Colin Blunstone.

BIOGRAPHIE.

 

COLIN BLUNSTONE/Hatfield (Angleterre)

 

Colin blunstone 1973 2

 

Connu également sous Neil Mac Arthur.

Actif depuis 1959.

Labels:Epic,Decca,CBS,Deram.

Genre:rock,pop,pop-rock.

Site officiel:colinblunstone.co.uk

 

Un des meilleurs chanteurs anglais de sa génération.

Colin Blunstone, dans les années 60, est le chanteur des Zombies. Ce groupe n'évoque peut-être pas grand chose à certains et pourtant on lui doit un des plus beaux albums de pop psychédélique que l'Angleterre ait engendré.

Comparé ni plus ni moins à Pet Sounds des Beach Boys, 2ème LP de tous les temps derrière l'inamovible Sergent Peppers (Beatles), Odessey And Oracle, sorti en 1968, est une véritable pièce d'orfèvrerie musicale dont Rolling Stone Magazine a placé l'écrin au 100ème rang de son célèbre classement.

Colin blunstone the zombiesColin Blunstone (à droite) : la voix des Zombies.

Colin blunstone 1973Colin Blunstone en 1973.

Colin blunstone one yearOne Year : du grand art !

Colin blunstone et rod argentResté très proche de Rod Argent.

Colin blunstone the zombies nowLes Zombies, c'est reparti !

Ce prestigieux reliquaire recèle lui-même 4 pièces précieuses que les charts américains, en pleine british invasion, ont sacralisées (She's Not There, Tell Her Not, She's Coming Home et Time Of The Season).

Paradoxalement, les anglais, n'ont pas montré le même enthousiasme pour cette sublime voix éthérée brodée autour des claviers mélancoliques et élégants de Rod Argent, pourtant désigné initialement comme chanteur principal dès 1961.

St Albans, le terreau.

Colin Blunstone voit le jour en juin 1945. A l'état civil de Hatfield, alors ville industrielle dans l'avionnerie, il est enregistré comme Colin Edward Michael Blunstone. Elève de la Grammar School For Boys du comté de St Albans, comme beaucoup de ses contemporains musiciens, Colin Blunstone débute dans un groupe scolaire, mais constitué d'éléments issus de deux écoles distinctes de la région de St Albans.

Rod Argent, Paul Atkinson et Hugh Grundy forment l'ossature des Mustangs, l'autre pilier de cette mouture qui joue pour la première fois ensemble un jour de Pâques 1961. Quand Argent cherche à monter un groupe plus ambitieux la même année, Colin Blunstone et Paul Arnold (puis Chris White) sont sollicités pour intégrer le projet. Tous sont encore à l'école.

La voix des Zombies.

Cette incarnation enlève un concours régional lui donnant le droit d'enregistrer une démo. L'accrocheur She's Not There est la récompense en question lui ouvrant alors les portes de Decca Records.

De quoi donner de nouvelles ambitions à une formation qui va, dès 1964, se parer du nom de Zombies et devenir un des acteurs les plus prolifiques et les plus frais de la british invasion.

She's Not There/You Make Me Feel Good, sorti en juillet 1964, est le premier single du groupe ; il se classe 12ème des charts britanniques. Mieux, il se positionne en 2ème place du Billboard et en tête du Cash Box. Il permet aux jeunes ados de faire les TV, tant anglaises qu'américaines.

Derrière le groupe enchaîne Leave Me Be, Tell Her No (top 10 US), She's Coming Home, Whenever You're Ready, Gotta Get A Hold Of Myself. Séduisante formation très représentative de la vague british submergeant les States, paradoxalement, les Zombies n'obtiennent pas le même succès sur leurs terres.

Odessey And Oracle, le graal.

De 1964 à 1967, les Zombies publient trois albums : The Zombies (janvier 1965) pour le marché américain, Begin Here (mars 1965) pour celui britannique, tous deux réalisés dans la précipitation et sous la pression de la british invasion ambiante. Ils se vendent très mal.

Pour parer à cette situation, le groupe enregistre, entre juin et août 1967, Odessey and Oracle (CBS). C'est un chef d'oeuvre, autoproduit avec un faible budget. Quand il sort au Royaume-Uni, en avril 1968 (en juin aux USA), les Zombies ne sont plus. Malgré le succès de Time Of The Season (top 5 US), les membres ne reviennent pas sur leur décision. Les Zombies, c'est fini (décembre 1967) !

Mac Arthur pour se faire un nom.

Restés en bon terme, leurs parcours continuent de se croiser après cette expérience. Rod Argent crée une maison d'édition musicale et monte son propre groupe (Argent), que Chris White, auteur de 7 des 12 titres de l'album pop baroque culte évoqué ci-dessus, alimente en écriture.

Les deux seront de précieux alliés et contributeurs dans le lancement de la carrière solo de Colin Blunstone, débutée sous Neil MacArthur.

Après avoir brièvement travaillé comme agent d'assurances, Colin Blunstone, poussé par le producteur Mick Hurst (Cat Stevens), reprend sa place sur la scène musicale en 1969, année au cours de laquelle il signe avec Deram.

Pour la filiale de Decca, il publie quelques singles sous l'identité de MacArthur : une nouvelle version de She's Not There (face B : Hung Upside Down), Without Her/Twelve Twenty Nine, Don't Try To Explain/World Of Glass, Never My Love/It's Not Easy et une adaptation de She's Not There en italien. Ce lot se retrouve sur Into The Afterlife des Zombies, sorti en 2007.

Colin blunstone

« Rod a toujours dit qu'il a appris à écrire des chansons quand il les a écrites pour ma voix. Chaque fois qu'il écrit, inconsciemment, il a ma voix qui trotte dans sa tête et il sait comment l'utiliser. Le contraire est valable. J'ai appris à chanter de manière plus professionnelle quand je le faisais sur des chansons de Rod. Nous nous sommes beaucoup influencé mutuellement durant notre carrière. » (Colin Blunstone)

One Year : du grand art.

Colin Blunstone tombe son nom d'emprunt quand sa carrière commence à prendre plus de volume, autrement dit en 1972 avec Say You Do Not Mind (15 en Grande-Bretagne) et I Don't Believe in Miracles (31).

Say You Do Not Mind se retrouve sur son premier album solo, One Year (Epic/novembre 1971), produit par Rod Argent et Chris White et que ces derniers ont appuyé en fournissant trois titres (She Loves the Way Ils Love Her, Smokey Day et Her Song). Comme quoi le trio ne manque une occasion de se retrouver.

Excellente vitrine pour le chant de Blunstone à l'image du bouleversant Goodbye Caroline (à propos de sa rupture d'avec le mannequin Caroline Munro), One Year qui, comme son nom l'indique a mis un an à être enregistré, est soigné, précis, intense, gracieux et mélancolique. Du grand art.

Au sommet de sa forme vocale.

Pour Ennismore (novembre 1972), on prend les mêmes et on recommence. Même combat, même résultat. Colin Blunstone sort un deuxième album aussi convaincant que son prédécesseur. Il est derrière 9 des 11 morceaux de l'album, signe qu'en plus de la régularité, il commence à devenir complet, même si Journey (1974) est un peu en retrait de ses productions précédentes.

Planes (1976), Never Even Thought (1978) et Late Nights In Soho (1979) sont faits pour le compte de The Rocket Record Company, le label d'Elton John. Les deux premiers cités dévoilent un interprète au sommet de sa forme vocale et confortent un auteur-compositeur à la force d'écriture avérée. Il est regrettable que cette paire de LP n'ait pas bénéficié d'un meilleur retour à sa sortie car ce sont d'excellents disques, mais très largement mésestimés. Late Nights In Soho referme le livre de ses 70's. La sortie de cet opus encore très solide est limitée à la seule Europe.

Les Zombies reviennent !

La fin de la décennie et les années 80 de l'artiste sont consacrées à des collaborations sur des projets de confrères comme Mae McKenna, Mike Batt, Alan Parsons Project, Dave Stewart, ou à une implication furtive dans Keats, émanation de musiciens d'Alan Parson Project, de Camel et de Cockney Rebel.

Durant les années 90, Colin Blunstone retrouve les Zombies pour un 3ème LP studio sans importance, New World (1991), puis bascule dans la musique publicitaire avant de revenir en studio pour réaliser pour lui Echo Bridge (1995), moins puissant que ses travaux antérieurs, et The Light Inside (1998), lequel marque la dernière apparition de Cozy Powell, légendaire batteur anglais.

Une belle histoire d'Argent.

Un an plus tard, Blunstone et Argent se retrouvent à partager fortuitement la scène avec John Dankworth. Ces retrouvailles font naître l'envie de partager un avenir en commun. Le duo repart en tournée aux Etats-Unis et enregistre un LP, On The Shadows (2001). Il dure jusqu'en 2004 quand le projet des Zombies (réorganisés) est réactivé.

La mouture d'origine survivante du groupe prend part aux festivités d'anniversaire (40 ans) d'Odessey And Oracle en 2008. Elle donne 3 concerts entre le 7 et le 9 mars 2008. Elle est toujours active aujourd'hui.

Sa discographie personnelle se complète, un an plus tard, d'un bon The Ghost Of You And Me (2009) par lequel Blunstone s'affirme comme un des plus grands chanteurs britanniques de sa génération. Ce que son excellent dernier album, On The Air Tonight de 2012, confirme. Un nouveau disque est prévu pour 2017. On l'attend avec impatience (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE THE ZOMBIES 60'S.

LP Studio 1 (U.S) - 1965

 

Zombies zombies album 1965 us

 

THE ZOMBIES

THE ZOMBIES ALBUM – 1965  3,5/5

 

Publié en janvier 1965.

Produit par Ken Jones.

Durée:43:49.

Label:Parrott.

Genre:pop-rock,rhythm & blues,pop psychédélique,pop baroque..

 

La Zombiemania est en marche.

 

En 1964, les Zombies remportent un concours réservé aux groupes beat qui leur vaut d’enregistrer une démo pour Decca, le label anglais. Ils n’ont pas encore de plan de carrière précis, mais le fait d’emporter cette compétition les rend euphoriques. Ils se prennent pour les nouveaux Beatles et les propositions affluent de toutes parts pour les signer. C’est pourtant à Ken Jones, qu’il revient l’honneur de les produire et de les manager, ce dernier leur aménageant un contrat privilégié à des conditions favorables.

Un contrat chassant l’autre, la puissante maison de disques Decca reprend les choses en main et intime au Fab Five de St Albans de composer quelques titres. She’s Not There, You Make Feel Good et Summertime, une reprise, sont rapidement enregistrées. She’s Not There est envoyé au casse-pipe par Jones. Bingo, c’est un succès international dont raffolent les américains notamment.

Derrière tout s’enchaîne, un LP éponyme suit en janvier 1965, sous licence Parrot pour les States, mais les enregistrements sont du Decca londonien de West Hampstead. Trois tournées américaines s’ensuivent qui font des Zombies les équivalents des Beatles chez l’Oncle Sam. La Zombiemania est en marche ; les anglais, en première ligne de la British Invasion ambiante et en avance par rapport à la musique de leurs rivaux britanniques la plupart du temps scotchés au R & B, ont conquis l’Amérique. Leur seule faiblesse est de ne pas être idéalement suivis et entourés, ce qui explique leur manque de succès  et leur disparition précipitée. Que leur pop majestueuse et sophistiquée déchaîne les passions 50 ans plus tard, n’est donc que justice…

Ce disque, aux mélodies subtilement ciselées, aux harmonies vocales raffinées et ouvrant le catalogue des Zombies, s’appuie sur une douzaine de titres essentiellement récupérés de leur premier LP britannique, Begin Here, enregistré entre juin et novembre 1964, mais publié en mars 1965.

Réunis à la hâte pour promouvoir les anglais sur le marché US, il est porté par le subtil She’s Not There et You Make Me Feel Good, les singles à succès Outre-Atlantique, mais révèle quelques belles révélations comme Tell Her No et What More Can I Do, ou comme l’adaptation qui est faite du medley soul repris à Smokey Robinson et Sam Cooke, You’ve Really Got A Hold On Me/Bring It On Home To Me ou de la reprise de Muddy Waters, I Got My Mojo Working ainsi que du jazzy Summertime de Gerschwin.

Ken Jones va jusqu’au bout de son implication dans le groupe en signant l’instrumental Work ‘n’ Play, mais il a plus valeur de remplissage ici, l’essentiel à retenir étant concentré sur les originaux dus au tandem Argent/White (7/12). La plupart de ces pièces se retrouvent par ailleurs sur les nombreuses compilations et best of du groupe.

L’album américain a plus valeur historique, d’autant qu’il est très difficile à trouver. Pour peu qu’on l’ait, son écoute s’avère très agréable quoi que c’est encore le Zombies en gestation qui opère ici (RAZOR©).

 

1. She's Not There.

2. Summertime.

3. It's Alright With Me.

4. You've Really Got a Hold on Me/Bring It On Home to Me.

5. Sometimes.

6. Woman.

7. Tell Her No.

8. I Don't Want to Know.

9. Work 'N' Play.

10. Can't Nobody Love You.

11. What More Can I Do.

12. I Got My Mojo Working.

 

Colin Blunstone:chant.

Rod Argent:claviers,chant.

Paul Atkinson:guitare.

Chris White:basse.

Hugh Grundy:batterie.

LP Studio 2 (U.K) - 1965

 

Zombies begin here 1965

 

THE ZOMBIES

BEGIN HERE – 1965  3,5/5

 

Publié en mars 1965.

Produit par Ken Jones.

Durée:33:30.

Label:Decca.

Genre:pop-rock,rhythm and blues.

 

Culte et classe.  

 

Les Zombies ont existé et c’est tant mieux pour le rock. Non seulement, ils ont existé, mais ils ont solidement marqué de leur empreinte la scène Beat britannique de la première moitié des 60’s, terreau de la mémorable et phénoménale British Invasion venue affoler les compteurs américains sur leurs terres.

Les Zombies, même s’ils restent encore largement méconnus aujourd’hui, n’ont rien à envier aux autres formations rivales pop/rock du moment, Beatles, Animals, Kinks, les Beach Boys… On pourrait épiloguer longtemps sur les mélodies finement ciselées que ces anglais ont accumulées en nombre dans leur répertoire entre 1964 et 1966 : She’s Not There, Tell Her No, She’s Coming Home… Application type de l’adage « Nul n’est prophète en son pays », le groupe de Colin Blunstone est plus populaire hors de ses frontières qu’intra muros. La preuve, ils trustent régulièrement le haut des hits-parades amerloques.

En ce sens, leur génial Odessey & Oracle (1967), leur dernier aussi, publié après un incompréhensible et déconcertant passage à vide, tombe à point pour mettre définitivement les points sur les i, redonner un coup de lustre à leur blason et les installer, avec le recul, parmi les formations majeures du rock. Les banlieusards londoniens  ne sont pas à considérer par-dessus la jambe, mais il est un fait que leurs compositions pop originales et uniques,  aux harmonies psychédéliques et arrangements luxurieux, étaient un frein pour pouvoir espérer passer sur les ondes. Pas plus qu’elles ne constituaient le format idéal pour être envoyées au casse-pipe sous singles. Ceci explique donc cela.

Avant d’en arriver à leur référence musicale, il leur a fallu d’abord en passer par Begin Here (en écoute intégrale ici) qui est le pendant anglais de The Zombies auquel il succède chronologiquement (mars 1965). Comme l’indique le titre, tout commence ici. Malgré  des concerts régionaux blindés un peu partout et le gain d’un concours local, Les Zombies peinent à sortir la tête de l’eau face à une concurrence impitoyable et plus farouche dans tous les sens du terme, dont les Who et les Stones en sont les leaders, mais enlèvent le droit d’enregistrer une démo (She’s Not There) pour Decca Records qui lui ouvre ses portes pour un premier LP, Begin Here.

Begin Here, dans son enveloppe d’origine, celle que l’on appelait 33 tours, c’est 14 titres. Les rééditions postérieures l’ont enrichi de bonus qui relèvent, pour moi, plus de remplissage que de vrai appoint de qualité ou de réel supplément d’informations. Je m’en tiendrais au disque sorti en 1965 en Angleterre ou à sa traduction américaine (The Zombies), plutôt qu’à ces espèces de compils fourre-tout ou montées de bric et de broc.

Partagé entre reprises (5) et compositions internes émanant pour l’essentiel de Rod Argent (4), leader et claviériste, ainsi que du bassiste Chris White (3), Begin Here est un produit de son temps. Il donne toutefois un bel aperçu du talent que l’on prêtait à ces jeunes garçons. Tout n’est pas parfait mais certaines pièces présentes préparent le joyau à venir.

Les reprises notamment me laissent sur ma faim ; respectables et passionnées, elles sont toutefois moins mordantes que celles d’autres rivaux et n’apportent rien de nouveau, ni de différent, encore moins de supérieur, mais sont de bons indicateurs pour rappeler que, comme c’était de coutume alors et par la majorité des artistes débutants, les Zombies ont compensé leur carence en matériel propre par l’interprétation de pièces du R & B passé ou contemporain. Sur ce terrain, par contre, ils ont trouvé à qui parler. Leur songwriting personnel, par contre, a du slip.

Begin Here  révèle un groupe plutôt bien disposé, réuni autour de Rod Argent. Les belles mélodies pop sont rehaussées par la voix douce et éthérée de Colin Blunstone.

What More Can I Do, She’s Not There, bien sûr, I Remember When I Loved Her, l’instrumental Work ‘N’ Play, The Way I Feel Inside… les ingrédients qui mènent à Odessey & Oracle, leur chef d’œuvre de pop-rock psyché, sont là, mais le chemin pour y parvenir était encore long et semé d’embûches. Ils étaient tellement différents. Trop de classe ou trop complexe peut-être ? En tous cas, ça n’est pas culte pour rien (RAZOR©).

 

1. Roadrunner

2. Summertime

3. I Can't Make Up My Mind

4. The Way I Feel Inside

5. Work 'N' Play

6. You've Really Got a Hold on Me

7. She's Not There

8. Sticks and Stones

9. Can't Nobody Love You

10. Woman

11. I Don't Want to Know

12. I Remember When I Loved Her

13. What More Can I Do

14. I Got My Mojo Working

       

Rod Argent:piano,claviers,chant,harmonica.

Colin Blunstone:chant,choeurs.

Paul Atkinson:guitare.

Chris White:basse,choeurs.

Hugh Grundy:batterie.

Ken Jones:piano sur 5,tambourin sur 12.

LP Studio 3 - 1968

 

Zombies odessey and oracles

 

THE ZOMBIES

ODESSEY AND ORACLE – 1968  5/5

 

Publié le 19 avril 1968.

Produit par The Zombies.

Durée:35:18.

Label:CBS.

Genre:pop psychédélique,pop baroque,sunshine pop.

 

Le joyau oublié de la couronne britannique.

 

Odessey And Oracle (en écoute intégrale ici), chef d’œuvre de 1968, est un modèle d’ingéniosité, d’audace et de raffinement. Ce pinacle de pop baroque psychédélique légué par les anglais des Zombies, depuis que j’en ai fait sa découverte en son temps, n’a plus jamais quitté l’étagère la plus visitée de mon meuble à vinyles, celle où trônent les œuvres les plus légendaires du rock. Grâce à elle, j’ai également fait ami-ami avec les répertoires de ses pères fondateurs, Rod Argent et Colin Blunstone. Un moindre mal par rapport à ce qu’on leur doit d’avoir initié un tel disque.

Songer qu’une si mémorable exécution artistique n’ait pas fait soulever le moindre sourcil de la critique d’alors, encore moins générer un soupçon de  commentaires élogieux dans les milieux autorisés, m’incite à rire sous cape aujourd’hui quand je vois avec quelle hypocrisie, les muets d’hier sont plus loquaces et flatteurs aujourd’hui.

Pour peu, Odessey And Oracle crevait dans son œuf, si le fin nez qu’est Al Kooper n’avait pas travaillé, avec l’acharnement qu’on lui connaît quand il flaire une occasion unique, à plaider avec force conviction auprès de son label pour cette préciosité discographique des 60’s.

Kooper le visionnaire a deviné avant tout le monde l’intérêt à porter à ces rares anglais issus de la British Invasion à ne pas chercher à copier le blues ricain, voire à même à lui tourner le dos. Les Zombies, au R & B du moment, privilégie le jazz, la musique de chambre et la pop.

Chacune des rengaines accrocheuses de ce disque est d’une richesse mélodique époustouflante. On en prend pour 35 minutes à se faire du bien. Quand on en ressort, c’est secoué par tant de délicatesse,  nourri de remords de pas avoir souscrit plus tôt à ce programme effarant de beauté et de simplicité, incrédule également qu’une telle prestation d’ensemble n’ait pas été suivie d’effets immédiats et soit restée terrée dans l’oubli aussi longtemps.

Quand l’enregistrement d’Odessey And Oracle est entamé, les Zombies, démotivés, savent qu’ils vivent là leurs derniers moments de groupe. Alors, ils donnent le meilleur d’eux-mêmes, comme pour toiser une ultime fois la chance qui les a toujours fuit, la fortune qui n’a jamais daigné se ranger de leur côté.

Ce défi, perdu d’avance, car placé dans l’ombre de Beggar’s Banquet des Stones et de l’album blanc des Beatles, la bande de St Albans le relève, le gagne à coups de chansons aussi féériques et magiques les unes que les autres, avec la voix sublime de Blunstone en guise d’élément moteur, grâce à l’alchimie de ses arrangements et à la complémentarité et l’intelligence d’écriture d’Argent et de White.

De succès moyen de son temps, Odessey And Oracle fait entrer la pop anglaise dans le Gotha des plus grands disques de tous les temps. C’est un écrin unique auquel beaucoup de journaleux peu scrupuleux lèchent les bottes aujourd’hui. Et ça, je ne le supporte pas. Vade retro Satanas… (RAZOR©).  

 

1. Care Of Cell 44.

2. A Rose For Emily.

3. Maybe After He's Gone.

4. Beechwood Park.

5. Brief Candles.

6. Hung Up On A Dream.

7. Changes.

8. I Want Her She Wants Me.

9. This Will Be Our Year.

10. Butcher's Tale (Western Front 1914).

11. Friends Of Mine.

12. Time Of The Season.

 

Colin Blunstone:chant.

Rod Argent:orgue,piano,clavecin,Mellotron,chant 5/8

Paul Atkinson:guitare,chœurs sur 7.

Chris White:basse,chant sur 5/10.

Hugh Grundy:batterie,choeurs sur 7.

DISCOGRAPHIE SOLO 70'S.

LP Studio 1 - 1971

 

Colin blunstone one year

 

COLIN BLUNSTONE

ONE YEAR – 1971  5/5

 

Publié en novembre 1971.

Produit par Rod Argent,Chris White.

Durée:33:17.

Label:Epic Records.

Genre:pop-rock,pop baroque.

 

Velours et soie.

 

Les Zombies sont relégués aux oubliettes depuis quasiment un lustre et Odessey And Oracle n’a pas encore acquis son statut d’album culte, cette reconnaissance ne venant que plus tard, quand Colin Blunstone, son chanteur attitré depuis l’origine du groupe, devenu agent d’assurances, reprend du service pour les besoins de One Year (1971).

Ce disque est la première pierre de sa période solo et certainement la plus mémorable de ce répertoire individuel. Blunstone a bien préparé son affaire, en s’accordant tout le temps et le soin nécessaires à la réalisation de One Year, ses collègues Chris White et Rod Argent, autres pièces emblématiques des Zombies, lui filant parallèlement un sérieux coup de main en lui offrant sur un plateau trois titres et en le produisant.

Il résulte de ce retour au premier plan et de cette association, un album de pop baroque (chassez le naturel, il revient au galop) plein de délicatesse, harmonieux, qui, même s’il n’est pas du Zombies à proprement parler, ne s’en éloigne pas trop cependant.

La caractéristique essentielle de ce travail réside dans la voix unique, raffinée et mélancolique de son interprète, mais ce qui retient également l’attention de ce disque ensoleillé, c’est la qualité de l’écriture de Blunstone, auteur-compositeur discret sous la bannière Zombies et qui se révèle complètement ici.

En dépit de sa durée un peu courte, One Year (Epic), finement ciselé et créatif, intense et immense, est à découvrir, notamment She Loves The Way They Love Her, ses magnifiques ballades Smokey Day et Misty Roses, empruntée à Tim Hardin, Caroline Goodbye, Mary Won’t You Warm My Bed (de Mike d’Abo, chanteur de l’ancien Manfred Mann), I Can’t Live Without You, Let Me Come Closer To You et Say You Don’t Mind de Denny Laine (Moody Blues). Que du bonheur ! (RAZOR©)

 

1. She Loves The Way They Love Her.

2. Misty Roses.

3. Smokey Day.

4. Caroline Goodbye.

5. Though You Are Far Away.

6. Mary Won't You Warm My Bed.

7. Her Song.

8. I Can't Live Without You.

9. Let Me Come Closer to You.

10. Say You Don't Mind.

 

Colin Blunstone:chant,guitare.

Rod Argent:claviers.

Russ Ballard:guitare.

Jim Rodford:basse.

Robert Henrit:batterie.

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