The Wallace Collection.

BIOGRAPHIE.

 

 

THE WALLACE COLLECTION/Ostende -Belgique

 

Wallace collection 1969 intro

Actif de 1968 à 1971.

Label:EMI.

Genre:pop-rock,rock progressif,pop symphonique,pop baroque.

 

Plus de deux millions d'exemplaires pour Daydream.

1969, érotique dans la bouche et sous la plume de Gainsbourg, a été une année à slows. Donc une véritable opportunité pour les ados de l'époque, tout émoustillés, de fricoter sur les pistes de danse, noircies par les couples dès que la lumière se tamisait et les premières notes langoureuses s'égrenaient.

Entre les britanniques des Rare Bird (Sympathy), des Bee Gees (I Started A Joke), des Beatles (While My Guitare Gently Wheeps), les amerloques comme Bob Dylan (Lay Lady Lay), Frank Sinatra (My Way), Edwin Hawkins Singers (Oh Happy Day), les grecs d'Aphrodite's Child (It's Five O'Clock) et le contingent gaulois constitué des Léo Ferré (C'est Extra), René Joly (Chimène), Johnny (Que Je T'aime), Jean-François Michael (Adieu Jolie Candy) et Gainsbourg et Birkin (Je T'aime, Moi Non Plus), les slows ont eu la part belle. Ils ont été les stars des boums, des discothèques et des salles de bals.

Wallace collection 1Combiner la pop, le jazz et le classique.

Wallace collection sylvain vanholme 1Sylvain Vanholme, la cheville ouvrière.

Wallace collection freddy nieulandFreddy Nieuland, la voix de Daydream.

Wallace collection daydreamDaydream, tube de 1969.

Wallace collection 2006 photo patfraca sofam 2006Réunion en 2006 (©patfracam sofam).

A cette liste, parmi les artistes francophones (mais chantant en anglais), il convient de rajouter les belges de Wallace Collection, dont Daydream (Baby I Don't Mind en face B), vendu à plus de deux millions d'exemplaires, a également rapproché les couples dans la vingtaine de pays où il a brillé.

Son final de plus de deux minutes en onomatopée (Na Nanana Nanana Na...), on eut aimé, à l'époque, qu'il se prolonge encore un peu pour aller au terme du travail de séduction engagé...

Enregistré dans les studios londoniens d'Abbey Road où les Beatles avaient leurs habitudes et qu'ils foulent, en cette année 69, pour une des dernières fois de leur carrière, Daydream, dont l'architecture mélodique s'inspire du Lac des Cygnes de Piotr Ilitch Tchaïkowski, est ce que l'on appelle un one-hit wonder, un coup unique auquel l'Europe a réservé un accueil extraordinaire.

Bien qu'interprété en anglais, le titre que l'on doit à Sylvain Vanholme, David MacKay (également producteur) et au regretté Raymond Vincent (le violoniste), a connu un succès moindre dans les pays anglophones.

De là à dire que Wallace Collection, dont le nom réfère à un musée londonien, n'existe que par ce titre, il n'y a qu'un pas. Le groupe d'Outre-Quiévrain, en trois ans d'activité (1968/71) peut revendiquer parallèlement une discographie tenant dans une seule main, certes, mais intéressante, et qui n'a pas à rougir par rapport à ce qui s'est fait dans le concert pop baroque/pop symphonique émergeant à la fin des 60's.

Ostende, point de naissance de Wallace Collection.

L'histoire de Wallace Collection est étroitement liée à celle d'un flandrien de Veurne, Sylveer Vanholme pour l'état civil, Sylvain Vanholme à la scène.

Ce dernier est assurément l'un des artistes belges les plus doués et les plus touche-à-tout de sa génération. 

L'homme, déterminé et forte personnalité, a coiffé toutes les casquettes (musicien, chanteur, songwriter et producteur), depuis qu'il a foulé ses premières scènes au début des 60's à Ostende.

Co-fondateur des Wallace Collection, le parcours de musicien de Vanholme prend racine vers l'âge de 15 ans (1958/59) quand, au sein des Blue Boys, puis de Bob Rocking And The Blue Boys, il se produit dans les petits bals du samedi soir, avant d'intégrer les Seabirds, formation autrement plus huppée qui se classe 3ème d'un concours organisé par Radio Luxembourg (1962/63).

Après avoir fait un break pour des raisons de famille, s'être installé à Bruxelles, Vanholme fait quelques piges avec Les Enfants Terribles (de juillet 63 à mai 64) et Six Babs (de novembre 64 à juin 65), avant de former Sylvester's Team pour lequel il recrute Freddy Nieuland, le batteur chanteur de Daydream.

Combiner la pop, le jazz et le classique.

La nouvelle mouture s'invite au Golf Drouot et publie une grosse poignée de singles : Beautiful Day/Hurt Me No More (1966), It Reminds Me/Lies (1966), Doctor Henry/Walk-Talk (1967), For You For You/Well Well (1967), Francis/Hey Hey Hey (1967), Hello Suzannah/Rose (1967) et J'en Suis Fou/Belles Belles (1968). En 1968, alors que Vanholme a d'autres orientations artistiques en tête ; il souhaite notamment combiner le jazz, la pop et le classique.

A cette fin, il lance un recrutement pour un violoniste et un violoncelliste, auquel répond favorablement Raymond Vincent, premier prix du Conservatoire à l'Orchestre National et ancien de Stradivarius.

Ce dernier ramène dans ses bagages Jacques Namotte, violoncelliste. Sylvester's Team devient sextuor et se compose désormais comme suit : Sylvain Vanholme, Christian Janssens, Freddy Nieuland, Marc Herouet, Raymond Vincent et Jacques Namotte.

Ce line-up part alors sur les routes belges dans l'optique de tester le répertoire intégrant des instruments à cordes qu'il a dans la besace, réparti entre des chansons des Beatles (A Day In A Life, For No One, Eleanor Rigby et des originaux fraîchement composés (Poor Old Sammy, What's Going On).

Vanholme a déjà Wallace Collection dans ses plans et l'idée d'un album qu'il désire fortement être enregistré à Londres, aussi cette phase transitoire permet de bien intégrer les deux nouveaux entrants et de rôder le collectif à cette approche. Reste à monter l'opération...

Wallace collection sylvain vanholme portrait

« Freddy m'a tout se suite étonné. Il s'exprimait avec un tel bagout. Il était le plus grand bavard que j'ai connu. Il avait toujours quelque chose à dire sur tout et rien. Il apportait une telle dynamique au groupe... Il était un formidable batteur, doté d'une voix superbe. Il pouvait s'envoler dans les aigus avec une facilité déconcertante. J'avais besoin de quelqu'un comme lui pour concurrencer les groupes anglais qui chantaient à plusieurs voix et dans des tessitures assez hautes. » (Sylvain Vanholme)


 

Un challenge aventureux.

L'audacieux Jean Martin relève alors ce défi que beaucoup pensent voué à l'échec et, après maintes négociations et promesses, fait en sorte que tous les partis fédèrent autour du projet. Il gagne ainsi ses galons de manager.

Martin parvient à donner du crédit à ce challenge aventureux commencé sous l'identité de 16th Century. Il fait même déplacer en Belgique les représentants de EMI/Parlophone. Un contrat est signé entre les belges et David MacKay, un producteur australien tout juste débarqué chez EMI (1968).

Dès le début de l'année 69, Vanholme et sa bande se retrouvent pour mettre en boite Daydream et quelques autres titres (14) qui donneront lieu au premier LP de Wallace Collection. Le statut des musiciens s'en trouve du même coup changé. Désormais, les musiciens sont occupés à plein temps.

Le groupe se professionnalise alors, ce qui amène Vanholme à abandonner son emploi d'agent d'assurances, à Vincent et Namotte à demander un congé sabbatique à l'Orchestre National. Pour Nieuland, Janssens et Hérouet, alors au chômage, le problème ne se pose pas. Le Wallace Collection s'annonce.

Daydream/Baby I Don't Mind est envoyé en éclaireur fin février 1969, avec la réussite que l'on connaît. Wallace Collection va construire sa légende sur ce succès. Un peu plus d'un mois plus tard, Laughing Cavalier paraît à son tour (avril).

Laughing Cavalier, sous-estimé.

Tantôt pop, tantôt classique, tantôt jazzy, parfois expérimental, l'album ne connaît pas l'issue heureuse que son contenu aurait pu laisser entrevoir. Il est très possible que le carton réalisé très tôt par Daydream ait conféré un caractère trop commercial au groupe et, dans le même mouvement, rebuté, à ce motif, les vrais amateurs de musique et de rock progressif (même si les morceaux sont relativement courts pour du prog).

Parce qu'on tient là un vrai bon disque, varié, avec du ragtime (Ragtime Lily), de la pop classique (Poor Old Samy, Misery, Fly Me To The Earth et Merry-Go-Round), de la pop psyché (le surprenant Peru et le morceau-titre), du rock and roll (Wha'ts Goin' On), fait par des musiciens créatifs et talentueux. Un disque à l'univers atypique, qui se révèle et s'apprécie au fil des écoutes...

Le succès de Daydream n'est cependant pas éternel. Il faut donc remettre l'ouvrage sur le métier. Les singles qui suivent et toujours publiés chez EMI, n'ont pas le même accueil auprès du public (Rêverie/Le Monde Est Fou et Love/Fly Me To The Earth, Dear Beloved Secretary/Hello Suzannah en 1969, Serenade/Walk On Out et We Gotta Do Something New /Where en 1970).

Two Man Sound pour Vanholme.

Bien qu'ayant encore du grain à moudre, l'album Serenade (septembre 1970), deuxième levée discographique studio, passe tout aussi inaperçu. Le succès allant déclinant, le groupe, usé, se tourne alors vers la musique de films avant de disparaître en 1971.

Christian Janssens rebondit alors au Luxembourg où il produit divers groupes tandis que le regretté Freddy Nieuland accompagne un temps André Brasseur et Jaïro.

Marc Hérouet compose des musiques de films et enseigne tandis que Raymond Vincent (décédé) devient membre de l'orchestre du Théâtre Royal de la Monnaire (TRM) et que Jacques Namotte se met en marge de la musique.

Quant à Sylvain Vanholme, il fonde Two Man Sound avec Yvan Lacomblez (Pipou) et Loi Deprijck (Lou and The Hollywood Bananas/1978). Il goûtera une nouvelle fois au succès avec Charlie Brown et Disco Samba (RAZOR©2021).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 1 - 1969

 

Wallace collection the laughing cavalier 1969

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

WALLACE COLLECTION

LAUGHING CAVALIER – 1969  3,5/5

 

Publié en 1969.

Produit par David MacKay.

Durée:44:17.

Label:EMI.

Genre:rock progressif, pop-rock,pop symphonique,pop baroque.

 

Une belle surprise.

 

Les belges d'Ostende vont au bout de leur logique en nommant leur premier album Laughing Cavalier, ce titre faisant référence au tableau du peintre néerlandais Frans Hals réalisé en 1624 et exposé, depuis 1901, au musée londonien... je vous le donne en mille... Wallace Collection.

Excellent disque de pop psychédélique au demeurant, très largement sous-estimé. Il y a du talent dans ce groupe d'Outre-Quiévrain emmené par sa cheville ouvrière Sylvain (Sylveer) Vanholme, certainement un des meilleurs d'Europe au moment de son pic de popularité, autrement dit à la fin des 60's.

Si on retient volontiers Daydream, le morceau qui a révélé les belgicains en faisant du ramdam dans les charts 69 du Vieux Continent, l'album dans lequel il figure est complètement passé sous le radar et laisse à penser que le Wallace Collection n'a fait que ça. Faux et puisse ce disque (et s'il en est un, c'est bien celui-ci) du jour réhabiliter nos chers flandriens.

Laughing Cavalier, c'est chez EMI que ça se passe (et oui!) et c'est enregistré dans l'antre des Beatles, les studios Abbey Road. Rien que ces deux éléments témoignent de la haute estime en laquelle sont alors tenus les sujets du roi Baudoin.

Pour Vanholme, c'est une victoire personnelle, parce que s'il en est un qui a fait des pieds et des mains pour amener le groupe à ce niveau et lui permettre d'enregistrer dans ce temple du rock, c'est bien l'ostendais.

Il résulte de ces sessions un album récréatif, agréable, fourmillant de petites idées sympas, regorgeant de cordes brillamment et judicieusement utilisées, et, par voie de conséquence, quelques chansons bien foutues, fort intéressantes, à l'image de Peru, What's Goin' On, Baby I Don't Mind pour ne citer que les plus séduisantes... Je vous invite à en prendre connaissance, Laughing Cavalier est une belle surprise (RAZOR©).

 

1. Get That Girl.

2. The Sea Disappeared.

3. Get Back.

4. Ragtime Lily.

5. Natacha.

6. Merry-Go-Round.

7. What's Goin' On.

8. Fly Me To The Earth.

9. Peru.

10. Poor Old Sammy.

11. Baby I Don't Mind.

12. Misery.

13. Laughing Cavalier.

14. Daydream.

 

Sylvain Vanholme:guitare,chœurs.

Christian Janssens:basse.

Freddy Nieuland:batterie,chant.

Marc Hérouet:claviers.

Raymond Vincent:violon.

Jacques Namotte:violoncelle.

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