Summerhill

BIOGRAPHIE.

 

SUMMERHILL/Los Angeles (Californie).

 

 Summerhill

 

Années actives:1968/69.

Genre:rock,psychedelic rock,pop baroque.

Label:Tetragrammaton Records.

 

Summerhill est créé en 1968 sur la scène californienne de Los Angeles. Derrière ce projet, il y a Doug Burger (claviériste), Larry Hickman (bassiste), Alan Parker (chanteur et guitariste) et Del Ramos (batteur et percussionniste). Un seul LP leur est crédité, éponyme de 1969 que produit David Briggs, l’homme qui se profile derrière Neil Young. Ce disque est enregistré aux studios Wally Heider de San Francisco pour le compte de Tetragrammaton Records, label de Bill Cosby.

En dix titres originaux, Summerhill arrive à semer le trouble dans l’esprit des auditeurs, pour ses ambiances diversifiées et parfois floues et complexes, pour ne pas se cantonner dans un registre précis mais dans des directions variées qui peuvent donner une impression d’incohérence à leur unique opus. Il n’en est rien et cette atmosphère très west coast de la fin des 60’s couvre un spectre intéressant induit par un travail de tout le collectif de Summerhill.

On passe ainsi d’un climat hendrixien à de la sunshine pop, pour rebondir sur du folk-rock psyché, du jazz, des ballades et du country-rock (Rusty Young y prête son concours à la pedal steel). Summerhill n’a pas à nourrir de complexes sur certaines pistes, pas inférieures à des productions du moment de Byrds ou Poco (The Last Day). Il faut s’y intéresser, le jeu en vaut la chandelle (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio - 1969

 

Summerhill 1969

 

SUMMERHILL

SUMMERHILL – 1969  4/5

 

Publié en 1969.

Produit par David Briggs.

Durée:29:07.

Label:Tetragrammaton Records.

 

Le pif de Briggs.

 

Derrière Summerhill se profile Dave Briggs. Ce nom évoque forcément de beaux souvenirs aux fans de Neil Young, puisqu’il a produit, hormis Harvest, Journey Through The Past et Time Fades Away (période 72/73), 18 albums du canadien entre 1968 et 1994. Egalement à la production d’artistes comme Spirit, Alice Cooper, Grin, Tom Rush ou Nils Lofgren, Briggs est réputé pour sa grande connaissance technico-artistique du métier, son style éclectique et son approche très exigeante, ses idées lumineuses. Des artistes qu’il a alors  sous sa coupe, l’homme du Wyoming tire le meilleur, les exhortant  à se surpasser à chaque instant, à mettre leurs tripes et leurs émotions sur le pupitre.

Travailler avec Briggs, c’est la garantie que le studio va vite se retrouver en pleine ébullition et l’assurance que l’ambiance n’est pas à la partie de rigolade. Donne le meilleur de toi-même ou casse toi : c’était sa devise. Summerhill a fait le choix de ce professionnel encore adulé de toute la profession près de 20 ans après sa mort. Quelque part, quand on sait que Briggs ne produit jamais de la daube, on peut être rassuré sur le seul disque de leur catalogue, l’éponyme Summerhill publié en 1969 chez Tetragrammaton Records. Ce label de Beverly Hills qui édita les premiers LP américains de Deep Purple et Two Virgins de Lennon et Yoko Ono que Capitol rejeta pour sa pochette osée, eut une brève existence à la fin des 60’s. Suite à une banqueroute, il disparaît au début des 70’s.

Summerhill est un groupe angelin (L.A), formé en 1968. Sous prétexte de sa discrétion dans le concert rock de l’époque, il est légitime de penser qu’il n’est pas digne d’un grand intérêt. Otez-vous ça de la tête. Doug Burger (claviériste), Alan Parker (chanteur et guitariste), Larry Hickman (bassiste) et Del Ramos (batteur) engagent ici toutes leurs compétences d’écriture individuelles au service du collectif et repoussent  leurs limites personnelles  pour servir un album de 10 originaux, solide, varié et à la prod’ imaginative. Si le Summerhill de 69 peine à fidéliser un public autour de son travail, en raison de l’aspect un peu dispersé et flou de son répertoire (avec 4 contributeurs, le risque était connu de partir en peu dans tous les sens), il a depuis gagné en crédibilité. Avec le recul, certaines de ses plages n’ont pas à nourrir le moindre complexe avec les valeurs sûres du moment.

Personnellement, je trouve cette collecte très généreuse et globalement plus crédible que d’autres pièces vibrant au son de la west-coast que j’ai pu écoutées par ailleurs. Il est toutefois patent et difficile de le nier, qu’en couvrant de la pop tendance Sunshine  (Soft Voice), de la pop lysergique (It’s Gonna Rain), en faisant valoir des aptitudes jazzy (What Can I Say), en montrant une propension à la pratique du folk-rock psyché (Follow Us) ou d’un psyché plus édulcoré (Friday Morning’s Paper), en maniant le rock à la Cream (Bring Me Around), en alignant du country-rock soft (The Last Day) ou en rebondissant sur quelques ballades comme le Summer Days final, le quatuor de Los Angeles ratisse large et ne fait rien pour clarifier son appartenance.

A peine a-t-on le temps de s’habituer à une facette de Summerhill, que la suivante nous amène dans une autre direction. Cette disparité peut s’avérer déroutante et porter atteinte à la cohérence de l’album, je n’en disconviens pas, mais ce qui est fait dans chaque registre n’est en aucun cas discutable ; le disque dévoile une belle variété et expertise instrumentale, renforcée ponctuellement par le soutien de collaborateurs brillants comme le débutant Rusty Young (Poco). Summerhill  fait par ailleurs montre de belles orchestrations, de riches harmonies, de voix fortes et agréables. Cet ensemble d’arguments qualitativement convergents tirent cet éponyme vers le haut et attisent tout le plaisir qui découle de croiser, une petite demi-heure, le fer avec lui. Malgré sa diversité pénalisante, mon verdict est tout à son avantage : 4. Briggs avait vu juste (RAZOR©)

 

1. Soft Voice.

2. Friday Morning's Paper.

3. Bring Me Around.

4. The Last Day.

5. Follow Us.

6. The Bird.

7. My Way (Hard For You).

8. What Can I Say?

9. It's Gonna Rain.

10. Summer Days.

 

Alan Parker:guitare,banjo,chant.

Doug Burger:claviers.

Larry Hickman:basse,banjo.

Del Ramos:batterie.

Rusty Young:pedal steel guitare.

C. Tugg,David Blumberg,Dave Briggs:claviers.

Phoote,S. Butterfly,Portebo:percussions.

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