Dennis Wilson.

BIOGRAPHIE.

 

DENNIS WILSON/Hawthorne (Californie-USA)

 

Dennis wilson 2

 

Né le 4 décembre 1944 à Inglewood (Californie), mort le 28 décembre 1983 à Marina Del Rey (Californie).

Actif entre 1961 et 1983.

Labels:Caribou,Sony Music,Capitol,Brother,Reprise.

Genre:pop,rock,pop-rock,surf rock.


Une vie bouffée par les deux bouts.

Dennis Wilson est la belle gueule des Beach Boys, le seul planchiste d'une bande qui fait du surf rock un juteux chaland, un queutard invétéré, un jetsetter notoire amateur de décapotables rutilantes, doublé d'un flambeur démesurément dilapideur.

Il est aussi un alcoolique impénitent et un drogué chronique dont les fréquentations douteuses prêtent à interroger, à l'image de sa relation avec le sulfureux Charles Manson, commanditaire de la secte meurtrière derrière, entre autres, l'assassinat de Sharon Tate.

Dennis fournit à l'infâme gourou, alors son co-locataire, les contacts nécessaires pour que cet artiste raté, mais ambitieux, puisse atteindre à tout prix ses rêves de célébrité dans le milieu de la musique. Lui et ses frères vont jusqu'à tendre la main à Satan en contribuant au financement des sessions de l'album du maléfique Manson et en lui ouvrant le studio de Brian pour leur enregistrement.

Dennis wilson 1Une vie brûlée par les deux bouts.

Dennis wilson charles mansonDes relations douteuses (Charles Manson).

Dennis wilson beach boysLes Beach Boys...

Dennis wilson batteur...où il officie à la batterie.

Dennis wilson lp pacific ocean blue 77Pacific Ocean Blues, son chef d'oeuvre.

L'encombrant Manson.

Mieux, Dennis Wilson retravaille Cease To Exist, un titre que l'énigmatique criminel a précédemment écrit en détention et dont il modifie les paroles, pour en faire la face B d'un single.

Never Learn Not To Love (incluse sur l'album 20/20 des Beach Boys et chantée par le batteur) déclenche la colère et les violentes menaces de l'allumé Manson ; Dennis Wilson, de nature belliqueuse et beau bébé physiquement, après une altercation dont il a le dessus, prend alors ses distances avec ce sinistre et encombrant personnage. On sait désormais ce qu'il advient de ce triste sire, toujours sous les verrous aujourd'hui.

Bref, toutes proportions gardées, le cadet des Wilson et batteur des Beach Boys présente un profil à la James Dean, du genre bouffant avidement la vie frénétique qu'on lui déroule sous les pieds. Problème : il la croque par les deux bouts, précipitant sa disparition accidentelle le 28 décembre 1983, dans la zone enclavée de Los Angeles, Marina Del Rey.

Au moins, les souvenirs resteront.

Retrouvé noyé, avec un taux d'alcoolémie encore élevé et des indices toxicologiques révélant une ingestion de cocaïne, trois jours après avoir provoqué, ivre mort, un esclandre à l'hôpital de Santa Monica où ses proches l'ont laissés pour qu'il retrouve ses esprits, Brian Wilson disparaît à 39 ans comme il l'a lui-même envisagé. Aussi brutalement qu'il l'avait prédit.

Alors qu'il n'a que 20 ans et qu'il partage la gloire tombée sur le râble de la fratrie Wilson, Dennis admet vivre une existence folle ; il la revendique haut et fort cette vie qu'il n'échangerait pour rien au monde, dont il sait qu'elle ne durera pas éternellement et qu'elle est implacablement piégeuse. Mais au moins, avance-t-il alors, les souvenirs resteront.

Batteur mais pas que.

Au sein des Beach Boys qu'il intègre sous la pression de la maman Audree Neva, modeste pianiste, Dennis Wilson se voit affecter à la batterie et aux choeurs par ses frères Brian et Carl. Comme il est limité techniquement derrière les fûts et qu'on lui préfère, pour les sessions d'enregistrements, le batteur de métier qu'est Hal Blaine, il développe progressivement d'autres atouts qui vont servir les intérêts du groupe à des moments décisifs de sa carrière.

Il relève d'abord ponctuellement le défi de l'écriture et du chant notamment quand Brian, l'homme à tout faire des Beach Boys, sombre dans la dépression, la schizophrénie et l'addiction au LSD, après avoir donné jour au monumental Pet Sounds.

Son statut de songwriter et de chanteur prend du volume au début de l'année 68, quand il signe le petit chef d'oeuvre qu'est Little Bird. Dennis récidive, toujours dans la période d'absence de la force créatrice des Beach Boys, quand il y va d'un harmonieux Forever et de Slip On Though, tous deux en 1970.

You Are So Beautiful.

Comme il se révèle auteur-compositeur talentueux, il contribue à You Are So Beautiful pour Joe Cocker (1974). Bien que non officiellement crédité pour le coup, le californien collabore avec Billy Preston aux paroles et à la musique du titre popularisé par l'anglais ; Wilson ne cherchera jamais à récupérer ses droits ultérieurement. Dans le même temps, Dennis Wilson coiffe une casquette d'acteur. On le retrouve à l'affiche du film culte Two Lane-Blacktop (1971), avec James Taylor, Warren Oates et Laurie Bird, la future petite amie d'Art Garfunkel.

Blessé à une main, il laisse la batterie à Ricky Fataar (1971/1974), pour se consacrer aux claviers et au chant, volant ainsi la vedette au cousin Mick Love, la voix forte du groupe. Des tensions naissent alors entre eux qui ne s'estomperont jamais jusqu'à la mort de Dennis.

Le chef d'oeuvre Pacific Ocean Blue.

Groupe de l'année 1974 pour Rolling Stone Magazine, malgré la stérilité de la discographie entre 1973 et 1976, les Beach Boys voit Brian Wilson reprendre sa place et retrouve de la crédibilité grâce à Love You (1977) ; elle est hélas tempérée par une fin de décennie très approximative, due à l'instabilité de son leader et au manque d'inspiration général.

Dennis wilson hal blaine 2

« Dennis n'a pas été vaiment affecté que je devienne le batteur des Beach Boys. Il avait d'autres choses en tête. Vous savez, à 16 ans avec du fric plein les poches, vous avez d'autres priorités. Ces dollars, à cet âge, ont de quoi vous rendre cinglé. » (Hal Blaine)

Pacific Ocean Blue, en 1977, est l'ultime belle chose à avoir pour dénominateur commun les Beach Boys. Album fabuleux, le disque de Dennis Wilson (96 au Billboard) trouve logiquement un écho favorable auprès de la critique et se vend à plus de 300.000 exemplaires, score plutôt honorable.

Le LP confirme ce que tout le monde pense depuis longtemps : Dennis est un brillant songwriter qui n'a pas à rougir face à son frère aîné, ce que ce dernier reconnaîtra plus tard. En 37 minutes et 12 titres extraordinaires, il apporte la preuve pour ceux qui pouvaient jusque là en douter, qu'il est excellent chanteur.

Tardif bambu.

Un second disque est en cours d'élaboration bien avant que Dennis ne soit victime de sa noyade dans les eaux du Pacifique. Inachevé et à l'état de démo, le projet est laissé en plan faute de moyens suffisants pour le financer et en raison du basculement de son auteur dans une vie chaotique aggravant sa toxicomanie.

Les sessions de Bambu sont mises tardivement sur le marché (2008), en même temps que la réédition de Pacific Ocean Blue. L'écoute de ce qui aurait dû constituer la matière de son numéro 2 indique que Dennis Wilson était sur le point de pondre une merveille supplémentaire.

Devenu hors contrôle, le play-boy angelin, dans un état d'ébriété avancé, disparaît entre les yachts de la marina Del Rey. Incinéré, ses cendres ont été dispersées au large de la côté californienne, dans ce Pacifique bleu qui l'a élevé au rang de génie. Tout un symbole (RAZOR©).


 

DISCOGRAPHIE 60 'S/70'S.

LP Studio 1 - 1977

 

Dennis wilson lp pacific ocean blue 77

 

DENNIS WILSON

PACIFIC OCEAN BLUE – 1977  5/5

 

Publié en août 1977.

Produit par Dennis Wilson,Gregg Jakobson.

Durée:37:15.

Label:Caribou.

Genre:pop,rock,pop-rock.

 

Le compagnon de la mélancolie.

 

Cette belle gueule de queutard invétéré au physique de surfeur, c’est Dennis Wilson de la prestigieuse fratrie californienne du même nom qui a sévi sous la bannière Beach Boys, entre les années 60 et 70, la seule à avoir pu résister, de son temps, aux envahisseurs venus d’Angleterre et à rivaliser avec les Beatles et les Stones notamment.

Si Brian en est le génial compositeur, comme en atteste son fabuleux projet personnel Pet Sounds de 1966 publié sous étendard Beach Boys, deuxième album de tous les temps encore aujourd’hui, si Carl le guitariste et producteur aussi, en est le ciment qui permet au groupe de passer quelques grosses zones de turbulence à des moments-clé de leur carrière, Dennis est un peu considéré comme le petit branleur de service que les frangins, à la demande de maman, collent à la batterie, pour les besoins de la cause d’une part, mais surtout pour mettre sous contrôle un électron autodestructeur et irrécupérable, capable de tous les excès et des pires conneries.

Batteur moyen qu’on écarte des gros tubes du groupe et auquel on préfère la force de frappe d’Hal Blaine notamment, Dennis montre pourtant de belles dispositions au chant et des aptitudes avérées pour composer, capable de suppléer le grand frère Brian, quand ce dernier explose en plein vol en essayant de refaire le coup de l’album mythique (Smiley Smile – 1967) dans la foulée du légendaire Pet Sounds.

Dennis devient progressivement, dès 1968 et l’album Friends, la force créatrice des Beach Boys, le temps que Brian récupère ses moyens et voit en lui un sérieux rival. En atteste le probant Sunflower de 1970.

Après, c’est pathétique, aussi Dennis se sent pousser des ailes, exhorté par les multiples encouragements qui l’encouragent à s’émanciper. Il se sent de plus en plus à l’étroit dans un groupe sur le déclin et devenu pitoyable en son sein.

Celui qui partageait un appart’ avec Manson le cinglé (commanditaire, entre autres, de l'assassinat de la femme de Polanski, Sharon Tate) franchit alors le pas vers une carrière solo qui malheureusement sera réduite à peau de chagrin, fauché qu'il est par une mort prévisible, par noyade et ce juste avant qu’il ne finalise son second projet qu’il envisageait plus ambitieux encore (Bambu).

A l’époque où le punk investit la place, la brebis galeuse des Wilson retrousse les manches et, en 1977, sort Pacific Ocean Blue (en écoute intégrale ici), l’album d’un mec loin des harmonies de la surf music, des plages à coups de trique assurés, à l’existence déracinée, le disque d’un torturé au beau touché de piano, aux notes qui font mal, un LP aux compositions sensibles et sinueuses, aux ballades qui craquent aux jointures.

Une moderne et merveilleuse œuvre à fleur de peau suintant par tous les pores le vécu, les maux, les brimades, les expédients en tout genre et les mauvaises fréquentations. Dennis y est loin des Beach Boys de l’ère nunuche californienne, des numéros de cirque à la Surfin’ Usa.

Son album, véritable offrande, en cloue plus d’un au siège dans le même temps qu’il suscite les jalousies des autres B.B. Le mérite lui revient de A à Z, même si on lui file le coup de main côté textes.

Touchante, triste (Thoughts Of You, Farewell My Friend) malgré quelques répits (Dreamer, Rainbows, Pacific Ocean Blues, Friday Night, ou le boogie What’s Wrong), la prestation frise la perfection. Les arrangements sont merveilleux, les mélodies délicieuses, soutenues par des claviers qui mélancolisent l’ensemble (River Song, Moonshine You, End Of The Show), les chœurs s’invitent à profusion, la voix éraillée et détériorée du rebelle ne cesse d’émouvoir.

Un pur régal. Le mouton noir des Wilson, le supposé moins bon, l’éternel éclipsé, le Caliméro de Wilson père, le coureur de jupons reconnu, l’alcoolique de service, le glandeur jouisseur et désinvolte toujours à la limite de la rupture, tire une unique et ultime bordée en solitaire. Elle est de haute volée : Pacific Ocean Blue, ce même Pacifique qui, fatalitas fatalitatis, le prendra le 28 décembre 1983, faisant de lui le premier de cette lignée familiale anthologique à disparaître. Et dire que s’annonçait Bambu… Merci l’artiste ! (RAZOR©).

 

1. River Song.

2. What's Wrong.

3. Moonshine.

4. Friday Night.

5. Dreamer.

6. Thoughts of You.

7. Time.

8. You and I.

9. Pacific Ocean Blues.

10. Farewell My Friend.

11. Rainbows.

12. End of the Show.

 

Dennis Wilson:cordes,batterie,claviers,chant.

Carli Munoz:piano,claviers,Moog,percussions.

Carl Wilson:guitare,chant.

Bruce Johnston,Dean Torrence:choeurs.

Hal Blaine,Ricky Fataar,Tommy Smith,Bobby Figueroa:batterie.

Chuck Domanico,James Jamerson,Dave Hessler,Wayne Tweed:basse.

John Hanlon,Earle Mankey:guitare.

Michael Andreas,Lance Buller,Janice Hubbard,Bill Lamb,Charles McCarthy:cuivres.

Sterling Smith:claviers.

Ed Carter:basse,guitare.

Manolo Badrena:percussions.

Eddie Tuleja:guitare,chant.

Sid Sharp:cordes.

Alexander Hamilton's Double Rock Baptist Choir:chorale.

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