David McWilliams.

BIOGRAPHIE.

 

DAVID MCWILLIAMS/County Antrim (Irlande du Nord)

 

Mcwilliams 3

 

Né David Samuel McWilliams, le 4 juillet 1945 (Belfast/Irlande du Nord), décédé le 8 janvier 2002 à Ballycastle (Irlande du Nord).

Actif entre 1965 et 1980's.

Label:CBS,Major Minor,Dawn,EMI,Kapp.

Genre:folk,folk rock,pop baroque,pop,pop-rock.

Site internet:www.davidmcwilliams.com


Nul n'est prophète en son pays.

La destinée de Days Of Pearly Spencer n'est pas banale. Ecrit en 1967 par l'auteur-compositeur-interprète nord-irlandais David McWilliams, ce hit couvert par les radios internationales n'a jamais figuré, ne serait-ce que la moindre minute, dans les classements britanniques de l'époque. Pourtant, dieu sait si cette chanson au refrain à l'effet mégaphone légendaire est alors un tube dans une grande partie de l'Europe continentale l'année flower-power.

Mais pas au Royaume-Uni. Et ce n'est pas faute d'avoir sorti les grands moyens pour la promouvoir. En effet, alerté par son frère Merwyn, Phil Solomon, fondateur du label Major Minor Records, en 1966, prend McWilliams sous son aile et débloque un budget conséquent pour lancer son titre-phare.

Days Of Pearly Spencer : une réussite...

A l'origine, Days Of Pearly Spencer est une ballade ; le producteur-arrangeur Mike Leander, connu pour être l'auteur de la partie de cordes de As Tears Go By (Rolling Stones), l'enrichit d'une magnifique orchestration qu'il a lui-même composée autour de violons tourbillonnants.

Par ailleurs, la voix de McWilliams est partiellement enregistrée via une cabine téléphonique proche du studio pour obtenir l'effet mégaphone déformé énoncé précédemment. Cette combinaison aussi étrange qu'originale est une réussite sur laquelle Solomon compte bien thésauriser.

A grand renfort de doubles pages publicitaires et de couvertures dans les presses musicales, de placardages sur les murs urbains, d'affichages sur les bus à impériale et de passages sur Radio Caroline-la-pirate, Solomon ne lésine pas sur les moyens.

Seulement voilà, la BBC, passage obligé pour une communication qui se respecte et se veut efficace, boycotte le titre, au motif que Phil Solomon est au conseil d'administration de la radio illégale émettant depuis les eaux internationales de la Mer du Nord, au large du Royaume-Uni.

Mcwilliams 1David McWilliams, un one-hit wonder.

Mcwilliams 2Nul n'est prophète en son pays.

Mcwilliams singleDays Of Pearly Spencer : une destinée pas banale.

qui profite à Marc Almond surtout.

Relayé sur toutes les ondes europénnes (France, Belgique, Allemagne, Italie, Hollande notamment), le morceau du troubadour de l'Ulster ne connaît les honneurs des charts que lorsque Marc Almond, dans une adaptation plus lissée et moins intéressante, le porte au quatrième rang, en 1992 ; de quoi aviver les regrets que la version d'origine n'ait pas touché le gros lot de son temps.

De nombreux artistes signeraient des deux mains pour donner le jour à une pièce sur laquelle l'auteur n'a jamais vraiment capitalisé.

Aujourd'hui David McWilliams n'est plus. Décédé début janvier 2002 d'une crise cardiaque, il aurait eu 71 ans en juillet de cette année 2016. Raison de plus pour revenir sur un auteur-compositeur de grand talent qui n'a pas eu le succès auquel le destinait son immense talent mais qui n'a pas, non plus, fait montre de beaucoup de motivation pour se donner à temps plein au show-biz et se plier à ses règles : tournées, promotion et tout le tintouin.

Ouvrier ? Gardien de but ? Non, ce sera chanteur !

Né dans la périphérie de Belfast la même année qu'un autre irlandais notoire, Van Morrison, David McWilliams (et sa nombreuse famille), alors âgé de 3 ans, déménage à Ballymena à une grosse demi-heure plus au nord de la capitale de la province historique de l'Ulster, là-même où l'acteur Liam Neeson (Taken, la liste de Chindler) voit le jour.

David est l'un des huit enfants de la fratrie construite par Sam et Molly McWilliams ; il est surtout celui qui développe un intérêt précoce pour la musique, plus particulièrement pour le rock de Buddy Holly et la soul de Sam Cooke.

Sous des abords calmes et effacés, il s'avère le plus indocile de la famille, toujours prompt à ne pas s'en laisser compter par qui que ce soit et à s'insurger pour défendre sa position.

Ce côté rebelle lui vaut, entre autres, d'être viré de l'Ecole Technique locale, d'autant qu'il pousse le bouchon jusqu'à picoler entre les cours. D'école, il préfère celle buissonnière qui lui offre toute latitude pour commencer à travailler sur ses premières chansons.

Le paternel ne voit pas l'avenir de son rejeton de cet œil et dès ses 18 ans, il le pousse à intégrer, comme apprenti, une fabrique de torpilles du comté d'Antrim. Ce qu'il fait en renâclant, son obsession étant de faire de la musique. Du fait de sa forte stature, il aurait pu également faire un excellent gardien de but de football et s'orienter vers une carrière professionnelle mais une mauvaise blessure à la cheville l'en empêche.

De Major Minor à CBS.

En pure perte, car sa seule aspiration du moment est de prendre sa gratte et de jouer. Après une implication dans le Coral Showband, celui qui écoute avec ses yeux et chante ce qu'il voit, se met à composer son propre matériel : Redundancy Blues, Time Of Trouble...

Ses proches le poussent à enregistrer une démo de ses compositions. Parmi celles-ci, le succès évoqué en introduction, mais qui n'est pas le premier titre officiel de l'artiste, ce privilège revenant à God And My Country, un an auparavant (CBS/1966).

Après que l'imprésario Merwyn Solomon ait introduit McWilliams auprès de son frère Phil, déjà dans le coup des Them et des Bachelors, le chanteur irlandais est installé dans une villa londonienne d'un proche du fondateur de Major Minor Records. Dominic Behan héberge son compatriote durant 5 mois, au terme desquels McWilliams en ressort plus mature et plus confiant en son potentiel.

Salomon négocie alors un accord avec CBS pour récupérer l'irlandais sous sa coupe. Ce dernier fait aussitôt montre d'une phénoménale prolificité, l'année 67 étant tout juste achevée, qu'il boucle son troisième album de rang pour Major Minor.

Mcwilliams phil solomon 2

« Une vaste campagne médiatique a été engagée pour promouvoir Days Of Pearly Spencer de David McWilliams. Des frais conséquents ont été occasionnés, alors que les dettes du label Major Minor étaient déjà très lourdes. Le titre de David a été une plaque tournante sur Radio Caroline dont j'étais le directeur à l'époque. Il a eu un temps d'antenne énorme permettant de limiter la casse, mais la BBC n'a jamais voulu le pousser au regard de mon statut de marginal de la musique. » (Phil Solomon)

Une discographie à l'image de son état d'esprit.

Les premier et troisième LP, Singing Songs By David McWilliams et Volume 3 font des scores similaires dans les classements britanniques : 38 et 39, tandis que celui intercalé entre les deux, Volume 2, sur lequel figure le single Days Of Pearly Spencer (un million de pièces vendues), fait 23. Ce qu'il ressort de cette tierce d'ouverture du catalogue, c'est une certaine constance dans leur qualité.

Fort d'un répertoire assez conséquent, McWilliams entame derrière une tournée européenne qui le voit croiser la route des folkeux de Dublin, les Dubliners. Il jouit d'une popularité extraordinaire en Allemagne, en Italie et surtout en France au point que, pour la faire fructifier, il faut sortir une compilation autour de ses trois premiers disques. Editée en 1968 pour EMI (Royaume-Uni), elle est intitulée du nom du single à succès.

La suite est moins heureuse pour cet artiste très en marge du système régissant l'industrie du disque. Peu fait pour le strass et les paillettes, il préfère jouer devant un parterre modeste que se produire au Royal Albert Hall et privilégie les bars de son Irlande natale aux scènes internationales, le soutien aux mineurs grévistes britanniques de 1984/85 plutôt que les mondanités guindées londoniennes.

Ses albums des 70's pâtissent de son état d'esprit et de la direction qu'il donne alors à une carrière qui va partir en sucette du fait d'une gestion calamiteuse. Lui n'en a cure et continue à empiler les disques, qui pour Dawn Records, comme Lord Offaly (1972), The Beggar and the Priest (1973), Livin's Just A State of Mind (1974), qui pour EMI, à l'instar de David McWilliams (1977), Don't Do It For Love (1978) et When I Was A Dancer (1979).

Rien d'une pop-star.

En 1982, McWilliams est revenu sur la terre de ses ancêtres où il se fait de plus en plus rare. Ses 80's se soldent par deux opus supplémentaires, Wounded (Carmel/1981) et Workin For The Government (Homespun/1987). Son catalogue prend encore du volume au troisième millénaire grâce aux best of, rééditions et collectors, portant sa discographie à une vingtaine d'albums. Celle-ci mérite incontestablement d'être autrement mieux considérée que ce qu'elle suscite aujourd'hui. Rien de ce qu'il fit jusqu'à sa mise en retrait n'est dépourvu d'intérêt. S'il n'avait pas en lui les gènes d'une pop-star, il n'en a pas moins montré beaucoup de créativité ; elle a fait de lui un one-hit wonder, beaucoup s'en satisferaient déjà (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 2000.

LP Compilation - 2001

 

Mc williams compil 2001 2

 

DAVID MCWILLIAMS

THE DAYS OF MCWILLIAMS – 2001  3,5/5

 

Publié en mai 2001.

Produit par Mike leander,Mark Stratford.

Durée:60:00.

Label:RPM.

Genre:pop-rock,folk-rock.

 

Généreuse compil' d'un one-hit wonder.

 

One Hit Wonder ! C’est ainsi que les anglophones qualifient l’auteur d’un seul tube dans sa carrière. David McWilliams, ça vous parle les tempes grises ? McWilliams, ce célèbre inconnu passé à la postérité pour avoir écrit en 67, année de naissance de David Ginola, et interprété en hiver 68, l’inoubliable Days Of Pearly Spencer.

Enfin… quand je dis célèbre, je parle de chez nous, dans l’hexagone gaullien, car au Royaume-Uni, l’affaire ne fait pas deux lignes dans le Melody Maker, ni ne déclenche un malheureux pet de lapin sur l’échiquier folk british en dépit d’une promo tapageuse (mais stérile) dans le New Musical Express.

L’Irlandais est condamné à l’anonymat d’autant plus que la BBC le boycotte, lui faisant injustement payer une guéguerre avec Radio Caroline, radio pirate offshore anglophone qui émettait en continu des programmes anglo-saxons depuis des bateaux voguant dans la Mer du Nord et sur laquelle brillait alors le fameux Emperor Rosko, alias le Président Rosko.

La France est l’Eldorado de ce musicien nord-irlandais né à Belfast. Comme elle l’est pour Barry Ryan et son mélodramatique Eloise, l’année suivante. Dans une Gaule en mal de vrais artistes rock, supplantés par les yéyés, allez savoir pourquoi, ces mélodies font alors régulièrement mouche.

Le 45 tours The Days Of Pearly Spencer (repris par Frank Alamo) est un succès incontestable qui met le feu à notre hit-parade national ; un classique aujourd’hui. L’Instit, alias Gérard Klein du temps où il officiait comme animateur radio sur France Inter, en est fan et il le promeut dans son émission 17/19 sur 18-29.

Résumer le coup réussi par McWilliams à un coup de bol ou ramener ce tube au seul talent que l’on puisse lui prêter, serait injuste. Cette découverte que Phil Solomon, co-directeur de Radio Caroline et fondateur du label Major Minor Records (ceci explique cela), distribué par Decca, repère dans un bar de Belfast, signe d’autres belles petites pièces qui lui permettent alors de poursuivre discrètement son petit bonhomme de chemin jusqu’en 82, comme le révèle la généreuse compil’ de 22 titres de 2001, The Days Of David McWilliams et publiée quelques mois avant sa mort brutale par arrêt cardiaque.

La collection de type folk-rock, pop-rock, drague conséquemment dans les trois LP réalisés pour le label de Solomon (ex-manager des Them) dans la période 67/68.

La ballade Days Of Pearly Spencer, au refrain vocalement traité via un mégaphone et aux violons tourbillonnants, tend à étouffer un songwriting romantique, sincère, réfléchi, inspiré et solide qui se distingue également par le pop doux Harlem Lady (qui était à l’origine choisi pour être la face A du 45 tours qui a popularisé McWilliams), Brown-Eyed Girl, Hiroshima, In The Early Hours Of The Morning, Redudancy Blues, The Ballad Of Mary Foster, There's No Lock Upon My Door, Marlena, For Josephine, Lady Helen Of the Laughing Eyes.

OK, je ne vous annonce pas le disque du siècle, mais une petite piqûre de rappel, ça ne mange pas de pain, isn’t ? (RAZOR©).

 

1. Days of Pearly Spencer.

2. For Josephine.

3. Brown-Eyed Girl.

4. Marlena.

5. For a Little Girl.

6. Lady Helen of the Laughing Eyes.

7. What's the Matter With Me.

8. There's No Lock Upon My Door.

9. Tomorrows Like Today.

10. Mister Satisfied.

11. I Love Susie in the Summer.

12. Harlem Lady.

13. Letter To My Love.

14. City Blues.

15. Three O'Clock Flamingo Street.

16. Redundancy Blues.

17. Hiroshima.

18. Question of Identity.

19. Time of Trouble.

20. And I'm Free.

21. In the Early Hours of the Morning.

22. Born to Ramble.

 

David McWilliams:chant,guitare.

 

 

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