche ; c'est Capitol Records qui le signe et lui propose un partenariat pour 3 albums.

Il s'y implique sans retenue et réalise deux albums qui vont plaire aux critiques et ravir les (encore) rares supporters de l'artiste : Border Affair (1978) et Naked Child (1979), celui qui rallie tous les suffrages le concernant.

Le premier nommé s'appuie sur une écriture très personnelle, passionnée et sincère (Tequila Is Addictive, Back Home In Tennessee, Old Number Nine).

Silver Stallion, Border Affair, Like A Diamond et Old Number Nine contribuent à élever encore un peu plus la qualité de ce disque hors des standards de Nashville, visiblement le meilleur de sa maigre discographie. Dans l'élan de ce très bon disque, le magazine musical Cashbox fait de Lee Clayton son interprète masculin de l'année.

 

Lee clayton bono portrait

« Lee Clayton est le seul chanteur country qui m'ait influencé. » (Bono)

Border Affair et Naked Child, les temps forts.

L'autre pièce née sous Capitol s'appelle Naked Child (1979), plus rock que country et un peu plus sombre encore que son prédécesseur. L'écriture, introspective et réaliste, dégage beaucoup de puissance et d'émotion et alimente un disque de grande classe dont la guitare de Philip Donelly est un des temps forts ici.

Border Affair et Naked Child sont les deux œuvres incontournables de l'artiste qui compte plus de fans en Europe que dans son pays. Dans le sillage de cette brillante production, il tourne sur le Vieux Continent en compagnie du super trio né de l'éclatement des Byrds, McGuinn, Clark & Hillman.

L'ère Capitol se referme sur un troisième LP pour le label, un quatrième pour Lee Clayton : The Dream Goes On (1981), plus orienté rock et un peu moins country et porté par deux titres puissants, Industry et Where Is The Justice.

Cette période est compilée dans un double CD sorti en 2007 chez Acadia. On y retrouve ces trois opus dans leur intégralité.

Une influence pour Bono.

Après The Dream Goes On, on ne sait pas quelle mouche pique l'artiste, mais celui-ci décide, du jour au lendemain, d'arrêter. Convaincu avoir été aussi loin qu'il le pouvait, Lee Clayton disparaît de la circulation pour réapparaître au gré de ses humeurs.

Ainsi, il pointe à la tête d'un groupe norvégien (Bjorn Juliusson, Arne Saether, Tore Elgaroy) en septembre 1988 et enregistre au Cruise Café d'Oslo, Another Night (Provogue/1989), sorti sur le marché européen.

Il retrouve Philip Donnelly peu avant le milieu des 90's. Leur réunion dans les studios irlandais de Xeric Sound aboutit à Spirit Of The Twilight (1994/Provogue), publié en Europe.

Il faut la publication, en septembre 2014, par le label Repertoire Records de son passage dans l'émission allemande Rockpalast le 9 janvier 1980 (Live At Rockpalast) pour que le nom de Lee Clayton ait à nouveau les faveurs de la presse.

Un livre (The Streets Of Nashville/2013) et un single en ligne (Let Love Live In Me/2017) nous rappellent également à son bon souvenir (RAZOR©2022)

MON CHOIX DISCOGRAPHIQUE.

LP Studio 3 - 1979

 

Lee clayton naked child

 

LEE CLAYTON

NAKED CHILD – 1979 – 5/5

 

Publié en 1979.

Produit par Neil Wilburn.

Durée:36:58.

Label:Capitol Records.

Genre:country,country outlaw,country progressive.

 

Bis Repetita.


Lee Clayton a tout claqué pour faire de la musique. Une vie pépère organisée autour de sa femme, son boulot et de l'US Air Force pour laquelle il était un pilote de jet passionné... et puis un jour, il trouve qu'il se fait grave chier et qu'il a subitement le démon de la bougeotte.

Il se retrouve aux portes de Nashville et compte bien, avec son lot de chansons, intégrer la place country, alors en passe d'être contestée par une poignée de rebelles qui veulent moderniser un genre devenu un peu trop plan-plan à leur goût.

Il parvient à ses fins, bénéficiant du coup de pouce d'un de ces renégats qui propulse son Ladies Love Outlaws dans les charts US. Dans la foulée du succès de Waylon Jennings, Lee Clayton sort son premier LP, l'éponyme Lee Clayton (1973).

Le disque lui permet de gagner de l'argent après quelques années de galère mais il crae rapidement la caisse, se retrouvant à nouveau à la rue, puis dans le désert de Mojave où il réfléchit sur son cas, son avenir tout en se la coulant douce à regarder les étoiles et les couchers de soleil.

Et puis un jour, 5 ans après avoir disparu des écrans-radars, comme précédemment, il décide de se secouer la paillasse et de revenir aux affaires musicales. C'est Capitol qui a alors le privilège de traduire son come-back sur acétate.

Son retour avec Border Affair (1978) se montre très convaincant et la presse spécialisée lui fait les yeux doux. C'est justifié car on est sur les terres d'un Bob Seger en pleine forme.

L'album en question dévoile un lot de chansons de qualité dont Silver Stallion, Tequila Is Addictive et My Woman My Love sont les fleurons.

Bis Repetita avec son suivant, Naked Child (1979), un deuxième grand disque de rang.

Plus obscur et plus rock que country, il confirme le pic créatif de son auteur, aidé pour la circonstance par Philip Donnelly, l’irish maestro de la guitare, dont la prestation ici est un régal (Ride Alone, 10.000 Years/Sexual Moon et If I Can Do It (So Can You).

J'ai dévoré ce disque comme un crève-la-dalle depuis sa première écoute, ce qui me permet d'écarter le boogie Saturday Night Special initial, avec lequel je n’ai pas trop d’affinités émotionnelles ; par contre, ce qui déroule dans un registre introspectif puissant, m’a laissé sur le cul.

A grand disque, grands morceaux. Clayton ne lésine pas sur la camelote et livre un Ride Alone époustouflant, un 10.000 Years/Sexual Moon pharamineux, un If I Can Do It (So Can You) ahurissant ainsi qu’une enfilade pilo-érectile (I Love You, Jaded Virgin et A Little Cocaine) à rendre jaloux Dylan et à impressionner Bono (U2), pour qui Clayton est une influence.

Produit par Neil Wilburn, l’excellent Naked Child permet à une belle brochette de bons sujets de sa majesté de contribuer en backing band ou en guest stars : le bassiste Klaus Voormann (Beatles, Lou Reed, Carly Simon, B.B King…), J.J Cale, la débutante Carlene Carter et Tracy Nelson, choristes, Philip Donnelly bien sûr, le batteur anglais Tony Newman (May Blitz, Three Man Army, T.Rex, David Bowie, Jeff Beck…), le guitariste de sessions Chip Young…

Quand le beau linge se déplace, ça n'est jamais pour aller se fourvoyer dans des projets à la mords-moi-le-jonc. Vous m'avez compris ? (RAZOR©2022)

 

1. Saturday Night Special.

2. I Ride Alone.

3. 10.000 Years/Sexual Moon.

4. Wind And Rain.

5. I Love You.

6. Jaded Virgin.

7. A Little Cocaine.

8. If I Can Do It (So Can You).


Klaus Voormann:basse.

Tony Newman:batterie.

Chip Young:guitare.

Lee Clayton:guitare,harmonica,chant.

Andrew McMahon:claviers.

Audie Ashworth:percussion.

Lawrence Lasson,Byron Bach:cordes.

J.J. Cale:guitare,chant.

Carlene Carter,Lea Jane Berinati,Lisa Silver-Reynolds,Pebbie Daniel,Tracy Nelson,Vicki Hubly:choeurs.

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