Waylon Jennings.

BIOGRAPHIE.

 

WAYLON JENNINGS/Littlefield (Texas – USA)

 

Waylon jennings intro

 

Né Waylon Alvin Jennings, le 15 juin 1937 à Littlefield (Texas),décédé le 13 février 2002 à Chandler (Arizona).

Actif entre 1958 et 2000.

Labels:RCA Victor,MCA,Epic.

Genre:country,country outlaw,rockabilly,country-rock,

Site officiel:waylonshop.com

 

Un dur au grand cœur.

Le Hors-la-Loi, c'est ainsi qu'on le surnommait, a miraculeusement échappé à l'accident d'avion ayant endeuillé le rock le 3 février 1959 et que l'histoire a fixé comme The Day The Music Died (le jour où la musique est morte). Il n'a pas, en revanche, survécu au diabète et peu avant son décès, le 13 février 2002, il dut subir l'amputation d'un pied, en raison de complications.

Il, c'est Waylon Jennings, chanteur de country américain connu pour avoir été, avec une poignée d'autres renégats (Johnny Cash, Mickey Newbury, Kris Kristofferson, Merle Haggard, Willie Nelson, Gary Stewart, Billy Joe Shaver...), les inspirateurs de l'Outlaw Movement, un courant né pour défier la country conventionnelle de Nashville, en changer les codes pour la rapprocher du rock, le style et le son surtout.

Intronisé au Country Music Hall Of Fame en 2001, Waylon Jennings est le détenteur d'une des plus belles carrières de l'histoire de la country. L'auteur du générique original (The Good Ol' Boys) de la série télévisée du début des 80's, Shérif, Fais moi Peur (The Duke Of Hazzard), était, comme se plaisait à le rappeler Kris Kristofferson à l'occasion de ses funérailles, l'archétype de l'américain : dur avec un grand cœur.

Jusqu'au bout et malgré la baisse d'intérêt du public à l'égard de la country, Waylon Jennings est restée une grande star du genre. A chacun de ses spectacles, la foule des connaisseurs se bousculait pour entendre cette merveilleuse voix de baryton ; artiste créatif, à chacune de ses sorties discographiques, il suscitait la curiosité et les commentaires élogieux...

Waylon jennings jeune guitareWaylon Jennings : La guitare dès 8 ans.

Waylon jennings annee 60La musique plutôt que les études.

Waylon jennings djPassé par la radio...

Waylon jennings 1...recommandé à Nashville...

Waylon jennings buddy holly...lancé par Buddy Holly...

Waylon jennings buddy holly ritchi valence j p richardson big bopper plane crash photos 10148780 6 l2...tué le 3 février 59. Waylon en réchappe.

Waylon jennings and the waylors 1964Waylon and The Waylors (1964).

Waylon jennings jessi colter coupleAvec Jessi Colter, à ses côtés jusqu'au bout.

Waylon jennings willie nelson radioAvec Willie Nelson, un autre hors-la-loi...

Waylon jennings wanted the outlaws...un des acteur de Wanted ! The Outlaws.

Auditionné à 12 ans.

Né Wayland Arnold Jennings à Littlefield au Texas, son prénom de naissance est changé en Waylon sur les recommandations d'un prédicateur baptiste venu un jour visiter la ferme familiale dans laquelle, enfant, il va plus tard travailler.

A l'âge de 8 ans, sa mère Lorene Beatrice (Shipley) lui apprend la guitare et lui achète une Stella d'occasion, puis une Harmony Patrician, alors en vogue dans la musique country, à laquelle il doit ses premières influences : Bob Wills, Ernest Tubb, Floyd Tillman, Hank Williams ou Elvis Presley.

Il a 12 ans quand il est auditionné par une radio texane, KVOW, pour un spot. Convaincu, le propriétaire de la station l'engage pour tenir un programme hebdomadaire d'une demi-heure.

Ce passage sur les ondes précipite son projet de monter, avec quelques amis, son propre groupe de country-western, The Texas Longhorns, d'autant que le turbulent et indiscipliné Waylon et l'école ne font pas bon ménage ; d'ailleurs, il la quitte à 16 ans.

Les Texas Longhorns, la radio...

La formation se produit localement, où elle anime surtout des bals et des réunions privées. Dans le même temps, il travaille aux côtés de son père et effectue une variété de petits emplois temporaires.

Comme il n'a que la musique en tête, il insiste avec ses Texas Longhorns qui signent une démo, Stranger In My Home/There'll Be A New Day, dans les studios de la radio KFYO de Lübbock.

Par l'entremise de la radio KVOW où il travaille comme DJ sur un créneau de 6 heures d'antenne, Waylon joue avec des artistes comme Chuck Berry et Little Richard. Sa voix si particulière l'entraîne vers une autre radio KLVT (puis KLLL qui évolue vers un format country).

Il devient le DJ principal de la station. En 1956, il prend pour épouse Maxine Caroll Lawrence (4 enfants).

...et Buddy.

Grâce à KLLL, il fait la connaissance d'un certain Buddy (1956/57), membre du duo Buddy And Bob (Montgomery), qui n'est autre que le fameux Buddy Holly, tragiquement décédé le 3 février 1959.

Celui-ci lui demande de pousser son dernier disque ; en contrepartie, comme il produit parallèlement de jeunes artistes, Buddy Holly s'engage à ce que Waylon soit le premier d'entre eux.

Jennings signe ses premiers enregistrements en 1958 : Jole Blon et When Sin Stops (Love Begins). Les studios de Norman Petty à Clovis (Nouveau-Mexique) servent de cadre à cette séance. Buddy Holly, Tommy Allsup et King Curtis prennent part à ce moment.

Dans le mouvement, Waylon Jennings est recruté par Buddy Holly pour tenir la basse électrique des Crickets, à l'occasion du tragique Winter Dance Party Tour évoqué en introduction et qui aboutit à la mort de Buddy Holly, Ritchie Valens (La bamba), JP «  The Big Hopper » Richardson et du pilote du Beachcraft Bonanza, Roger Peterson.

En laissant sa place à Richardson, grippé, il sauve sans le savoir sa peau, mais il en éprouve derrière et longtemps un gros sentiment de culpabilité qu'il tente d'effacer par l'usage de drogues, de médocs et une absorption massive d'alcool.

Recommandé aux pontes de Nashville.

La mort de Buddy Hully le réduisant à l'inactivité, Waylon retourne à la radio (KLLL) avec laquelle les relations se dégradent, ce qui l'amène à rebondir chez le concurrent KDAV, avant qu'il déménage à Coolidge, puis à Phoenix (Arizona) où il monte une nouvelle formation de rockabilly, The Waylors (1961).

Les Waylors, également constitués de Jerry Gropp (guitare), Richie Albright (batterie) et Paul Foster (basse), deviennent rapidement le groupe régulier du JD's, un nightclub de Scottsdale dans la banlieue de Phoenix (appartenant à JD Musiel), où ils occupent la scène six fois par semaines, en distillant un mélange de country, de rockabilly, de rock et de folk.

Un album, Waylon Jennings At JD's, retrace cette expérience. Vendu sur place (500 exemplaires avant une réédition équivalente), cet opus réalisé pour le label BAT Records et sorti en 1964, est son premier disque ; contrairement à ce que laisse supposer son titre, il est un travail de studio.

Juste avant ce premier opus, Jennings ouvre son compteur discographique en 1961/62 par un single pour Trend Records (Another Blue Day), puis des enregistrements pour A & M (Love Denied, Rave On, Four Strong Winds, Just To Satisfy You, The Twelfth Of Never, Kisses Sweeter Than Wine, Do Not Think Twice, It's All Right, The Race Is On), avec lequel il s'engage en juillet 1963. La réussite n'est pas encore au bout.

Celle-ci vient par At JD's, mais surtout par l'appui de Bobby Bare (vedette des disques RCA) qui, séduit par Just Satisfy You, recommande Jennings à Chet Atkins, un ponte de Nashville et une influence majeure dans le milieu de la country (le Nashville Sound, c'est lui).

Nashville ? Très peu pour lui.

Celui-ci lui ouvre les portes de RCA Victor (1965), pour lequel l'artiste enregistre, durant les 60's, pas moins d'une dizaine d'albums : Folk-Country (N°9 au Billboard Country), Leavin' Town (N°3) et la bande sonore de Nashville Rebel (N°4) en 1966, Waylon Sings Ol' Harlan (32), Love Of The Common People (3) et The One And Only (19) en 1967, Hangin' On (9), Only The Greatest (12) et Jewels (6) en 1969, puis Just To Satisfy You (7) en 1969.

Mais le courant ne passe pas entre Jennings et Atkins. L'ancien bassiste devenu chanteur de country n'est pas à l'aise à Nashville. Habitué à enregistrer avec son groupe, on (les gros producteurs) lui impose de plus en plus des musiciens de session. Willie Nelson l'avait prévenu : reste à Phoenix, Waylon. Nashville, ça n'est pas fait pour toi.

Ses premiers LP des 70's, l'éponyme Waylon (janvier 1970), Don't Think Twice (mars 1970) et surtout Singer Of Sad Songs (novembre 1970) dont RCA ne veut pas assurer la promotion, traduisent l'énorme frustration de Jennings qui fait de plus en plus appel à une écriture extérieure et qui prend de plus en plus le contrôle sur ses disques. Il ne se laisse plus rien imposer. Ou si peu.

Waylon reprend sa liberté.

Dans le même temps, les countryistes Willie Nelson, Tompall Glaser, Kris Kristofferson et Johnny Cash (et quelques autres) se marginalisent en lançant le mouvement Outlaw prônant de travailler en dehors du système normalisé de Nashville, de son industrie du disque et de ses producteurs omnipotents. De tourner le dos à la country traditionnelle, quoi !

Waylon, bridé par son manque de liberté artistique et décidé à rendre de moins en moins compte de ses actes aux boss de Nashville, rejoint ces hors-la-loi et amorce dès lors une carrière autrement plus fructueuse et intéressante.

Le basculement du côté des renégats se fait avec The Taker/Tulsa (février 1971/RCA), par lequel Waylon Jennings privilégie l'écriture de Kris Kristofferson.

4 des 10 titres de l'album sont de ce songwriter de la nouvelle école country : The Taker (top 5), Lovin' Her Was Easier (Than Anything I'll Ever Do Again), Casey's Last Ride et Sunday Morning Comin' Down.

Cedartown Georgia (été 1971) confirme l'éloignement de l'artiste du Nashville Sound, ce qui a le don d'irriter de plus en plus le label.

Il commence à avoir le contrôle créatif exigé sur ce qu'il enregistre, comme peut en attester l'excellent Good Hearted Woman (février 1972), premier disque de country progressive de son catalogue. Dès lors, Jennings reste fidèle à cet esprit Outlaw jusqu'à la fin de sa carrière.

Comme il fallait s'y attendre, le torchon brûle alors entre les deux parties. Waylon ne cède rien et exige même la renégociation de son contrat (1972). Désormais, c'est lui le décisionnaire pour l'orientation artistique, l'écriture, les enregistrements et la production.

Hospitalisé pour une hépatite (Waylon a une vie dissolue depuis le milieu des 60's), il a cependant la désagréable surprise de constater que Ladies Love Outlaws, publié en septembre 1972, sort sans son accord et inachevé.

Le Jennings nouveau est arrivé.

Malgré ça, il se place au 11ème rang du Billboard Country tandis que Under Your Spell Again, en duo avec Jessi Colter (sa 4ème épouse épouse depuis 1969 et jusqu'à sa mort), pointe lui à la 39ème place du classement des singles du genre.

Ladies Love Outlaws installe une frontière floue entre la country et le rock. Pour soigner son image de hors-la-loi, Waylon Jennings se laisse alors pousser cheveux et barbe et porte jeans, chapeau et gilet en cuir. Le Jennings nouveau apparaît pour la première fois hirsute sur Lonesome, On'ry And Mean (mars 1973), 18ème opus studio pour lequel il obtient même une avance substantielle du label.

Considéré comme une référence majeure de sa discographie, ce LP réalisé avec son groupe de soutien (une autre résultante de la renégociation de son contrat) accroche une excellente 8ème place au Billboard.

Country et rock : même combat.

N° 14 des charts, Honky Tonk Heroes (juillet 1973), sorti tardivement (faut-il y voir une manoeuvre des dirigeants de RCA ?) est tout aussi essentiel, pour son auteur comme pour le genre Outlaw.

Alimenté exclusivement par des titres du songwriter de Nashville Billy Joe Shaver, le disque reçoit des critiques élogieuses de toutes parts, y compris de presses non spécialisées dans la country. Les limites entre la country et le rock sont maintenant confondues.

Un an plus tard paraît This Time (juillet 1974), lequel prend place dans le top 5 du catalogue de l'artiste. Enregistré dans les studios de Tompall Glaser, un des premier décrocheurs de Nashville, l'album est plus décontracté mais encore très puissant. Waylon Jennings étant au sommet de son art, la country Outlaw tient là une de ses plus belles pièces.

A la pointe de la country progressive.

The Ramblin' Man (septembre 1974), son album le mieux classé depuis 1967 (N°3) et Love Of The Common People, puis le romantique Dreaming My Dreams (N°1 des LP Country, N°49 du Billboard 100), premier opus à être certifié Or, précèdent la participation de Waylon au phénoménal Wanted ! The Outlaws (janvier 1976), disque réunissant le gratin des infidèles de Nashville convertis à la country Outlaw.

Il publie, la même année, la bande-son pour le film Mackintosh & TJ (mars 1976), Are You Ready For The Country (juin 1976), certifié Or certes, mais légèrement en retrait par rapport à sa production précédente, ainsi qu'un énorme Live (décembre 1976), enregistré entre Dallas et Austin (du 25 au 27 septembre 1974).

Après trois places de N°1 (Dreaming My Dreams, Are You Ready For The Country et Waylon Live), une présence sur l'exceptionnel album collégial (Wanted ! The Oulaws), Waylon Jennings est à la pointe de la country progressive. Il est difficile pour lui de faire mieux.

Waylon est un phénomène qui se vend de mieux en mieux. La chanson Luckenbach - Texas (Back To The Basics Of Love) est son plus gros succès. Elle contribue à faire d'Ol' Waylon (avril 1977) un disque de platine qui reste 13 semaines dans les charts 1977, 16 au Cash Box.

Waylon jennings jessi colter

“Nashville a sur moi un effet à double tranchant. Ici beaucoup de gens m'aiment et je les aime aussi. Avec Waylon, c'est à Nashville que nous avons conçu Shooter et en cela, c'est un souvenir merveilleux. Mais j'ai un dilemne : dès que j'y passe trop de temps, la nostalgie m'afflige. Comme Nashville était le théâtre de la carrière de Waylon, j'ai plaisir à y venir, mais je ne peux pas y vivre.” (Jessi Colter)

Quand les drogues s'invitent...

Attractions de Wanted ! The Outlaws, il était inévitable que les routes de Willie Nelson et Waylon Jennings se croisent. Les amis de longue date et hors-la-loi de la première heure se retrouvent autour de Waylon & Willie (janvier 1978). On peut dominer le genre et rater les retrouvailles. Cet album en est la démonstration. Il est surtout récréatif avant d'être totalement convaincant pour les fans purs et durs. Dans les bacs, le duo sort gagnant (N°1).

A la même époque (1977), Waylon connaît ses premiers gros ennuis juridiques et de santé. Les drogues sont le dénominateur commun de ces problèmes. Gros consommateur d'amphétamines, de LSD et de cocaïne depuis le milieu des 60's, il est pour la première fois inquiété pour détention de substances interdites.

Si l'affaire fait grand bruit, il n'est pas condamné pour autant à cause d'un vice de procédure. Néanmoins, sa réputation est entachée et sa santé commence à inquiéter d'autant qu'il se renferme de plus en plus.

Ses difficultés avec la drogue apparaissent en toile de fond de I've Always Been Crazy (septembre 1978) mais n'affectent pas son rendement commercial, le disque s'installant pendant presqu'un an dans les classements.

La décennie se referme sur un best-of (avril 1979). N°1 pour la 8ème fois consécutive (ce qui n'est pas vraiment une surprise), la compilation est autrement plus lucrative que le décevant et ennuyeux What Goes Around Comes Around (novembre 1979), lequel, visiblement, souffre de la trop grande dépendance de Jennings à la cocaïne.

Une discographie conséquente.

Cette addiction sera le combat du début des 80's de Jennings. Il s'en libère en 1984. Music Man (1980), Black On Black (1982), It's Only Rock + Roll (1983), Waylon And Company (1983), New Could Toe The Mark (1984), Turn The Page (1985), Sweet Mother Texas (1986), Will The Wolf Survive (1986/MCA), énième N°1, Hangin' Tough (1987/MCA), A Man Called Hoss (1987/MCA) et Full Circle (1988/MCA), viennent gonfler son catalogue.

En 1985 (et jusqu'en 1995), alors que sa carrière personnelle commence à battre de l'aile, Waylon rejoint le super groupe de country Outlaw, The Highwaymen, composé également de Johnny Cash, Willie Nelson et Kris Kristofferson (deux LP pour CBS, un pour Liberty).

1990 sont les années Epic. Il signe pour ce label au début de la décennie et enchaîne 7 nouveaux albums: The Eagle (1990), son dernier top 10, Too Dumb For New York City, Too Ugly For L.A. (1992), Ol' Waylon Sings Ol' Hank (1992), Cowboys, Sisters, Rascals & Dirt (1993), un disque pour enfants, Waymore's Blues Part II (1994), Right For The Time (1996) et Closing In On The Fire (1998).

Storms Never Last...

Même si ses heures de gloire sont désormais derrière lui, Jennings continue alors à attirer les foules à chacun de ses concerts. En 1997, il ralentit cependant sa cadence, préférant se consacrer aux siens.

En proie à de gros problèmes de santé (diabète et emphysème), Waylon Jennings se fait de plus en plus rare entre 1999 et 2001. A la tête de son Waymore's Blues Band, il jette ses dernières forces dans un ultime LP live, Never Say Die (octobre 2000), enregistré à Nashville (au Ryman Auditorium), avant de s'éteindre le 13 février 2002 à Chandler, en Arizona où il repose (Mesa City Cimetery) désormais.

Lors de ses funérailles, Jessi Colter, dont il était divorcé mais qui l'a accompagné dans un merveilleux partenariat amoureux jusqu'à son dernier souffle, entonne un vibrant Storms Never Last, leur meilleur duo, histoire de rappeler toutes les tempêtes que le couple a traversées et domptées. Elle l'aimait beaucoup son Waylon. Nous aussi, on l'aimait beaucoup ce renégat parti rejoindre son Buddy (RAZOR©). 

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 19 - 1973

 

Waylon jennings honky tonk heroes 73

 

WAYLON JENNINGS

HONKY TONK HEROES – 1973  5/5

 

Publié en juillet 1973.

Produit par Waylon Jennings,Tompall Glaser,Ronny Light,Ken Mansfield.

Durée:27:21.

Label:RCA Victor.

Genre:country,country outlaw.

 

Ruée vers l’or.

 

Venons-en à Waylon Jennings… Pourriez répéter, m’sieur ? Waylon qui ? Waylon quoi ? Quèsaco  c’t’affaire ? Quoi, vous ne connaissez donc pas Waylon ? Pour vous la musique country qui plus est celle qui fait la nique à Nashville, ça ne vous parle pas, si je capte bien ? Si je percute, si j’imprime… comme on dit maintenant.

Le Waylon, mon gars, c’est du texan, du vrai. Avec quelques renégats de son espèce comme Willie Nelson, Johnny Cash, Mickey Newbury, Tompall Glaser, David Alan Coe, Gary Syewart, Billy Joe Shaver, Merle Haggard, George Jones et Kris Kristoffersson, il s'est mis en tête de faire autre chose que de la country à la papa. Lui et toute cette horde de rebelles incarnent le mouvement Outlaw Country, une musique hors la loi qui rejette celle conventionnelle du Nashville Sound.

Pour Jennings, plutôt la mort que la souillure : il est hors de question de rentrer dans le rang des clones de Nashville et de venir grossir les effectifs de la Mecque du country, et ce, même si le genre auquel il appartient lui assure la pitance et le gîte. Il préfère en sortir, péter les câbles qu’il veut, s’allumer au risque de se cramer comme c’est arrivé plus d’une fois. La vie, quoi ! La vraie vie, celle qui alimente sa musique non-conformiste. Une musique libre comme l’air et qui a influencé de multiples artistes.

Professionnel depuis la fin des fifties, le gars de Littlefield, proche de Buddy Holly (mort dans un crash d’avion auquel Jennings échappe en laissant sa place) pour lequel il a tenu la basse dans les Crickets, végète de contrat en contrat et se révèle réellement au début des années 70, époque à laquelle l’adoption d’un son plus dur séduit le public et accroît son parterre d’adeptes. Le rock est alors la norme et Jennings s’affranchit définitivement du Nashville Sound.

Un hors-la-loi naît en 1972 ; Honky Tonk Heroes (en écoute intégrale ici), réalisé pour RCA en 1973, est sa vraie première entreprise de démolition du country nashvillien. Avec Billy Joe Shaver, un autre Outlaw, canaille allumée de l’écriture devenu évangéliste, la réalisation de l’album fait des étincelles. L’association félonne avec celui qui s’avère finalement comme son indissociable pendant, façonne un LP qui ne fait pas dans la dentelle.

En un peu plus d’une dizaine de titres, Waylon Jennings et sa voix de baryton imposante et dépouillée, deviennent des incontournables. A Star Is Born. Jennings pratique le genre comme personne. Il se met dans la poche les folkeux et les rockeux.

Avec une épine dorsale articulée autour de Ain’t No God In Mexico, Willy The Wandering Gipsy And Me, Old Five And Dimers (Like Me), Honky Tonk Heroes, We Had It All, Waylon Jennings a la matière pour rallier derrière lui les derniers sceptiques.

Aussi, que ceux qui exècrent la musique country, exorcisent leurs vieux démons et se libèrent de ce préjugé lourdement handicapant en commençant par les écouter. Rien n’est ici de nature plan-plan.

Cet opus à la qualité constante du début à la fin et rebelle, est historique. Il est le croisement parfait entre rock et country. Leur rencontre tombe pile poil pour créer, avec l’écriture fascinante de Shaver, le meilleur cadre pour le style du texan. Et si avec la dose de rock qui s’invite ici, vous persistez à maudire le genre, alors je n’y comprends plus rien (RAZOR©).

 

1. Honky Tonk Heroes.

2. Old Five and Dimers (Like Me).

3. Willy the Wandering Gypsy and Me.

4. Low Down Freedom.

5. Omaha Hall.

6. You Asked Me To.

7. Ride Me Down Easy.

8. Ain’t No God in Mexico.

9. Black Rose.

10. We Had It All.

11. Slow Rollin’ Low.

 

Waylon Jennings:guitare,chant.

Will Ackerman:batterie.

Ritchie Albright:batterie,guitare.

Joseph Allen:basse.

David Briggs:piano.

Don Brooks:harmonica.

Duke Goff:basse.

Jerry Gropp:guitare,chant.

Lennie Haight:violon.

Buddy Harmon:batterie.

Eddie Hinton:guitare.

Dave Kirby:guitare.

Kyle Lehning:claviers,trompette.

Andrew McMahon:orgue.

Ralph Mooney:guitare.

Billy Reynolds:guitare.

Billy Sanford:guitare.

Randy Scruggs:guitare.

Dale Sellers:guitare.

Bee Spears:basse.

Henry Strzeleck:basse.

Larry Whitmore:guitare.

Tommy Williams:violon.

Reggie Young:guitare.

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