Steve Young.

BIOGRAPHIE.

 

STEVE YOUNG/Newnan (Géorgie)

 

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Né le 12 juillet 1942 à Newnan (Géorgie)

Années actives:1960’s à aujourd’hui.

Auteur-compositeur-interprète.

Label:A&M,Reprise,Rounder,RCA.

Genre:country-pop,country-rock,outlaw country,Americana,progressive country.

Site:www.steveyoung.net

 

Avant tout rester soi-même.

Steve Young a choisi la country pour s’exprimer et au regard de la trace qu’il a laissée dans ce paysage musical, on ne peut que l’en féliciter. S’il n’est pas aussi populaire que son Seven Bridges Road que d’autres, plus illustres que lui, ont popularisés, Young n’a jamais cherché à franchir le rubicon qui l’aurait rapproché de la célébrité, préférant rester lui-même et garder le contrôle artistique de son travail de songwriter.

Cette discrétion ne l’empêche pas de se positionner comme un des pionniers et catalyseurs de la country outlaw. Aujourd’hui encore, il continue à suivre sa propre quête musicale et spirituelle et à alimenter la musique américaine autour de ses expériences personnelles et des traditions héritée de ses racines sudistes.

De nobles influences.

Géorgien de Newnan, petite ville métropolitaine d’Atlanta, Steve Young grandit entre Alabama, Géorgie et Texas, au gré des recherches d’emploi du paternel. Influencé par les Hank Williams, Elvis Presley, Carl Perkins entre autres, par le folk, la country, le blues et le gospel, il écrit rapidement ses propres chansons qu’il accompagne à la guitare et se fait un petit nom sur les scènes régionales.

Animé par la bougeotte qui sied aux folkeux obnubilés par le style bohème et par Greenwich Village, l’endroit où ça se passe alors, il débarque, mais sans s’y fixer vraiment et en devenir un élément incontournable, entre MacDougal et Bleeker Street.

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« Mon disque préféré est Rock Salt & Nails, enregistré en 68/69 et sorti en 69. Il ya quelque chose dans ce disque que j'aime vraiment. Il a été enregistré sur un 16 pistes avec une bande de 2 pouces.

C'est une des raisons pour laquelle il sonne si bien. La pureté et la simplicité même. Gram Parsons l'admirait. Il s’est fait sans la moindre spéculation sur une éventuelle carrière. Jamais je n’ai pensé à ça. Je n’ai jamais eu l’instinct d’auto-promotion.

Ce qui importait pour moi, c’était l’amour de la chanson comme Townes Van Zandt et ce qui est arrivé avec Seven Bridges Road et Eagles, s’est fait malgré moi, mais il est vrai que son succès m’a aidé à survivre. » (Steve Young)

La Californie pour tremplin à sa carrière.

Ses racines sont sudistes, aussi c’est vers elles et l’Alabama qu’il revient rapidement, trouvant le public plus en adéquation avec son travail que celui hétéroclite new yorkais. Son auditoire, c’est en s’installant sur la côte ouest des Etats-Unis, en Californie, qu’il se le constitue. Dès 1964, il fait la rencontre de musiciens essentiels pour la suite à donner à son parcours, Van Dyke Parks et Stephen Stills notamment. Il intègre même un temps le groupe Stone Country, d’obédience country-folk psychédélique.

La Californie lui permet d’ouvrir une carrière en solo orientée vers le country-rock acoustique ; sur cet échiquier en vogue du moment, il y prend sa part et se constitue parallèlement un carnet d’adresses à faire saliver un hyposialique. Ce parterre d’étoiles lui permet de boucler son premier LP Rock Salt & Nails (A&M Records/1969) : James Burton, Gram Parsons, Gene Clark, Hal Blaine, Chris Ethridge…

Grâce à Seven Bridges Road…

Si Rock Salt & Nails est essentiellement un album de reprises folk et country, il n’en abrite pas moins trois titres nés sous sa plume dont le légendaire Seven Bridges Road, évoqué précédemment, qui a failli ne pas être de cet album, et que Joan Baez, Rita Coolidge, Iain Matthews ou Dolly Parton ont couvert. Il revient à Eagles le mérite de l’avoir rendu éternel aux yeux du commun des mortels, pas suffisamment cependant pour extirper de l’ombre l’auteur de cette chanson sobre, envoûtante,  mélodique aux paroles tranquillement puissantes, auteur qui reste, lui, désespérément inconnu du grand public. Ou sous-estimé, ce qui revient au même.

Seven Bridges Road est le titre retenu pour identifier son magnifique deuxième LP, paru en 1972 chez Reprise. Le titre phare de Young ouvre ce disque qui privilégie les originaux. Neuf des douze pièces de ce disque portent sa signature. Cette même année 72, Waylon Jennings, le porte drapeau des hors-la-loi enregistre son Lonesome On’ry And Mean qui devient un classique de country.

Grand auteur-compositeur.

Honky Tonk Man (1975), Renegade Picker (1976) et No Place To Fall (1978) permettent à Steve Young de traverser les années 70 à un haut niveau. De ce remarquable chanteur qui était au bahut avec Johnny Winter, il est aujourd’hui admis qu’il est par ailleurs un grand auteur-compositeur, prolixe de surcroît, installé parmi les figures marquantes de l’Outlaw. La quinzaine d’albums qu’il a à son tableau de chasse témoignent de la fraîcheur et de l’agressivité de sa musique, l’excentricité de son style de jeu, de la cohérence de son riche catalogue. Si Young a consciemment refusé les projecteurs, certains ne se sont pas privés de faire leur carrière sur son nom.

Continuer à tourner aux Etats-Unis et sur la scène internationale qu’il a déjà foulée à maintes reprises, suffit largement à son bonheur du moment. Si son nom est placardé dans votre région, donnez-vous la peine d’aller à sa rencontre, le jeu en vaut la chandelle (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1969

 

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STEVE YOUNG

ROCK SALT AND NAILS – 1969  5/5

 

Publié en novembre 1969.

Produit par Tommy LiPuma.

Durée:41:03.

Label:A&M Records.

Genre country-rock.

 

Gratiné !

 

Exceptionnellement, commencez par jeter un coup d’œil sur la belle brochette de zicos qui prêtent leur concours à Steve Young pour ce qui est le premier de ses cinq LP des années septante, le bien nommé Rock Salt And Nails, sorti en 1969 : le guitariste James Burton, 8 ans de Presley (1969/77), Gram Parsons (Byrds, Flying Burrito Brothers), le pote de Keith Richards à l’héritage musical impressionnant, Gene Clark, l’âme des Byrds, auteur des deux chefs d’œuvre en solo que sont White Light et No Other (1971 et 1974), Hal Blaine qui détient l’exploit d’avoir battu sur plus de 35.000 chansons et pour les plus grands (Presley, Simon & Garfunkel, Mamas & Papas, Beach Boys, Byrds), David Jackson, bassiste de la scène de Los Angeles (Hearts et Flowers) proche de Clark et qui fut de la première version de Dillard & Clark en 1968, Chris Ethridge (qui vient de nous quitter en avril 2012 d’un cancer au pancréas), ex International Submarine Band et Flying Burrito, que l’on retrouve dans les travaux de Judy Collins, Johnny Winter, Ry Cooder, Linda Ronstadt, Jackson Browne, puis le violoniste angelin de bluegrass le plus influent de tous les temps, Richard Greene, et Donald Beck, qui fut le l’expédition Dillard & Clark (et qui vient de nous quitter en mai 2012).

Mais qui est donc ce Steve Young pour attirer à lui un tel aréopage ? Un géorgien qui grandit entre Alabama et Texas, apprend la guitare seul comme un grand, compose ses propres chansons très tôt, passe par l’incontournable case Greenwich Village, s’installe sur la côte ouest dès 1964 où il bosse avec Van Dyke Parks et Stephen Stills, fait une brève apparition dans Stone Country, groupe de country-rock psychédélique (1967-69) qui gratte pour chez RCA, puis bifurque vers le concurrent A & M Records où il entame sa carrière solo.

Rock Salt & Nails (1969) débute ce parcours personnel qui va installer Steve Young parmi les cadors de la scène californienne, en matière de country-rock et d’Outlaw Country, ce que confirmera le LP suivant Seven Bridges Road. Sa musique, mélange d’influences country, rock, folk, blues et gospel, se distingue par une grande simplicité, une belle fraîcheur, une décontraction flirtant parfois avec le ludique.

On se délecte avec bonheur d’un répertoire courageux, globalement brillant et efficace, constitué essentiellement de reprises de compositeurs et interprètes évoluant dans le folk et la country : Roosevelt Jamison, Utah Phillips, Johnny Horton, Peter La Farge, Marvin Rainwater, Kenny Austin et Hank Williams.

La contribution  de Steve Young en termes de songwriting se limite à trois titres parmi lesquels Love In My Time, Holler In The Swamp et sa chanson la plus populaire, Seven Bridges Road qui donne le nom à son deuxième et excellent LP (1972), chanson avec laquelle les Eagles notamment se sont rempli les poches sur leur Greatest Hits Vol. 2 de 1980, bien après que Joan Baez, Rita Coolidge et Ian Matthews ne l’aient préalablement interprété respectivement en 1970, 1971 et 1973.

 Il est cependant regrettable, à l’image d’un catalogue pourtant de grande qualité, que cet album soit resté plus de quatre décennies dans l’ombre. C’est un modèle d’Americana. Passe à ton voisin… (RAZOR©)

 

1. That's How Strong My Love Is.

2. Rock Salt and Nails.

3. I'm a One-Woman Man.

4. Coyote.

5. Gonna Find Me a Bluebird.

6. Love in My Time.

7. Seven Bridges Road.

8. Kenny's Song.

9. Holler in the Swamp.

10. Hoboin.

11. My Sweet Love Ain't Around.

 

Steve Young:guitare rythmique,chant.   

James Burton:dobro,guitare.

Gram Parsons:orgue.

Gene Clark:harmonica.

Dave Jackson:basse.

Chris Ethridge:basse.

Richard Greene (Meyer Sniffin):violon.

Don Beck:guitare.

Hal Blaine:batterie.

LP Studio 2 - 1972

 

Steve young seven bridges

 

STEVE YOUNG

SEVEN BRIDGES ROAD – 1972  5/5

 

Publié en janvier 1972.

Produit par David Briggs.

Durée:37:23.

Label:Reprise Records.

Genre:country-rock.

 

Le cœur à l’ouest, les pieds à Nashville.

 

J’y suis, j’y reste. Je m’y sens si bien dans cette coolitude Outlaw que je ne résiste pas à l’envie et au plaisir d’enfoncer un peu plus le clou en vous emmenant, une fois encore, du côté d’Austin, épicentre d’un théâtre que Steve Young a également impacté, dont il fut surtout un talentueux pourvoyeur avant d’en être un acteur direct. Même s’il a navigué entre Nashville et Austin, qu’il fut dans les bons papiers de Waylon Jennings, de Townes Van Zandt, Guy Clark et David Allan Coe, les meneurs de la fronde, Young se définit plus comme un country-rockeur, voire un south rockeur que comme un countryiste, fut-il hors-la-loi. Son cœur balance plus pour la côte ouest que pour Nashville.

De son brillant passé, le morceau Seven Bridges Road est le fleuron de son répertoire, couvert par de nombreux artistes, dont Eagles sur son live de 1980. Cette chanson, présente sur l’album précédent Rock Salt And Nails (1969), donne son nom au deuxième LP de Steve Young, chanteur, compositeur et interprète géorgien, passé par le Greenwich Village new yorkais, l’Alabama et la Californie  avant de s’installer au Texas où sa musique a l’adhésion d’un public plus réceptif qu’ailleurs. D’où la difficulté à le catégoriser vraiment.

Influencé par le folk, la country, le gospel, le blues et le flamenco, par Hank Williams, Elvis Presley, Carl Perkins et Carlos Montoya, Steve Young suit sa propre voie musicale sans se cloisonner dans un genre particulier, mais surtout en combinant ses racines folkloriques sudistes, les infortunes de son existence (amour, alcool et drogue) et les nouvelles tendances de la musique US.

Steve Young a alimenté les parcours de stars de l’Outlaw comme Waylon Jennings (Lonesome Orn’ry & Mean), c’est pourquoi il est souvent assimilé à cette scène, ou de célébrités comme Joan Baez (Seven Bridges Road).  Jamais, piètre auto-promoteur qu’il était, ni intéressé par une carrière, Young  n’est allé plus loin pour son propre compte, préférant  se faire discret, et, pour son public, garder contrôle et cohérence dans la pratique de son art.

Malgré ça, une quinzaine d’albums lui est affectée. Et pas des albums de branquignols, l’artiste est outrageusement doué, très perfectionniste, guitariste très accompli et porteur de trop de bonnes idées pour se fourvoyer dans de la petite bricole. Tous ses travaux de la décennie 70 portent le sceau de l’excellence. Pas un pet de travers entre Rock Salt And Nails (1969) et No Place To Fall (1978) ce qui revient à accorder énormément de crédit à toute cette période de Young. Seven Bridges Road se situe sur ce créneau prestigieux.

 L’album Seven Bridges Road (1972) se fait pour Reprise Records, après avoir quitté A & M. Deux ans après Rock Salt And Nails, ce changement de label sonne pour Young comme un nouveau départ. Pas question pour lui de changer de crémerie et de laisser sa chanson-phare être exploitée par d’autres, une nouvelle version est enregistrée histoire de couper l’herbe sous le pied d’éventuels malintentionnés. La confusion s’installe alors.

Deux autres titres notoires de son répertoire figurent sur ce merveilleux disque de country, certainement son meilleur : Montgomery In The Rain repris par Hank Williams et Lonesome On’ry And Mean que Waylon Jennings a popularisé. Mais c’est bien l’ensemble des performances qu’il s’agit de louer ici, cet album varié bénéficiant d’une écriture plus puissante et inspirée que jamais de son jeune auteur (et de son ex-femme Cheryl Young  sur My Oklahoma) ainsi que du soutien efficace de musiciens, des cadors de Nashville.

Mon analyse porte sur la version d’origine (Young dans un paysage enneigé portant un enfant sur le dos) car il faut savoir que, pour échapper aux mandataires judiciaires qui, pour le compte des anciens labels exploitent éhontément le catalogue de l’artiste, Young a réenregistré trois variantes supplémentaires de Seven Bridges Road dont celle que l’on appelle l’album vert, plus complète et excellente (Reprise 1971/72), Blue Canyon (1975) et Rounder (1981). Vigilance donc, même si toutes ces versions, quoi que différentes dans leur agencement, sont toutes recommandables. Mais, si vous voulez faire le grand saut pour le géorgien, alors c’est l’original ou son suivant chez Reprise. C’est culte que voulez-vous ! Ah, oui, j’allais oublier… c’est produit par David Briggs qui passe d’un Young à l’autre. Ca vous parle David Briggs ? Neil Young et le Crazy Horse. Ca sent plutôt bon, non ? (RAZOR©)

 

1. Seven Bridges Road.

2. My Oklahoma.

3. The White Trash Song.

4. I Can't Hold Myself In Line.

5. I Begin to See Design.

6. Long Way To Hollywood.

7. Many Rivers.

8. Lonesome, On'ry And Mean.

9. Come Sit By My Side.

10. True Note.

11. Ragtime Blue Guitar.

12. Montgomery In The Rain.

 

Steve Young:guitare,chant.

Pete Drake,Weldon Myrick:steel guitare.

Josh Graves:dobro.

Buddy Spicher:violon.

Charlie McCoy:harmonica.

David Briggs,Jerry Smith:claviers.

Fred Carter Jr,Henry Strzelecki:basse.

D.J. Fontana,William Ackerman,Jerry Carrigan:batterie.

Bobby Thompson,Ray Edenton,Bob Moore,Dale Sellers,Pete Wade:guitare.

Paul Tannen,Ginger Holladay,Maria Holladay:choeurs.

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