Bill Fay.

BIOGRAPHIE.

 

BILL FAY/ Londres (Royaume-Uni)

 

Bill fay

 

Né William Fay, dit Bill Fay.

Né à Londres.

Actif de 1966 à 1971,de 2010 à aujourd’hui.

Labels:Dream,Durtro,Dead Oceans,Wooden Hill,Coptic Cat.

Genre:pop-rock,folk,folk progressive,british folk,folk-rock.

Site officiel:www.billfay.co.uk

 

Bill Fay, Hibernatus malgré lui.

Quasiment trois ans après avoir signé le magnifique Life Is People, sorti en août 2012, Bill Fay annonce son retour dans les bacs pour avril 2015 et le titre qu’il a envoyé en éclaireur pour faire du ramdam autour de cet événement porte en lui les gemmes du grand album qui s’annonce, Who Is The Sender ? Après deux premiers volumes vinyliques complètement passés inaperçus (Bill Fay/1970 et Time Of The Last Persecution/1971), le talentueux songwriter britannique, chanteur et pianiste, revenu du diable vauvert en 2005 avec son troisième jet des 70’s (Tomorrow Tomorrow & Tomorrow) nous a laissés sur un grand disque en 2012.Gageons que sous ses doigts d’or, les touches de son piano égrènent une aussi jolie collection de ballades et de mélodies que lors de la dernière livraison. C’est tout le mal que l’on se souhaite. A lui, pour la reconnaissance qu’il mérite une fois pour toutes et que son long silence a contribué à brider. A nous pour le plaisir d’en découdre avec un artiste exceptionnel qui doit exister au-delà de la minorité privilégiée de ses supporters d’hier et toucher la jeune populace.

Bill fay 4

Bill fay 3Un retour en studio inespéré.

Retour à la vie créative en 2012.

C’est une vraie surprise que Bill Fay revienne aux affaires au troisième millénaire alors qu’il était aux abonnés absents de la fin des années 70 au début des années 2000, se contentant modestement de continuer à écrire et à enregistrer, mais en se coupant du milieu pour le faire. C’est un véritable miracle qu’il soit à nouveau dans les bacs, sans que la grâce, qui l’a touchée dans le passé et dans un parcours météorique, ne l’ait quitté une seconde. Son retour à la vie créative marqué par Life Is People est la cerise sur un gâteau que l’on n’espérait plus jamais déguster un jour. Et, comme par enchantement, Fay se remet à distiller de l’émotion. Comme hier. Puisse-t-il être définitivement consacré.

Les ceusses qui ignorent tout du revenant en question ou qui ne l’ont découvert qu’à la faveur de la réédition de ses uniques faits d’armes du début des années 70 doivent savoir que l’artiste est anglais, nord-londonien, lancé par Terry Noon, ancien batteur des Them qui le met en relation avec Decca/Deram.

Il est surtout le signataire d’une opulente, originale et ambitieuse pop baroque anglaise pour ses débuts éponymes avant de durcir le son, de noircir une plume plus intimiste et de changer son apparence physique pour son deuxième jet, plus rock que son devancier.

Le laissé-pour-compte anglais.

Faute d’une promotion à la hauteur qui laisse à penser que Fay n’était pas prophète en sa maison et d’une distribution que la qualité et l’excentricité des œuvres auraient méritée plus ciblée et mieux soignée, cet auteur-compositeur venu de nulle part et perfusé au Dylan et aux Beatles, est resté à quai. Le train qui a embarqué Nick Drake, Donovan, Al Stewart et Ray Davies n’a pas voulu d’un britannique supplémentaire, pourtant pas le moins mauvais.

L’œuvre du moment de ce laissé pour compte tutoie pourtant la grâce, mais Deram n’en a cure qui met un terme à la collaboration après la sortie du second jet, préférant les affaires et la rentabilité à l’art avec un grand A. Le seul tort de Bill Fay est de ne pas être vendeur. Il disparaît donc aussi furtivement qu’il n’est apparu en 1967 avec le single qui lui a permis de mettre le pied à l’étrier, le dénommé Some Good Advice/Screams In The Ears.

Réhabilité à l’aube des années 2000.

Après Time Of The Last Persecution, plus rien. Silence radio. Disparu des écrans radars. Bill Fay n’est plus en phase avec un milieu qu’il tient pour responsable, non pas de son insuccès, mais plutôt du manque de reconnaissance à son endroit. Il s’en éloigne sans jamais vraiment couper les ponts, trop conscient que, quand il y fera son retour, il aura encore besoin de lui. Il continue donc à enregistrer et à composer de manière informelle et remet le nez à la fenêtre à la fin des années 70 et au début des années 80 où il enregistre les bandes de Tomorrow Tomorrow & Tomorrow (paru en 2004) qui devait annoncer une reprise d’activité de l’artiste, 10 ans après Time Of The Last Persecution. Las, personne ne veut prêter oreille à son travail. Fay se résout à faire autre chose, à opter pour des jobs en intérim pour pouvoir continuer à écrire.

Bill fay

« Après ce silence, c’est très dur pour moi d’assumer le fait que Life Is People existe. Autant qu’assumer le fait que ma musique d’hier n’a jamais été effacée. C’est un choc que d’apprendre tout d’un coup que des gens se bousculent pour l’entendre.

C’est bon et ça fait du bien d’autant que je suis conscient d’avoir réalisé un bon LP pour lequel le producteur Joshua Henry a fait preuve d’une rare opiniâtreté pour me faire revenir en studio et l’ingénieur Guy Massey effectué un travail considérable pour le mener au niveau qui est le sien… » (Bill Fay)

Le temps passant sans jamais faire référence à son nom et son œuvre, il les pense enfouis à tout jamais dans les limbes du passé, d’autant que, malgré les moyens de communication modernes, une recherche lancée sur Bill Fay reste désespérément indigente. Ce mec sans trace, à l’histoire concentrée sur deux ans et deux LP, est une tombe, un secret, une énigme. La part d’ombre de l’espace folk psyché anglais.

Il faut la ténacité des chasseurs de trésors cachés du rock, déterminés à exhumer tout ce qui ressemble de près ou de loin à des œuvres oubliées pour qu’en 1998, pour que Bill Fay ait les oreilles qui sifflent. On reparle de lui ce qui éveille et ravit le parterre maigrelet et dormant de ses fans. On l’évoque en des termes si élogieux, voire dithyrambiques, notamment les deux pièces d’acétate rééditées de 1969 et 1970, qu’il suscite, dans un premier temps, la curiosité de la génération montante, dans un second un engouement appréciable.

Hommage appuyé de la critique.

Avant la reconnaissance qui lui revient de droit au regard de son passé aussi précieux qu’obscur, Bill Fay reçoit déjà un hommage appuyé de la critique tombée des nues et sous le choc de la réimpression audacieuse et inespérée du label See For Miles. Un premier pas est fait, une digue tombe, une brèche s’ouvre dans laquelle s’engouffrent Tomorrow Tomorrow & Tomorrow (2004), les fameux enregistrements bannis de l’époque 78/81 réapparus sous Bill Fay Group (label Durtro Jnana), puis From The Bottom Of An Old Grandfather (Wooden Hill/2004), un lot de démos datant de 1966 à 1970, suivi d’une double compil’ d’anciens titres rehaussée d’un peu de neuf (Still Some Light/2009) et enfin, en 2012, Life Is People (Dead Oceans) qui marque son véritable come-back, un retour auquel n’est pas étranger le producteur américain Joshua Henry dont le coup de fil inopiné achève de convaincre le britannique de revenir aux affaires pour un LP derrière lequel Guy Massey, ingénieur, a fait un travail considérable.

Bill Fay est aujourd’hui encensé par la critique : juste retour des choses pour un artiste qualifié maintenant et depuis sa résurrection discographique, de génie, qui attendait cela depuis plus de 40 ans. Si ce compositeur discret semble apprécier à leur juste mesure ces égards parfois un peu excessifs, il n’en conserve pas moins du recul sur cette exaltation soudaine et conserve la même simplicité, la même sérénité, à l’image de son répertoire de ballades actuel, aussi beau et bouleversant que là où il l’avait laissé (RAZOR©).  

DISCOGRAPHIE SOLO 70'S.

LP Studio 2 - 1971

 

Bill fay time of the persecution

 

BILL FAY

TIME OF THE LAST PERSECUTION – 1971  5/5

 

Publié en 1971.

Produit par Ray Russell,Bill Fay.

Durée:39:22.

Label:Deram.

Genre:folk progressive,british folk.

 

A la limite de rompre.

 

Dans la rubrique des artistes oubliés ou des disques égarés, Bill Fay et son catalogue figurent en bonne place. Le miracle opéré par les rééditions mises sur le marché, permet de ramener sur le devant de la scène des noms qui n’ont plus été évoqués depuis des décennies ou peu, voire jamais, et de replonger dans des catalogues ou des œuvres que nos jugements du moment n’ont pas placés là où ils devraient être : en bonne place dans sa discothèque.

Bill Fay est donc de cette caste passée à côté de la gloire, trop vite enterrée et rarement exhumée. Pourtant sa discographique, aussi concise fut-elle, un single (Some Good Advice/Scream In The Ears) et deux LP, vaut une halte et notamment son second album Time Of The Last Persecution, publié en 1971, après l’éponyme Bill Fay de 1970, d’une grande délicatesse pop-folk.

Auteur-compositeur-interprète, ce pianiste anglais signé par Decca Records en 1967 n’a plus jamais donné signe de vie après Time Of The Last Persecution jusqu’à ce jour de 2004 où cette énigme réapparaît près de 35 ans plus tard (From The Bottom Of An Old Grandfather Clock).

En 2010, Coptic Cat publie Still Some Light, album qui compile des excellents titres, des démos, qui somnolaient au fonds de tiroirs et les pièces à convictions de sa courte carrière.

Compte tenu de la beauté de la musique qui émane du second opus de cet écorché-vif, paru en 1971, il est frustrant d’avoir du patienter autant de temps pour renouer le contact.

Véritable anomalie que ce zig aux allures dépressives qui cherche à s’échapper de sa tête, qui prend la poudre d’escampette après un album aussi sombre que poignant, chargé de trop d’émotions, de trop de tensions, de panique aussi, angoissant, aussi dérangé (le Christ) que dérangeant (Hitler), intense, suicidaire même… toutes les hypothèses s’annoncent, les avis de recherche restent vains…

Time Of The Last Persecution est le fruit d’un fracassé de l’existence qui pianote des merveilleuses étrangetés, soutenu par la guitare blues tantôt apaisée, tantôt délirante, de son pote Ray Russell. Il n’est peut-être pas le meilleur (ni le pire) chanteur que j’ai entendu, mais ses compositions fragiles, à la limite de la rupture, ont de la moelle et agissent sur vous comme un aimant. Il faut donc être de ce rendez-vous avec ce calque de Townes Van Zandt ou cette copie de Nick Drake (RAZOR©).

 

1. Omega Day.

2. Don’t Let My Marigolds Die.

3. I Hear You Calling.

4. Dust Filled Room.

5. ‘Til The Christ Come Back.

6. Release Is In The Eye.

7. Laughing Man.

8. Inside The Keepers Pantry.

9. Tell It Like It Is.

10. Plan D.

11. Pictures Of Adolf Again.

12. Time Of The Last Persecution.

13. Come A Day.

14. Let All The Other Teddies Now.

 

Bill Fay:piano,chant.

Ray Russell:guitare.

Allan Rushton:batterie.

Darryl Runswick:basse.

Tony Roberts:flûte.

Nick Evans:trombone.

Bud Parkes:trompette.

DISCOGRAPHIE CONTEMPORAINE.

LP Studio 5 - 2012

 

Bill fay life is people

 

BILL FAY

LIFE IS PEOPLE – 2012  5/5

 

Publié le 21 août 2012.

Produit par Joshua Henry.

Durée:53:59.

Label:Dead Oceans.

Genre:folk progressive.

 

Retour en grâce.

 

Je fus des  deux premiers jets de Bill Fay : l’éponyme de 1970, un mix folk/pop riche en cordes et cuivres, et son suivant, Time Of The Last Persecution (1971), un modèle de folk-rock plus classique, mais tout aussi savoureux. Deux magnifiques disques (relégués aux oubliettes depuis quasiment leur publication) bien distincts d’un revenant ayant quasiment disparu de la circulation près de 40 ans et que le début des années 2000 a remis au goût du jour. Il aura fallu la réédition de ce magnifique duo discographique  par feue l’étiquette See For Miles, pour que le chanteur-pianiste et auteur-compositeur anglais existe au-delà d’une minorité générationnelle, généralement celle privilégiée présente à l’époque du vinyle.

On pourrait crier au miracle d’entendre à nouveau évoqué aujourd’hui le nom de Bill Fay. Qu’il le soit dans des termes élogieux, est même carrément inespéré tant cette double victime de l’insuccès et de la paranoïa n’est plus réapparu dans le moindre rayon de disquaires. Un simple retour, c’eut été déjà pas mal. Pour le coup, on a droit à la cerise sur le gâteau avec le niveau auquel il réapparaît.

Il a bien continué à écrire et à enregistrer pendant tout ce temps, mais s’est complètement coupé du milieu pour le faire. Rien qui ne suffisait toutefois à mettre un terme avec sa traversée du désert et à relancer une carrière courte mais touchée par la grâce. Le coup fatal fut, semble-t-il, porté par le rejet de ce qui devait constituer son troisième LP (fin des 70’s), le dénommé Tomorrow, Tomorrow & Tomorrow, resurgi en 2005.

Le génial auteur des deux pépites citées précédemment et sur lesquelles s’adosse l’essentiel de la légende Fay, imaginait-il seulement s’extirper un jour des profondeurs de l’oubli ? Je n’en suis pas sûr et peu importe finalement, car tout le monde s’en réjouit. Enfin, ceux qui ont déjà piqué au truc et qui savent de quoi il retourne quand on parle de Fay.

C’est justement grâce à une base de fidèles, au rang desquels on retrouve un « pays » en la personne du poète-chanteur-compositeur british  David Tibet (Current 93) ainsi que son label indépendant Durtro, Jeff Tweddy de Wilco et le producteur Joshua Henry dont le père était un inconditionnel de Fay, que la résurrection du génie est possible. Et cette fois, on peut effectivement parler de véritable come-back du vétéran, Life Is People (en écoute intégrale ici) étant un disque tout ce qu’il y a de plus disque, créatif  et que l’on partage avec plaisir ; pas une compil resucée, un Tomorrow Tomorrow And Tomorrow rapiécé tant bien que mal ou un mix d’anciennetés complétées de quelques touches de neuf.

A peine sorti, à peine encensé. Pas dans les mêmes proportions que ses fleurons d’hier, mais l’hommage du moment est tout aussi respectueux à l’égard d’un binôme auteur-disque bouleversant et toujours aussi obscur. Chapeau l’artiste qui revient avec des arguments qui tiennent encore la route. Le temps n’a en rien émoussé la puissance de ses compositions. Il semble même que son isolement de quatre décennies lui a permis de peaufiner son art.

Sous les doigts d’or de Fay, les touches de son piano égrènent un lot bien nourri de belles ballades et de magnifiques mélodies pop et folk-gospel. En repoussant la porte des studios d’enregistrement, l’anglais se remet à cultiver de l’émotion autour de lui. Avec simplicité, comme au bon vieux temps.

Porté par d’émouvantes lamentations comme le poignant Never Ending Happening, par The Coast No Man Can Tell évoquant la mort, par les normes plus classiques (l’allègre This World, There Is A Valley), par les mystiques Jesus Etc, Be At Peace With Yourself, Thank You Lord et Healing Day, par le funèbre Big Painter, le raffiné Empires, la ballade bluesy City Of Dreams, ou l’hypnotique Cosmic Concerto, Life Is People s’affirme comme très grand disque bien mûri, intelligent, dans la lignée de ses deux trophées discographiques d’hier, mais sans chercher à ranimer les vieux démons du passé. Le miraculé nord londonien fait son retour, plus de quarante ans après, avec un troisième coup gagnant. Rien que ça. Mais putain que c’est beau…(RAZOR©)

 

1. There Is A Valley.

2. Big Painter.

3. The Never Ending Happening.

4. This World.

5. The Healing Day.

6. City Of Dreams.

7. Be At Peace With Yourself.

8. Jesus, etc.

9. Empires.

10. Thank You Lord.

11. Cosmic Concerto (Life Is People).

12. The Coast No Man Can Tell.

 

Matt Armstrong,Richard Green:basse.

Ian Burdge,Nathan Stone:cello.

Travis Cole Choir:choeurs.

Matt Deighton:guitare acoustique,guitare électrique,chœurs.

Bill Fay:piano,chant.

Waleed Isaacs,Louise Murray,Wendi Rose:choeurs.        

Bernard Kane:violoncelle.

London Community Gospel Choir:choeurs.

Jonathan Mahan:guitare électrique.

Pete Newsom:piano électrique.

Mikey Rowe:céleste, piano électrique,orgue,mellotron,vibraphone.

Alan Rushton,Tim Weller:batterie,percussions.

Ray Russell:guitare électrique,guitare cordes nylon.

Patrick Simon:mellotron,piano.

Jeff Tweedy:chant.

The Vulcan String Quartet:cordes.       

Andrew Walters:arrangements cordes,violon.

Joanna Walters:violon.

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