Chris Rea.

BIOGRAPHIE.

 

CHRIS REA/Middlesbrough (Angleterre)

 

Chris rea 1

 

Né Christopher Anton Rea, le 4 mars 1951 à Middlesbrough (Angleterre).

Actif depuis 1973.

Labels:Magnet,East West,Edel,Warner,Jazzee Blue,Rhino.

Genre:pop-rock,soft rock,blues-rock,AOR.

Site Internet:chrisrea.com

Un artiste qui pèse lourd...

Détenteur d'une belle collection de voitures prestigieuses, fan de formule 1, d'Ayrton Senna et de Ferrari (ses origines transalpines y sont pour beaucoup), musicien et acteur, peintre, Chris Rea est surtout passé à la postérité pour être l'un des auteurs-compositeurs-interprètes les plus populaires au monde depuis le début des années 80. Cette popularité lui vaut d'avoir à ce jour écoulé plus de 30 millions d'albums. Énorme !

Actif dès l'amorce des 70's, l'auteur des suaves et mémorables The Road To Hell, Auberge, Josephine ou On The Beach est toujours dans le coup aujourd'hui, bien qu'à l'orée des années 2000 tout faillit s'arrêter pour lui, victime d'un cancer du pancréas ayant nécessité une intervention en urgence de 14 heures, un séjour à l'hôpital de 12 semaines et une convalescence forcée de 3 mois. Les médecins ne donnent alors pas cher de sa peau...

Chris rea glacesChris, fils d'un glacier de Middlesbrough.

Chris rea 2Pas de plan sur la comète, ni ambition musicale.

Chris rea the beautiful losers 77Avec les Beautiful Losers qu'il quitte en 77.

Chris rea on the beachArtiste des 80's avec On The Beach...

Chrsi rea the road to hell...The Road To Hell...

Chris rea auberge...puis  des 90's (Auberge).

Chris rea reparti pour un tourToujours actif malgré une santé précaire.

...et qui travaille et vit à son rythme.

Il y survit et ce coup dur surmonté a immanquablement transformé l'homme, que ce soit physiquement comme dans l'état d'esprit. Aujourd'hui, Chris Rea ne fait plus de musique pour le seul business comme c'est le cas depuis ses premiers succès où il flirte avec le pop-rock.

Il goûte plus que jamais au plaisir d'être encore en vie et, plus que tout autre, choisit de privilégier les choses qu'il aime, dont la musique, le blues notamment, ses racines, qui reprend une place prioritaire en lui, comme à ses débuts.

Il accompagne la promesse qu'il s'est faite pour le cas où il s'en sortirait, de la création de son propre label, histoire d'échapper aux pressions du milieu discographique.

Depuis, il choisit le tempo, le modus operandi et ce style de vie professionnel lui réussit plutôt bien, au regard de ses dernières productions discographiques et des concerts sold-out qu'il continue à donner.

Road Songs For Lovers, album de ballades sorti à la fin de l'été 2017, nous dévoile un Rea au mieux de sa forme ; la tournée de promotion du disque s'annonce d'ores et déjà explosive.

Du journalisme à la musique.

Originaire du Nord-est de l'Angleterre, plus exactement de la ville portuaire sur la mer du Nord, Middlesbrough, Chris Rea, Christopher Anton Rea pour l'état civil, est l'un des 4 enfants d'un père italien, Camillo, et d'une mère irlandaise, Winifred Slee.

Les Rea ont pignon sur rue. Camy (Camillo), le papa est, dans les années 70, un commerçant réputé de la place de Middlesbrough, propriétaire d'une usine de fabrication de crèmes glacées (Mr. Really Good Ices), de nombreux snacks et points de vente ambulants et employeur de plus de 200 personnes.

Les affaires paternelles étant tellement populaires, Chris exploitera cette aubaine pour promouvoir son premier single d'artiste, So Much Love, en mai 1974. Sans succès hélas.

Grâce à Joe Walsh.

Chris Rea n'a pas d'ambition musicale avérée à la fin de son adolescence ; il se destine plutôt à une carrière dans le journalisme. Alors qu'il se disperse dans divers petits jobs dont un emploi dans l'entreprise familiale, c'est Joe Walsh et son album The Smoker You Drink The Player You Get qui suscitent en lui l'envie de piquer au truc. Ry Cooder et Little Feat comptent aussi parmi ses héros.

Il a 19 ans quand il touche sa première guitare, 22 ans quand, après deux grosses années à apprendre et à s'entraîner, il tombe sous le charme de la slide du guitariste américain, au point de décider de penser sérieusement, dès 1973, à faire de la musique et d'en vivre, sans pour autant chercher à tirer des plans sur la comète.

Dans le viseur du Melody Maker.

Son apprentissage passe d'abord par un trio folk nommé Cattermole, Rea & Taylor, puis par le groupe local de Teesside, Magdalene, devenu The Beautiful Losers (un single), nommé meilleur jeune groupe pour le Melody Maker de l'année 1975. Chris Rea quitte les Beautiful Losers en 1977.

Dans le même temps, il signe un 45T initial en mai 1974 : So Much Love/Born To Lose, puis s'engage dans une carrière solo (1977) auprès de Magnet Records qui lui a permis de sortir son premier single, trois ans plus tôt.

Parallèlement, Chris Rea contribue au disque de la fratrie Caffrey (Phil, Peter et Paul), évoluant alors sous Arbre (Time And Again/1977), ainsi qu'au deuxième LP de Hank Marvin, leader des Shadows (The Hank Marvin Guitar Syndicate/1977) et compose, avec Lou Reizner (version orchestrale de Tommy des Who), la musique du film britannique Black Joy (1977).

Pour le producteur de Chicago, c'est la dernière apparition discographique, ce dernier disparaissant d'un cancer du côlon en juin de cette même année.

Sous les traits de Benny Santini.

1978 est à marquer d'une pierre blanche car elle marque la sortie dans les bacs du premier album de l'artiste : Whatever Happened To Benny Santini ? (avril 1978/Magnet).

Le disque, partiellement présenté au Midem 1978, abrite le premier succès de Chris Rea aux États-Unis, Fool (If You Think It's Over), lequel s'installe au 12ème rang du Billboard. Bien mieux qu'au Royaume-Uni où il pointe à une décevante 34ème place...

Chris Rea, Benny Santini pour l'intérêt commercial du projet, n'est pas encore prophète en son pays, malgré l'apport à la production de Gus Dudgeon (auprès d'Elton John depuis 1970).

Un an plus tard, après avoir défendu son premier album sur les routes européennes (Pologne, Pays-Bas notamment) avec quelques membres des Beautiful Losers derrière lui et avoir été nominé aux Grammy pour la révélation de l'année (il est battu par Billy Joel), le gars de Boro publie l'excellent et sous-estimé Deltics (février 1979/Magnet).

Celui-ci annonce le songwriter et l'interprète à venir, celui qui va enfiler comme des perles les titres à succès. L'horizon s'éclaircit pour lui, malgré les mauvaises ventes de Deltics.

Les 80's, ses années.

Le début des années 80 confirme la progression de l'artiste : si la qualité de Tennis (qu'il produit lui-même/1980), l'éponyme Chris Rea (Magnet/1982), Water Sign (Magnet/Mai 1983) porté par le single I Can Hear Your Heartbeat, Wired To The Moon (Magnet/avril 1984) ne paient pas encore, le 7ème album studio, Shamrock Diaries (Magnet/mars 1985) récolte enfin les lauriers.

Chris rea portrait

" Une carrière est faite de succès et de ratés. Toutes mes idoles ont connu ça : Joe Walsh n'a eu qu'un seul tube. Joni Mitchell, Van Morrison, Eric Clapton, Mark Knopfler... idem ; la chance va et vient mais ils sont toujours là. Mon idée, c'est qu'il faut continuer à faire ce que tu as à faire, et c'est tout. Que tu aies un hit ou non indique simplement le degré d'efficacité de ta maison de disques. Je l'ai toujours dit : si tu obtiens un hit, c'est grâce à ta maison de disques. Il n'y a aucun doute pour moi. Tu peux faire une mauvaise chanson et une bonne maison de disques en fera un tube. Tu peux faire une bonne chanson et une mauvaise maison de disques s'arrangera pour que personne ne l'entende." (Chris Rea)

Autour de son nouveau groupe, The Fireflies, concentration de musiciens chevronnés, d'une équipe technique renouvelée et renforcée, Chris Rea tisse un opus qui va rayonner sur le Vieux-Continent (or et platine dans plusieurs pays) et lui permettre d'accéder enfin à la reconnaissance internationale. Joséphine, dédié à sa fille, en est la poutre-maîtresse : N°3 en Hollande, 5 en France, 17 en Belgique, 67 au Royaume-Uni. Shamrock Diaries est une première confirmation de la percée de Rea.

Le jazzy On The Beach enfonce le clou l'année suivante. Sorti en avril 1986, le huitième volet de son catalogue fait encore mieux grâce à sa chanson-titre, 57 en Grande-Bretagne (12 dans sa version rééditée en 1988), qui réfère à une plage de Formentera où Chris et Joan ont décidé de s'unir pour la vie. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, l'album On The Beach ne se vend pas super bien.

Une très belle discographie.

Après 10 ans de carrière solo, Chris Rea redouble d'efforts, donne la priorité à la musique et non plus au tube et signe un 9ème LP, Dancing With Strangers (septembre 1987), qui touche enfin sa cible dans les charts, se classant 2ème derrière Bad de Mickael Jackson.

Une compil' en 1988 (New Light Through Old Windows) et The Road To Hell (octobre 1989), N°1 un peu partout sur la planète et vendu à plus d'un million d'exemplaires, installent définitivement l'artiste parmi le gratin du moment.

Auberge (février 1991), dans la même filière que son prédécesseur, récidive en prenant le leadership des charts anglais. Enregistré dans le Var (Miraval), ce double disque de platine reste classé 37 semaines au Royaume-Uni ; aux États-Unis, il ne connaît pas la même réussite (1976 au Billboard). Indispensables, The Road To Hell et Auberge demeurent les deux chefs d’œuvre de la discographie de l'anglais.

Contrarié par de très graves problèmes de santé dès 1995 (cancer du pancréas), Chris Rea n'en poursuit pas moins une belle carrière depuis, ponctuée de nouveaux albums de grande qualité.

Fort de plus d'une trentaine d'albums, son catalogue s'est enrichi cette année du très bon Road Songs For Lovers (2017), placé comme il se doit dans la veine de ce qu'il sait si bien faire depuis le début des 80's. C'est comme ça qu'on l'aime, non ? (RAZOR©)

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1978

 

Chris rea bennysantini78

 

CHRIS REA

WHATEVER HAPPENED TO BENNY SANTINI ? - 1978  2,5/5

 

Publié en avril 1978.

Produit par Gus Dudgeon.

Durée:38:07.

Label:Magnet Records (U.K),United Artists (U.S.A).

Genre:AOR,pop-rock,soft rock,blues-rock.

 

C'est par cet album, sorti en 1978, que Chris Rea lance la brillante carrière solo que l'on sait. Il faut un début à tout et le premier LP du p'tit gars de Boro, Whatever Happened To Benny Santini ? (en écoute intégrale ici) a les défauts inhérents à la jeunesse et à l'inexpérience.

Visiblement dans le cadre de ce disque, l'artiste (26/27 balais) n'est pas encore taillé pour le rôle qu'il va endosser dès le milieu des 80's, pour lequel il va prendre une envergure internationale et devenir le chéri de ces midinettes.

Pour le coup, le costume est encore trop grand pour Benny Santini qui tatônne encore pour trouver comment imprimer sa marque. Eh, oui ! Chris Rea est le fameux Benny Santini en question, surnom ridicule que le label Magnet Records envisage d'imposer à l'artiste pour un meilleur attrait commercial...

Benny Santini ??? Et pourquoi pas Pino Lattuca ou Beppy Zavatiero ? Ou Chris et les rabots ? Le Rea Ono Band ? Avec un nom à coucher dehors comme Benny Santini, t'es sûr que l'avenir à court terme de Chris Rea a tout du chausse-trape, que sa carrière est finie avant d'avoir réellement débuté. Y a de ces idées quand même...et Chris y échappe. Il reste Chris Rea et ça lui va bien comme ça.

Il ne peut, par contre échapper au constat que l'encéphalogramme de cet album est plat. L'essentiel de son contenu s'avère incolore, inodore et sans saveur, la faute à une matière fadasse et à une créativité encore en gestation. L'apport de Gus Dudgeon (Elton John)à la production n'est qu'un cataplasme sur une jambe de bois. Il fait avec ce qu'on lui donne.

Chris Rea montre bien quelques velléités intéressantes (Three Angels, Bow And Bangles, Fires Of Spring) par lesquelles on peut entrevoir un potentiel rassurant pour l'avenir mais il est clair qu'il doit encore et surtout grandir. On s'abstiendra donc de chercher à acquérir coûte que coûte le témoignage des premiers pas de l'anglais. Il y a mieux ailleurs : le prochain LP et les 80's et 90's qui sont ses années (RAZOR©).

 

1. Whatever Happened To Benny Santini ?

2. The Closer You Get.

3. Because Of You.

4. Dancing With Charlie.

5. Bows And Bangles.

6. Fool (If You Think It's Over).

7. Three Angels.

8. Just One Of Those Days.

9. Standing In Your Doorway.

10. Fires Of Spring.

 

Chris Rea:chant,guitare,claviers,synthétiseurs.

Robert Ahwai,Eddie Guy,Paul Keogh:guitare.

Phil Curtis,Pat Donaldson,Dave Markee,Eoghan O'Neill:basse.

Rod Argent:claviers,piano électrique.

Max Middleton,Kevin Leach:claviers.

Pete Wingfield:claviers,piano.

Dave Mattacks,Norman Nosebait,Adrian Rea:batterie.

Steve Gregory:saxophone.

Martin Ditcham,Gus Dudgeon,George Woodhead:percussions,

Frank Ricotti:percussions,tabla,conga.

Doreen Chanter,Irene Chanter,Stuart Epps:choeurs.

LP Studio 2 - 1979

 

Chris rea deltics 79

 

CHRIS REA

DELTICS – 1979  3,5/5

 

Publié en 1979.

Produit par Gus Dudgeon.

Durée:45:51.

Label:United Artists.

Genre:pop-rock,AOR.

 

Contraint et forcé.

 

Pour, Deltics, le deuxième LP de la carrière de Chris Rea, le Benny Santini de l'album précédent, il retrouve ici son producteur Gus Dudgeon (il est aussi celui d'Elton John), mais, comme ce fut le cas pour l'opus ouvrant le catalogue, sans avoir le moindre contrôle sur ce qu'il fait. Hélas, Whatever Happened To Benny Santini coûte un os et ne marche pas terrible mais génère un hit, Fool (If You Think It's Over). Conclusion : le label met la pression est les épaules de Rea pour bisser dans le succès.

On (le label) lui fait alors faire des choses annexes qui le gonflent royalement, comme celle de vouloir lui coller à tout prix le surnom ridicule de Benny Santini pour lancer sa carrière, voire de se montrer partout, de faire des radios, des plateaux TV, des séances photos entre deux avions.

Le gars de Borough, un peu naïf pour le coup sur les obligations du métier, venant d'être sélectionné pour les Grammy au titre de talent de l'année 78 pour le titre Fool (if you think it’s over), Magnet Records pousse l'artiste à s'y rendre. Normal, il se paie sur la bête. Mais Rea n'apprécie pas du tout de se disperser autant. Et la musique dans tout ça ?

Le label persiste à vouloir faire de son poulain un artiste de variétés ; ce que Chris Rea n'entend pas être. Il ne veut plus être ce Benny Santini que Magnet entend bien prolonger un temps pour servir la musique commerciale définie par sa stratégie. Désormais, c'est Chris Rea. Basta Santini !

Deltics est donc fait dans cet état d'esprit et son auteur, bien que prenant un peu plus le contrôle artistique, est contraint de prendre plus ou moins le pli de ce qu'on lui impose contractuellement. C'est la raison pour laquelle on alterne ici entre du bon pop-rock et des titres flirtant parfois avec le disco.

Rajoutez-y la production de Dudgeon avec lequel Rea ne partira pas en vacances ; le musicien et le producteur ne sont plus sur la même longueur d'ondes. Visiblement, Chris n'a plus envie de travailler avec Gus. Ce dernier profiterait du fait que Rea soit éloigné pour faire un peu ce qu'il veut dans la production. Bref, le contexte n'est pas favorable du tout, la frustration est énorme pour un Rea d'évidence bridé.

Nommé en référence aux locomotives diesel du réseau ferroviaire de la British Railways entre 60 et 70, le disque se vend mal mais ne déçoit pas dans son contenu malgré la variété présente. Très représentatif du son de la musique de cette fin de décennie, Deltics véhicule son lot de belles pièces : Twisted Wheel, Cenotaph/Letter From Amsterdam, Things Lovers Should Do, Raincoat And A Rose, la chanson-titre et Diamonds, le hit de l'album.

Perso, c'est un des disques de Rea que je préfère. On est dans une veine Elton John ou Billy Joel, mais on est surtout loin des Auberge, Joséphine ou autre On The Beach, il faut le savoir (RAZOR©).

 

1. Twisted Wheel.

2. The Things Lovers Should Do.

3. Dance (Don't Think!).

4. Raincoat And A Rose.

5. Cenotaph/Letter From Amsterdam.

6. Deltics.

7. Diamonds.

8. She Gave It Away.

9. Don't Want Your Best Friend.

10. No Qualifications.

11. Seabird.

 

Chris Rea:chant,guitare,claviers,synthétiseurs.

Robert Ahwai:guitare.

Eoghan O'Neill:basse.

Kevin Leach,Max Middleton:claviers.

Dave Mattacks,Adrian Rea:batterie.

Martin Ditcham:percussion.

DISCOGRAPHIE ÈRE MODERNE.

LP Studio 25 - 2005 (Coffret 11 CD)

 

Chris rea blue guitars 2

 

CHRIS REA

BLUE GUITARS – 2005  5/5

 

Publié le 14 octobre 2005.

Procuit par Chris Rea,Andy Wilman.

Durée:613:30.

Label:Jazzee Blue,Earbooks.

Genre:blues.

 

Respect Mr Rea !

 

Un jour, un ostrogoth de mon entourage vient me susurrer à l’oreille que Chris Rea avait récemment publié un coffret comprenant pas moins de onze cédés. Sûr de mon fait, je lui rétorque que cela ne peut être qu’une rétrospective de sa carrière.

Tu parles Charles, je m’suis fourré le doigt dans l’œil jusqu’au coude ; t’en connais beaucoup des artistes aussi prolifiques capables de sortir 11 pièces inédites en une seule fois ? De mémoire, j’avais en tête le 13th Floor Elevators qui a fait un coup de 8, et encore… c’était du réchauffé, du déjà entendu pour l’essentiel.

Mais là, 11 galettes sous un même habillage et qui réfèrent au blues (Blue Guitars – 2005), qui plus est avec du neuf, je ne sais pas si quelqu’un a fait mieux. Personnellement, je n’ai jamais eu entre les pattes un tel projet…

Chris Rea ? Il a bien démarré dans le métier dans les années 70 mais je n’ai jamais été un inconditionnel pur et dur, ni de lui, ni de Josephine, mais il figure encore parmi ceux qui m’ont permis de ne pas décrocher complètement du rock dans la décennie suivante (des années musicalement merdiques), grâce à Road To Hell, On The Beach (des passages obligés des discos de l’époque dans lesquelles je me fourvoyais alors) ou à l’album Auberge que je me remets dans les esgourdes à l’occasion. Au même titre que des U2 ou Dire Straits, il m’a permis de rester au contact comme on dit. Car pour le reste, on en reparle quand vous voulez…

11 albums (plus un DVD et un livre de 72 pages) ! Et du blues comme indiqué. C’est fou, inimaginable. Et pourtant il l’a fait le Chris, ultra célèbre sur le Vieux Continent et laissé pour compte de l’autre côté de l’Atlantique ! Et c’est pas d’la gnognotte son truc, ça tient bigrement la route.

Pourtant, dès son entrée dans le nouveau millénaire, les dés sont pipés par la faute d’un double cancer (estomac/pancréas) salement moche et qui ne lui laisse comme espoir de s’en tirer qu’une chance sur deux.

Chris Rea, cinquante kilos tout mouillé, est alors à l’article de la mort, il faut le savoir. Il va puiser en la maladie des forces phénoménales pour donner un autre sens à sa carrière : revisiter le blues, ses racines.

Ce qu’il fait en créant son propre label, histoire de se donner toutes les coudées franches et de s’affranchir des contraintes du milieu. Le travail qu’il enchaîne alors est plutôt rassurant au regard des albums qui précèdent Blue Guitars, Dancing Down The Stony Road et The Blue Juke Box.

Poussé par une voracité inventrice peu commune dans la profession, animé par une irrésistible envie de prendre le dessus sur la maladie, son jeu de guitare fluide se remet à flamboyer comme aux plus belles heures, son timbre de voix grave et caverneuse à nous envoûter…

Blue Guitars est un défi permanent dans ses onze pièces thématiques : Beginnings, Country Blues, Louisiana & New Orleans, Electric Memphis Blues, Texas Blues, Chicago Blues, Blues Ballads, Gospel Soul Blues & Motown, Celtic & Irish Blues, Latin Blues et 60’s & 70’s.

Chris Rea connecte tous les styles de blues, d’où qu’ils viennent, quelles qu’en soient les époques, de ses sources africaines au blues plus moderne, et en livre une vision expérimentale tout à fait personnelle travaillée à l’arrache, dans le dur, pendant un an et demi, approche mise sous les feux de la rampe par un subtil travail de production et par une instrumentalisation bien équilibrée.

Résultat : 137 chansons, des originaux s’il vous plaît, qui dit mieux ? Et si vous pensez immanquablement qu’un tel projet génère des moments d’ennui, vous vous mettez le même doigt dans l’œil que moi et jusqu’au même niveau.

Je me suis coltiné ce voyage, que dis-je cette odyssée, de dix heures et des dans le blues, en trois fois (une pause bières est nécessaire) et tout est passé comme une lettre à la poste. Ce coffret est bluffant !

Compte tenu de son prix, certains peuvent avoir une soudaine prolifération d’oursins dans la poche, mais il faut parfois avoir les couilles de casser sa tirelire... Qu’ils soient rassurés, le défi de Chris Rea est gagnant comme vous ne pouvez même pas l’imaginez. C’est plaisir, plaisir et encore plaisir et blues, blues, blues (RAZOR©).

 

Beginnings (1).

1. West Africa.

2. Cry for Home.

3. The King Who Sold his Own.

4. White Man Coming.

5. Where The Blues Come From.

6. Lord Tell Me It Won't Be Long.

7. Work Gang.

8. Praise The Lord.

9. Sweet Sunday.

10. Sing Out The Devil.

11. Boss Man Cut My Chains.


 

Country Blues (2).

1. Walkin' Country Blues.

2. Man Gone Missing.

3. Can't Stay Blues.

4. KKK Blues.

5. Too Much Drinkin'.

6. Catwalk Woman.

7. If You've Got A Friend in Jesus.

8. Head Out On The Highway.

9. Wild Pony.

10. Steam Train Blues.

11. Going Up To Memphis.

12. Somewhere Between Highway 61 & 49.

13. Ticket For Chicago.

14. Dance All Night Long.


 

Louisiana & New Orleans (3).

1. Two Days Missing Down The Viper Room.

2. Who Cares If I Do.

3. What Made Me Love You.

4. You Got Dixie.

5. One Night With You.

6. Talking 'bout New Orleans.

7. La Fleur De La Vie.

8. Catfish Girl.

9. Only A Fool Plays By The Rules.

10. Baby Come Home.

11. Dance Avec Moi.

12. L'ete Eternal.


 

Electric Memphis Blues (4).

1. Electric Guitar.

2. Electric Memphis Blues.

3. All Night Long.

4. Born Bad.

5. Let's Start Again.

6. What I'm Looking For.

7. Rules Of Love.

8. What You Done To Me.

9. Hobo Love Blues.

10. Pass Me By.

11. The Soul Of My Father's Shadow.

12. My Blue World Says Hello.


 

Texas Blues (5).

1. Lone Rider (Texas Blues).

2. Texas Blue.

3. No Wheels Blues.

4. Lone Star Boogie.

5. Blind Willie.

6. The American Way.

7. Angellina.

8. Truck Stop.

9. Weekend Down Mexico.

10. Texas Line Boogie.

11. Too Big City.

12. Houston Angel.


 

Chicago Blues (6).

1. I'm Moving Up (Chicago Blues).

2. Maxwell Street.

3. Bob Taylor.

4. She's A Whole Heap Of Trouble.

5. Jazzy Blue.

6. Hip-Sway.

7. That's The Way It Goes.

8. To Get Your Love.

9. Chicago Morning.

10. Catwalk Woman.

11. Since You've Been Gone.

12. All Night Long.

13. Here She Come Now.


 

Blues Ballads (7).

1. Last Call (Blues Ballads).

2. Maybe That's All I Need To Know.

3. Deep Winter Blues.

4. If I Ever Get Over You.

5. I Love The Rain.

6. My Soul Crying Out For You.

7. If That's What You Want.

8. There's No One Looking.

9. What Became Of You.

10. My Deep Blue Ways.


 

Gospel Soul Blues & Motown (8).

1. Sweet Love.

2. Break Another Piece Of My Heart.

3. Ball & Chain.

4. Gospel Trail.

5. Shy Boy.

6. Come Change My World.

7. Call On Me.

8. Just In Case You Never Knew.

9. Let Me In.

10. I’ll Be There For You.

11. The Pain Of Loving You.

12. Are You Ready.


 

Celtic & Irish Blues (9).

1. Celtic Blue (Celtic And Irish Blues).

2. Too Far From Home.

3. 'Til The Morning Sun Shines On My Love And Me.

4. Lucky Day.

5. What She Really Is.

6. Wishing Well.

7. Irish Blues.

8. No More Sorrow.

9. While I Remain.

10. Last Drink.

11. 'Til I Find My True Love's Name.

12. Big White Door.

 

 

Latin Blues (10).

1. Hey Gringo (Latin Blues).

2. Immigration Blues.

3. Still Trying To Clear My Name.

4. Sun Is Hot.

5. Screw You And Your Deep Blue Sea.

6. Nothing Seems To Matter No More.

7. Sometimes.

8. Lampiou.

9. Keep On Dancing.

10. Lucifer's Angel.

11. How I Know It's You.

12. Forever.

13. You Got Soul.

14. Bajan Blue.


 

'60s and '70s (11).

1. My Baby Told Me .

2. Got To Be Moving.

3. Baby Told Me.

4. Heartbreaker.

5. Yes I Do (Instrumental).

6. Wasted Love.

7. Cool Cool Blue.

8. Clarkson Blues.

9. Who Killed Love.

10. Never Tie Me Down.

11. Mindless.

12. Ain't That Just The Prettiest Thing.

13. Nobody But You.

14. Waiting For Love.

15. Blue Morning In The Rain.

 

Chris Rea:guitares,claviers,mandoline,banjo,dobro,basse et autres.

Robert Ahwai:guitare.

Sylvin Marc:basse.

Gerry O'Connor:banjo.

Ed Hession:accordéon.

Martin Ditcham:batterie.

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