Gilbert O'Sullivan.

BIOGRAPHIE.

 

 

GILBERT O'SULLIVAN/Waterford (Irlande – UK)

 

Gilbert osullivan casquette

 

Né Raymond Edward O'Sullivan, le 1er décembre 1946 (Waterford).

Actif depuis 1967.

Labels:Bygum Records,CBS,MAM,EMI,Kitty Records,Victor.

Genre:pop,rock,pop-rock,soft rock.

Site officiel:gilbertosullivan.co.uk

 

Un songwriter sous-estimé.

La dernière double compilation (The Essential Collection chez BMG/2016) de Gilbert O'Sullivan nous confortent au moins sur deux points.

Le premier est que son auteur, généralement associé à ses seuls succès (Get Down, Alone Again Naturally, Nothing Rhymed, Clair ou Matrimony), est très largement sous-estimé.

Le second qu'il est toujours un des auteurs-compositeurs et interprètes parmi les plus populaires et brillants du Royaume-Uni, 50 ans après avoir été une star mondiale pour avoir placé, entre 1970 et 1975, 13 titres dans le Top 40 des charts britanniques (et 3 N°1 aux USA).

Si bon nombre de personnes sont encore capables de fredonner ses airs les plus connus, plus rares sont celles qui savent la pertinence et la chaleur de son écriture, inventive, intelligente, subtile et constante en qualité durant toute sa carrière, comme en atteste la fameuse collection en question.

Les 43 titres sélectionnés par Gilbert O'Sullivan en personne, outre ceux qui sont les plus mémorables, révèlent un auteur qui émeut, séduit et accroche, dévoilent un songwriting qui peut, par moments, atteindre des sommets.

Gilbert osullivan lookUn look très personnel.

Gilbert osullivan 65 swindon rick daviesSwindon 1965,dans le groupe de Rick Davies.

Gilbert osullivan gordon millsL'influence de Gordon Mills.

Gilbert osullivan nothing rhymed 1er succesUn premier single à succès.

Gilbert osullivan get down number 1Un N°1 planétaire.

Gilbert osullivan himselfHimself (1971), un premier et excellent LP.

Gilbert osullivan lp 2018L'éponyme Gilbert O'Sullivan sorti en 2018.

Un regain d'intérêt.

Après des décennies sans succès, cette compilation de 2016 s'affirme comme son album britannique le plus performant depuis près de 50 ans ; le double LP, entré au N°11 des classements grands-bretons, permet à l'artiste irlandais de réaliser son meilleur score depuis la publication de son quatrième album (A Stranger In My Own Back Yard/octobre 1974).

Signe de l'intérêt nouveau pour le natif de Waterford, la précédente collection de 2012 (The Very Best Of : A Singer & His Songs) était déjà entrée dans les charts, échouant aux portes du Top 10 (N°12) et s'était écoulée à plus de 60.000 pièces.

Plus récemment, son 19ème album studio, l'éponyme Gilbert O'Sullivan (août 2018), s'est classé au 20ème rang des LP british, une première depuis plus de 40 ans.

Son aptitude et son talent pour l'écriture de chansons et de charmantes mélodies a donc survécu au temps qui passe ; Gilbert a toujours la main chaude ; les critiques élogieuses persistent, les nouvelles générations d'artistes s'éprennent désormais de cet artiste remarquable.

A 75 ans, il a encore de belles choses à faire. Puissent ses travaux futurs être aussi magiques que tout ce qu'il a déjà laissé en héritage depuis ses premiers pas dans le métier...

La scène plutôt que le ring ou le dessin.

Gilbert O'Sullivan est né Raymond Edward O'Sullivan, le 1er décembre 1946 à Waterford (Irlande). Fils d'un boucher et d'une employée en confiserie, cet enfant d'une fratrie de 6 est élevé au rythme des déplacements professionnels de son père ; à Waterford d'abord, puis dans le sud-ouest londonien (Battersea), avant de se poser à Swindon, entre Londres et Bristol.

Il y fréquente le collège catholique St. Joseph où il se passionne pour deux activités diamétralement opposées : la musique et la boxe amateur (il recense une cinquantaine de combats).

Son intérêt pour la première vient du piano familial sur lequel il s'essaie alors qu'il n'est encore qu'un enfant (1953) ; par contre, il n'est pas très motivé pour suivre des cours et c'est souvent à l'oreille qu'il fait ses gammes.

Raymond Edward préfère toutefois la guitare et sa maîtrise des cordes lui est d'un précieux secours pour mieux appréhender les touches. L'enfant est également très doué pour la peinture et le dessin, aussi il entre au Swindon Art College, spécialisé dans le graphisme (1963).

L'influence de Rick Davies.

C'est dans ce cadre qu'il fait véritablement ses débuts comme musicien, jouant initialement au sein des Doodles, puis des Prefects avant de rejoindre comme batteur et alors qu'il est à l'Université, le groupe de Rick Davies (le Rick's Blues), futur Supertramp.

Pour l'anecdote, Gilbert O'Sullivan est le témoin de mariage de Rick Davies, natif de Swindon, très important dans l'apprentissage de la musique et dans le style de jeu de piano de son cadet irlandais.

Dans le contexte universitaire, alors que les Beatles et Bob Dylan sont ses influences principales, il signe ses premières chansons ; encore à l'état de démos, elles ne trouvent pas preneurs.

De Gilbert à Gilbert O'Sullivan.

L'artiste en herbe rame un temps avant de pouvoir susciter l'intérêt d'une maison de disques. Pour lancer vraiment sa carrière, il lui faut se rapprocher de la place alors en vogue : Londres.

Il s'y établit dès 1967 et y occupe un job de vendeur, à Oxford, dans un magasin de la chaîne C & A où il côtoie Mike Ward, dans la même situation que lui, à la différence près que celui-ci est déjà sous contrat avec CBS.

Ward favorise le rapprochement d'O'Sullivan avec son label ; il y est à son tour engagé pour une durée de 5 ans avec obligation de publier, a minima, un single par an.

Le premier, Disappear/You sort en novembre 1967, suivi l'année suivante par What Can I Do/You (avril 1968). Aucun des deux disques, publiés sous Gilbert, ne marque les esprits ; ils ne satisfont pas plus leur auteur, écarté de la production et des arrangements.

Sa collaboration avec Columbia se limite également à quelques démos (Can I Go With You, Till I Come Home Again Once More, Never Before, My Front Door Is), dont certaines tombées dans l'escarcelle des Tremeloes (What Can I Do, Come On Home et You).

Agacé par le fait d'être considéré comme un chanteur et non comme un artiste, Gilbert rebondit chez Major Minor Records, jeune maison d'édition nord-irlandaise (créée par Phil Solomon en 1966) et distribuée par Decca.

Il y publie, toujours sous Gilbert, I Wish I Could Cry/Mr. Moody's Garden (mai 1969) auquel John Peel donne un temps d'antenne sur la BBC1, mais sans grande réussite toutefois.

L'influence de Gordon Mills.

En quête de succès, Gilbert O'Sullivan, convaincu de son potentiel, sonne un peu à toutes les portes pour décrocher l'éditeur qui lui permettra de lancer définitivement sa carrière.

Gordon Mills est le premier à croire véritablement en les qualités du natif de Waterford. Celui qui a déjà façonné Tom Jones et Engelbert Humperdinck prend O'Sullivan sous son aile, devient son agent et lui décroche un contrat béton avec MAM Records qu'il a fondé avec Tom Jones et que Decca distribue.

Sa carrière décolle alors quand paraît Nothing Rhymed (octobre 1970), top 10 au Royaume-Uni. Le single de Gilbert impressionne et beaucoup voient déjà en l'artiste de Swindon un songwriter hors normes.

Gilbert osullivan intro

« J'ai toujours été casanier et très introverti. J'aime ma famille et la solitude m'est nécessaire. Après chacun de mes succès, je revenais chez moi. Vers mes pianos. Alors que j'aurais pu avoir tout ce que je voulais dehors. J'étais très attaché à ma musique et j'avais peur d'être submergé par les écarts. La drogue par exemple. Comme tous les jeunes de mon âge, j'ai essayé. J'ai fumé, mais j'ai vite laissé tomber. Je suis un mec normal. » (Gilbert O'Sullivan)

24 Singles, dont We Will (16), No Matter How I Try (8) Alone Again (3), Ooh-Wakka-Doo-Wakka-Day (8), Clair, écrit pour la fille de Mills et Get Down (1), Why Oh Why Oh Why (6), ainsi que 4 albums alimentent la discographie de cette étiquette entre 1971 et 1974 : Himself (août 1971), Back To Front (octobre 1972), I'm A Writer Not A Fighter (septembre 1973) et A Stranger In My Own Backyard (octobre 1974).

Mal payé.

Si sa popularité au-delà des frontières britanniques décline quelque peu après 1973, intra-muros elle se prolonge jusqu'en 1975, date à laquelle il classe un dernier single dans le top 20 (I Don't Love You But I Think I Like You).

Southpaw (1977) est le dernier album pour MAM Records avec lequel les relations se tendent, Gilbert O'Sullivan se sentant frustré de n'être pas mieux rétribué au regard de ce qu'il apporte.

Les tensions entre les deux parties amènent à porter l'affaire devant les tribunaux ; l'issue du procès (mai 1982) donne raison à l'artiste et des dommages et intérêts conséquents lui sont versés.

Outre ce dédommagement financier, O'Sullivan retiendra de cette mauvaise expérience l'importance de prendre soi-même le contrôle de sa carrière et de ses droits d'auteur.

Toujours créatif, inspiré et subtil.

En attendant, il s'accorde une longue pause artistique, avant de revenir aux affaires au début des 80's et de se rapprocher à nouveau de CBS. Bien qu'il ne connaisse plus une période aussi faste que les 70's, Gilbert O'Sullivan n,'en poursuit pas moins depuis son petit bonhomme de chemin musical.

Entre albums, anthologie discographique américaine (Caricature : The Box/2004), collection japonaise, compilations, best of, l'irlandais n'a jamais cessé d'apparaître aux quatre coins de la planète.

La publication de son 19 LP en 2018 n'a en rien ralenti son rythme. Entré au top 20 des LP grands-bretons, cet excellent disque, au regard de son succès, nous rapproche toujours plus de son auteur, toujours aussi inspiré, créatif et subtil (RAZOR©2022).

MON CHOIX DISCOGRAPHIQUE.

LP Studio 4 - 1971

 

Gilbert osullivan himself

 

GILBERT O'SULLIVAN

HIMSELF – 1971  4/5

 

Publié en août 1971.

Produit par Gordon Mills.

Durée:43:02.

Label:MAM.

Genre:pop,piano rock,pop baroque.

 

Des débuts réussis.

 

Songwriter talentueux et satirique, mélodiste subtil et inspiré, interprète original, entraînant et accrocheur, personnage au look quelque peu excentrique sorti d'un film de Buster Keaton, Gilbert O'Sullivan ne laisse pas indifférent.

Son style, l'irlandais l'a forgé pour que le pianiste qu'il est, ne passe pas inaperçu derrière son instrument et qu'il soit aussi intéressant à suivre que le guitariste qui arpente la scène.

La galette sur le crâne, la coupe de cheveux au bol, les chaussures cloutées, la veste Charlot, les chaussettes de foot... cette apparence savamment construite, c'était une idée de Raymond Edward O'Sullivan, laquelle s'accompagne dans le même élan, d'un changement de patronyme : Gilbert O'Sullivan.

Le moins que l'on puisse dire est qu'il a réussi dans son entreprise, au-delà de ce qu'il espérait au plus profond de lui-même, l'artiste de Waterford s'étant imposé, dans sa carrière, comme l'un des plus dignes ambassadeurs de la musique populaire grande-bretonne des 70's, signant notamment les mémorables Nothing Rhymed et Get Down.

Le premier nommé, quatrième single du catalogue mais premier pour le label MAM Records, se classe, à la fin de l'année 1970, au 8ème rang des charts britanniques. Il est, avec le tout aussi populaire mais non classé Matrimony, le titre majeur du premier LP de Gilbert O'Sullivan, Himself (août 1971).

L'album a commercialement bien marché au Royaume-Uni où il fait top 5 des classements anglais tandis qu'aux États-Unis, sorti (un an plus tard) dans une version différente (avec Alone Again), il se classe N°9 du Billboard 200. Il a reçu également un bon accueil de la part des critiques musicaux.

Celui-ci, dominé par le piano de Gilbert autour duquel viennent se greffer les arrangements subtils et équilibrés de Johnnie Spence, développe une collection de chansons pop mélodiques, ambitieuses, variées, agréables, décontractées, récréatives, entraînantes.

Certains des airs ici présents sont depuis rentrés dans la mémoire collective. Himself, Back To Front et Southpaw méritent qu'on s'y arrête (RAZOR©2022).
 

1. Intro.

2. January Gil.

3. Bye-Bye.

4. Permissive Twit.

5. Matrimony.

5. Independant Air.

6. Nothing Rhymed.

7. Two Much Attention.

8. Susan Van Heusen.

9. If I Don't Get You (Back Again).

10. Thunder And Lightning.

11. Houdini Said.

12. Doing The Best I Can.

13. Outro.
 

Gilbert O'Sullivan:chant,piano.

Chris Spedding:guitare.

Herbie Flowers:basse sur 7.

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