Earth Quake.

BIOGRAPHIE.

 

EARTH QUAKE/Berkeley (Californie – USA)

 

Earth quake intro

 

Actif entre 1966 et 1983.

Labels:Acadia Records,Beserkley Records.

Genre:power pop,pop,pop-rock,rock,hard rock.


Chaud bouillant.

Depuis des décennies, la Californie a régulièrement été touchée par des tremblements de terre. La faille de San Andreas qui passe par San Francisco et Los Angeles est une des causes de ces mouvements géologiques qui font craindre qu'à terme, la Californie ne glisse dans le Pacifique.

Earth Quake (tremblement de terre), groupe de l'Area Bay de Frisco, originaire de Berkeley et actif dans les années 60's/70's, a fait le choix de porter cette identité. Pour ces californiens qui font du rock, ce ne n'est certainement pas anodin.

A moins que cette référence sismique ne tienne dans la nature même du groupe, chaud comme la braise, bruyant, agressif, provocateur, irrévérencieux, tumultueux.

Earth Quake appartient à ce genre de formations surveillées comme le lait sur le feu, que les labels ne voient pas forcément d'un bon œil débouler chez eux.

Earth quake a m signatureEarth Quake, cadeau empoisonné pour A & M.

Earth quake concertUn événement sur les scènes de Frisco...

Earth quake john doukas...entretenu par le tonique John Doukas.

Earth quake 76Le line-up de 1976...

Earth quake 8 5 1976...auteur de l'excellent 8.5.

Une popularité nationale.

Une maison majeure comme A & M Records a d'ailleurs eu toutes les peines du monde à gérer ce type de zigotos, pendant les deux ans qu'elle les a eu sous sa coupe, au point que Earth Quake, frustré de ne pas toucher les bénéfices de son travail, fonde sa propre étiquette, afin de pouvoir développer, en ayant les coudées franches, sa musique puissante mélangeant hard rock et pop mélodique (power pop).

Sans jamais voir sa renommée franchir les frontières nationales, Earth Quake n'en a pas moins conquis le cœur des fans de rock de l'East Bay où ses apparitions publiques étaient de véritables événements.

En ce sens, son frontman, le regretté John Doukas, chanteur racé à la Daltrey ou à la Plant, virevoltant comme un Jagger au sommet de sa forme, a tenu un rôle essentiel dans la popularité de ce groupe qui incarne parfaitement la légitimité de la scène de la baie de Frisco des 60's.

Dans les pas de Purple Earthquake.

Il faut remonter au début de la seconde moitié des 60's pour fixer l'origine d'Earth Quake. C'est, en effet, en 1966, que la première incarnation de ce qui va donner Earth Quake prend forme.

Elle se fait appeler Purple Earthquake et réunit Michael Jones au chant, Robbie Dunbar et John Sargeant aux guitares, Stan Miller à la basse et Greg Boykin à la batterie. Jones et Miller en sont les initiateurs. 

Au cours des deux années à venir, Purple Earthquake sillonne la baie sans toutefois enregistrer le moindre disque.

John Doukas, venu de Richmond, s'invite alors en lieu et place de Michael Jones (début 1967), tandis que, la même année, John Sargeant quitte un groupe que Steve Nelson (des Haymarket Riot) intègre en 1969 en remplacement de Greg Boykin.

Un cadeau empoisonné pour A &M.

Après avoir laissé tomber le Purple et s'être installé à Hollywood, il devient Earth Quake. Repéré par Alan Mason, ce dernier passe le mot à son ami Matthew King Kaufman lequel favorise son entrée chez A & M Records. Le producteur originaire du Maryland est persuadé détenir en cette formation les nouveaux Beatles.

Il n'hésite pas une seule seconde à déménager à Frisco pour se rapprocher de ces musiciens dont il devient le manager. Il a l'ambition de les faire connaître à l'échelon national.

Dans un premier temps, Kaufman leur décroche ce fameux sésame après lequel la bande à Doukas court depuis longtemps et qui va se concrétiser par la réalisation de deux albums très sous-estimés, l'éponyme Earth Quake (1971) avec ses deux morceaux sublimes que sont l'épique Things et Blurry Eyes, et son suivant, également de qualité, Why Don't You Try Me ? (1972). Figurant sur le premier des deux LP, The Ticker rencontre un succès local.

Why Don't You Try Me met en évidence une grande interaction entre les musiciens, un chant excellent, tant principal qu'au niveau des harmonies, des chansons mélodiques accrocheuses et une guitare aussi généreuse que talentueuse.

Hélas, l'un comme l'autre ne paient pas sur un plan commercial, la faute à un label qui ne sait pas trop quoi faire avec ces musiciens qui font un peu tâche dans le cadre éclectique de l'éditeur.

Il faut dire que A & M Records, l'étiquette d'Alpert (Herbert) et de Moss (Jerry) prend alors tout ce qui vient, des artistes folkloriques (Joan Baez, Gene Clark, Phil Ochs), des jazzmen (Sergio Mendes, Quincy Jones) et ouvre même sa porte aux britanniques (Cat Stevens, Procol Harum, Joe Cocker, Fairport Convention, Spooky Tooth, The Strawbs...) en vertu d'accords de licence et de distribution. Estampillé hard rock, Earth Quake se retrouve un peu isolé dans ce contexte trop diversifié. 

En 1972, la même année qu'il est victime d'une usurpation de ses droits pour figurer, sans son accord, au générique de la B.O du film The Getaway (avec Steve McQueen et Ali McGraw), Earth Quake quitte A & M Records.

Beserkley Records.

Le groupe obtient réparation peu après le succès du film ; la compensation financière est aussitôt réinvestie dans le montage d'un nouveau projet de label : Beserkley Records.

Celui-ci implique Matthew King Kaufman et les membres d'Earth Quake. Installé à Berkeley dès 1973, il héberge principalement les formations de power-pop et de rock de la Baie. L'étiquette californienne ne publie initialement (pendant deux ans) que des singles et le premier d'entre eux est celui d'Earth Quake, (Sitting In The Middle Of) Madness.

Earthquake sarah doukas portrait photo o donovan 1Photo©Chris O'Donovan.

" John était un personnage plus grand que nature avec une énorme présence sur scène. Earthquake incarnait tout ce qui était génial dans la musique émergeant de la région de la baie de San Francisco dans les années 70. John était un franc-tireur, il a lancé Berserkley Records avec son manager Matthew King Kaufman en 1973 dans notre maison du 1199 Spruce Street, à Berkeley, en Californie, où nous vivions. Dix ans plus tard, John m'a aidé à démarrer ma société de mannequinat, Storm, dans notre maison de Battersea. " (Sarah Doukas)

Il est suivi de Friday On My Mind, une reprise de 1966 des australiens d'Easybeats, publié en 1973. Coïncidence, cette même année, David Bowie s'approprie également ce titre pour alimenter son album de reprises Pin-Ups.

Par ailleurs, la version live de cette chanson est restée célèbre comme étant l'un des trois morceaux joués, chaque vendredi 18 heures, sur la radio WMMS (Cleveland, fin des 70's) pour annoncer le début du week-end.

Une deuxième moitié de décennie payante.

Pas plus que les albums chez A & M, les singles ne rencontrent le succès. Il faudra attendre la période 1975/1979 pour qu'Earth Quake produise une poignée de LP dignes de ce nom : Rocking The World (1975), 8,5 (1976), Leveled (1977) et Two Years In A Padded Cell (1979).

Durant la deuxième moitié de la décennie, le groupe de Doukas bénéficie de l'apport à la guitare de feu Gary Phillips (dit aussi Gary Phillipet), décédé en 2007 (que l'on retrouve auprès de John Cipollina dans Copperhead), avant qu'il ne rejoigne Greg Kihn, faute de succès d'Earth Quake. Leur discographie ne manque pourtant pas d'intérêt.

Disparu en 1983 quand Robbie Dunbar, membre de la première heure de Purple Earthquake, passe la main, Earth Quake aurait pu être un très grand groupe américain. Il avait tous les atouts de son côté, plus que d'autres qui ont réussi avec des moyens inférieurs, mais a été parfois un peu trop irrégulier. Et ça il l'a payé au prix fort (RAZOR©2020).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 4 - 1976

 

Earth quake 8 5 1976

 

EARTH QUAKE

8.5 – 1976  3,5/5

 

Publié en 1976.

Produit par Glen Kolotkin,Matthew King Kaufman.

Durée:36:21.

Label:Beserkley Records.

Genre:power pop.

 

Correct.

 

Earth Quake, formé sur les cendres de Purple Earthquake au milieu des 60's, a connu deux phases dans sa carrière.

La première l'a conduit à évoluer au sein du label A & M Records, au début des 70's. La maison de disques, bien que majeure sur la place rock, est alors un ramassis de groupes et d'artistes venus de tous horizons musicaux. La société d'Alpert Herbert, le A de A & M, et de Moss Jerry, le M, prend tout ce qui se présente à elle.

Elle ratisse aussi bien dans le folk (Phil Ochs, Joan Baez, Gene Clark) que dans le jazz (Quincy Jones, Sergio Mendes) et brasse en même temps une flopée de musiciens britanniques comme Cat Stevens, Procol Harum, Fairport Convention,Joe Cocker, Spooky Tooth. Un vrai moulin à vent.

Earth Quake évolue plutôt dans le hard rock et le label va rencontrer d'énormes difficultés pour gérer ce type de zikos. Pris au dépourvu, A & M ne sait pas comment gérer le groupe californien.

Bien évidemment, cela pénalise la formation de l'East Bay, au point qu'elle veut en finir avec ce partenariat. Elle rebondit chez Beserkley Records, une étiquette créée par Matthew King Kaufman, celui-là même qui a fait entrer Earth Quake chez A & M.

Mais cette fois-ci, Earth Quake est partie prenante dans le projet, aussi il a les coudées franches pour exprimer tout son potentiel. Et il est énorme ! Sous Beserkley, les san franciscains vont alors signer une poignée de LP de qualité dont ce 8.5, sorti en 1976.

Celui-ci est le quatrième album du catalogue en tenant compte des deux précédentes publications chez A & M. Il est le deuxième de l'ère Beserkley et prend place entre Rockin' The World (75) et Leveled (77).

Alimenté par une matière alternant power pop et hard rock, 8.5 est un disque très correct, entamé du feu de Dieu par un foudroyant Finders Keepers, un des centres d'intérêt ici avec Hit The Floor, très radio compatible, Savin' My Love, Little Cindy ou encore Motivate Me.

Bien que n'apportant rien de nouveau au rock, 8.5 révèle un groupe qui joue collectif et qui se met au service de la voix superbe et efficace de son frontman et showmen John Doukas. Sur scène, Earth Quake devait dépoter, ce que l'on devine aisément ici (RAZOR©).

 

1. Finders Keepers.

2. Little Cindy.

3. And He Likes To Hurt You.

4. Savin' My Love.

5. Girl Named Jesse James.

6. Motivate Me.

7. Hit The Floor.

8. Same Old Story.

9. Don't Want To Go Back.

 

Stan Miller:basse,chœurs.

Steve Nelson:batterie.

Gary Phillips,Robbie Dunbar:guitare,chœurs,piano.

John Doukas:chant.

1 vote. Moyenne 5.00 sur 5.