Mickey Newbury.

BIOGRAPHIE.

 

MICKEY NEWBURY/Houston (Texas)

 

Mickey newbury

 

Milton Sim Newbury dit Mickey Newbury.

Né le 19 mai 1940 à Houston (Texas).

Décédé le 19 septembre 2002 à Springfield (Oregon).

Années actives:1956/2002.

Label:RCA,Mercury,Elektra,ABC Hickory.

Genre:country,outlaw country,country-rock,country alternative,folk,pop.

Site officiel:www.mickeynewbury.com

 

Rénovateur de la country.

Maladies infantiles, encéphalite, fracture dorsale, méchante pneumonie dont il a du mal à se remettre, Mickey Newbury sur scène, celui qui est Milton Sim Newbury Jr. à la ville, décède, en 2002, d’une fibrose pulmonaire aggravée. Il avait 62 ans.

Auteur-compositeur et chanteur talentueux, cet artiste venu de Houston/Texas a été repris par le gratin du métier : Elvis Presley, Johnny Cash, Bill Monroe, Linda Ronstadt, Kenny Rogers, B.B. King, John Denver, Waylon Jennings, Roy Orbison, Ray Charles, les Byrds, Solomon Burke, Jerry Lee Lewis, Joan Baez, Tom Jones, Willie Nelson et j’en passe, et des tout aussi prestigieux.

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Mickey, avec son prénom de B.D, grand pourvoyeur de chansons qui ont alimenté le haut du panier de la musique américaine des 50 dernières années, est un des rénovateurs les plus remarqués de la country music et, jusqu’à 2002, a publié une série de beaux LP, dont trois absolument fabuleux : Looks Like Rain (1969), Frisco Mabel Joy (1971) et Heaven Help The Child (1973), trois pièces d’exception qui, avec les chutes de studio d’alors réunies sous Better Days, constituent l’ossature du coffret An American Trilogy publié en 2012 à l’occasion des dix ans de sa disparition. Cette œuvre collectée, ses trois premiers albums, je précise, est incontournable ; je ne cesse de le répéter.

Elle fait le buzz et c’est étonnant compte tenu de l’indifférence qui s’attache souvent à son œuvre.

Newbury réconcilie l'Amérique.

An American Trilogy, emblématique medley en trois temps de son répertoire, est la chanson par laquelle tout est arrivé. Avec ce pot pourri dont il organise l’arrangement, Newbury fait tomber toutes les barrières : blanc/noir, sud/nord,country/variété, U.S.A/reste du monde.

Emouvant canevas sur la guerre de Sécession, ce titre réunit symboliquement tout ce qui divise les ricains : Dixie, chant officieux des confédérés, Battle Hymn Of The Republic, hymne des nordistes, cimenté entre eux par un fragmentaire All My Trials, emprunté à un air folklorique spirituel en vogue pendant les mouvements de protestation sociale des années 50/60 et cher aux contest-folkeux du moment. Dès 1970, le monarque de Memphis, Elvis Presley, porte à son apogée commerciale ce morceau patriotique dont il existe 465 versions et que Mickey Newbury n’épingle à son catalogue qu’en octobre 1971, sur Frisco Mabel Joy.

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« Quand je vais bien, je n'ai pas besoin ni envie d'écrire. Ce n'est qu'au fond de la dépression que les mots jaillissent. La solitude est la matière dont sont faits les bons disques.

Les chansons ne sont qu'un monologue, une conversation avec soi-même, dans lesquelles d'autres perçoivent l'écho de leurs propres tourments ou souffrances. » (Mickey Newbury)

Ecrivain précoce, Mickey Newbury interprète rapidement ses propres textes, notamment au sein des Embers, groupe du quartier black de Houston, au milieu des années 50. Il y gagne le surnom de Little White Wolf.

Mickey newbury an american trilogy

Newbury fait front au système.

Marri de ne pouvoir en faire un métier qui lui autorise de vivre décemment, il s’engage dans l’armée, y perd ses dernières illusions suite à la mort violente de Kennedy, son commandant en chef comme il l’appelait, puis amorce une série de petits jobs qui lui permettent de mener de front travail et musique.

Il s’y implique d’une manière plus conséquente, en suivant le circuit des bars et clubs jusqu’à débarquer à Nashville où il brille et où Acuff-Rose Music, le label local, l’engage. Il y signe Harlequin Melodies (1968), porteur de quatre reprises qui font N° 1 des ventes. Ce disque marque un cap important puisqu’il définit, sur le plan du son, l’avenir de Nashville.

Ce disque novateur, enregistré sous son propre nom et par lui considéré comme trop surchargé et trop commercial, est à la base du clash installé entre son auteur et la maison disques par la voix de son producteur Felton Jarvis, auxquels Newbury tourne le dos aussitôt après en rachetant sa liberté avec les royalties dégagées par ce disque.

Au plus profond de la dépression, les mots fusent.

Newbury a la vocation, même si la musique n’a jamais constitué pour lui autre chose qu’une bouée contre la dépression. La tristesse est son fonds de commerce. Tristesse vocale, tristesse des mots…au plus profond de sa dépression, fusent les mots. Newbury, briseur de cœurs, n’est pas le genre de clients à soulever les foules et on comprend mieux ainsi la discrétion de son parcours.

Rebelle, le texan l’est, par contre. Ce guide spirituel est même l’un des premiers à donner un coup de pied dans la fourmilière de la country classique, à s’affranchir des règles du showbiz, à s’émanciper de la norme musicale en vigueur à Nashville. Il est un des premiers, sinon le premier, hors–la-loi de l’Outlaw Movement. Dans son sillage, la rébellion va s’installer.

La discographie de ce chanteur libre et indépendant est une des plus belles des années 60/70, très éloignée des standards du moment, d’une obscure tristesse, d’une infinie beauté. Elle n’est certainement pas la plus rentable en retour, ni ne s’est jamais donnée en spectacle. La mort de Newbury, elle-même, n’a pas fait trois lignes dans les presses. Sans faire de bruit, ni l’air de rien, Mickey Newbury a pris place parmi les géants de l’histoire musicale américaine et beaucoup ne connaissent même pas son nom (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 3 - 1969

 

Mickey newbury looks like rain 1969

 

MICKEY NEWBURY

LOOKS LIKE RAIN - 1969  5/5

 

Publié en 1969.

Produit par Bob Beckham,john Kennedy.

Durée:30:39.

Label:Mercury Records.

 

On peut crier au génie.

 

Quand, il y a un an environ, j’ai posté la chronique concernant Frisco Mabel Joy sur la Toile, je m’attendais à raviver de grands moments auprès d’une populace d’anciens ou de férus d’Americana et, le cas échéant, à fédérer et échanger sur le thème Newbury. Tu parles, Charles, peau de balle et balais de chiottes, ça ne se bouscule pas plus au portillon aujourd’hui qu’hier et j’en suis encore à attendre désespérément qu’un premier pékin ne vienne pointer à ce rendez-vous.

De deux choses, l’une. Ou mon papier n’a pas réuni suffisamment d’arguments convaincants pour inciter à s’engouffrer dans les pas du patriote Newbury par mon entremise ou l’artiste qui a réunifié l’Amérique et a réinstallé sous la même bannière étoilée, blancs et noirs, nord et sud, variété et country, et ceci en un seul coup (American Dream), n'intéresse degun. Dans un cas comme dans l’autre, c’est navrant : preuve qu’il y a encore du boulot à faire pour attirer les regards à soi.

Loin de moi l’idée de renoncer pour autant à faire de la pédagogie sur un sujet aussi culte que cet artiste et son œuvre, quand, dans le même temps, on persiste à nous submerger de daubes polycarbonates inqualifiables, quand on continue à crouler sous des divas avant l’heure nasillardes exhibant nichons et tortillant du fion pour penser exister et faire exister leur entourage de tatoués peroxydés, quand on enfonce le clou à nous agiter sous le nez à des fins d’enfumage  l’ancien dernier grand attaquant français sur terre battue, dont la reconversion en en grand moralisateur de gauche est aussi crédible que son implication dans la musique, ou quand, du côté de la rue de Valois, on se prend à mégoter sur la légitimité de décerner la légion d’honneur à Dylan l’insoumis et qu’en parallèle, Shakaponk, valeur du rock numérique actuel, se goinfre un peu facilement celle de Chevalier des Arts et Lettres. C’était mon quart d’heure de défoul’, c’est dit, passons à Newbury.

Depuis 45 ans, et jusqu’à ce qu’il ne trépasse en 2002, que ce mec discret pratique à haut niveau, les traces de fumée blanches qui moutonnent encore dans le sillage de son parcours artistique, ne sont pas prêtes de se dissiper. Même mort. Il est simplement regrettable que ces chemtrails n’intéressent plus qu’un groupuscule d’irréductibles, plus que jamais monté sur ressorts pour ne pas laisser ce label s’éteindre et pour tenter d’occuper un terrain laissé injustement et abusivement à des acteurs de pacotille, la faute à une presse abêtie et sans foi, ni loi, qui penche désormais et en priorité en faveur des intérêts commerciaux qu’elle en tire, plus qu’elle ne remplit la mission culturelle qui lui incombe.  

Car il est là le blème, combien de journaleux ont concédé, ne serait-ce que quelques lignes, au phénomène Newbury ? Sait-on au moins la prolificité et la pertinence d’un catalogue dans lequel il n’est pas une sommité du rock et de l’Americana réunis qui ne moissonne encore régulièrement son répertoire ou qui n’y ait pas pioché un jour matière à s’assurer pitance, considération, audience ou popularité ?

A-t-on idée de l’incidence même de son acte le plus fumeux, le plus osé, une belle et poignante pièce-montée  militante et patriote qu’Elvis Presley achèvera de porter aux nues ? An American Trilogy, c’est fait pour ne jamais disparaître. Sans compter que Mickey Newbury, autre rénovateur de country, peut s’enorgueillir d’une discographique époustouflante. L’opportunité est toute trouvée de se retourner sur un des illustres maillons de son inventaire : Looks Like Rain, deuxième étage d’un édifice discographique prestigieux que son fronton situe en 1969.

Disque des jours tristes et pluvieux par excellence, Looks Like Rain succède à Harlequin Melodies (1968) un premier LP un tantinet trop lissé que Newbury a réprouvé en personne pour des divergences sur la manière dont il a été produit par RCA. C’est pourquoi le texan s’engage avec un nouveau label, Mercury, duquel il obtient l’engagement de se charger lui-même de la prod.

Avec les coudées franches et en contrôle total, Newbury ose une certaine originalité en dotant l’entièreté de l’enregistrement d’une atmosphère orageuse qui pénètre insidieusement l’auditeur. La pluie et le tonnerre, dans une sorte d’album-concept, cimentent entre elles les différentes chansons d’un disque intime dans lequel le chagrin, l’amour abîmé, l’amour tragique, la mort et la dépression sont chantés avec force émotion et dignité. Certaines pièces bénéficient par ailleurs de subtiles et atmosphériques arrangements ainsi que d’ingénieux effets sonores (train, carillon…).

Le songwriting exceptionnellement minutieux qui alimente le projet, la voix d’une grande profondeur et d’une belle douceur qui le porte,  positionnent Looks Like Rain parmi les œuvres les plus géniales et les plus révolutionnaires que la country ait inventoriées. Ce country-folk élégant, fluide et installé hors du champ spatio-temporel ambiant se positionne dans l’antichambre de ce qui donnera l’impulsion au mouvement Outlaw à venir.

Album en avance sur son époque, profond et mystérieux, au son attachant, auquel il est difficile de reprocher quoi que ce soit et qui aurait pu se nicher dans le gousset d’un Townes Van Zandt  ou d’un Tim Hardin, Looks Like Rain agrémente pour un tiers le coffret anthologique publié chez Drag City sous An American Trilogy (2011) ; Frisco Mabel Joy (1971) et Heaven Help The Child de 1973 (et Better Days, un Cd d’inédits et de démos), à tomber sur le cul, complètent cette offre unique. Cette tierce discographique est touchée par la grâce. Frissons garantis…

Parenthèse refermée, le constat qui découle de l’écoute de Looks Like Rain amène à admettre que le cheminement de ce registre est si finement, si positivement,  si intelligemment structuré et réalisé qu’il s’accommode mal, à sa publication, d’un quelconque retour sur investissement dans les bacs. Ce dernier facteur de rentabilité n’échappe d’ailleurs pas au mercantilisme de Mercury qui, ne comprenant visiblement rien à l’Art, expurge le visionnaire Newbury de ses effectifs. La période Elektra s’annonce alors ; elle sera aussi stellaire et prolifique.

Ce chef d’œuvre rare, apanage d’une minorité d’allocutaires branchés, a ouvert la voie aux rebelles de l’Outlaw, et, depuis, a beaucoup influencé la sphère des rejetons auteurs-compositeurs. Gageons qu’un gazier aussi grand mélodiste qui a été repris par un millier de ses confrères pop, R&B ou country, via un nombre équivalent de chansons, puisse impacter désormais un public plus élargi, ce à quoi je m’emploie et m’emploierai avec détermination.

Dans le détail, l’album donne vie à deux titres parmi les plus célèbres de Newbury : le fantastique She Even Woke Me Up To Say Goodbye et le séminal San Francisco Mabel Joy qui donne son titre au prochain LP de l’artiste. Looks Like Rain loge un contingent de pensionnaires aussi bouleversants :  I Don’t Think About Her No More, The 33rd Of August, Wrote a Song A Song/Angeline, T. Total Tommy (le plus potentiellement commercial), When The Baby In My Lady Gets The Blues, Look Like Baby’s Gone.

Même 45 ans plus tard, cette antidote contre le pas bien est à écouter, surtout les jours down et pour ne pas avoir à passer à l’acte. On pleure, mais ça fait un bien fou d’être là, sous le porche, transi, à écouter la pluie tomber, les chœurs planer, la guitare égrener ses aménités, avec un exceptionnel chanteur. Et si, après ça, vous voudriez enterrer le sujet, je vous attends de pied ferme (RAZOR©) 

 

1. Wrote A Song A Song/Angeline.

2. She Even Woke Me Up to Say Goodbye.

3. I Don't Think About Her No More.

4. T. Total Tommy.

5. The 33rd of August.

6. When The Baby In My Lady Gets The Blues.

7. San Francisco Mabel Joy.

8. Looks Like Baby's Gone.

 

Kenny Buttrey:batterie.

Jerry Kennedy:guitare,saxophone,sitar.        

Charlie McCoy:basse,guitare,harmonica.       

Farrell Morris:percussions.

Wayne Moss:guitare.

Mickey Newbury:guitare,chant.

LP Studio 4 - 1971

 

Mickey newbury frisco mabel joy 1971

 

MICKEY NEWBURY

FRISCO MABEL JOY – 1971  5/5

 

Publié en octobre 1971.

Produit par Dennis Linde.

Durée:44:47.

Label :Elektra Records.

 

Si vous avez la gueule dans le cul…

 

Si un titre aussi poignant qu’An American Trilogy n’hérisse pas le moindre poil de votre corps, c’est que vous avez une pierre en lieu et place du cœur. Inquiétez-vous et consultez illico presto qui de droit. Y a un blême. An American Trilogy, c’est du même tonneau que Land Of My Father expulsé, main sur le cœur et à tue-tête par les 74 000 poitrines du Millenium Stadium de Cardiff. A l’instar de son homologue gallois, le titre le plus célèbre du répertoire de Mickey Newbury (chose rare, il n’en a pas écrit le texte, mais il est responsable de son arrangement), que la reprise à son compte par Elvis Presley (moins brillante) a décuplé en termes de popularité, a le patriotisme chevillé au corps.

Pot pourri militant qui offre de réunifier le Sud confédéré (Dixie) et le Nord (The Battle Hymn Of The Republic) sécessionnistes dans une même chanson, en les dépouillant toutefois de leurs rythmes militaires, An American Trilogy (complété par le pacifiste All My Trials, titre souvent repris dans les hotnannies de Greenwich Village),  naît d’une improvisation lors d’un concert donné par Newbury, en 1970, au Bitter End, club folk new yorkais (je suis passé devant il y a 15 jours). Alors que tout peut laisser craindre des réactions hostiles, cette démarche, certes très civique mais alors plutôt osée, passe comme une lettre à la Poste. Les tensions redoutées font alors place à de formidables scènes d’émotions.

Ce medley éminemment touchant, repris à leur compte par, entre autres, outre Presley, Johnny Cash, Roy Orbison, Ray Charles, Joan Baez, Willie Nelson, Waylon Jennings, John Denver, Kenny Rogers, B.B King ou Linda Ronstadt, ouvre de manière magistrale l’exceptionnel Frisco Mabel Joy, LP de 1971, troisième levée d’une carrière forte de plus d’une vingtaine d’albums, souvent publiés dans la plus grande des indifférences.

Le rock tout entier traîne une dette envers Mickey, fort d’avoir pu faire briller une pléiade incommensurable d’interprètes dont la liste pourrait emplir un annuaire des P & T. Bravo donc, messieurs les critiques du rock, qui, coupables d’avoir tu un aussi grand talent, car loin des canons en vigueur de ce temps là, vantez aujourd’hui dans l’indécence la plus osée, l’artiste comme un des plus grands songwriters de tous les temps. Les gens de l’ombre le savaient eux. A ce titre, amis lecteurs, intéressez-vous au coffret An American Trilogy (2011) qui réunit ses trois plus belles œuvres, agrémenté de démos et d’inédits : Looks Like Rain (1969), le disque qui nous intéresse ce jour et Heaven Help The Child (1973).

Ce texan de Houston, injustement sous-estimé mais monument  emblématique du patrimoine U.S, sorte de guide spirituel et réformateur de l’ombre de la veine Outlaw, a été des premiers pas de Town Van Zandt et de Guy Clark. Les chiens ne font pas de chats. On est dans une même lignée profonde et émotionnelle, dans un frisson commun aussi intense. Celle des John Martyn, des Nick Drake, des Fred Neil, des Gene Clark. Au plus profond de leurs dépressions respectives, leurs mots naissent, infiniment tristes mais terriblement beaux. L’amour qu’on perd, la solitude, la vie brisée, celle qui n’a plus de sens, les aurores grises et lourdes à affronter, sont autant de monologues avec eux-mêmes. Nous y saisissons l’écho de leurs maux.

Comme tous ces écorchés de l’existence, souvent perdus mais toujours en quête permanente d’absolu, Newbury écrit ici sa peine et sa fragilité. Frisco Mabel Joy, ancré dans la tradition folk, porté par une acoustique délicate aux racines country, donne matière à se nourrir de toutes ces émotions dans son répertoire d’une fabuleuse richesse, d’une sensibilité à fleur de peau.

Chanteur exceptionnel, on ne peut que se prendre d’affection pour cette voix d’une rare profondeur, extrêmement douce et sentimentale, sincère et accablée, qui rend encore plus palpable le désespoir qui l’habite. On ressort rincé et ému aux larmes de cette énigmatique confrontation discographique. Le bonheur est sur cette terre ; il est ici. Inutile d’en pincer pour le folk et la country pour tomber sous le charme d’une œuvre sombre, au rythme lancinant mais approprié, qui aurait constitué le joyau d’une carrière pour de nombreux artistes du moment.

Avoir dans son escarcelle An American Trilogy, The Future’s Not What It Used To Be, Frisco Depot, How Many Times (Must The Piper Be Paid For His Song), How I Love Them Old Songs, Remember The Good, Mobile Blue, You’re Not My Same Sweet Baby, Swiss Cottage Place, laisse l’auditeur pantois ou sur le cul, comme on dit aujourd’hui.

Perso, ça fait plus de 40 berges que ce disque me hante, constituant l’un des plus beaux souvenirs de mon adolescence. C’est dire si la morsure est indélébile. Je n’ai pas attendu qu’il ait passé l’arme à gauche pour en septembre 2002 pour, comme la majorité de l’establishment critique musical, commencer à lui cirer les pompes.

Newbury, c’est culte, et ce même si l’homme n’a que très rarement connu le succès sous son nom. Seuls les autres, les potes, les proches, les initiés, savent ce qu’ils leur doivent. Ames paumées ou solitaires, cœurs brisés et qui saignent, Mickey Newbury a autant de belles histoires à vous raconter que de sublimes mélodies à vous chanter. Raison de plus pour en être, si vous avez la gueule de bois ou le moral dans les chaussettes (RAZOR©).


1. An American Trilogy.

2. How Many Times (Must the Piper Be Paid for His Song).

3. Interlude.

4. The Future's Not What It Used to Be.

5. Mobile Blue.

6. Frisco Depot.

7. You're Not My Same Sweet Baby.

8. Interlude.

9. Remember the Good.

10. Swiss Cottage Place.

11. How I Love Them Old Songs.

12. San Francisco Mabel Joy.

 

Mickey Newbury:guitare,chant.

Dennis Linde:guitare,choeurs.

Charlie McCoy:guitare,harmonica.

Bobby Thompson:banjo,guitare.

Wayne Moss:guitare.

Weldon Myrick:steel guitare.

Beegie Adair:claviers.

Jimmy Capps:guitare.

Jim Isbell:batterie.

Buddy Spicher:batterie.

Farrell Morris:percussions.

Bob Beckham,John Harris,John Moss:participation non définie.

Charles Navarro,Walker Sill:participation non définie.

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