Scott McKenzie.

BIOGRAPHIE.

 

SCOTT MCKENZIE/Jacksonville (Floride – USA)

 

Scoomckenzie intro

 

Né Philip Wallach Blondheim, le 10 janvier 1939 à Jacksonville, décédé le 18 août 2012 à Los Angeles (Californie).

Actif de la fin des 50's à 2012.

Label:Ode Records.

Genre:pop,pop psychédélique.

 

L'incarnation même de l'imaginaire des 60's.

Entre 2010 et l'été 2012, il fait régulièrement l'aller-retour entre le domicile familial et l'hosto. Son état de santé s'aggrave de jour en jour, au point que ses proches, très inquiets, redoutent le pire. La maladie qui affecte de plus en plus son cerveau, le syndrôme de Guillain-Barré, a finalement raison de lui, le 18 août 2012.

Auteur de San Francisco (Be Sure To Wear Some Flowers In Your Hair), tube de l'année du Summer Of Love (1967) et son seul véritable succès, le « pape des hippies », qui a préalablement dû renoncer à sa carrière à cause de cette affection du système nerveux, s'éteint alors à l'âge de 73 ans.

Avec la mort de Philip Wallach Blondheim, plus connu sous le nom de Scott McKenzie, les ultimes partisans du Peace And Love perdent un des derniers symboles du mouvement hippie, des opposants à la guerre du Vietnam et du pouvoir des fleurs ; ces dernières, que son interprète suggérait de porter dans les cheveux, sont aujourd'hui définitivement fanées...

Scott mckenzie 67L'incarnation de l'imaginaire des 60's.

Scott mckenzie abstractsD'abord Abstracts...

Scott mckenzie smoothies...puis Smoothies...

Scott mckenzie journeymen... et Journeymen...

Scottmckenzie mamas...il aurait pu devenir un Mamas & Papas.

Scott mckenzie san franciscoDans la mémoire collective avec un titre...

Dans la mémoire collective avec un seul titre.

Homme d'un seul morceau mais dont le nom est désormais inscrit en lettre d'or au fronton des 60's et le titre ancré à jamais dans la mémoire collective, Scott McKenzie est originaire de Floride, carrément à l'opposé de la Californie et du San Francisco qui l'a sacralisé. De Jacksonville, plus précisément, une des deux places fortes du rock sudiste (avec Macon) que Lynyrd Skynyrd a popularisée.

Né en 1939, Philip passe son enfance et une partie de sa jeunesse en Caroline du Nord, puis en Virginie où sa famille a déménagé. Durant son adolescence, il se lie d'amitié avec un certain John Phillips, dont sa mère connaît les parents.

Cette rencontre sera déterminante dans sa carrière puisque le leader des Mamas & Papas n'est ni plus, ni moins, que l'auteur du titre pour lequel Scott McKenzie est passé à la postérité.

Des Singing Strings aux Journeymen.

Ses premiers pas dans la musique, le jeune Blondheim les fait à la fin des 50's quand il intègre le premier groupe de Tim Rose, The Singing Strings ; puis, il retrouve John Phillips dans un quatuor de doo-wop qui comprend aussi Mike Boran et Bill Cleary.

Ces derniers, les Abstracts, déménagés à New York où se situe l'épicentre de la scène folk (Greenwich Village), mutent alors en Smoothies qui enregistrent deux singles, Softly/Joannie et Ride Ride Ride/Lonely Boy And Pretty Girl sortis pour le label Decca Records et arrangés par John Phillips. Philip Blondheim devient alors Scott McKenzie au début des 60's.

John Phillips et Scott McKenzie deviennent des acteurs réguliers et remarqués de la scène de Greenwich. Le duo se rapproche de Dick Weissman, banjoïste et songwriter, et forme The Journeymen (1961).

Le trio folk a ses quartiers au Gerde's dont il est, pendant presque 6 mois, le groupe résident. Il est alors une des formations les plus prometteuses de la place de Manhattan et du moment, au point de partager souvent l'affiche avec Bob Dylan ou Lightnin' Hopkins.

Son potentiel vocal et instrumental attire l'attention des labels et de Capitol notamment qui, par l'entremise de Frank Werber, manager des Journeymen (et du Kingston Trio), signe le groupe.

Cet engagement amène à l'enregistrement d'un excellent premier LP, éponyme, suivi d'un live Coming Attraction : Live ! (enregistré en juin 1962 au Padded Cell de Minneapolis).

La discographie 60's des Journeymen s'enrichit l'année suivante d'un 3ème album (2ème studio), New Directions In Folk Music (1963) et entre 61 et 63, d'une petite poignée de singles : 500 Miles/River She Come Down, Soft Blow The Summer Winds/Kumbaya, Hush Now Sally/Don't Turn Around et Ja-Da/Kumbaya. Le groupe fait alors plusieurs apparitions sur la TV américaine, notamment dans la célèbre émission de Jacky Linkletter, Hootenanny.

Quand Scott refuse les Mamas...

Si les Journeymen préfigurent l'orientation que John prendra avec les Mamas, pour Scott, les premiers problèmes de santé mentale s'annoncent ; sa relation amicale avec son pote d'enfance devient tendue, entrave la poursuite de l'expérience Journeymen, et ce, d'autant que Scott veut désormais chanter seul. Le trio se dissout au début de l'année 1964.

L'amitié étant finalement plus forte que tout, Phillips, devenu californien, tente d'attirer McKenzie dans le projet Mamas & Papas. Si ce dernier refuse cette belle opportunité, il n'en rejoint pas moins Los Angeles pour poursuivre sa carrière.

Scott n'est pas sûr de pouvoir supporter la pression populaire que subissent les Mamas et a dans l'idée de tenter de s'en sortir par lui-même. Il signe avec Lou Adler, producteur de 4 des 5 LP des Mamas, qui vient de revendre Dunhill à ABC pour fonder Ode Records (Carole King, Spirit, Johnny Rivers...) et recroise, du même coup, la route de John Phillips.

...mais pas San Francisco...

Ce dernier lui soumet le projet gigantesque et un peu fou dans lequel il est partie prenante avec Lou Adler, un jeune promoteur de concerts, Alan Pariser, et l'attaché de presse alors en vogue en Californie, Derek Taylor : organiser un festival musical pop.

Le projet serait fixé du 16 au 18 juin 1967 dans la petite ville de Monterey, à 150 kilomètres au sud de San Francisco. Et ça, deux ans avant Woodstock ! Compte tenu que les Beatles ne tournent plus, que les Stones ont des ennuis judiciaires en Angleterre et ne peuvent quitter le territoire, que Dylan est en convalescence après son accident de moto, que les Beach Boys se font tirer l'oreille, les Mamas sont une des rares stars du moment (avec les Byrds et Simon & Garfunkel) à pouvoir assurer la tête d'affiche du projet. D'où le contact pris avec John Phillips, son maître-penseur.

Dans ce cadre, ce dernier écrit une chanson pop psychédélique, San Francisco (Be Sure To Wear Some Flowers In Your Hair), pour promouvoir le festival. Il a en tête que ce soit son ami McKenzie qui l'interprète.

devenu un hymne emblématique.

Enregistré au printemps 67, le titre en question, sorti en mai (le 13) de cette même année, connaît un succès immédiat et devient tout aussi vite l'hymne emblématique de la musique de la contre-culture américaine des 60's, d'autant que l'événement fait l'objet d'un film (D.A. Pennebaker).

Disque des 60's parmi les plus vendus au monde, San Francisco fait 4 au Billboard et N°1 au Royaume-Uni, en Irlande, en Allemagne (dans quasiment toute l'Europe), en Nouvelle-Zélande. En France, Johnny Hallyday en fait également une adaptation.

Scottmckenzie portrait

« Un jour, j'ai lu une interview d'un vétéran du Vietnam qui disait que, pour les soldats américains stationnés là-bas à cette époque, San Francisco était une chanson poignante car beaucoup de soldats venaient de Frisco et n'avaient qu'une hâte : y revenir au plus vite. Cette chanson, en pleine situation conflictuelle, leur a donné de l'espoir. Rien que pour ça, elle est une des meilleures chansons jamais écrites. » (Scott McKenzie)

Dans la foulée de cette ballade gagnante, Scott McKenzie publie un premier LP, The Voice Of Scott McKenzie (1967), duquel est extrait Like An Old Time More, single au succès plus modeste. Sa discographie studio se complète, en 1970, de Stained Glass Morning. Aucun des deux albums n'est vraiment significatif.

Scott McKenzie rentre progressivement dans le rang et ne fait plus parler de lui jusqu'à la fin de la décennie. Il n'enregistre plus rien après son second opus mais ne reste pas inactif pour autant. Il tourne beaucoup et ses concerts sont très suivis par des fans auprès desquels il reste très populaire.

Retour avec les Beach Boys.

Il revient sur le devant de la scène à la fin des 80's quand Kokomo, interprété par des Beach Boys en phase terminale, refait, 20 ans après, le coup du N°1. Scott est, avec Terry Melcher, John Phillips et Mike Love, co-signataire de ce tube tombé dans les bacs en 1988 (Elektra).

Même si la carrière de Scott McKenzie a été aussi furtive que l’Été de l'Amour, perturbée d'abord, puis interrompue définitivement par la maladie, son nom est pourtant immortalisé dans la mémoire collective et son San Francisco continue à être diffusé généreusement sur les radios internationales. Scott McKenzie incarne à lui seul l'imaginaire des 60's, il en est le symbole (RAZOR©2020).

LP Studio 1 - 1967

 

Scott mckenzie the voice of scott mckenzie 1967

 

SCOTT MCKENZIE

THE VOICE OF SCOTT MCKENZIE – 1967  3,5/5

 

Publié en 1967.

Produit par Lou Adler,John Phillips.

Durée:32:55.

Label:Ode Records (USA),CBS (UK).

Genre:pop rock,pop psychédélique.

 

Écoute agréable.

 

On a vite fait le tour de la discographie de Scott McKenzie, réduite à deux malheureux LP studio, celui qui nous intéresse ici, The Voice of Scott McKenzie, sorti en 1967, en pleine année psychédélique, et Stained Glass Morning, publié 3 ans plus tard.

Le premier LP est publié après la publication du single au succès mondial, San Francisco (Be Sure Yo Wear Flowers In Your Hair), de quoi contribuer un peu plus à assurer des rentrées d'argent à un artiste dont la popularité se limite essentiellement au coup d'éclat musical du single.

Scott McKenzie est resté dans la mémoire collective pour San Francisco mais n'était pas dépourvu d'un certain talent d'interprète comme en atteste l'opus qui ouvre son catalogue.

On ne lui prêtera pas les mêmes honneurs sur le plan du songwriting, son écot étant limité aux seuls What's The Difference Chapter 1 et 2 qui clôturent l'album ; celui-ci est, pour 9 des 11 titres, alimenté par l'écriture de John Phillips (San Francisco, Like An Old Time Movie, Twelve Thirty (Young Girls Are Coming To The Canyon), et Rooms), de Tim Hardin (Don't Make Promises, Reasons To Believe), de Donovan (Celeste), de John Sebastian (It's Not Time Now) et de Michel Polnareff (No No No No No version anglaise de la Poupée qui Fait Non).

La qualité de cet apport prestigieux fait tout l'intérêt du disque. Les chansons étant de qualité, elles prennent une dimension appréciable dans la bouche de McKenzie, sa voix se prêtant bien à ce lot.

Il résulte de cette écoute d'une grosse demie heure le plaisir de retrouver l'ambiance pop psychédélique du milieu des 60'. J'ai passé un moment très agréable ; je recommande (RAZOR©).

 

1. San Francisco (Be Sure Yo Wear Flowers In Your Hair).

2. Like An Old Time Movie.

3. Twelve Thirty (Young Girls Are Coming To The Canyon).

4. No, No, No, No, No.

5. Celeste.

6. Rooms.

7. Don't Make Promises.

8. Reasons To Believe.

9. It's Not Time Now.

10. What's The Difference Chapter 1.

11. What's The Difference Chapter 2.

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