Emitt Rhodes.

BIOGRAPHIE.

 

EMITT RHODES/Los Angeles (Californie)

 

Emitt rhodes

 

Né le 25 février 1950 à Decatur (Illinois).

Actif entre 1962 et 1973.

Label:A&M,Dunhill.

Label:pop,pop baroque,power pop,pop-rock.

Site officiel:emittrhodesmusic.net

 

Des Emerals à Merry-Go-Round.

Batteur des Emerals, formation aux chemises bowling vertes floquées au nom de chaque musicien, puis de Palace Guard, groupes de la scène californienne du milieu des années 60, puis, atteint par la Beatlemania, à la tête de Merry-Go-Round en 1966 où il lâche la batterie pour la guitare, Emitt Rhodes est encore un blanc bec quand il pousse la porte des studios A &M pour y enregistrer une démo, Live pour ne pas la nommer, chanson étonnamment mature et sophistiquée qui fait son petit effet dans le landerneau angelin du moment (1967).

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Inspiré par la british beat et par Lennon et McCartney, influencé aussi par les Byrds, Rhodes signe 10 des 12 titres du premier LP de Merry-Go-Round qui naît du succès du single lancé en éclaireur. Les retombées critiques flatteuses de son travail éveillent de nouvelles et grandes ambitions en lui.

Obnubilé par le son et la technique, doué pour l’écriture, multi-instrumentiste, il en veut plus et passe beaucoup de son temps en studio à rechercher le meilleur, d’autant que la vie sous Merry-Go-Round, sous des abords apaisés, peine à masquer des tensions internes regrettables au regard de ce que cet excellent groupe aurait pu produire un moment encore. Emitt Rhodes dissout Merry-Go-Round en 1969, décision regrettable d’autant qu’un deuxième album était en projet.

Un alchimiste exceptionnel.

Cet album, c’est seul que Rhodes le réalise et pour ABC/Dunhill. Tout ce qu’il y a de seul. Eponyme, le californien, dans un registre pop fortement imprégné de l’influence héritée de ses idoles anglaises, signe tous les titres et il y en a 12. Ecriture, instrumentation, chant, production, un peu à la manière du Géo Trouvetout de Picsou, il relève le défi de tout assurer seul avec un métronome, un Ampex 4 pistes, deux micros, un ampli et des enceintes.

Avec les moyens du bord qui plus est, dans un studio conçu par lui-même, histoire d’avoir le contrôle sur toute sa vision de la musique. Mieux, son alchimie simple mais pas simpliste, émouvante et sans prétention, s’avère à la hauteur de ses références musicales et techniques, au point que la critique tombe littéralement sous le charme de cet artiste exceptionnellement expert, qui s’offre par ailleurs l’honneur de placer son œuvre à une très honorable vingt neuvième place du top 40.

Malgré cette merveille de pop qui en fit alors un des plus grands artistes de la scène musicale américaine, en dépit d’un statut de LP culte des années 70,  le nom d’Emitt Rhodes est resté désespérément méconnu. Hélas, les autres disques qui suivent ne pourront rien pour le sortir de l’anonymat.

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« J’ai travaillé vraiment très dur, mais je n’ai pas été récompensé. » (Emitt Rhodes)

Emitt Rhodes rentre dans le rang.

Rattrapé par son passé de Merry-Go-Round, Emitt Rhodes était encore redevable d’un album à A &M Records. Le label flaire le coup juteux et espère capitaliser sur la notoriété naissante de Rhodes. Ce dernier  retourne donc en studio, mais, cette fois-ci, avec des musiciens de sessions, y enregistre quelques titres qu’il complète par des démos dépoussiérées et inachevées du groupe. Ni vu, ni connu, the American Dream paraît comme album solo de l’artiste, et ce, malgré son désaccord. Il ne fait absolument rien pour l’image de marque de Rhodes, sinon de tuer le mythe autour de lui et de son œuvre.

Mirror (1971) et Farewell To Paradise (1973), malgré leur qualité et leur intérêt ne parviennent pas à contrebalancer la mauvaise publicité faite autour de The American Dream ; Emitt Rhodes rentre dans le rang et se lance dans l’enregistrement pour d’autres, après un passage comme ingénieur chez Elektra. De temps à autre, mais de plus en plus souvent ces dernières années, il réapparait  avec quelques titres sous le bras. Ce premier One-Man Band de la pop aurait-il une idée derrière la tête ? (RAZOR©)

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1970

 

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EMITT RHODES

EMITT RHODES – 1970  5/5

 

Publié en 1970.

Produit par Emitt Rhodes,Harvey Bruce.

Durée:31:09.

Label:Dunhill Records.

Genre:power pop,pop-rock,pop baroque.

 

Le géo Trouvetou du rock.

 

Le nom d’Emitt Rhodes ne vous dit peut-être rien et cela n’est pas surprenant en soi. Mais ce serait une belle erreur de votre part de persister à l’ignorer tant cet illinoisan de Decatur, ville natale d’Abraham Lincoln, gagne à être connu. Ce Géo Trouvetou du rock a pondu quatre albums entre 1970 et 1973 qui sont quasiment tous passés inaperçus, en dépit d’une indéniable qualité.

Ancien membre des angelins de Merry-Go-Round (un LP éponyme en 1967), il profite de tensions avec son groupe et A & M, pour se lancer dans une aventure discographique  en solitaire (Dunhill), pour le moins originale. En faisant allusion à Gyro Gearloose, alias Géo Trouvetou, ce canard de fiction créé par Carl Barks et gravitant dans l’environnement de Donald et de l’Oncle Picsou, c’est à la franche débrouillardise et à la belle inventivité de Rhodes auxquelles je fais référence.

Imaginez-vous que ce garçon de 19/20 ans va faire seul ce que réalise généralement une flopée de techniciens et de musiciens. Le message est on-ne-peut-plus-clair : puisque personne n’en veut, je vais le faire moi-même. Il a en réserve quelques titres signés de sa main et qui n’ont pas trouvé preneur, travaille parallèlement sur d’autres compositions, assure la malingre instrumentation seul, passant de la guitare au piano, du piano à la batterie, s’enregistre sur un modeste quatre pistes, son Filament (Little Helper, le petit robot en forme de tête d’ampoule indissociable de Géo Trouvetou) à lui, puis passe au 8 pistes pour les besoins du chant.

De bricolage en bidouillage, Emitt Rhodes, depuis un home studio improvisé chez lui, donne vie à une première esquisse qui, cette fois-ci, trouve un intérêt du côté de chez de Dunhill Records, lequel parachève un travail éponyme (1970) qui va s’offrir une belle destinée auprès de la presse et du public, en atteignant une belle place de 29 au Billboard.

Toujours est-il que l’analyse qui en est rapidement faite accorde une filiation avérée avec Paulo le Scarabée, alors en phase terminal côté Fab Four et qui entame une reconversion en solo. La similitude avec McCa est frappante, mais encore faut-il que la matière suive.

Elle suit. Entre ses mélodies imparables et saisissantes, son esprit accapareur, ses arrangements pop savoureux, sa voix similaire à l’auteur de Yesterday, Emitt Rhodes synthétise en une trentaine de minutes le groupe anglais à lui tout seul. L’exploit n’est pas peu mince.

Lullaby, Fresh As A Daisy, Live Till You Die, Ever Find Yourself Running, With My Face On The Floor, Somebody Made For Me… il a tout pour revendiquer le statut de cinquième Beatles, notre Géo Trouvetou (RAZOR©)

 

1. With My Face on the Floor.

2. Somebody Made for Me.

3. She's Such a Beauty.

4. Long Time No See.

5. Lullaby.

6. Fresh as a Daisy.

7. Live Till You Die.

8. Promises I've Made.

9. You Take the Dark out of the Night.

10. You Should Be Ashamed.

11. Ever Find Yourself Running.

12. You Must Have.

 

Emitt Rhodes:guitare,piano,batterie,chant.

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