Willie Nelson.

BIOGRAPHIE.

 

WILLIE NELSON/Abbott (Texas – USA)

 

Willie nelson

 

Né Willie Hugh Nelson, le 29 avril 1933 à Abbott (Texas).

Actif depuis 1956.

Labels:Liberty,RCA,Atlantic,CBS,Island,Justice Records,Lost Highway,Legacy Recordings.

Genre:country,country outlaw,rock,country-rock.

Site officiel:willienelson.com

 

C'est dans les vieux pots...

Sur les réseaux sociaux, des hoaxes annoncent régulièrement sa mort et les rumeurs les plus folles circulent sur son état de santé. Il souffre d'un rhume qu'on lui colle aussitôt des complications respiratoires. Il n'est pas un mois, ces dernières années et, à plus forte raison, avec l'avancée dans l'âge, où Willie Nelson n'est pas prématurément envoyé ad patres.

A bientôt 85 ans, ce vieux de la vieille préfère en rigoler et continuer à vivre et à travailler comme il l'a toujours fait. Sans changer une seule virgule, il en a tellement vu d'autres dans son parcours personnel.

Il se soucie plus de promouvoir sur les routes son dernier album (God's Problem Child/2017), le 110ème de sa discographie, que de polémiquer sur l'automne de sa vie. Malgré le poids des ans, il n'est pas encore disposé à répondre à une convocation de la Grande Faucheuse. Il a encore tant à faire...

Acteur, producteur, chanteur et guitariste de country, songwriter et activiste, le nom de Willie Nelson est indissociable du mouvement Outlaw qui a défié la country traditionnelle de Nashville au début des seventies. Star réellement adulée depuis le milieu des années 70, il est même un des plus virulents instigateurs de ce genre nouveau, faisant la nique au Nashville Sound, la norme jusque là en vogue...

Willie nelson djLa radio avant les Honky Tonks.

Willie nelson jeuneRefusé par les labels, il écrit pour les autres.

Willie nelson bass player with ray price s cherokee cowboysBassiste pour les Cherokee Cowboys (1961).

Willie nelson affiche the record men 19691969: les Record Men.

Willie nelson barbarosa 1982L'acteur Willie Nelson (Barbarossa/1982).

Willie nelson waylon jenningsHors-La-Loi avec Waylon Jennings.

Willie nelson wanted the outlawLes rebelles de la country...

Willie nelson the highwaymenThe Highwaymen, supergroupe de country.

Willie nelson now 2Toujours actif à 85 ans.

Tombé dans le chaudron...

Né le 30 avril 1933, Willie Hugh Nelson naît et grandit à Abbott, au Texas. Elevés par leurs grands-parents après le divorce de ses parents, lui et sa sœur Bobbie sont incités à pratiquer très tôt un instrument de musique.

Si cette dernière privilégie le piano, Willie jette son dévolu sur la guitare, apprend de son grand-père quelques accords et, dès l'âge de 7 ans, écrit déjà de petites chansonnettes. La fratrie chante également du gospel dans la paroisse locale.

3 ans plus tard, Willie intègre le groupe d'une famille d'origine tchèque, les Rejcek, qui interprète une musique bohémienne (polka). C'est son premier véritable job, même s'il se fait discret au sein de la formation. C'est ça ou le coton.

Willie fait vite la part des choses et préfère gagner sa vie en chantant plutôt que d'aller se casser le dos dans les plantations.

Il a 14 ans et fréquente l'Abbott High School quand il rejoint The Texans (1947), une formation montée par le mari de sa sœur, le violonniste Bud Fletcher. Il y apporte sa voix et y joue de la guitare.

La radio avant les honky tonks.

Après avoir terminé sa scolarité en 1950, diplôme en poche, Willie rejoint l'armée de l'air américaine, qu'il quitte au bout de 8 mois en raison de problèmes dorsaux. Il entre alors de plain-pied dans la vie active et épouse Martha Matthews.

Après divers petits boulots et quelques expériences de radio (KBOP, KDNT, KCUL), il entre comme DJ sur KCNC (Fort Worth). Il y anime une émission country (1956), The Western Express. Préalablement, pour KBOP, il signe ses premières démos : The Storm Just Just Back (écrit à 12 ans) et When I've Sung My Last Hillbilly Song (SARG Records/1955).

Parallèlement à ces emplois, il continue à sillonner les bars de la région avant de déménager du côté de Portland (Oregon) où vit sa mère.

Il est alors embauché par la radio KVAN qui diffuse sur l'Oregon un programme de musique country. Rapidement son émission devient très populaire. Willie est l'animateur le plus célèbre de la radio (1956/57). Il profite de sa notoriété pour enregistrer, avec les moyens de la radio, No Place For Me et Lumberjack (Leon Payne).

Quand KVAN bascule sa programmation de la country au rock and roll (1957), Willie Nelson se voit contraint de cesser son activité sur les ondes et doit chercher du boulot : Vancouver, Colorado, Missouri, retour au Texas...

Il se retrouve tour à tour à chanter dans les boites de nuit et les honky tonks, à faire la plonge, à vendre des bibles et des aspirateurs en porte à porte... Pendant un an, il s'éloigne même de toute occupation musicale.

Le bonheur des autres...

Après la naissance de son fils Billy en 1958, Willie prend la direction de Nashville (1960) où il a bien l'intention de percer enfin dans la musique.

Après quelques mois difficiles au cours desquels il est refoulé par les labels, fussent-ils modestes, sa rencontre avec le chanteur et prolifique auteur-compositeur de country qu'est Hank Cochran, débouche sur un premier contrat avec l'étiquette Pamper Music, propriété de Hal Smith et Ray Price.

Ce dernier lui emprunte son Night Life ; en contrepartie, Price lui propose, en 1961, la place de bassiste laissée vacante au sein des Cherokee Cowboys, suite au départ de Johnny Paycheck (un futur hors-la-loi).

N'étant pas encore en mesure de faire fructifier son écriture, les chansons de celui qui écrit alors sous Hugh Nelson font souvent le bonheur de ses confrères : Hello Walls (Faron Young/1961), 23 semaines dans les classements et N°1 Country, Funny How Time Slips Away (Billy Walker/juillet 1961 et N°23 des charts Country & Western), Crazy dont Patsy Cline (1962) a fait la 85ème meilleure chanson de tous les temps (Rolling Stone Magazine) et Pretty Paper (Roy Orbison/1963 et top 10 Billboard). Ce coup de pouce du destin lui ouvre les portes de Liberty Records en 1961.

Etiqueté Nashville...

Willie débute ses premières sessions pour le label en été 1961 et enregistre enfin un premier LP (sorti en septembre 1962). And Then I Wrote convainc, porté par son single Touch Me (mai 1962), deuxième top ten du texan après Willingly (mars 1962), en duo avec celle qui va devenir, en 1963, sa deuxième épouse, Shirley Collie.

Toujours pour Liberty, sort en juillet 1963, Here's Willie Nelson, un des disques les moins intéressants de sa carrière et dans l'esprit Nashville.

L'artiste ne décolle toujours pas et décroche quelques mois de la musique, Liberty fermant sa division country. Il profite de cette trêve pour acquérir un ranch à Ridgetop, à une vingtaine de minutes de Nashville (1963).

Peu de temps après, le revenant est signé par Monument Records. Fred Foster est si impressionné par Pretty Paper qu'il met la chanson de Nelson entre les mains de Roy Orbison (novembre 1963). Ce dernier en fait un gros succès.

Nelson doit attendre un an avant d'enregistrer sa propre version. Il est alors passé chez RCA Victor (novembre 1964), sur l'insistance de Chet Atkins qui lui propose un contrat de 10.000 dollars par an.

Le premier album né de cette collaboration est Country Willie : His Own Songs (1965). Comme l'indique son titre, la collection reprend les chansons de Willie Nelson que se sont appropriées d'autres confrères.

His Own Songs est en quelque sorte la première grande compilation du natif d'Abbott. Elle est incontournable pour tout fan de l'artiste.

Les bons débuts de Nelson pour RCA favorisent son entrée au Grand Ole Opry, l'émission hebdomadaire (samedi soir) de la WSM, radio de Nashville, retransmise à la télévision. Au sein de la maison de disques, il fait la rencontre de Waylon Jennings avec lequel il va se lier d'amitié et former, au début des années 70, le mouvement Outlaw.

Avant d'en arriver là, Willie Nelson forme The Offenders (1966) avec Johnny Bush, David Zettner, Jimmy Day et celui qui deviendra son batteur régulier, Paul English.

Le nom du groupe de tournées évolue ensuite vers The Record Men (1967), en référence à la chanson Mr Record Man (1961) figurant sur le premier LP du partenariat avec RCA évoqué précédemment.

Chez RCA, entre avril 1966 et novembre 1969, Willie Nelson publie une quinzaine de singles parmi lesquels One In A Row (19), Black Jack County Chain (21), The Party's Over (24), Little Things (22) et Bring Me Sunshine (13), ses meilleurs scores.

Ses albums font un peu mieux : Country Favorites (1966) fait 9, Make Way For Willie Nelson et The Party's Over And Other Great Willie Nelson Songs, tous deux en 1967, se classent respectivement aux 7ème et 9ème rangs. La suite s'annonce plus délicate avec, un an plus tard, un Texas In My Soul qui n'entre même pas dans les charts et deux LP en 1969 au delà du top 20 : Good Times (29) et My Own Peculiar Way (39).

Autrement dit, sa discographie de la seconde moitié des 60's n'offre rien de vraiment significatif. Wilson colle trop à l'étiquette Nashville, dont il va alors chercher à se défaire.

...avant de devenir Hors-la-loi.

Au moment où Willie Nelson aborde les 70's, sa carrière est au point mort, sa situation financière peu reluisante, sa vie sentimentale en berne, puisqu'il divorce de Shirley Collie (1970) après avoir mis enceinte Connie Koepke (qui devient sa troisième épouse), et son ranch de Ridgetop où il élève des porcs, brûle juste avant Noël.

Pire, aucun de ses disques de 1970/71 (Both Sides Now, Layin' My Burden Down, Willie Nelson And Family) ne parvenant à décrocher le jackpot, Nelson, frustré, se met quelques semaines en retrait de la musique et repart à Austin où il constate que la country est très écoutée des jeunes hippies. Il fait le point avant de décider de tirer un trait sur son passé de Nashville et remodèle son image.

Il écrit de nouvelles chansons et travaille avec le producteur Felton Jarvis (Elvis Presley) sur un album conceptuel qu'il organise comme il le veut. Résultat : Yesterday's Wine (1971), premier album-concept de Nashville est une réussite. Willie saisit alors l'opportunité qui lui tend les bras de rebondir et surtout, de se libérer de ce Nashville Sound qui l'empêche d'évoluer.

Il prend la décision de changer de label, Atlantic (25.000 dolars/an) venant se substituer à RCA pour lequel il enregistre avant de partir (1972), The Words Don't Fit The Picture et The Willie Way qui le voient retomber dans ses travers.

Willie nelson 3

“ J'ai toujours aimé garder la forme et faire de la boxe. J'ai adoré Charles Atlas, Bruce Lee et Kung Fu. Quand je vivais à Nashville, j'ai commencé à faire du taekwondo. A 78 ans, j'ai eu ma ceinture noire, deuxième degré. Le chant est le meilleur exercice, deux heures par jour te gardent en forme. Je pense que c'est très important d'apprendre de ton propre corps. Il ne te ment pas et si ça te fait du bien, fais-le ; si tu ne te sens pas bien, ne le fais pas.” (Willie Nelson)

Shotgun Willie pour changer d'image.

Son 16ème LP, l'excellent Shotgun Willie (juin 1973), ouvre de la meilleure des manières l'ère Atlantic. Dès la première écoute, il est indéniable que Willie Nelson a changé son fusil d'épaule. Ce qu'il propose s'éloigne de la country conventionnelle de Nashville et impulse un nouveau genre, plus moderne, plus frais, décontracté et libre : l'Outlaw.

Sous la houlette des producteurs Arif Mardin et Jerry Wrexler, Willie Nelson se voit accorder plus de liberté artistique. Et ça plaît aux critiques, même si dans les bacs, ce style nouveau ne bouscule pas encore les ventes au niveau national. A Austin et à Lübbock, rivales historiques de Nashville et centres névralgiques de la country Outlaw, on apprécie.

En mars 1974, Willie Nelson nous refait le coup de l'album-concept avec Phases And Stages. La formule lui sied bien, l'album est une autre référence de son catalogue. Il traite ici du divorce en se plaçant, sur une face, du point de vue de la femme, sur l'autre, de celui de l'homme.

Dans le développement de sa vision, il intercale plusieurs fois la chanson-titre récurrente, Phases And Stages, ce qui donne de la force à son oeuvre. Willie Nelson, pour une seconde fois de rang, se montre crédible ; on tient là certainement son meilleur album du moment et un très grand album-concept.

Willie, seul maître à bord...

La notoriété nouvelle de Willie lui ouvre les portes de CBS, et ce d'autant qu'Atlantic supprime, dans le même temps, sa division country. Willie a désormais toute lattitude dans son travail et il ne va pas se priver de réaliser un remarquable troisième album de suite, Red Headed Stranger (mai 1975), toujours en s'appuyant sur l'idée du disque conceptuel.

Inspiré par Tale Of The Red Headed Stranger, une chanson qu'il jouait quand il était DJ à Fort Worth, l'artiste déroule ici le thème du western et de ses héros autour de histoire d'un fugitif recherché pour le meurtre de sa femme et de son amant.

Pour mieux montrer qu'il est désormais le seul maître de son œuvre, Nelson enregistre avec son propre groupe : Paul English, Jody Payne, Bee Spears, Mickey Raphaël, Bucky Meadows et sa sœur Bobbie. Du jamais vu dans une country encore très conformiste...

La Williemania s'engage.

183ème disque de tous les temps pour le classement Rolling Stone, multiplatine, si Headed Stranger doit sa réussite à la sortie préalable de Blue Eyes Crying In The Rain, meilleur single (N°1), jamais publié par le texan, il l'installe parmi les grandes stars de la country Outlaw, ce qui lui vaut de figurer sur l'album référence du genre : Wanted ! The Outlaws (janvier 1976).

A la même époque, en pleine Williemania, sort son 19ème LP studio personnel, le mésestimé The Sound In Your Mind (février 1976) qui ne dépareille pas dans la merveilleuse série entamée avec Shotgun Willie.

Il précède un autre disque souvent éclipsé de son catalogue, The Troublemaker (septembre 1976). Ayant dans son écurie une grosse pointure du moment et d'un genre en vogue, CBS fait le forcing pour sortir un album enregistré pour Atlantic, trois ans auparavant, histoire de capitaliser sur l'artiste.

Festif, ce disque dévoile un Willie Nelson original et pratiquant un gospel-country de derrière les fagots. S'il est un échec commercial, The Troublemaker n'en demeure pas moins une oeuvre créative très agréable à écouter.

S'il est un songwriter de talent, Willie Nelson est un interprète des titres d'autrui tout aussi doué. To Lefty From Willie rend hommage à son pote qui est également une de ses influences majeures, Lefty Frizzell, lequel vient alors de s'éteindre (en juillet 1975).

Enregistré à l'époque de Red Headed Stranger (l'album qu'il faut pousser), celui qui apparaît comme le N° 21 de la discographie de Nelson, est gardé deux ans dans les cartons de CBS, avant d'être publié en juin 1977. Grand disque, il est une des plus belles collections de chansons de Frizzell jamais compilées.

10 ans dans le Billboard country.

On sera moins élogieux sur There'll Be No Teardrops Tonight (1978), intitulé d'après une chanson de Hank Williams et référant au Nelson de la période Liberty (début des 60's). Le texan a alors la tête au duo qu'il forme avec Waylon Jennings (Waylon and Willie/janvier 1978) et à Stardust (avril 1978), dont le canevas consiste à reprendre des standards de la musique populaire américaine: du Gerschwin, du Duke Ellington, du Hoagy Carmichael, du Irwing Berlin, du Jimmy McHugh...

La prise de risques est énorme, le terrain miné. Tout le monde prédit à Willie, son arrêt de mort, la fin de sa carrière, d'autant que le projet est réalisé dare-dare. En réimaginant ses 10 titres préférés dans un enrobage bien équilibré de pop, country, jazz et folk, non seulement Willie Nelson ne se plante pas, mais il donne une dimension exceptionnelle à ces standards.

La presse spécialisée se confond en éloges, les fans suivent. Stardust fait N°1 au Billboard Country et reste dans ce classement jusqu'en 1988 ! Il se classe au 30ème rang dans le Billboard 200 (pour un artiste country, c'est exceptionnel).

60 ans plus tard: toujours fidèle au poste.

L'année suivante, il obtient un grammy pour la meilleure performance vocale masculine pour Georgia On My Mind. Les singles Blue Skies et All Of Me font respectivement 1 et 3. 1978 est l'année Willie Nelson.

Les années 70 se referment avec deux autres opus remarquables : Sings Kristofferson (octobre 1979) et l'album de Noël, Pretty Paper (novembre 1979).

Les années 80 le voient intégrer le supergroupe de country, les Highwaymen (avec Johnny Cash, Waylon Jennings et Kris Kristofferson) puis faire l'acteur. Après avoir joué le rôle de Wendell dans The Electric Horseman de Sydney Pollack en 1979, il récidive l'année suivante dans Show Bus (Honeysuckie Rose/1980) de Jerry Schatzberg.

Depuis, il continue à alimenter régulièrement sa discographie. Une trentaine d'albums, sans tenir compte des collaborations (Bob Dylan, Paul Simon, Bonnie Raitt, Emmylou Harris) sont venus grossir son catalogue. Par ailleurs, ce grand défenseur de la cause cannabique n'a cessé d'assurer, au fil des décennies, des tournées aux 4 coins d'une planète sur laquelle il est toujours très populaire (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 16 - 1973

 

Willie nelson shotgun willie

 

WILLIE NELSON

SHOTGUN WILLIE – 1973  5/5

 

Publié en juin 1973.

Produit par Arif Mardin,Jerry Wexler,David Briggs.

Durée:36:16.

Label:Atlantic Records.

Genre:country,country outlaw.

 

La country s’offre un coup de jeune.

 

Instigateur avec Johnny Cash, Mickey Newbury, Waylon Jennings, Merle Haggard ou encore Kris Kristofferson, de l’Outlaw Country, genre musical dérivé de la country musique traditionnelle (le Nashville Sound), auquel il s’oppose, Willie Nelson est une indéboulonnable figure du genre.

Ce texan gratte, chante et compose si bien qu’il accumule les succès, tant en qualité d’auteur pour les autres que d’interprète pour sa pomme ; dans les années 60, il enfile les LP comme des perles (on lui en attribue plus de 100), mais hélas, sans jamais toucher le graal, sa discographie étant assez inégale.

Et ce, malgré une entame de carrière prometteuse avec le dénommé And Then I Wrote de 1962 et Country Favorites Willy Nelson Style (66) avec lequel il accroche le Billboard pour la première fois.

L’album concept Yesterday’s Wine (71) rompt avec une série de travaux sans grande signification ; il est le LP par lequel Nelson renaît à la vie après une cascade de déboires (divorce, ranch brûlé, insuccès) et après avoir salement végété.

Toutefois, frustré par les revers, il se libère de son engagement avec RCA où il était cloisonné surtout dans un costume de cow-boy chantant et quitte le milieu de la musique.

Pas pour longtemps, car il revient plus remonté comme un coucou suisse, motivé comme jamais et dans un style musical qui tranche avec ce qu’il faisait auparavant. C’est dans cette nouvelle direction (l’Outlaw Country) qu’il va s’illustrer dans les années 70.

Nouveau look, barbu, chevelu et portant bandana, le Nelson nouveau, à la voix particulière et au jeu de guitare unique, est arrivé qui prend le contrepied de la country de Nashville. Willie Nelson conquiert les cœurs américains et devient une véritable institution chez l’Oncle Sam, en se démarquant d’un genre devenu alors trop conventionnel.

Shotgun Willie (en écoute intégrale ici), signé chez Atlantic en 1973, retranscrit bien cette mutation. En 12 pièces pour 36 minutes, il prend place dans le top 5 de l’artiste avec son suivant Phases And Stages (74), Stardust (78), Red Headed Stranger (75) et Yesterday’s Wine (71).

Pour une fois, Willie a réellement les coudées franches pour mener son album et dispose de gros moyens mis à sa disposition ; en mettant à son service, le trio de la prod’ Wexler/Mardin/Briggs, ainsi que des musiciens labellisés Country, auxquels s’ajoutent quelques fidèles venus faire la pige, Atlantic contribue pour beaucoup à son épanouissement artistique.

Willie Nelson tourne ici délibérément le dos à ce qui devenait pour lui une musique de rednecks, faite par des rednecks pour des rednecks et le répertoire qui alimente ce disque « hors la loi » en atteste.

A Song For You, Stay All Night (Stay A Little Longer), Whiskey River, Shotgun Willie, Sad Songs And Waltzes, Local Memory, Bubbles In My Beer ou Devis In A Sleepin’ Bag s’inscrivent dans une nouvelle sous-catégorie de country, dans une alternative modernisée aux bornages conservateurs du Nashville Sound. L’Outlaw Country s’affiche sans complexe pour une des premières fois. Shotgun Willie en est un de ses plus dignes porte-parole.

Sept des douze titres ont été écrits par Willie Nelson qui, outre la guitare acoustique qu’il tient, chante également. Le reste est ou repris à l’idole Bob Wills et à Johnny Bush ou complété par l’apport d’un certain Leon Russell (You Look Like The Devil et A Song For You).

Le jeu collectif est solide et inspiré, tout en laid back ; la voix de Nelson s’avère une des plus belles et des plus expressives du genre : la country music, revitalisée, s’offre une seconde jeunesse. Même si ça a toussé au moment de sa sortie, c’est assurément un disque essentiel du genre dont on ne peut nier l’importance (RAZOR©).

 

Face 1.

1. Shotgun Willie.

2. Whiskey River.

3. Sad Songs and Waltzes.

4. Local Memory.

5. Slow Down Old World.

6. Stay All Night (Stay a Little Longer).

 

Face 2.

1. Devil in a Sleepin' Bag.

2. She's Not for You.

3. Bubbles in My Beer.

4. You Look Like the Devil.

5. So Much to Do.

6. A Song for You.

 

Willie Nelson:chant,guitare acoustique.

Steve Burgh:guitares.

James Clayton Day:dobro,pedal steel guitare,choeurs.

Bobbie Nelson:piano.

Mickey Raphael:harmonica.

Jeff Gutcheon:piano électrique,orgue.

Dan Spears,Hugh McDonald,Jack Barber:basse.

Paul English,Steve Mosley,George Rains:batterie.

Wayne Jackson:trompette.

Andrew Love:saxophone ténor.

James Mitchell,Willie Bridges:saxophone baryton.

Jack Hale:trombone.

Dave Bromberg:guitare électrique.

Dee Moeller,Larry Gatlin,Jessi Colter:choeurs.

Doug Sahm:guitare électrique,choeurs.

Waylon Jennings:guitare acoustique,choeurs.

Augie Meyers:guitare acoustique.

Johnny Gimble:violon.

Jimmy Day:pedal steel guitare.

Red Lane:guitare acoustique.

DISCOGRAPHIE ÈRE MODERNE.

LP Duo - 2015

 

Willie nelson merle haggard django and jimmie 2015

 

WILLIE NELSON AND MERLE HAGGARD

DJANGO AND JIMMIE – 2015  4,5/5

 

Publié en juin 2015.

Produit par Buddy Cannon.

Durée:46:44.

Label:Legacy Recordings.

Genre:country,outlaw country.

 

De la bonne musique à partager.

 

Willie Nelson et Merle Haggard à nouveau réunis 32 ans après Pancho & Lefty, sorti dans les frimas de l’hiver 1983, c’est une bonne nouvelle pour la musique country.

Bonne, en ce sens qu’elle fait taire les dernières rumeurs envoyant le premier des deux, octogénaire bien pesé (83 ans), six pieds sous terre. Bonne aussi, car associer Nelson et Haggard, de 6 ans son cadet, c’est l’assurance que la country en question s’enrichit en retour d’une œuvre de grande qualité : comme Pancho & Lefty, mais aussi comme Seashores of Old Mexico (1987) et Last Of The Breed (2005), autres théâtres de collaboration des deux doyens.

L’un comme l’autre, depuis le temps qu’ils pratiquent le genre avec brillance, ne devraient plus nous surprendre ; que nenni, ils nous étonnent encore et toujours, la preuve par Django And Jimmie, publié début juin 2015.

Django réfère au séminal guitariste de jazz manouche Django Reinhardt et Jimmie au Père de la musique Country, Jimmie Rodgers, le Blue Yodeler du début du XXème siècle. Les deux légendes vivantes rendent ainsi hommage à leurs modèles disparus et font aussi un clin d’œil, au passage, à leur pote Johnny Cash et à Dylan.

Sorti sur Sony Legacy Recordings, le disque né de cette coopération huppée, est l’un des plus attachants opus du genre de ces derniers temps, opus partagé entre nouveaux titres et reprises.

Le talent de ces deux titans de la country est intact. Les hors-la-loi texan et californien n’ont plus de temps à perdre, alors ils enregistrent Django And Willie en deux jours et 14 chansons en duo et en solo.

La musique est bonne, l’ambiance conviviale et chaleureuse, taquine, le plaisir et l’énergie sont toujours présents. Willie et Merle ont encore des choses à dire, de l’émotion à distiller. Laissons les faire, ils le font si bien (RAZOR©).

 

1. Django and Jimmie.

2. It’s All Going To Pot.

3. Unfair Weather Friend.

4. Missing Ol’ Johnny Cash.

5. Live This Long.

6. Alice in Hulaland.

7. Don’t Think Twice, It’s All Right.

8. Family Bible.

9. It’s Only Money.

10. Swinging Doors.

11. Where Dreams Come to Die.

12. Somewhere Between.

13. Driving the Herd.

14. The Only Man Wilder Than Me.

 

Bobby Bare:chant sur 4.

Eddie Bayers:batterie.

Ellie Beaird:basse.

Larry Beaird:guitare acoustique.

Wyatt Beard:choeurs.

Jim Moose Brown:piano.

Shawn Camp:guitare acoustique.

Melonie Cannon:choeurs.

Renato Caranto:saxophone.

Tony Creasman:batterie.

Dan Dugmore:steel guitare.

Kevin Grantt:basse,contrebasse.

Ben Haggard:chant.

Tony Harrell:claviers.

Jamey johnson:chant sur 2.

Mike Johnson:guitare acoustique,slide guitare,dobro,steel guitare.

Allison Krauss:choeurs.

Liana Manis:choeurs.

Catherine Styron Marx:orgue Hammond,piano.

Willie Nelson:chant.

Mickey Raphael:harmonica.

Bobby Terry:guitare acoustique,guitare électrique.

Lonnie Wilson:batterie.

 

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