Terry Allen.

 

300EME BIOGRAPHIE !

 

TERRY ALLEN/Wichita (Kansas)

 

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Né le 7 mai 1943 à Wichita (Kansas).

Actif depuis 1970.

Label:Sugar Hill Records,Fate Records.

Genre:country outlaw,country alternative,Texas country.

 

L'indépendant de la country.

Retiré aujourd'hui du côté de Santa Fe (Nouveau-Mexique) auprès de sa femme l'actrice et écrivain Jo Harvey Allen, Terry Allen est un peu touche-à-tout : architecte de formation, il a enseigné en fac et en univeristé, tenu des conférences, travaille pour la radio, écrit pour le théâtre ; il sculpte, peint et expose également ses œuvres. Parallèlement, ce pionnier de la country dite outlaw compte à son crédit une douzaine d'albums et pas des moindres, puisque le deuxième volume de son catalogue discographique, (Lubbock) On Everything (1979), figure parmi les grandes œuvres de country alternative de tous les temps.

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Terry allen lubbockTerry Allen Digest.

Ce pluridisciplinaire né au Kansas tient son hyper activité de son père Fletcher « Sled » Allen, ancien joueur de baseball qui, quand il est atteint par la limite d'âge pour pratiquer son sport, se reconvertit dans l'organisation de combats de boxe et de bals en réaffectant une église évangélique fortement endettée. Devenu entrepreneur de spectacles, il ouvre son établissement aux premiers groupes de rock, de blues et de country. Les artistes du moment font un alors crochet par Lubbock qui, avec Austin, va devenir une place créative de la country rebelle. Terry Allen, comme Jimmie Dale Gilmore, Joe Ely et Butch Hancock, en sont les incontournables porte-drapeaux.

Reconnu par ses pairs du songwriting.

Terry Allen, dès l'âge de 6 ans, est plongé dans cette ambiance en vendant des boissons fraîches lors des diverses manifestations. Qui plus est, sa mère est pianiste professionnelle jusqu'à son mariage avec Fletcher. Il n'est pas meilleur précepteur pour Terry qui va rapidement s'éprendre de la musique et plus particulièrement du rock & roll.

Celui-ci va lui ouvrir les yeux sur un avenir qui ne se situe pas à Lubbock la déserte, une cité qu'il commence progressivement à détester, mais ailleurs, là où ça bouge. Sa première voiture sonne comme un déclic pour Terry ; il quitte le Texas pour la Californie où il part étudier les Arts. Il renouera le lien avec Lubbock en épousant en 1961, une fille du crû, Jo Harvey, et en signant le fameux album évoqué par ailleurs et ancré dans les annales de la country progressiste.

Le texan met le pied à l'étrier de la musique dès 1966, parallèlement à son activité d'artiste. Il devient un songwriter reconnu par ses pairs, lesquels n'hésitent pas à faire leur marché dans le catalogue d'Allen : Bobby Bare, Guy Clark, Little Feat, Robert Earl Keen, David Byrne, Colin Gilmore, Doug Sahm, Ricky Nelson, Cracker, et Lucinda Williams.

Deux albums incontournables.

Si son écriture n'est pas plus connue auprès du grand public, elle n'en est pas moins de très grande qualité, émouvante, perspicace et ironique, autour des thèmes comme l'amour, la famille, la religion, la violence.

Allen est un des meilleurs songwriters américains mais le genre musical dont il a, en bon texan qu'il est, hérité pour s'exprimer, n'est pas le biais le plus populaire. Qui plus est à une époque où country et rock ont leurs supporters respectifs.

Sa musique, bien que ni tout à fait country, ni tout à fait rock, se traduit par un premier album, Juarez (1975) qui entre dans le cadre d'un projet conceptuel débordant du seul cadre musical, puisque son auteur, artiste pluridisciplinaire rappelons-le, accompagne le disque d'une impression de lithographies, le tout réalisé dans un tirage très limité, pressé sur ses deniers personnels et enregistré par ses propres soins, Allen étant pieds et mains liés par son éditeur du moment.

Terry allen portrait

« Beaucoup de chansons des deux premiers albums ont été réalisées dans les années 60 mais ont tardé à sortir, la faute à un contrat avec mon éditeur qui ne me permettait pas de faire ce que je voulais ; comme la maison de disques ne pouvait rien faire de son côté, il m'a fallu attendre. Remarquez, ça m'a servi de leçon, parce que j'ai décidé, pour la suite de ma carrière, de tout faire moi-même. » (Terry Allen)

Pour ouvrir son parcours musical, Terry Allen ne joue pas la carte de la simplicité, mais son œuvre est néanmoins exceptionnelle et authentique. Autour d'un piano plaintif, parfois soutenu par la guitare ou la mandoline de Greg Douglas et de Peter Kaukonen (le frère de Jorma de Jefferson Airplane), Terry Allen développe une histoire obsédante autour de personnages du sud-ouest américain, allant de marins à prostituées, de cinglés à paumés dont chaque pan a été écrit entre 1975 et son enregistrement final. Portée par une voix rocailleuse de cow-boy, sa collection de honk tonk songs gagne l'attention, le respect et les éloges des connaisseurs countryistes. Ses deux LP de la décennies sont des monuments du genre.

Double chef d'oeuvre.

Sorti sur le label Fate Records 4 ans plus tard, soit en 1979, le double Lubbock (On Everything) est même un des meilleurs disques de country qu'il m'ait été donné d'entendre.

Enregistré dans les studios de Dan Caldwell, le technicien qui a façonné le son si particulier de Lubbock et dans lequel on baigne sur ce disque, inspiré par son passé dans la ville texane, également terre natale de Buddy Holly, il est l'album qui représente le mieux l'artiste. Les personnages qu'il dépeint et qu'il chante vace sensibilité ici révèlent un sens de l'observation et du détail rare ; ils amènent à regretter qu'Allen n'ait pas plus souvent nourri son catalogue discographique depuis.

Retour gagnant.

Les années 80 et 90 ont été assez prolifiques (8 LP dont les excellents Bloodlines/1983, Human Remains/1996 et Salivation/1999), mais, depuis le début du nouveau millénaire, seul Bottom Of The World (2013) est venu se greffer à sa belle discographie. La raison de sa discrétion dans les bacs incombe essentiellement aux nombreuses autres activités dans lesquelles il est également impliqué.

14 ans après Salivation, l'intime, poignant, décontracté et doux Bottom Of The World reprend là où Terry Allen avait laissé son auditoire ; son retour surprend encore, son écriture continuant toujours à susciter la réflexion. Il n'en existe pas deux comme lui (RAZOR©).

 

LP Studio 2 - 1979

 

Terry allen lubbock

 

TERRY ALLEN

LUBBOCK (ON EVERYTHING) – 1979  5/5

 

Publié en 1979.

Produit par Don Caldwell,Lloyd Maines.

Durée:78:55.

Label:Fate Records, Sugar Hill Records.

Genre:country,country alternative,country outlaw.

 

Un OVNI dans le ciel de Lubbock.

 

Je ne connaissais pas l’existence de Terry Allen, encore moins son appartenance à la branche country, alors sa discographie… vous pensez bien que c’est une énigme pour moi. C’est en me rancardant sur Joe Ely que j’ai eu vent de tout le bien que son milieu de prédilection porte à cet artiste, considéré par ses pairs comme une sommité que la country oublie trop souvent de mentionner à l’heure des bilans.

Son positionnement sur la scène texane de Lubbock a été l’autre argument déterminant pour m’intéresser de plus près à cet auteur-compositeur-interprète à propos duquel l’album Lubbock - On Everything (en écoute intégrale ici) de 1979 est cité comme, non pas une œuvre majeure et essentielle, mais comme un un trésor de la musique américaine. Dont acte. Je suis moi-même tombé sous le charme du binôme.

Un p’tit rappel, pour la forme, sur cette fabuleuse place texane… Dans les années 70, le Texas a été à l’initiative d’une sous-catégorie de musique country: l’Outlaw qui a changé la face de la musique américaine. L’épicentre de ce mouvement progressiste se situe à Austin ; cette variante combine la country traditionnelle de Nashville avec la contre-culture hippie de la fin des 60’s.

Walyon Jennings, Willie Nelson et David Allan Coe ont posé les premières pierres. A charge pour les Guy Clark, Kris Kristofferson, Jerry Jeff Walker, Steve Young, Joe Ely, Billy Joe Shaver, Michael Martin Murphey, Rodney Crowell, Don Williams, Townes Van Zandt et Steve Earle, de relayer ce style musical non conventionnel et de redéfinir un genre country qui plus que jamais s’est rapproché du rock, de la folk, du blues, de la pop et du western swing. Terry Allen en est également un maillon essentiel au regard de ce qui se dit.

Depuis que j’ai écouté le fameux Lubbock (On Everything) de 1979, je confirme et quelque part, j’ai un peu honte de ma présente ignorance. Ce disque (double), c’est d’la bombe bébé. Alors passe à ton voisin.

Venons-en aux faits. L’album d’Allen. S’il en est un qui peut faire aimer la country aux récalcitrants du genre, c’est ce Lubbock (On Everything) enregistré en 78 aux studios Caldwell à Lubbock. Deuxième opus du natif du Kansas (Wichita), il est une des références country.

Sugarhill Records a eu le nez creux qui en a fait une réédition forte de 20 titres, en 1995, dont l’exceptionnel, et je pèse bien mes mots, The Wolfman Of Del Rio. Elle est à posséder à n’importe quel prix et ce, malgré une pochette qui n’invite en rien à franchir le pas d’achat.

Mais bon, on n’est pas venu pour le flacon, mais essentiellement pour l’ivresse qu’il distille. Et là les copains, c’est fort. Je comprends maintenant le pourquoi des commentaires élogieux circulant sur le compte de Terry Allen, moins pourquoi je n’ai pas vu passer ce train à son époque. Pour tout vous dire, sur une île déserte, il ferait partie du top ten que j’embarquerais fissa.

L’album, non content de recenser une pléiade de merveilles de compositions, bénéficie d’un casting exceptionnel de musiciens du crû, placé sous la direction de Lloyd Maines, expert es-pedal steel. Ce qui ne gâche rien, au contraire. Ne me faites pas ressortir une piste plus qu’une autre, tout est ici si créatif et si récréatif, si authentique, si compétent, si émouvant. Je partage désormais l’avis de ceux qui voient en ce disque une œuvre intemporelle. Terry Allen confine au génie et dire que je viens seulement tomber de l’armoire en l’écoutant. C’est un bonheur pour moi que d’en être aujourd’hui. Honte à moi (RAZOR©).

 

1. Amarillo Highway (for Dave Hickey).

2. Highplains Jamboree.

3. The Great Joe Bob (A Regional Tragedy).

4. The Wolfman Of Del Rio.

5. Lubbock Woman.

6. The Girl Who Danced Oklahoma.

7. Truckload Of Art.

8. The Collector (and the Art Mob).

9. Oui (a French Song).

10. Rendezvous USA.

11. Cocktails for Three.

12. The Beautiful Waitress.

13. Blue Asian Reds (for Roadrunner).

14. New Delhi Freight Train.

15. FFA.

16. Flatland Farmer.

17. My Amigo.

18. The Pink And Black Song.

19. The Thirty Years Waltz (for Jo Harvey).

20. I Just Left Myself.

 

Terry Allen:piano,chant.

Lloyd Maines:pedal steel,guitares,dobro,mandoline,banjo,cloches,chant.

Kenny Maines:basse,harmonies vocales.

Curtis McBride:batterie.

Allan Shinn:percussion,marimba.

Richard Bowden:violon.

Ponty Bone:accordéon.

Don Caldwell:saxophone,arrangements cordes.

Joe Ely:harmonica.

Luis Martinez: jazz guitare sur 11.

Jessie Taylor:flatland guitare sur 16.

Tommie Anderson:trompette.

Mark Anthony:trombone.

Russ Standefer:tuba.

Ruth Ann Truncale,Susan Allen:violon.

Karen Blalack:cello.

Leslie Blackburn:viola.

Monterey High School Marching Band

Sylvester "band-aid" Rice,Gwen Hewitt,Suzanne Paulk,Jo Harvey Allen:harmonies vocales.

Freddy Pride,Mike Austin,Vincent Thomas,Jimmy Sampson:"whooooit" harmonies.

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