Badfinger.

BIOGRAPHIE.

 

BADFINGER/Swansea (Pays de Galles)

 

Badfinger 1

 

Actif entre 1969 et 1975,1978 à 1984,réunion depuis 1984 sous Joey Molland's Badfinger et 2015 sous Bob Jackson's Badfinger.

Labels:Apple,Warner Bros,Elektra.

Genre:rock,pop-rock,power-pop.

Site:www.badfingersite.com

 

Badfinger : les nouveaux Beatles ?

Nombreux sont ceux qui, à l'époque, pressentaient un avenir radieux à Badfinger. Beaucoup voyaient même en ces gallois de Swansea les futurs Beatles. Ni plus, ni moins. Hélas, une accumulation de tragédies, de gestions foireuses et de mauvais choix ont réduit à néant tous les espoirs placés en cette formation de power-pop dont le parcours s'inscrit dès le début des 60's quand le groupe évolue encore sous The Panthers.

Le guitariste Pete Ham, Ron Griffiths, bassiste, David Jenkins (guitare) et le batteur Roy Anderson sont de cette mouture initiale évoluant dans un premier temps vers Black Velvets, puis Wild Ones et enfin The Iveys, nom hérité d'une rue de Swansea et référant simultanément à une chanson alors reprise par les Hollies (Poison Ivy/1964), puis vers Badfinger.

Mike Gibbins, 15 ans, en devient alors le batteur permanent tandis que Bill Collins prend la gestion du groupe à son compte et les installe dans une maison de Park Avenue à Londres où le groupe, habitué à ouvrir pour les stars du moment (Who, Moody Blues, Yardbirds, Spencer Davis Group...) avec un répertoire pop psychédélique, soul et blues, travaille sur ses propres compositions.

Le premier à rejoindre le label à la pomme.

En 1966, Dai Jenkins est remplacé par Tommy Evans, venu tout droit de Liverpool. Les Iveys sont repérés par le label Apple Records nouvellement créé par les Beatles (avril 1968), après que Decca, Pye et CBS aient préalablement tenté de les signer.

Ce partenariat est facilité par l'opiniâtre Mal Evans, proche des Beatles (roadie), qui précipite le contact entre les Iveys et les Scarabées, mais surtout qui convainc les Fab Four de prêter une oreille attentive à ce quatuor. Badfinger (qui n'est pas encore Badfinger à ce moment précis) devient ainsi le premier groupe à apparaître sur le prestigieux label à la pomme. Il sort un premier single, Maybe Tomorrow, qui rencontre le succès en Europe et au Japon mais qui ne perce pas en Grande-Bretagne, voire fait à peine mieux aux USA.

Badfinger the iveysThe Iveys,précurseur de Badfinger.

Badfinger 2Badfinger.

Badfinger peter hamPeter Ham,mémorable songwriter.

Badfinger joey mollandsJoey Molland,le dépositaire du nom aujourd'hui.

Badfinger tom evansTom Evans se suicide 8 ans après Peter Ham.

Des Iveys à Badfinger.

Maybe Tomorrow donne son nom au seul LP crédité aux Iveys (1969). Produit par Tony Visconti, le producteur historique de David Bowie et par Evans pour certaines sessions, ce disque bâclé, mal travaillé, bizarrement distribué (Allemagne, Italie, Japon, mais pas au Royaume-Uni et aux USA), réapparu quand Badfinger devient populaire, réunit des enregistrements pop-rock en studio réalisés pendant l'année en cours ; ceux-ci sont assez éloignés du son que l'on connaît de Badfinger. Retravaillées et bonifiées, certaines pistes de Maybe Tomorrow apparaissent sur le LP ouvrant le catalogue de Badfinger, à savoir Magic Christian Music (1970).

Le peu de soutien apporté par Apple ne désarme pas pour autant les membres des Iveys lesquels continuent à travailler sur de nouvelles chansons, même si, pour eux, c'est la frustration, la déception et le sentiment d'être manipulés par le label qui dominent. Ils le font savoir dans une interview qui n'échappe pas à Paul McCartney ; celui-ci leur offre sur un plateau une de ses démos, Come And Get It, écrite pour la B.O de la comédie The Magic Christian (décembre 1969), album insrit au 55ème rang du Billboard. A charge pour les jeunes pousses de la restituer sur le schéma dicté par Paulo et de changer de nom. Dont acte.

Les Iveys, appellation trop commune dans le concert musical du moment, mutent en Badfinger, référant à un des morceaux du tandem Lennon/MacCartney, Bad Finger Boogie, premier titre porté par With The Little Help From My Friends, du fait que Lennon joue alors la mélodie au piano avec un doigt cassé.

Dans le même temps et au regard des tensions qui poignent en interne, Griffiths est écarté au profit de Joey Molland (Gary Walker & The Rain, Masterminds et The Fruit-Eating Bears). Pete Ham, Mike Gibbins, Tom Evans et Joey Molland constituent alors le line-up qui va porter haut le nom de Badfinger.

Le planétaire Without You.

Come And Get It, publié à cheval entre fin 69 et début 70 pour satisfaire les marchés britannique et américain, s'écoule à plus d'un million d'exemplaires et fait top 10, en s'installant respectivement à la 4ème place sur ses terres et à la 7ème Outre-Atlantique.

Le convaincant Magic Christian Music appelle une suite discographique et elle s'appelle No Dice, deuxième LP de Badfinger pour Apple, publié en novembre 1970. Ce disque réussi va faire beaucoup pour la popularité du groupe à l'international en raison de la présence en son sein de deux titres majeurs, No Matter What (top 10 un peu partout) et surtout, le mémorable Without You qui, porté par Harry Nilsson en 72, fait N°1 du Billboard et prend place parmi les plus grandes chansons du rock.

Couvert par plus de 180 artistes, Without You est le jackpot de Badfinger tandis que No Dice, produit par Geoff Emerick, s'avère être un incontournable du catalogue des gallois.

Straight Up, la référence studio.

Le meilleur est toutefois à venir avec Straight Up, tombé dans les bacs américains (mi décembre 1971) avant ceux britanniques (février 1972). Pourtant s'il est un disque qui s'est fait dézingué par la critique à sa sortie, c'est bien celui-ci, alternance de rock, de pop et de ballades. Badfinger, sous la houlette de Todd Rundgren, sonne comme jamais et affiche une forme exceptionnelle, tant dans l'écriture que dans l'interprétation.

Porté par Day After Day, meilleur performance américaine des gallois (4 au Billboard, 10 au Royaume-Uni) et Baby Blue, tous deux écrits par Peter Ham, Straight Up reste encore aujourd'hui un joyau du power-pop. Malheureusement cet élan favorable ne dure pas, sans qu'il faille en faire le moindre grief aux acteurs ; la dégradation de la situation a pour nom Stan Polley, gestionnaire parmi les plus tordus du rock, proche du milieu du crime organisé new yorkais.

Pollués par Polley.

En avril 1970, en s'acoquinant avec ce manager véreux, Badfinger laisse entrer le loup dans la bergerie. Fondateur de Badfinger Enterprises Inc., Polley fomente un montage qui fait de lui le seul maître à bord, spoliant dans le dos des musiciens ayant placé leur confiance et leur destinée entre ses mains. La cerise sur le gateau, c'est le contrat signé en 1972 avec Warner Bros Records, repreneur de Badfinger à l'amorce de la faillite d'Apple.

L'organisation de Polley prévoit alors de placer les royalties et autres recettes dans des sociétés détenues par l'escroc, pour soit-disant protéger Ham et les siens du besoin, voire pour leur assurer des avances de fonds et leur permettre de vivre décemment. En fait, il n'en est rien et Polley détourne l'argent à son seul profit.

Dans ce contexte trouble et de fin de cycle pour Apple, Ass tarde à sortir en novembre 1973 (USA) et en mars 1974 (UK), après que les premières sessions d'enregistrement aient débuté en 1972. La couverture de l'album est révélatrice des sentiments animant les membres floués de Badfinger : un âne et une carotte. Tout est dit. Ass n'est pas mémorable.

Badfinger joey molland portrait

« Nous avons fait 5 ou 6 tournées, soit environ 600 dates en quatre ans et on n'a jamais eu d'argent. Nous avons signé un contrat de 3 millions de dollars avec Warner Bros, fin 1971 ; nous avons touché à ce jour, à titre d'avance, 600.000 dollars. Tout est parti entre les mains du manager. Je ne pouvais même pas acheter un magnéto ! Peter Ham aurait dû être multimillionnaire avec les grands succès internationaux qu'ils a écrits. Au lieu de ça, nous avons été poursuivis et avons touché, dans les meilleurs mois, 1250 dollars de salaire. Badfinger n'a pas été soutenu, ni pu prendre la moindre direction. » (Joey Molland)

Badfinger ne touche plus sa cible...

Entre plaintes et suspicion permanente, la période Warner (1973/75) s'avère compliquée, les problèmes de gestion, relationnels et judiciaires, reléguant au second plan l'aspect musical. Badfinger ouvre ce nouveau chapitre sur une base que Polley a fixée contractuellement à deux LP par an sur trois années. Le premier des deux opus pour ce label est éponyme et publié au début de l'année 1974.

5ème volume du catalogue, Badfinger, initialement prévu pour porter le titre ironique de For Love Or Money au regard du passage d'Apple à Warner, voit sa sortie décalée pour ne pas doublonner avec Ass. Moins brillant, moyen même, ce LP, égratigné au passage par Rolling Stone Magazine, se classe 161 chez l'Oncle Sam où il conserve un semblant de crédibilité, une once de popularité. Badfinger n'a plus le vent en poupe et même ses morceaux-phares, Love Is Easy et I Miss You ne touchent plus leur cible.

mais relève la tête.

Le très bon Wish You Were Here (novembre 1974/Warner Bros) permet à Badfinger de reprendre du poil de la bête artistiquement. Hélas, pas financièrement, car submergé par les ennuis d'argent, les litiges, le quatuor ne profite pas commercialement de cet élan favorable et de cette renaissance. Ces contretemps permanents conduise Peter Ham, un des plus grands songwriters de power-pop, à quitter Badfinger et à commettre l'irréparable. Démotivé depuis les problèmes avec Polley, écoeuré même, il se suicide en se pendant dans son garage, non sans avoir laissé une lettre dans laquelle il montre du doigt l'escroc par lequel tout est arrivé.

Le temps des ennuis et des drames.

La tournée américaine qui suit Wish You Were Here se fait encore avec Ham et Bob Jackson pressenti pour prendre le relais. Pour la première fois, Badfinger opère à 5, mais sur la route seulement. Au terme de cette tournée stoppée par des impératifs judiciaires au bout de 7 semaines, Molland quitte Badfinger. Le troisième LP pour Warner, déjà planifié et bien avancé (enregistré en décembre 74), ne voit pas le jour. Head First (7ème LP) sortira finalement en novembre 2000 et réunit Ham, Evans, Gibbins et Jackson.

Une action en justice scelle le sort des gallois ruinés, salis, trahis, dans des situations personnelles désastreuses et influe sur la décision fatale prise par un Ham dépressif, le 24 avril 1975. Le groupe splitte dans le mouvement et chacun des membres, sans le sou, tente de rebondir comme il le peut.

Molland et Evans se retrouvent au printemps de 1977 autour d'un nouveau projet, avec un guitariste du nom de Joe Tansin et un batteur originaire de Chicago, Kenny Harck, grand fan de Badfinger. Cette réunion conduit à la réactivation du nom de Badfinger et mène vers un huitième album, Airwaves (1979/Elektra), réalisé avec des musiciens de session. Il ne répond pas vraiment aux espoirs suscités et pousse Tansin vers la sortie tandis qu'Elektra ne prolonge pas l'aventure.

Harck et Tansin ne sont pas de la tournée de promotion d'Airwaves, remplacés par Tony Kaye et Peter Clarke. Ce dernier ne fait pas long feu, il est écarté au profit de Richard Bryans tandis que Glenn Sherba entre comme deuxième guitariste. C'est ce line-up Molland/Evans/Sherba/Bryans/Kaye que l'on retrouve au rendez-vous du dernier album studio du groupe : le pitoyable Say No More (1981), plus rock et enregistré à Miami.

14 millions d'albums vendus.

Rattrapé par son passé, Badfinger se déchire sur fonds de droits d'auteur qu'Evans serait supposé toucher et dont Molland et Gibbins, revenu aux affaires, sont privés. Ces luttes intestines amènent Evans à se suicider, 8 ans après Ham (le 19 novembre 1983). C'en est définitivement terminé de Badfinger, symbole du power-pop.

Une mouture emmenée par Molland et Gibbins tente bien de relancer la mécanique en 1986. En vain. Les derniers espoirs de l'éventuelle réunion se tramant alors avec Ron Griffiths, bassiste d'origine des Iveys, s'envolent irrémédiablement avec la mort de Gibbins en octobre 2005. Cette disparition signe la fin de Badfinger, 14 millions d'albums vendus dans le monde, pressenti par la presse musicale du moment pour devenir les nouveaux Beatles. Joey Molland, seul survivant, doit se sentir bien seul aujourd'hui (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 3 - 1972

 

Badfinger straight up 72

 

BADFINGER

STRAIGHT UP – 1972  4,5/5

 

Publié en décembre 1971 (UK),en févier 1972 (USA).

Produit par Todd Rundgren,George Harrison.

Durée:42:11.

Label:Apple.

Genre:power-pop.

 

Dans la lignée des Beatles.

 

Ceux qui affectionnent la pop musique applaudiront des deux mains les gallois de Badfinger, entité fondée au milieu des années 60 alors qu’elle s’appelle encore The Iveys (un album en 69, Maybe Tomorrow), avant de prendre son nom définitif en 1970.

Le chanteur-guitariste-claviériste William Peter Ham de Swansea en est l’instigateur, rejoint par son compatriote Mike Gibbins, batteur, puis par le liverpuldien (Liverpool) Tom Evans (chant et guitare), le bassiste Joey Molland (basse) remplaçant un Ron Griffiths qui préfère convoler en justes noces, quand le groupe devient Badfinger.

Cette formation ne laisse pas insensibles les Beatles (et les Kinks), et plus particulièrement George Harrison, qui les prend sous son aile sur le label Apple. Juste retour des choses, on les retrouve sur All Things Must Pass et sur le concert pour le Bangladesh d’Harrison ; ils prennent part également à certaines sessions d’Imagine de Lennon.

Après quelques singles et un premier LP qui passent plutôt inaperçus, le bon No Dice de 1970 (28 au States) décante la situation, mais c’est Straight Up (en écoute intégrale ici) de 72 qui a mes faveurs. Ce troisième disque du catalogue est la traduction d’une formation alors au sommet de son art.

C’est l’album référence des gallois, un des meilleurs combos pop de son époque que la tragédie n’épargnera pas avec le double suicide par pendaison de Pete Ham (1975) et de Tom Evans (1983).

Produit initialement par George Harrison, contraint de passer la main à Todd Rundgren (qui réalise le mixage final) en raison de son emploi du temps overbooké, Straight Up, alternance de rock, et de ballades pop, est boosté par des morceaux comme Baby Blue, Day After Day, Perfection, Name Of The Game, Sometimes, Money, Flying ou Sweet Tuesday Morning.

Il devient rapidement populaire auprès du public, s’affichant avec le temps comme un album clé du genre, tandis que la critique ne l’épargne pas qui le juge moins bon que son prédécesseur. Pour moi, c’est une belle réussite qui boxe dans la même catégorie que les Beatles. Badfinger fut vraiment bon, il faut s’en souvenir (RAZOR©).

 

Face 1.

1. Take It All.

2. Baby Blue.

3. Money.

4. Flying.

5. I’d Die Babe.

6. Name Of The Game.

 

Face 2.

7. Suitcase.

8. Sweet Tuesday Morning.

9. Day After Day.

10. Sometimes.

11. Perfection.

12. It’s Over.

 

Pete Ham:guitare,piano,chant.

Tom Evans:basse,chant.

Joey Molland:guitare,chant.

Mike Gibbins:batterie.

George Harrison:slide guitare sur 9.

Leon Russell:piano sur 9,guitare sur 7.

Bobby Diebold:basse sur 7.

Klaus Voorman:piano électrique sur 7.

Bill Collins:accordéon sur 8.

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