10CC.

BIOGRAPHIE.

 

 

10CC/Stockport (Grand Manchester – Angleterre)

 

10cc intro

 

Actif entre 1972 et 1983,de 1991 à 1995,depuis 1999.

Labels:UK records,Mercury Records,Polydor,Avex.

Genre:art rock,art pop,pop progressive,soft rock,rock progressif,pop.

Site internet:10cc.world

 

Le meilleur cache le pire (et inversement).

Classée N°1 en Grande-Bretagne et N°2 dans les charts de l'Oncle Sam, I'm Not In Love, parue en 1975, est assurément le morceau le plus populaire de 10cc. Le titre en question permet à ses auteurs et interprètes d'être consacrés sur la scène internationale.

Il est surtout l'arbre qui cache la forêt car le succès de ce slow mémorable tend à occulter tout ce que le groupe de la région de Manchester a réalisé et persiste à l'associer à ce seul single.

Pire, la chanson enracine si profondément 10cc dans la catégorie des formations de pop sirupeuse qu'elle rend infréquentable, le groupe et toute sa production discographique, pour le rocker de base. Si le genre en question n'a pas bonne presse, 10CC a aussi donné le bâton pour se faire battre en donnant le jour à certains disques difficilement écoutables...

Il est vrai également que le partenariat entre les musiciens et Super K Productions, engagé à la fin des 60's, ne fait rien pour sortir 10cc de cette catégorisation un peu hâtive ; il appuie un peu plus là où ça fait mal, à vrai dire.

Cette collaboration anglo-américaine renforce même les doutes dans la mesure où la société des new yorkais Jerry Kasenetz et Jeffrey Katz est connue pour être la spécialiste par excellence de la pop bubblegum du moment (Ohio Express, 1910 Fruitgum Company, Crazy Elephant, Music Explosion...).

10cc 1 gettyUn quatuor expérimenté (Photo Getty).

10cc gouldman stewartGouldman et Stewart.

10cc godley cremeGodley et Creme.

10 cc i m not in love 75Le hit qui les a révélés à l'international.

10cc 202210CC aujourd'hui.

Qui plus est, Graham Gouldman, co-fondateur de 10CC, en est un des prolifiques salariés et contributeurs. Son activité de songwriter se confond alors entre le travail pour les studios Strawberry de Stockport (Angleterre) et les intérêts commerciaux de Super K.

Stewart, qui a eu l'excellente idée d'investir dans Strawberry (1968) s'accordant ainsi une grande liberté de création, ainsi que Godley et Creme y exercent comme musiciens de session et enregistrent des disques sortis sous divers alias.

Pourtant en se donnant la peine de franchir la barrière I'm Not In Love et de gratter le vernis du catalogue, l'on constate que l'intérêt est ailleurs, dans tout ce que l'arbre occulte. Le meilleur cache le pire et inversement... Il y a donc deux 10CC bien distincts.

Deux parties qui s'équilibrent.

En levant le voile sur la discographie de ces musiciens, se révèle, de toute évidence, une pop mélodique élégante, sophistiquée, ambitieuse, variée, maîtrisée et à l'imagination débridée qui va permettre au groupe d'atteindre des sommets artistiques (70's), avant de plonger, dès la décennie suivante, dans l'oubli le plus total.

Ceux qui suivent les choses du rock anglais des 60's savent que les Gouldman, Stewart et Godley ne sont pas les perdreaux de l'année.

Gouldman et Godley représentent 50% des Mockingbirds, tandis qu'Eric Stewart est passé par les Mindbenders de Wayne Fontana et a eu le bonheur de goûter au succès (The Game Of Love).

Gouldman et Stewart ont la pop et la Motown chevillées au cœur. Les formations respectives ont déroulé du câble sur l'échiquier du Merseybeat.En creusant un peu plus profond, le parcours de Gouldman révèle déjà quelques belles pépites de pop british des 60's comme For Your Love que les Yardbirds portent au 3ème rang des charts grands-bretons et au 6ème du Billboard 100 (1965). 

Par ailleurs, son No Milk Today (1966) est élevé au 7ème rang des charts british par Herman's Hermits tandis que que les Hollies font de Bus Stop (1966) un top 10 aux États-Unis et un N°5 dans l'Old Albion.

La carrière de Laurence Neil Creme, dit Lol Creme, à ce stade, est peut-être moins brillante (The Sabres, devenus Magic Lanterns), mais le musicien n'en compte pas moins parmi les acteurs talentueux et remarqués de la scène mancunienne.

Admirateurs de Frank Zappa et fans de doo-wop, lui et Godley ont, en effet, tenté de refaire le coup de Simon & Garfunkel en Angleterre (The Yellow Bellow Room Boom). Ils sont ceux qui dotent la musique de 10CC de cette légendaire étrangeté. Leur rôle est essentiel dans le groupe.

Malgré leurs divergences artistiques, Creme et Godley sont aussi influents que leurs partenaires au CV plus conséquent, les deux parties s'équilibrant pour le bien du groupe.

10cc gouldman photo judy tottensm©Judy Tottensm.

« J'ai tout apprécié de 10CC jusqu'à ce que les choses commencent à se dégrader, mais je dirais que la palme revient à la période des deux premiers albums, ce qui se traduirait par les deux premières années. Celles-ci ont été nos plus créatives. Nous travaillions ensemble, en équipe, et ce que nous avons produit m'a semblé incroyable. Je dois dire que j'ai adoré chaque minute de cette époque. » (Graham Gouldman).

D'Hotlegs et Strawberry à 10CC.

On n'a donc pas affaire à des novices quand, au début des 70's, est prise la décision de se dégager du rythme infernal instauré par Super K, de ne plus jouer et produire les chansons des autres, de devenir enfin eux-mêmes et de rebondir sur une nouvelle incarnation, laquelle va ouvrir la voie à 10CC.

Les instrumentistes des studios Strawberry, regroupés d'abord sous Hotlegs (Neanderthal Man) sont rejoints par Gouldman, libéré de ses obligations avec Kasenetz et Katz, à l'occasion d'une tournée pour les Moody Blues (octobre 1970).

Celle-ci étant prématurément interrompue, le quatuor se retrouve soudainement pris au dépourvu et n'a pas le temps, ni la volonté de pousser plus loin avec Hotlegs, pourtant bien considéré dans le milieu et auprès des fans.

1973/77, pic de créativité.

10CC, de sensibilité pop, prend le relais en 1972 et, dès 1973, plante le décor pour mettre la main sur la musique britannique de la décennie en fusionnant pop et avant-gardisme.

Il l'alimente d'une poignée d'albums brillants (de l'éponyme 10CC/1973 à Deceptive Bends/1977) et de singles réussis qui vont porter le groupe sur le devant de la scène (Donna, Rubber Bullets, I'm Not In Love, I'm Mandy Fly Me, Art For Art's Sake, Dreadlock Holiday).

Les 5 premiers LP du catalogue constituent l'essence même de 10CC (10CC, Sheet Music, The Original Soundtrack, How Dare You et Deceptive Bend) ; c'est la que l'intérêt se porte essentiellement.

Jusqu'en 1977, les membres font abstraction de leurs divergences artistiques, jouent la carte du collectif en se nourrissant l'un de l'autre et cela se ressent dans la qualité de la production discographique. Le quatuor est à son pic créatif, sa pop est inventive.

Une suite plus erratique.

En même temps que leur popularité s'accroît, les protagonistes, plus matures pour des destinées individuelles, font de moins de concessions et tendent à la jouer perso, plombant, d'une part, l'ambiance, et provoquant, surtout, la séparation (en 1976 après l'enregistrement de Deceptive Bend) du groupe suite aux départs conjoints de Creme et Godley, partis former Gizmo et ainsi poursuivre leurs travaux expérimentaux.

Stewart et Gouldman restent et conservent le nom de 10CC. Ils poursuivent leur route en duo et en s'entourant de musiciens réguliers comme Rick Fenn, Stuart Tosh et Paul Burgess, mais le succès se fait de plus en plus rare.

10CC ne retrouvera jamais le niveau de la période 1972/19777 et son parcours en devient, hélas, erratique. Il n'en reste pas moins une formation toujours considérée aujourd'hui comme parmi les plus inventives du rock de tous les temps (RAZOR©2022).

MON CHOIX DISCOGRAPHIQUE.

LP Studio 3 - 1975

 

10cc the original soundtrack

 

10CC

The Original Soundtrack – 1975  4,5/5

 

Publié en mars 1975.

Produit par 10CC.

Durée:41:46.

Label:Mercury.

Genre:art rock,rock progressif,soft rock.

 

Intelligence, créativité, maîtrise...

 

Jusqu'en 1975, 10CC a son horizon encore obstrué. Jonathan King, propriétaire du label UK Records pour lequel le groupe enregistre ses deux premiers LP (10CC/1973 et Sheet Music/1974), n'est toujours pas parvenu à faire décoller ses protégés dont tout le monde s'accorde alors à dire qu'ils sont créatifs, audacieux, doués et ambitieux.

Bien que populaire auprès de certaines radios à large couverture, 10CC, marri de ne pas avancer plus vite, remet l'ouvrage sur le métier et retourne en studio plus déterminé que jamais.

Confronté aux difficultés financières de Jonathan King, le groupe répond aux sirènes de Mercury qui lui fait un tel pont d'or qu'il est difficile de refuser quand on galère et que l'on est artiste.

10CC a déjà bien avancé sur la construction de son 3ème LP (The Original Soundtrack/1975), une fois de plus enregistré dans les studios Strawberry de l'ingénieur Eric Stewart, quand cette opportunité tombée du ciel et chiffrée à 1 million de dollars (et un engagement pour 5 albums) lui est proposée par le label Mercury.

Son passage dans le giron de Mercury accouche d'un troisième volet discographique qui permet à 10CC d'entrer dans le top 3 des albums britanniques.

Celui-ci est porté par deux titres majeurs, Life Is A Minestrone (N°7 UK et 104 USA) et, surtout I'm Not In Love, tube planétaire et titre le plus populaire du groupe.

La popularité phénoménale de ce slow un tantinet ringard rassemblant les couples sur la piste dès ses premières mesures, tend à occulter le reste de l'album et à réduire 10CC à un groupe pour minettes.

Loin s'en faut car, au-delà de ce titre trop entendu devenu soûlant à mes oreilles, In The Soundtrack propose une matière intelligente, inventive et élégamment produite placée entre les mains de musiciens talentueux et, pour une fois, sur la même longueur d'ondes.

Elle confine au génie parfois, comme c'est le cas du mini-opéra rock déjanté de près de 9 minutes, Une Nuit à Paris. A lui seul, le titre vaut son pesant de caouètes.

Pour faire court, on tient là un opus maîtrisé de la tête aux pieds, parfois spécial certes, mais le risque pris ici paie enfin.

Seul regret : que The Original Soundtrack (et son suivant How Dare You) soient en quelque sorte l'apogée de 10CC ; on aurait bien aimé un prolongement à cette période audacieuse et aboutie (RAZOR©2022).

 

1. Une Nuit à Paris (3 parts).

2. I'm Not In Love.

3. Blackmail.

4. The Second Sitting For The Last Supper.

5. Brand New Day.

6. Flying Junk.

7. Life Is A Minestrone.

8. The Film Of My Love.

 

Eric Stewart:chant,choeurs,steel guitare,piano électrique,double basse,guitare acoustique,percussion.

Graham Gouldman:chant,choeurs,percussion,guitare,double basse,guitare acoustique,mandoline.

Lol Creme:chant,choeurs,vibraphone,percussion,orgue,guitare,violon,guitare acoustique,marimba,piano électrique,mandoline.

Kevin Godley:chant,choeurs,batterie,timpani,percussion,marimba,cello,bongos.

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