The Mama's And The Papa's.

BIOGRAPHIE.

 

THE MAMA'S & THE PAPA'S/Los Angeles (Californie – USA)

 

Mamas 3

 

Actif entre 1965 et 1968,reformé en 1971 pour raisons contractuelles.

Labels:Dunhill Records,RCA Victor.

Genre:folk-rock,pop-rock,pop psychédélique,sunshine pop.

Site Internet:mamasandpapas.free.fr

 

Les rebelles de la british invasion.

Au milieu des 60's, une déferlante musicale s'abat sur un sol américain qui en est toujours à gérer l'après rock & roll de Presley, alors à bout de souffle. Aux États-Unis, on est, pour le coup, partagé entre le rock garage, au nord et la surf musique, sur la côte Ouest.

Dans ce contexte ambiant, les Beach Boys sont un des seuls groupes de l'Oncle Sam à tirer leur épingle du jeu et à rivaliser avec les Beatles et tous ces envahisseurs britanniques débarqués spontanément, opportunément et goulûment dans leur sillage après 1964.

Les Beach Boys, mais aussi les Byrds et les Mama's & The Papa's constituent en effet les rares rebelles américains à damer le pion aux garçons de Liverpool et à leurs compatriotes.

California Dreamin', Monday Monday...

Sur un plan purement commercial, ces trois formations US, en se positionnant comme les leaders de la vague pop/folk de l'époque et en chamboulant les charts pris d'assaut par l'envahisseur, ont vraiment empêché un raz-de-marée britannique et redonné des couleurs à la musique yankee.

Le dernier nommé, The Mama's & The Papa's, a brillamment opposé California Dreamin' (N°4 en 65) ou Monday, Monday (N°1 en 66), pour calmer les ardeurs venues de l'autre côté de l'Atlantique.

Entrés dans la légende depuis, on ne mesure pas toujours très bien le rôle majeur de ses deux plus grands faits d'armes planétaires et du collectif derrière cette fronde salvatrice, dont Michelle Phillips est la seule survivante.

Mamas john phillipsJohn Phillips, initiateur des Mama's.

Mamas michelle et cassLes Mama's Michelle et Cass.

Mamas introLes rebelles de la british invasion.

Mamas california dreaminCalifornia Dreamin', hit de l'année 66...

Mamas monday...tout comme Monday Monday.

John Phillips, la pièce-maîtresse.

On ne peut raisonnablement pas parler des Mama's, comme on dit généralement, sans évoquer John Phillips, le mari de Michelle, qui a été la cheville ouvrière du groupe et en même temps son initiateur.

Ce fils d'officier de marine, né en 1935 en Caroline du Sud, est à la base d'une histoire qui prend racine sur la scène de Greenwich Village, terreau du renouveau de la musique folk, où il a fait ses premiers pas dans l'industrie de la musique.

Entamé au début des 60's par une formation de jazz, The Abstracts (avec Scott McKenzie pour lequel Phillips écrit le planétaire San Francisco, et Dick Weissman), devenue The Smoothies, puis The Journeymen (1961/64), le parcours de Phillips à Manhattan l'amène à croiser la route de Michelle Gilliam.

En tournée avec les Journeymen à San Francisco, ce dernier,alors marié à Suzy Adams (deux enfants) et âgé de 25 ans fait la rencontre de la jolie blonde de 9 ans ans sa cadette. John divorce de sa première femme et épouse Michelle le 31 décembre 1962.

Objectif : contrer les britanniques.

Après avoir mis un terme aux Journeymen (3 LP) au début de 1964, John Phillips, exaspéré par l'invasion britannique rendant désuète le genre qu'il pratique, rebondit sur les New Journeymen, un trio constitué avec le banjoïste Marshall Brickman, venu des Tarriers et avec son épouse Michelle. Il réfléchit alors à la voix à suivre pour contrer les britanniques...

Brickman parti (1965), Phillips récupère Denny Doherty (The Halifax Three), chanteur et guitariste. Celui-ci est un proche de Cass Elliot, alias Mama Cass, qu'il connaît depuis 1963 et le Big 3 et aux côtés de laquelle il évolue depuis au sein des Mugwumps (avec John Sebastian et Zal Yanovsky).

Quand les Mugwumps mettent un terme à leur association pour des raisons financières, Doherty convainc Elliot de se rapprocher du projet de Phillips, même si ce dernier ne se montre pas alors très chaud, tandis que Sebastian et Yanovsky partent fonder Lovin' Spoonful.

L'entreprise en question évolue d'abord sous l'identité de Magic Circle, mouture encore embryonnaire. Ce n'est qu'après avoir travaillé comme il se doit ses harmonies vocales, finalisé l'accord de la voix de contralto de Cass avec celles des autres membres et ciselé certaines de ses chansons que le projet va accoucher du légendaire The Mama's & The Papa's. Mama's comme Cass et Michelle, les Papa's étant John et Denny.

Lou Adler sous le charme.

Grâce à Barry McGuire, une vieille connaissance de John Phillips datant de l'époque Greenwich Village et artiste-vedette (Eve Of Destruction) de la maison Dunhill Records, ceux qui ne sont encore que les Magic Circle rencontrent le producteur et co-propriétaire du label, Lou Adler.

Invitée à prendre part à l'enregistrement du deuxième LP de McGuire (This Precious Time/fin1965), la bande à Phillips tape dans l’œil d'Adler, impressionné par les magnifiques harmonies vocales et les délicieuses chansons qu'il entend à l'occasion de ces sessions, plus particulièrement par California Dreamin' que McGuire a emprunté pour les besoins de cet album.

Un accord de partenariat s'ensuit : Magic Circle mute en The Mama's And The Papa's ; en septembre 65, ils deviennent également des artistes Dunhill.

Pour Lou Adler, producteur de Johnny Rivers (auteur de l'épique John Lee Hooker), le titre de Phillips enregistré par McGuire affiche un gros potentiel commercial.

California Dreamin', Monterey...

Il faut en faire une version estampillée Mamas. California Dreamin' sort à la fin de l'année 1965 et atteint la 4ème place du Billboard (23 au Royaume-Uni) quelques semaines plus tard. La carrière des Mama's, influencés par les Beatles et par leurs mélodies pop, est lancée. Ils s'installent à Los Angeles.

Ce premier succès est écrit, en fait, par les époux Phillips du temps où ils arpentent encore les rues de Greenwich. Cette magnifique chanson traduit le mal du pays ressenti par Michelle et symbolise également tout l'attrait exercé par la Californie sur la jeunesse américaine ; elle se classe au 4ème rang des charts US et fait 23 au Royaume-Uni.

Avec ce titre, la bande à John Phillips ouvre la voie aux ballades à succès qui vont être la caractéristique des Mama's And Papa's, 5 LP au compteur entre 1966 et 1971 : If You Can Believe Your Eyes And Ears (1966), The Mama's And The Papa's, appelé aussi Cass, John, Michelle, Dennie (1966), The Mama's And The Papa's Deliver (1967), The Papa's And The Mama's (1968), People Like Us (1971) et, en 1970, un live du nom de Historic Performances Recorded At The Monterey International Pop Festival.

Les Mama's And Papa's prennent part, en effet, au Festival pop de Monterey en juin 1967 ; John Phillips en est aussi un des co-organisateurs illuminés, avec Lou Adler, Alan Pariser, promoteur de spectacles de Los Angeles et Derek Taylor, journaliste et attaché de presse pour les USA des Beatles et des Beach Boys.

Mamas pjillips 2019

« Cass m'a libérée et a empêché John d'avoir trop de contrôle sur moi. Elle m'a beaucoup appris sur le féminisme et m'a toujours encouragée. J'étais manifestement inférieure à elle en tant que chanteuse. » (Michelle Phillips)

Au faîte de sa popularité.

Deux ans avant le légendaire Woodstock et le tristement célèbre Altamont, alors que la pop musique n'est pas prise très au sérieux, naît dans une ville côtière du sud de San Francisco, le premier grand raout pop-rock-folk-blues-soul à regrouper pendant trois jours autant de stars huppées réunies sous l'enseigne pop : Jimi Hendrix, Otis Redding, Janis Joplin, les Who, Ravi Shankar, Johnny Rivers, Canned Heat, The Association, Simon & Garfunkel, Eric Burdon, Jefferson Airplane, Grateful Dead...

Pas de Beatles, pas de Stones ni de Beach Boys, encore moins de Bob Dylan immobilisé par son accident de moto... les Mama's And Papa's, alors à leur apogée, profitent de l'aubaine pour devenir les stars d'un festival pour lequel les organisateurs, John Phillips étant parmi les plus ardents, installent une arène de 7.000 places assises, une zone-bivouac pour les artistes, et une enfilade de stands (bijoux, artisanat, nourritures).

Ils confient la couverture cinématographique de l'événement à Donn A. Pennebaker, le réalisateur de documentaires américain alors en vogue.

Un flux conséquent de journalistes étant recensé, Monterey bénéficie d'un relais médiatique énorme dans le monde entier. John, mais aussi Michelle Phillips, très impliquée, n'est pas le dernier à avoir contribué à la popularité de ce festival.

Michelle écartée au profit de Jill.

Pourtant, un an auparavant, force est de constater que l'on ne donne alors plus cher des chances des Mama's And Papa's malgré l'enchaînement de ses succès. Michelle Phillips, déjà impliquée dans une relation cachée avec Doherty en 1965, tombe dans les bras de Gene Clark des Byrds

Si John lui pardonne son premier écart, il l'expulse du groupe au second, en juin 66, et embauche à sa place Jill Gibson (Jan & Dean), rencontrée grâce à Adler, laquelle sera, par ailleurs, photographe de l'historique festival de Monterey.

Jill, malgré sa qualité et tout le tapage fait autour de son arrivée au sein du groupe, ne remplace pas Michelle dans les cœurs de l'entourage des Mama's ; elle est gentiment écartée fin août 1966, mais Michelle est aussitôt réintégrée, ce qui contribue au flou consistant à lever le voile sur qui, de Jill ou de Michelle, chante sur les disques de cette période, assurément la plus juteuse.

Monterey et la gloire engendrée par ses hits légendaires ont accru la pression sur le groupe vocal lequel se disloque progressivement.

Fin d'un mythe.

Début 1969, le succès étant devenu plus difficile, Dunhill libère les Mama's de ses contrats ; John Phillips officialise la rupture et, en janvier 1970, sort un premier LP pour son compte : l'excellent John Phillips (John The Wolf King of L.A), alimenté par une puissante écriture autobiographique et soutenu par la mémorable unité de sessions angeline des Wrecking Crew.

En 1971, pour des raisons purement contractuelles , le groupe se reforme et publie l'album People Like Us. Mais le cœur n'y est plus. Phillips, de plus en plus accro aux drogues dures, a la tête en Angleterre où les Stones lui ont fait miroiter un nouvel album solo pour leur label (le projet ne se fera jamais) tandis que la charismatique Cass Elliot poursuit inlassablement en solo depuis la rupture en 1968.

La tentative de John Phillips en 1981 de relancer l'affaire ne changera rien : les Mama's sont morts en 1974 quand Mama Cass rend son dernier soupir (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 1 - 1966

 

Mama s if you can believe your eyes 1966

 

THE MAMA'S AND THE PAPA'S

IF YOU CAN BELIEVE YOUR EYES AND EARS – 1966  5/5

 

Publié en mars 1966.

Produit par Lou Adler.

Durée:33:42.

Label:Dunhill Records.

Genre:folk-rock,pop psychédélique,sunshine pop.

 

C'est maintenant ou jamais.

 

Album par lequel les Mama's ouvrent leur catalogue, If You Can Believe Your Eyes And Ears a été bien accueilli dans les bacs à sa publication et, au regard de la qualité de son contenu fleurant bon la pop californienne, il y a finalement de quoi car rares sont les pièces à snober ici.

Chacune des chansons de ce premier lot concocté par John Phillips et datant du printemps 1966 contribue à élever le niveau du disque. L'écriture de ce dernier (7 des 12 titres) est finement ciselée et appartient à ce qui se fait de mieux sur l'échiquier californien des 60's : Monday Monday, Straight Shooter, Got A Feelin', Go Where You Wanna Go, California Dreamin', Somebody Groovy et Hey Girl.

Les reprises qui alimentent le reste du LP sont, quant à elles, judicieusement sélectionnées et arrangées de telle manière par ce même alchimiste qu'elles ne peuvent pas faire autrement que de faire briller le quatuor. Témoin les excellents Do You Wanna Dance de Bobby Freeman, Spanish Harlem de Ben E. King et I Call Your Name des Beatles.

L'interaction entre les voix des Mama's (Michelle Phillips et Cass Elliot) d'un côté, et les Papa's (Denny Doherty et John Phillips) est ici un modèle du genre. Il faut entendre ça.

Ce son si particulier, ces arrangements bien léchés, ces harmonies vocales célestes, cette fraîcheur, cette osmose, cette pop quasi parfaite, cette touche flower power, de grandes chansons... If You Can Believe Your Eyes And Ears est incontestablement leur joyau.

Si on veut découvrir ce grand groupe qu'était les Mama's, c'est ici qu'il faut être. L'histoire ne sera plus jamais aussi belle que sur cet album. Ne ratez pas le train... (RAZOR©).

 

1. Monday Monday.

2. Straight Shooter.

3. Got A Feelin'.

4. I Call Your Name.

5. Do You Wanna Dance ?

6. Go Where You Wanna Go.

7. California Dreamin'.

8. Spanish Harlem.

9. Somebody Groovy.

10. Hey Girl.

11. You Baby.

12. The 'In' Crowd.

 

Denny Doherty:chant.

Cass Elliot:chant.

Michelle Phillps :chant.

John Phillips:guitare,chant.

P.F. Sloan:guitare,choeurs.

Larry Knechtel:claviers,basse.

Hal Blaine:batterie.

Joe Osborn:basse.

Peter Pilafian:violon électrique.

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