Graham Nash.

BIOGRAPHIE.

 

GRAHAM NASH/Royaume-Uni

 

Graham nash

 

Né Graham William Nash, le 2 février 1942 à Blackpool (Royaume-Uni)

Actif depuis 1962.

Label:Atlantic,ABC,MCA,EMI,Reprise,Artemis.

Genre:pop-rock,folk-rock.

Site officiel:grahamnash.com

 

Le plus discret des mousquetaires…

Graham Nash est le plus discret des quatre membres du légendaire quatuor Crosby Stills Nash & Young, un « super groupe » comme on disait de ce temps. On connait le côté égocentrique de Stills, le caractère bourru et assez spécial de Young, tous deux venus du Buffalo Springfield, la facette hip-idéaliste de Crosby, un ancien Byrds. Buffalo Springfield, Byrds… des formations mythiques.

On en sait moins sur Graham Nash au passé musical de Hollies, qui n’a jamais vraiment fait parler de lui autrement que par l’écriture, même si souvent placée dans l’ombre de celles de Young et de Stills, que par ses prestations avec son complice de toujours, le vieil ermite moustachu, ou que par ses engagements dans des causes humanitaires et environnementales où il est particulièrement actif et ce, depuis longtemps.

Nash 1Graham Nash 70's.

Nash holliesAvec les Hollies.

Nash csnAvec David Crosby et Stephen Stills.

Nash crosbyAvec David Crosby.

Nash mitchellAvec Joni Mitchell.

… mais les mêmes écarts.

Pourtant il est passé par les mêmes filières que ses associés de Woodstock, celles générées par la vie rock ‘n’ roll et notamment les drogues, qu’il a toutes expérimenté, dit-il, mais dont il est toujours revenu pour ne jamais avoir été accro à aucune d’entre elles.

Ce serait même le secret d’une longévité amorcée avec les anglais des Hollies, dès 1963, expérience qui l’a préparé à la déferlante connue par la suite avec ses trois autres compères, vus alors comme les nouveaux dieux de la musique populaire, reléguant aux oubliettes les Beatles dont la séparation avait été alors lourdement vécue sur la planète.

Un passé de Hollies.   

Car Nash est anglais, pas ricain comme on pourrait le croire. Natif de Blackpool, dans le nord-ouest de l’Angleterre, même s’il se définit avant tout comme britannique, il passe l’essentiel de son existence sur les terres de l’Oncle Sam pour des motifs professionnels et surtout artistiques, une voie que ses parents ont encouragé.

Plus particulièrement celle de la musique, pour en vivre, partagée entre un parcours initial au sein des Hollies, groupe pop dont il fut un membre fondateur et une carrière croisée entre quatuor (CSN&Y), trio (Crosby Stills & Nash), duo (Crosby & Nash) et en solitaire.

Passé du froid et de la pluie britannique à la douceur de la Californie, le petit gars de Manchester, comme se plaisait à l’appeler Tony Wilson, le fondateur du label Factory, Graham est fasciné d’emblée par ce pays qui l’a toujours fait rêvé et qui lui permet de faire quasiment tout ce qu’il avait envie de faire. Le choc.

Il ne revient pas en Angleterre où les fans des Hollies, idolâtrés en Europe, conservent pourtant de lui le souvenir d’un compositeur doué qui, avec son ami d’enfance Allan Clarke, a grandement contribué à propulser le groupe troisième plus gros vendeur de disques britannique derrière les Beatles et les Stones.

A lui l’Amérique.

Ce statut permet aux anglais d’enchainer les tournées mondiales, de faire des apparitions sur les TV américaines et de prendre le train en marche de la British Invasion.

Mais il se sent vite engoncé dans une formation qui n’est plus à même de satisfaire ses ambitions artistiques, notamment quand les Hollies ont pour projet, après un décevant Butterfly (1967), d’enregistrer un LP avec uniquement des reprises de Dylan.

Graham Nash décide alors de faire le grand saut qui le pose sur les terres angelines et quitte les Hollies pour l’Amérique. Ayant rencontré David Crosby durant une tournée américaine des Hollies, il reprend contact avec lui en 1968.

Puis, Graham Nash repart dans un nouveau projet avec ce dernier et Stephen Stills. C’est Crosby Stills & Nash, trio à l’alchimie époustouflante, par lequel sa carrière personnelle prend une dimension populaire supplémentaire.

Entre quatuor, trio, duo et parcours solo…

La constitution de ce trio magique se fait à la disparition de Buffalo Springfield et pour le compte du label Atlantic. Apple, ayant refusé de les prendre sous son aile, peut se mordre les doigts car le premier LP, éponyme (1969) qui découle de cette réunion se vend comme des petits pains. Il fait de CSN un groupe majeur de la fin des années 60 et Nash y signe un remarquable Marrakesh Express.

Pour les besoins de tournées, le trio doit s’étoffer avec un claviériste. Neil Young, parallèlement à sa carrière personnelle, est cet homme. Rabiboché avec Stills, celui-ci devient le quatrième membre de ce qui devient alors le légendaire Crosby Stills Nash & Young, le groupe le plus proche des mouvements contestataires du moment.

Graham nash 1

« Le premier Crosby Stills & Nash a été un album gai. Déjà Vu, qui le suit, était plus sombre et pour cause. Durant la réalisation de CSN, nous étions amoureux, David de Christine Hinton, Stephen de Judy Collins et moi de Joni Mitchell. Tout était alors beau et rose.

Pour Déjà Vu, Stephen et moi avions rompu et David a subi la mort tragique de Christine. Ajoutez à cela la drogue que nous prenions en quantité et l’individualisme de Neil qui enregistrait à part et qui faisait les choses un peu de son côté. En gros, on s’amusait, mais lui ne déconnait pas, ce qui n’a pas empêché à cet album de laisser un excellent souvenir. » (Graham Nash)

Dans le cadre de Woodstock, le super groupe, pour son second concert, livre une prestation énorme, tandis que les albums incontournables que sont Déjà Vu (1970) et le live 4 Way Street (1971), avec respectivement le moralisateur Teach Your Children et le politisé Chicago, morceaux restés mémorables signés Nash, achèvent de sacraliser le quatuor.

Nash songs for beginners

Nash wild tales

1971, le sublime Songs For Beginners.

1971 est l’année où Graham Nash ouvre son compteur discographique personnel. Mis en stand-by pour réaliser leurs desseins individuels, après que Neil Young (After The Gold Rush/août 70), Stephen Stills (Stephen Stills/novembre 70) et David Crosby (If I Could Only Remember My Name/février 71) aient sorti leur album (et quels albums !), Graham Nash y va du sien, fin mai 1971 : l’excellent Songs For Beginners.

Neil Young embraye aussitôt sur le génial Harvest, tandis que Stephen Stills met à profit le break de CSN&Y pour créer le sublime Manassas. Graham Nash et David Crosby démarre alors une collaboration, ponctuée d’un disque en 1972 (Graham Nash/David Crosby) et d’une tournée européenne. La bonne entente qui les lie n’a jamais démentie depuis ; ils collaborent toujours depuis les années 70.

Personne ne mise alors un kopek sur la reformation de CSN & Y. En 1974 pourtant, après un échec l’année précédente, année de la publication du deuxième disque solo de Nash (Wild Tales/1973), une tournée est prévue avec un LP à la clé, le controversé Human Highway, jamais terminé et fini éclaté dans les discographies des uns et des autres. Crosby et Nash y vont de la poursuite de leur association, deux opus en attestent : Wind On The Water (1975) et Whistling Down The Wire en 1977. Dans le même temps Stills et Young se réconcilient pour la énième fois et fondent le duo Stills/Young derrière Long May You Run (1976). La réunion du trio de base de cette saga mythique se fait en 1977 autour de l’album CSN.

CSN, 7 ans après Déjà Vu.

Sept ans après l’exceptionnel Déjà Vu, la tierce magique remet le couvert en proposant une musique toujours aussi bien léchée, une grande maturité lyrique. Graham Nash y apporte un must acoustique de son catalogue, Just A Song Before I Go, écrite en une quinzaine de minutes sur un coup de tête suite à un pari.

CSN marque la fin d’une grande époque et le début des problèmes de Crosby avec la dope, palpables dans Daylight Again et auxquels Neil Young voulait qu’il tourne le dos avant de commencer à parler à nouveau de reformation du quatuor. En 1988, American Dream (CSN & Y) les réunit à nouveau mais ça n’ira pas plus loin.

Entre gestion du nom et projets parallèles.

This Old House et Live It Up, After The Storm, tous à créditer à CSN, ne suscitent pas le même enthousiasme, pas plus que Looking Forward (1999 par CSN & Y).

Le quatuor se reporte alors sur des tournées très lucratives, signe d’une popularité demeurée intacte. Coté duo, Nash et Crosby, en 2004, reviennent en studio avec un double LP, quasiment 30 ans après leur dernier jet, Whistling Down The Wire. Plus contemporain, avec un son différent et une écriture un peu faiblarde, il ne prend pas place dans les annales du tandem, pas plus que sa version abrégée Highlights, de 2006.

Militant très actif, en plus de continuer à chanter, composer, faire de la scène, dans ou hors CSN & Y, Graham Nash a fixé aussi ses centres d’intérêts sur l’art, la photographie et les nouvelles formes de communication numérique et interactive et vient de boucler sa biographie, Wild Tales. Et il n’est pas près de passer la main… (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE HOLLIES 60'S.

LP Studio 1 - 1964

 

Hollies stay with the hollies mono 1

 

THE HOLLIES

STAY WITH THE HOLLIES – 1964  2,5/5

 

Publié en janvier 1964.

Produit par Ron Richards.

Durée:34 :05.

Label:Parlophone.

Genre:rock.

 

Le temps des reprises.

 

Groupe anglais de la Beat Generation, né au début des années 60, les Hollies, toujours dans le coup en 2015, sont connus pour avoir été la formation qui a vu débuter Graham Nash (celui avec le pull rouge rayé sur la pochette), membre du légendaire Crosby Stills Nash & Young, et pour avoir été le troisième plus gros pourvoyeur de charts britanniques des sixties, derrière qui vous savez : Beatles et Stones.

Né à Salford dans le Lancashire grâce à Nash et Allan Clarke, des amis d’enfance, ce groupe s’étoffe avec les arrivées d’Eddie Haydock à la basse, Vic Steele, à la guitare et Don Rathbone, batteur : Tony  Hicks et Bobby Elliott suppléeront respectivement ces deux derniers rapidement. Il opte pour le nom de Hollies, en hommage au chanteur américain Buddy Holly.

A partir de là, dès 1963, les succès s’enchaînent pour l’étiquette  Parlophone, division discographique d’EMI en Grande-Bretagne, pour laquelle les Beatles sont alors  les illustres représentants : (Ain’t That) Just Like Me (25ème aux USA/1963), Searchin’(12ème en 1963), Just One Look (2ème/1964), Here I Go Again (4ème en mai 1964).

Un premier LP sort dès 1964, Stay With The Hollies, baptisé Here I Go Again aux States et publié chez Imperial, label de la Nouvelle-Orléans, que l’on retrouve bien vite en deuxième position des charts d’Outre-Manche (18 semaines dans le top ten).

Constitué essentiellement de reprises de standards de Chuck Berry, de Ray Charles, puisé dans le catalogue Motown, cet album ne diffère en rien de ce que faisait l’essentiel des formations du Mersey Beat (Stones et Beatles compris) : s’accaparer un répertoire familier, créer son style en l’agrémentant généralement d’harmonies vocales haut perchées, d’une rythmique nerveuse, de guitares éclatantes et tenter de se faire une place au soleil sur un marché américain, alors en souffrance.

Les grandes idoles vieillissantes du rock & Roll US étant mortes,  tournées vers la religion, derrière les barreaux ou en proie à de sérieux ennuis de mœurs, le marché du moment est alors animé par des formations que l’histoire du rock n’a, pour ainsi dire, pas retenues (Ricky Nelson, Frankie Avalon, Bobby Rydell, Pat Boone, ça vous parle ?).

Stay With The Hollies est le miroir de cette stratégique British Invasion et ne recense qu’un seul original (le talentueux Little Lover). Guère transcendant, il montre au profane, combien il était alors difficile de s’extirper du flux dense des produits générés par la Mersey Beat, sauf pour ceux qui avaient tous les moyens techniques à leur disposition (inutile de les citer, ce sont les deux de devant).

Le rendu révèle ici la compétence des acteurs (Talking ‘Bout’ You, Mr Moonlight, Baby Don’t Cry, You Better Move On, What Kind Of Girl Are You), annonce des reprises interprétées avec respect et humilité (Memphis, Lucille et Candy Man), une énergie et une puissance brutes (Do You Love Me) … comme beaucoup de formations.

La performance (vocale notamment) ne permet pas encore d’y accorder toute l’attention nécessaire (Stay, pour aborder l’Amérique, prépare un avenir prometteur). Dès l’album suivant, In The Hollies Style, les Hollies dépasseront  ce stade amateur en prenant une orientation plus mélodique (adaptée aux talents de chanteurs de Nash et Clarke) et, ce sera alors une autre paire de manche (RAZOR©).

 

1. Talking 'Bout You.

2. Mr. Moonlight.

3. You Better Move On.

4. Lucille.

5. Baby Don't Cry.

6. Memphis.

7. Stay.

8. Rockin' Robin.

9. Whatcha Gonna Do 'Bout It ?

10. Do You Love Me.

11. It's Only Make Believe.

12. What Kind of Girl are You.

13. Little Lover.

14. Candy Man.

 

Allan Clarke:chant.

Bobby Elliott:batterie.

Eric Haydock:basse.

Tony Hicks:chant,guitare électrique.

Graham Nash:chant,guitare électrique,guitare rythmique.

 

LP Studio 2 - 1964

 

Hollies in the hollies style 64

 

THE HOLLIES

IN THE HOLLIES STYLE – 1964  4,5/5

 

Publié en novembre 1964.

Produit par Ron Richards.

Durée:29:21.

Label:Parlophone.

Genre:pop-rock,British Invasion,Merseybeat.

 

Indiscutable !

 

Amateurs de British Invasion, à vos tirelires ! Ce deuxième « 33 tours » des Hollies, publié à la fin de l’année 1964, In The Hollies Style (en écoute intégrale ici), est un de leurs meilleurs disques et le reflet fidèle de cette période qui a vue les anglais débarquer, en masse et de toutes parts, chez l’Oncle Sam, y occuper une scène musicale alors quasi  indigente et provoquer la réaction des artistes autochtones.

Paradoxalement, il me semble que ce LP, dans la veine pop ambiante, n’a été diffusé que plus tard après sur le sol américain… Comprenne qui pourra !

Structuré autour d’une écriture faite essentiellement d’originaux (8 sur 12), complété par un nombre limité de reprises, In The Hollies Style (Parlophone/novembre 1964) est, sur ce plan, inversement proportionnel à son prédécesseur, lequel s’appuyait sur un seul original pour une pléthore d’adaptations de titres R & B et Rock & Roll, la nourriture de base en vogue.

Diamétralement opposé aussi, en termes de maturité et de professionnalisme. Le constat est saisissant par rapport à Stay With The Hollies. Les Hollies, sont moins amateurs, moins nonchalants, plus ambitieux.

En corrigeant rapidement le tir, en devenant plus autonome en termes d’écriture, et en privilégiant un style pop-rock qui deviendra  leur terrain d’expression favorite et caractéristique, tout en conservant l’énergie et l’enthousiasme, les Hollies, par l’entremise des compositeurs maison Nash et Clarke, font un pas de géant dès leur deuxième jet, sans générer pour autant le moindre hit (d’où son classement à une modeste 20ème place).

Pas bien grave, compte tenu du niveau proposé, niveau qui, comparativement, n’a parfois rien à envier aux Beatles de la même période. Leurs rivaux de Manchester, nullement insensibles aux travaux des Fab Four, ont le vent en poupe et impressionnent avec leurs harmonies sublimes.

Le délicieux To You My Love, Come On Home, le meddley Nitty Gritty/Something’s Got A Hold On Me, It’s In Her Kiss, Don’t You Know, What Kind Of Boy, Set Me Free sont les notes dominantes de ce bouquet d’excellence (RAZOR©).

 

1. Nitty Gritty/Something's Got a Hold on Me.

2. Don't You Know.

3. To You My Love.

4. It's in Her Kiss.

5. Time for Love.

6. What Kind of Boy.

7. Too Much Monkey Business.

8. I Thought of You Last Night.

9. Please Don't Feel Too Bad.

10. Come On Home.

11. You'll Be Mine.

12. Set Me Free.

 

Allan Clarke:chant.

Bobby Elliott:batterie.

Eric Haydock:basse.

Tony Hicks:guitare, chant.

Graham Nash:guitare rythmique, chant.

 

LP Studio 3 - 1965

 

Hollies hollies 1965

 

THE HOLLIES

HOLLIES – 1965  3,5/5

 

Publié le 1er septembre 1965.

Produit par Ron Richards.

Durée:49:31.

Label:Parlophone.

Genre:beat,rock,pop-rock,british invasion

 

A trop vouloir…

 

L’album Hollies (en écoute intégrale ici - titres 1 à 12) n’est pas ce que les rivaux de Manchester (que l’on opposait souvent aux gars de Liverpool) ont fait de mieux. Pour être juste, ce troisième LP studio constitue une grosse déception, que l’album précédent (In The Hollies Style) ne permettait pas d’imaginer.

Le retour à sept reprises de rockabilly, de Motown, de ballades et de rock, pour 5 originaux augure, dans sa façon de procéder, un univers familier : Stay With The Hollies (1964).

Parler de progression me semble complètement inapproprié. Les Hollies de cet album, en voulant élargir leur horizon musical, émoussent leur style énergique si caractéristique, saupoudrent d’un mauvais sucre leur son si spécifique et s’en retrouvent  à faire du Beatles indigeste (ce n’est en rien péjoratif).

Où est donc le Ransford Team, ce trio de l’écriture derrière lequel se cache le collectif des Hollies ? Où sont ses perles du moment? Les reprises sont-elles vraiment utiles? Fortune Teller ? Tous les pimpins du coin l’avaient à leur répertoire (Sylvester & Ses Rabots, Les Chemises Amidonnées, Georgette Plana Ono Band… et j’en passe).

Put Yourself In My Place, Too Many People, When I Come Home To You, So Lonely fonctionnent à peu près correctement et, comme par hasard, ce sont des produits “maison”.

Agrémenté des tubes du moment, comme I’m Alive, par exemple, le répertoire, ainsi rehaussé, aurait mené à une issue autrement plus favorable. Là, c’est une grosse déception. Pour moi, en tout cas.

La faute au manque de temps, vraisemblablement… Pour info, cet album s’appelle Hear ! Here ! dans sa version US (Imperial Records) et comprend une sélection de pistes différente. Mais il ne gagne rien à changer de nom… (RAZOR©).

 

1. The Very Last Day.

2. You Must Believe Me.

3. Put Yourself in My Place.

4. Down the Line.

5. That's My Desire.

6. Too Many People.

7. Lawdy Miss Clawdy.

8. When I Come Home to You.

9. Fortune Teller.

10. So Lonely.

11. I've Been Wrong.

12. Mickey's Monkey.

 

Allan Clarke:chant,harmonica.

Bobby Elliott:batterie.

Eric Haydock:basse.

Tony Hicks:guitare,chant.

Graham Nash:guitare rythmique,chant.

 

LP Studio 4 - 1966

 

Hollies would you believe 66

 

THE HOLLIES

WOULD YOU BELIEVE? – 1966  3/5

 

Sortie en juin 1966.

Produit par Ron Richards.

Durée:29:17.

Label:Parlophone.

Genre:rock,pop-rock.

 

Qui n’avance pas…

 

Je ne connais pas les raisons pour lesquelles les Hollies persistaient de la sorte dans la reprise de titres d’autres artistes, alors qu’ils avaient largement les moyens de faire mieux, en sélectionnant leurs propres compositions, souvent cachées derrière le pseudo de Ransford.

Les Hollies comptaient, en Nash  et Clarke, un tandem de choix à l’écriture, en Hicks un excellent guitariste et en Elliott et Haydock, une rythmique qu’on lui enviait. En mettant leur énorme potentiel au service d’une musique plus personnelle (et non pas en se lançant à tue-tête dans une adaptation guère améliorée du répertoire d’autrui), les Hollies ont écrit des belles pages du rock.

Au lieu de cela, ils font le yoyo, un coup bien, un coup moins bien et s’éloignent de ceux desquels ils sont approchés de très près (au point d’en faire leur rivaux), j’ai nommé les Beatles. Cette alternance de qualité se positionne présentement sur le moins bien. Would You Believe (en écoute intégrale du 13 ème au 24 ème titre) n’est pas un achat indispensable.

Le groupe ne régresse pas, il stagne, ce qui revient au même, semble faire ce qui lui plaît, et non pas ce que public et presse attendent.  De l’analyse de ce 5ème LP (1966), j’évince, en premier lieu, les reprises (de Simon & Garfunkel, Sam & Dave, Chuck Berry, Buddy Holly ou encore du Stewball irlandais de Bob Yellin, également chanté par Dylan), plus matière à remplir qu’à bonifier, ainsi que les apports d’auteurs extérieurs (un excellent I Take What I Want, Don’t You Even Care et le classique I Can’t Let Go), pour ne conserver que les compositions sous dénomination Ransford.

Hard Hard Year (qui annonce un folk-rock naissant), Oriental Sadness (j’en cherche encore les contours orientaux), le pop acoustique cool (de Nash plutôt que de la Ransford Team) nommé Fifi The Flea et I’ve Got A Way Of My Own sont les uniques (et acceptables) contributions originales de cet album. J’en dénombre quatre. Pitos!

Quand on veut boxer dans la même catégorie que les lourds, on prend du volume et on se donne les moyens de ses ambitions, et ne pas se satisfaire uniquement des harmonies vocales. En l’occurrence, les Hollies du moment voulaient bouleverser l’ordre établi  avec des arguments aussi minces. Que je sache, à cette même époque, et alors que la concurrence battait son plein, de nombreux groupes (dont les plus célèbres) publiaient leur album avec leur propre matériel.

L’adage qui veut que l’on n’attire pas les mouches avec du vinaigre, prend ici tout son sens. Il est quand même malheureux qu’une formation de ce calibre, au moment où elle est la plus attendue, ne soit pas au rendez-vous. Les Beatles doivent alors rire sous cape…  La variante US de Would You Believe (Beat Group) n’apporte malheureusement rien de mieux (RAZOR©).

 

1. I Take What I Want.

2. Hard Hard Year.

3. That's How Strong My Love Is.

4. Sweet Little Sixteen.

5. Oriental Sadness.

6. I Am a Rock.

7. Take Your Time.

8. Don't You Even Care.

9. Fifi the Flea.

10. Stewball.

11. I've Got a Way of My Own.

12. I Can't Let Go.

 

Allan Clarke:chant.

Graham Nash:guitare,chant.

Eric Haydock:basse.

Tony Hicks:guitare,banjo,mandoline,sitar électrique,chant.

Bobby Elliott:batterie.

 

LP Studio 5 - 1966

 

Hollies for certain because

 

THE HOLLIES

FOR CERTAIN BECAUSE – 1966  4/5

 

Publié le 9 décembre 1966.

Produit par Ron Richards.

Durée:32:24.

Label:Parlophone (U.K)/Imperial (U.S).

Genre:pop-rock,pop.

 

Quand l’écriture va, tout va.

 

Il faut croire que, suite au décevant  Would You Believe, les Hollies ont décidé de se bouger les fesses et de montrer enfin leur vrai visage, car le court For Certain Because (en écoute intégrale ici) qui s'appelle Stop ! Stop ! Stop ! aux Etats-Unis et pour une fois, sorti à l’identique, publié  la même année (1966), est tout de suite meilleur et, c’est bien là le scoop.

Il est entièrement tributaire de l’écriture d’Allan Clarke, de Graham Nash et de Tony Hicks, le trio de Ransford (12 pistes). Il marque, de ce fait, une rupture avec la discographie précédente et une avancée importante dans leur fluctuante carrière. Le talent en matière de songwriting est bien présent ! Enfin ! serait-on tenté d’avancer…

For Certain because, c’est du Hollies accrocheur, réussi, soigné, diversifié, bien structuré, aux belles mélodies, aux harmonies chatoyantes, agréablement  instrumenté, balançant entre titres rapides et plus lents. Ce n’est pas encore du très grand Hollies, mais dans le contexte concurrentiel de la pop d’alors, ce disque les autorise à revendiquer une place parmi les meilleurs du genre.

Ses forces ont pour nom le génial Tell Me To The Face à la belle ligne bossa nova, le virevoltant Stop ! Stop ! Stop !, l’amusant What’s Wrong With The Way Line, le triste Clown, l’enjoué Pay You Back With Interest, Suspicious Look In Your Eyes, It’s You et son harmonica farouche, Peculiar Situation.

For Certain Because est l’album est par lequel les Hollies quittent enfin la piste ; le décollage (annoncé par le psychédélique Stop ! Stop ! Stop !) est prévu pour Evolution et Butterfly. Compostez vos billets ! (RAZOR©).

 

1. What’s Wrong with the Way I Live.

2. Pay You Back with Interest.

3. Tell Me to My Face.

4. Clown.

5. Suspicious Look in Your Eyes.

6. It's You.

7. High Classed.

8. Peculiar Situation.

9. What Went Wrong.

10. Crusader.

11. Don't Even Think About Changing.

12. Stop! Stop! Stop!

 

Allan Clarke:chant.

Graham Nash:guitare,chant.

Eric Haydock:basse.

Tony Hicks:guitare,banjo,mandoline,sitar électrique,chant.

Bobby Elliott:batterie.

 

LP Studio 6 - 1967

 

Hollies evolution

 

THE HOLLIES

EVOLUTION – 1967  4,5/5

 

Publié en juin 1967.

Produit par Ron Richards.

Durée:39:52.

Label :Parlophone.

Genre:pop psychédélique.

 

Purement pop, faussement psychédélique.

 

1967 : l’époque est au flower-power et à Sergent Peppers des Beatles, deux hauts symboles du psychédélisme environnant. Les Hollies sont conscients de l’aubaine à tirer de cette vague porteuse et répondent à leurs intouchables rivaux anglais, par un surprenant Evolution (en écoute intégrale ici), publié à la même période que l’inamovible meilleur album de tous les temps.

Comme l’indique sa pochette-kaléidoscope, au flou artistique psychédélique (la photo est prise derrière un plastique), sur laquelle des Hollies « in » portent fripes hippies, ces derniers n’ont pas l’intention de louper, une fois de plus, le train musical de l’époque.

Trop longtemps resté sur le quai, en raison de choix musicaux pas toujours compris, le groupe de Manchester souhaite en finir avec sa pop beat et ouvrir sa conscience, pour projeter sa musique vers un horizon plus cosmique.

Evolution ne répond que partiellement à cette démarche, en proposant un très bon mélange de pop et de rock… faussement psychédélique. Original et audacieux, il est bien dans l’air du temps (dans ses intentions), à savoir qu’il expérimente instrumentalement parlant : trompettes, banjo, tuba, clavecin, percus et effets vocaux...

Le rendu l’est moins. C’est plutôt agréable et bien réalisé, même s’il ne bouleverse pas les standards psychédéliques (Sergent Peppers, Pet Sounds notamment) de l’époque. La grosse cote est pour Leave Me, Then The Heartaches Begin, You Need LoveHave You Ever Loved Somebody, Rain On The Window, Water On The Brain.

Moins brillants, mais aussi captivants sont Ye Olde Toffee Shop, The Games We Play. Evolution porte, malgré tout, bien son nom: les Hollies ont franchi un palier (RAZOR©).

 

1. Then the Heartaches Begin.

2. Stop Right There.

3. Water on the Brain.

4. Lullaby to Tim.

5. Have You Ever Loved Somebody?.

6. You Need Love.

7. Rain on the Window.

8. Heading for a Fall.

9. Ye Olde Toffee Shoppe.

10. When Your Light's Turned On.

11. Leave Me.

12. The Games We Play.

 

Allan Clarke:chant.

Graham Nash:guitare,chant.

Tony Hicks:guitare,banjo,mandoline,sitar électrique,chant.

Bobby Elliott:batterie,percussions.

Bernie Calvert:basse.

 

LP Studio 7 - 1967

 

Hollies butterfly

 

THE HOLLIES

BUTTERFLY – 1967  4/5

 

Publié en novembre 1967.

Produit par Ron Richards.

Durée:33:14.

Label:Parlophone.

Genre:rock psychédélique,rock,pop-rock.

 

Flirt avec le psychédélisme.

 

Dernier album de Graham Nash avant qu’il ne prenne le chemin de CSN&Y, Butterfly (en écoute intégrale ici) est également le septième enregistrement studio des Hollies, leur deuxième de l’année 1967 et leur troisième en un an.

Le groupe de Manchester s’est engagé dans une voie pop psychédélique plutôt soft (Evolution) qui laisse supposer que les acteurs de cette formation n’ont pas les bons produits pour arpenter les paradis artificiels.

Selon leur site, Clarke, Elliott, Hicks et Calvert sont plus adeptes des pintes de bière au café du coin que vraiment imprégnés de la culture drogue & rock ‘n’ roll ; Graham Nash est le seul à utiliser régulièrement  les substances chimiques pour la pratique de son art, au point que  les influences sur son travail personnel s’en ressentent bien vite.

C’est, pour lui, la seule direction à suivre et tente d’y entraîner les Hollies. Les relations se dégradent aussitôt, Nash tenant  à se démarquer du team de l’écriture (Ransford) qu’il juge à la traîne et n’étant plus digne d’être associé à ses propres chansons. Sa rencontre avec David Crosby et Stephen Stills fait le reste.

Butterfly paraît en novembre 1967 et apparaît bien comme un produit du flower-power, mais un produit qui arriverait après la bataille, à un moment où les cadors du genre ont déjà tout démontré. C’est pourtant leur deuxième incursion dans le pop-rock psychédélique (c’est leur meilleure, sans aucun doute !) et j’en suis toujours à me demander si les Hollies tenaient réellement à s’engager dans cette voie pour laquelle Nash avait des dispositions, s’ils se sont donné vraiment les moyens expérimentaux de cette immersion dans l’univers sous hallucinogènes ou s’ils se sont seulement satisfaits du p’tit coup de houblon pour la route.

En effet, l’album respire la retenue, la méfiance, il n’affiche pas un engagement franc et sans borne dans le genre. Comment faire ressentir à l’auditeur des visions extatiques (je suis si haut que je touche le ciel dans Elevated Observations) alors que les 4/5 des Hollies n’avaient alors jamais quitté le plancher des vaches ?

Les Hollies flirtent avec le psychédélisme, oui, mais sans chercher à s’engager dans une histoire d’amour, dont ils ne veulent visiblement pas. Pourtant, pour des artistes qui n’ont pas vraiment adhéré au binôme musique/drogues, ces gars m’ont bluffé par leur faculté à s’approcher très près des normes du genre.

Ce disque de pop psychédélique (soft), dominé par un Nash omniprésent, véritable chef de projet et indéniablement le seul qui collait vraiment à la culture flower-power recherchée, est tout bon.

Pegasus, Butterfly, Away Away Away , Postcard, Charlie & Fred, Try It, Step Inside, Maker, Wishyouawish et Would You Believe sont les numéros gagnants d’un album qui est avant tout jovial, mélodique et bien fait, mais qui ne couche pas avec le psychédélisme.

Il se contente d’un flirt à peine poussé, alors que d’autres étaient déjà passés dessus depuis longtemps. Restés quasiment fidèles à leur  ligne de conduite, les Hollies du prochain album, n’auront aucune difficulté à réintégrer le foyer de leurs fans, malgré le départ de Nash (RAZOR©).

 

1. Dear Eloise.

2. Away Away Away.

3. Maker.

4. Pegasus.

5. Would You Believe?.

6. Wishyouawish.

7. Postcard.

8. Charlie and Fred.

9. Try It.

10. Elevated Observations?.

11. Step Inside.

12. Butterfly.

 

Bernie Calvert:basse,chant.

Allan Clarke:guitare,chant.

Bobby Elliott:batterie.

Tony Hicks:guitare,banjo,dulcimer,chant.

Graham Nash:guitare,chant.

DISCOGRAPHIE CROSBY STILLS & NASH (YOUNG) 60'S/70'S.

LP CSN Studio 1 - 1969

 

Crosby stills nash lp 69

 

CROSBY, STILLS & NASH

CROSBY, STILLS & NASH – 1969  5/5

 

Publié le 29 mai 1969.

Produit par Bill Halverson,David Crosby,Graham Nash,Stephen Stills.

Durée:40:52.

Label:Atlantic.

Genre:rock,folk rock.

       

Un monument de la west coast.

 

Le mémorable et incontournable Crosby, Stills & Nash (en écoute intégrale ici) est le premier LP du groupe du même nom. Il est publié en 1969 chez Atlantic. Cet album émane d’un trio qui a été l’une des formations de folk-rock les plus phénoménales de tous les temps et les plus influentes sur les jeunes générations dont il collait aux aspirations et aux révoltes du moment.

C’est dans le bungalow de Joni Mitchell, à Laurel Canyon, que David Crosby (viré des Byrds), Stephen Stills (qui a quitté Buffalo Springfield où il se sentait à l’étroit avec Neil Young dans les pattes) et Graham Nash (ex-Hollies) l’immigré anglais, pote des Beatles, mettent en place ce qui va être ce premier jet au titre éponyme.

L’album, que la presse comme le public vont plébisciter, traduit à merveille l’esprit peace and love qui prévaut alors. Caractérisé par des harmonies vocales uniques (on dit d’eux qu’ils sont les Beatles américains), ce disque, qui va demeurer plus de deux ans dans les charts américains, serpente entre ballades romantiques et ambiances latino.

On doit à Stills, l’homme-orchestre, l’essentiel des parties instrumentales, gage du talent et de la virtuosité du bonhomme. L’écriture, quant à elle, est partagée entre Stills qui balance, entre autres, un Judy Blue Eyes de derrière les fagots (ces beaux yeux bleus sont ceux de Judy Collins) et un super 49 Bye-Byes, entre Crosby (Guinnevere, Long Time Gone en réponse à l’assassinat de Kennedy) et Nash (Marrakech Express).

L’album, original, d’une grande pureté, exceptionnellement doux, aux textes pertinents, aux mélodies délicates, aux harmonies vocales pharamineuses, vaut par tous ses titres sans exception et notamment, j’allais l’oublier celui là, le géantissime Wooden Ships, né d’une écriture collective sur le bateau de Crosby (le Mayan) qui en a assuré la musique, Paul Kantner de Jefferson Airplane et Stephen Stills, les paroles.

Par cette collection de chansons exceptionnelles appartenant au patrimoine de la west coast américaine, Crosby, Stills & Nash (avec Dallas Taylor à la batterie) se positionne comme un groupe majeur de la musique rock, en phase avec l’esprit contestataire du moment.

Ce disque, qui rappelons-le est un coup d’essai pour les trois mais qui annonce leur popularité à venir, est un joyau sorti quelques mois avant Woodstock où ils sont apparus en public.  Eh les djeunes, qu’est-ce que vous attendez pour aller l’acheter ?

Pour l’anecdote, sur la pochette, Nash, Stills et Crosby posent sur un canapé devant une cabane en bois. Au moment de la prise de vue, le nom du groupe n’était pas encore arrêté. Lorsque quelques jours plus tard, et alors que leur dévolu s’était jeté sur le nom Crosby, Stills & Nash, ils voulurent refaire la photo dans le bon ordre et au même endroit… La cabane en bois avait été détruite ! Enjoy les amis (RAZOR©).

 

1. Suite: Judy Blue Eyes.

2. Marrakesh Express.

3. Guinnevere.

4. You Don't Have to Cry.

5. Pre-Road Downs.

6. Wooden Ships.

7. Lady of the Island.

8. Helplessly Hoping.

9. Long Time Gone.

10. 49 Bye-Byes.

 

David Crosby:guitares,chant.

Stephen Stills:guitares,basse,orgue,chant.

Graham Nash:chant,guitare acoustique sur 2/7.

Dallas Taylor:batterie,percussions.

Jim Gordon:batterie sur 2.

Cass Elliot:chœurs sur 5.

 

LP CSN Studio 2 - 1977

 

Crosby stills nash csn 77

 

CROSBY STILLS & NASH

CSN – 1977  5/5

 

Publié le 17 juin 1977.

Produit par David crosby,Stephen Stills,Graham Nash,Ron Albert,Howard Albert.

Durée:43:50.

Label:Atlantic.

Genre:rock, folk rock.

 

Chef d’oeuvre number 2.

 

Quel album merveilleux que ce CSN (en écoute intégrale ici) de 1977! Le trio folk-rock, alors séparé, n’avait plus enregistré d’albums ensemble depuis plus de 6 ans. Il se reforme pour l’occasion et pour la première fois, car il y aura, dans la suite de leur carrière en commun, d’autres temps morts et séparations, suivis d’autant de retours.

Stills a alors le mésestimé Manassas qui lui tient à cœur, Crosby et Nash se sont lancé dans des projets personnels avec plus ou moins de succès et font dans le partenariat en attendant. CSN est donc, et seulement, le deuxième LP de cette formation à trois mythique. Mais quel album !

Un petit bijou, n’ayons pas peur des mots. CSN est un concentré  de chansons merveilleuses pour un disque d’une grande qualité musicale. Le mélange acoustique et électrique est savoureux. C’est vraiment une merveille de LP folk-rock dans lequel chacun apporte son écot.

Crosby y va de ses compositions : Shadow Captain (en co-signature avec Craig Doerge), le titre d’entame de l’album, Anything At All et In My Dreams. Stills nous livre ses magnifiques Dark Star, Fair Game, le superbe titre acoustique qu’est See The Changes, Run From tears et le morceau final I Give You Give Blind. Nash n’est pas en reste et apporte une sublime pierre à l’édifice CSN avec Cathedral (un titre que je considère comme un des plus grands jamais entendus), Carried Away, Cold Rain et l’énorme Just A Song Before I Go.

Douceur, calme, harmonies vocales à nulles autres pareilles, ambiance folk feutrée, variété… Sans conteste, ce disque, rehaussé par la présence de musiciens prestigieux  est à ranger parmi les meilleures productions de l’époque. C’est leur dernier chef d’œuvre, il faut le savoir. Dès lors, autant en profiter (RAZOR©).

 

1. Shadow Captain.

2. See the Changes.

3. Carried Away.

4. Fair Game.

5. Anything at All.

6. Cathedral.

7. Dark Star.

8. Just a Song Before I Go.

9. Run from Tears.

10. Cold Rain.

11. In My Dreams.

12. I Give You Give Blind.

 

David Crosby:chant,guitare.

Stephen Stills:chant,guitare,basse,piano,synthétiseur,timbales,slide guitare.

Graham Nash:chant,guitare,harmonica,claviers.

Ray Barretto:percussions,congas.

Mike Finnigan:orgue,claviers.

Joe Vitale:synthétiseur,flûte,percussions,batterie,claviers, vibraphone.

Jimmy Haslip:basse.

Craig Doerge:piano,claviers,piano électrique,chant.

Tim Drummond:basse.

Gerald Johnson:basse.

George Perry:basse.

Russ Kunkel:percussions,congas,batterie.

 

LP CSN&Y Studio 1 - 1970

 

Crosby stills nash young deja vu 1

 

CROSBY STILLS NASH & YOUNG

DEJA VU – 1970  5/5

 

Publié le 11 mars 1970.

Produit par Crosby,Stills,Nash,Young.

Durée:36:24.

Label:Atlantic.

Genre:rock.

 

Chef d’œuvre.

 

Qui pourrait trouver un seul petit caillou dans la chaussure de Déjà Vu (en écoute intégrale ici) ? Ce LP, par lequel le trio initial Crosby Stills et Nash, bénéficiant du renfort de Neil Young, entre dans le cercle fermé des légendes du rock, est un indéboulonnable monument de la west coast depuis sa sortie au début des années 70.

Une merveille, le disque quasi parfait, dont on aurait aimé, au regard de la qualité qu’il véhicule, qu’il dure beaucoup plus longtemps encore. Le coffre à dithyrambes n’est pas assez grand pour y puiser le qualificatif, que dis-je le superlatif, qui s’attache à son endroit. Déjà Vu est Le Disque ! 

Le contexte, pour bien s’en imprégner. L’équipée sauvage la plus mythique de Los Angeles prend forme autour d’un trio de grand trois frustrés du rock, David Crosby, le brave nounours viré des Byrds alors qu’il en fut un des maillons forts ; Graham Nash, pourvoyeur dominant et compétent, dont le talent de compositeur ne suffit cependant pas aux Hollies pour supplanter les Beatles et qui fait le grand saut pour Laurel Canyon, histoire de s’éloigner de son statut d’artiste pop ; Stephen Stills enfin,  dont l’expérience Buffalo Springfield, précurseur du country-rock, est loin des attentes du milieu, la faute à une tendance un peu trop répétée au nombrilisme, à des accès de colère et des caprices de star.

Tous sont de merveilleux musiciens, voire plus pour Stills qui brille avec un égal talent derrière toutes sortes d’instruments, de grands chanteurs dont les tessitures vocales sont à l’origine des plus belles harmonies que le milieu rock ait jamais entendues, et des songwriters de haut niveau.

De par la réussite collant à son remarquable premier LP éponyme en mai 1969, la triade angeline se voit contrainte, malgré tout, de solidifier sa structure avant de se lancer dans la promo de ce disque. Il découle de cette volonté de durcir le son, la décision d’ouvrir les portes au quatrième larron, Neil Young, un ancien de la maison Buffalo comme Stills, engagé dans une carrière solo depuis 1968.

Déjà Vu est publié quelques mois après que le quatuor soit apparu à Woodstock pour une prestation qui prête encore aujourd’hui à controverse. Construit autour de quatre auteurs, de quatre voix, il fait figure de best of, tant il est alimenté par les immortels classiques de ces  mousquetaires du rock. Déjà Vu installe ce qui va faire le label CSN & Y : les fameuses harmonies vocales. Qui plus est, chaque acteur met au service du collectif un lot de chansons et un style instrumental qui dotent l’album d’un cachet particulier.

Stills, le sanguin, fait dans la fougue, le panache et n’a pas son pareil pour métisser rock, folk et country. Crosby le hippie tire son groupe vers un environnement plus psychédélique et planant tandis que Nash, faux flegmatique british calibre son écriture pop pour le passage radio. Young, avec sa voix haute perchée et ses méchants coups de guitare, fait du Young. L’association de ces quatre leaders aux egos bien dimensionnés qui tapent aussi dans la boite à dope pour panser les plaies de leurs désillusions amoureuses  respectives (Nash, Crosby dont la petite amie se tue sur la route et Stills) donne le jour à un disque hétéroclite qui alterne entre rock et ballades. La sanction ne se fait pas attendre : N°1 du Billboard.

La jeunesse contestataire de l’époque en fait son phare, ce qui ne surprendra personne à l’écoute des paroles de Teach your Children  (Graham Nash) et Our House, Almost Cut My Hair de David Crosby, trop à l’étroit, à mon goût, au milieu de ces fortes têtes pour pouvoir donner libre cours à un talent créatif réel.

L’album recèle également un titre emprunté à Joni Mitchell et rendant hommage à Woodstock, un Everybody I love You fort des envolées de guitare entre Young et Stills, ainsi qu’une pépite du nom de Helpless.

Ecolo, pacifiste, antisocial, CSN & Y était le symbole de la contre-culture mais la paix au sein de la formation n’ayant jamais été le maître-mot pour raisons de drogues, d’égos, de projets personnels et j’en passe, CSN & Y se sépare en 1970, quelques mois seulement après Déjà vu.

Neil Young, n’ayant jamais réellement adhéré aux desseins artistiques de CSN & Y, s’est peu à peu désolidarisé pour se la jouer solo à donf. Grand bien lui a pris. Crosby, Stills and Nash ont continué de leur côté. De temps en temps, au gré des humeurs et des intérêts commerciaux, ils retapent le bœuf ensemble…

Déjà Vu est un chef d’œuvre indémodable qui a suscité et qui suscite encore bien des vocations musicales aujourd’hui. De la race des cadors et infiniment culte (RAZOR©).

 

1. Carry On.

2. Teach Your Children.

3. Almost Cut My Hair.

4. Helpless.

5. Woodstock.

6. Déjà Vu.

7. Our House.

8. 4 + 20.

9. Country Girl/Whiskey Boot Hill/Down, Down, Down/Country Girl (I Think You're Pretty).

10. Everybody I Love You.

 

David Crosby:guitare,chant.

Stephen Stills:guitare,basse,claviers,chant.

Graham Nash:guitare,claviers,chant.

Neil Young:guitare,harmonica,piano,chant.

Jerry Garcia:steel guitare,guitare slide.

Greg Reeves:basse,percussions.

John Sebastian:harmonica.

Dallas Taylor:percussions,batterie.

 

LP Live CSN & Y - 1971

 

Crosby stills nash young 4 way street 1

 

CROSBY STILLS NASH & YOUNG

4 WAY STREET – 1971  5/5

 

Publié le 7 avril 1971.

Produit par Crosby Stills Nash & Young.

Durée:76:00.

Label:Atlantic.

Genre:rock.

 

Individuel et collectif à la fois.

 

Premier album live du quatuor magique, 4 Way Street (en écoute intégrale ici) sort en avril  1971.Passons sur les lauriers qui ont couvert, n’ayons pas peur des mots, cette œuvre d’art.

Il consiste en un double LP enregistré au hasard de concerts à New York, à Chicago et à L.A en 1970. Mi acoustique, mi électrique, 4 Way Street est la troisième fois que Crosby, Stills & Nash collaborent sur un disque (le premier live aussi). Avec Young, c’est la deuxième fois après l’immense Déjà Vu qui précède.

4 Way Street culmine en tête du Bilboard Top Albums et ce, en dépit de tensions internes qui ont accompagnées son enregistrement. Extrêmement bon et varié, 4 Way Street est une vitrine pour les compositions individuelles des quatre membres.

Cet album capte tout ce qui fait la beauté de ce quatuor, leur folk (ou folk rock), leurs textes et leurs incomparables harmonies vocales. Il marque aussi la fin d’une aventure, puisqu’à la sortie de 4 Way Street, Neil Young est déjà parti. Crosby et Nash en font de même pour se lancer dans des projets personnels.

Cet album, qui compte quelques compositions solos de Neil Young, notamment le sublime Ohio, retranscrit bien le mal-être et la rage qui animent la génération de cette époque. Les autres perles, que cet album garde jalousement, sont les longs Southern Man et Carry On, Right Between The Eyes, Triad et The Lee-Shore sur lesquels on peut découvrir le talent de Crosby à l’écriture.

Et puis Find The Coast Of Freedom, Love The One You’re With, Black Queen en offrent encore plus en alimentant un final mémorable. Encore un indispensable qui a été vendu à plus de 4 millions d’exemplaire. Ca signifie quelque chose, non ? (RAZOR©)

 

Disque 1.

1. Suite:Judy Blue Eyes.
2. On The Way Home.
3. Teach Your Children.
4. Triad.
5. The Lee Shore.
6. Chicago.
7. Right Between The Eyes.
8. Cowgirl In The Sand.
9. Don't Let It Bring You Down.
10. 49 Bye-Byes / America's Children.
11. Love The One You're With.
12. King Midas In Reverse.
13. Laughing.
14. Black Queen.
15. Medley:The Loner/Cinnamon Girl/Down By The River.

Disque 2.
1. Pre-Road Downs.
2. Long Time Gone.
3. Southern Man.
4. Ohio.
5. Carry On.
6. Find The Cost Of Freedom.

 

Graham Nash:chant,guitare,piano.

David Crosby:chant,guitare.

Stephen Stills:chant,guitare.

Neil Young:chant,guitare.

DISCOGRAPHIE CROSBY & NASH 70'S.

LP Studio C&N 1 - 1972

 

Graham nash david crosby 1971

 

CROSBY & NASH

GRAHAM NASH DAVID CROSBY – 1972  4,5/5

 

Publié le 5 avril 1972.

Produit par David Crosby,Graham Nash,Bill Halverson.

Durée:35:26.

Label:Atlantic.

Genre:rock,folk rock.

 

Le plus abouti du duo.

 

Premier disque qui réunit les complices Graham Nash et David Crosby, l'album sobrement intitulé Graham Nash/David Crosby (en écoute intégrale ici)fait suite à un split au sein du quatuor CSN & Y, split que les quatre membres mettent à profit en se plongeant dans des projets personnels.

Du côté des deux artistes qui nous intéressent, Crosby sort un magnifique If I Could Only Remember My Name, tandis que Nash donne le jour au non moins magnifique Songs For Beginners, avant que le duo ne s’envole pour l’Europe et une tournée ensemble (1971).

Au sortir de celle-ci, le duo y va d’un LP, le premier de leur longue collaboration en duo. Nous sommes en 1972 et leur partenariat n’est pas prêt de s’achever puisqu’ils sont toujours dans le coup et ensemble aujourd'hui.

Leur investissement sur ce projet à deux aboutit à un album qui alterne d’excellents morceaux apportés par l’un et par l’autre. Graham et David bénéficient de l’apport d’un line-up constitué de musiciens de studio chevronnés comme Craig Doerge (claviers), Danny Kortchmar (guitare), Leland Sklar (basse) et de Russell Kunkel (batterie).

Sur un plan musical, il s’inscrit donc dans la continuité de leurs opus personnels. Les deux artistes sont alors à leur point culminant artistique. Nash contribue en apportant comme dot l’efficace Southbound Train (le duo est accompagné par des membres du Dead), l’agréable Stranger’s Room, Girl To Be On My Mind, le sympathique Frozen Smiles et le single qui a auréolé l’album par sa présence dans les charts (Immigration Man). Le registre est pop et chargé d’émotion.

Crosby, plus introspectif, plus cérébral, fournit 5 des onze titres de ce disque. Parmi ceux-ci, The Wall Song et Page 43, les plus représentatifs, ainsi que l’intriguant Where Will I Be, Whole Cloth et Games.

Par ailleurs, les harmonies vocales qui constituent leur marque de fabrique, atteignent ici des sommets. Chaque piste est forte et contribue à faire de ce premier album la plus accomplie de leurs différentes coopérations. Gros succès commercial, c’est un grand moment de très bonne musique des années 70 (RAZOR©).

 

1. Southbound Train.

2. Whole Cloth.

3. Blacknotes.

4. Stranger's Room.

5. Where Will I Be?

6. Page 43.

7. Frozen Smiles.

8. Games.

9. Girl to Be on My Mind.

10. The Wall Song.

11. Immigration Man.

 

David Crosby:chant,guitare.

Graham Nash:chant,piano,orgue, harmonica.

Jerry Garcia:guitare sur1/10.

Chris Ethridge:basse.

Johnny Barbata:batterie sur 1/11.

Danny Kortchmar:guitare sur 2/4/6/9.

Craig Doerge:piano électrique sur 2,orgue sur 4,piano sur 5/9.

Leland Sklar:basse sur 2/4/9).

Russ Kunkel:batterie sur2/4/6/9.

David Duke,Arthur Maebe,George Price:cor sur 4.

Dana Africa:flûte sur 5.

Phil Lesh:basse sur 10.

Bill Kreutzmann:batterie sur 10.

Dave Mason:guitare sur 11.

Greg Reeves:basse sur 11.

 

LP  Studio C&N 2 - 1975

 

Crosby nash wind on the water

 

CROSBY & NASH

WIND ON THE WATER – 1975  4/5

 

Publié le 15 septembre 1975.

Produit par David Crosby,Graham Nash,Stephen Barncard.

Durée:40:57.

Label:ABC.

Genre:rock,folk-rock.

 

Plus on est de fous…

 

Enregistré aux studios Rudy Records à San Francisco, le deuxième album du tandem Crosby/Nash est publié par ABC Records en septembre 1975. Disque de la maturité et des expériences vécues, Wind On The Water est habillé de mélancolie.

Empreint également de colère et de fatalisme, il expose, tantôt avec une grande froideur, tantôt avec beaucoup d’émotion, des scènes de leurs vies respectives. La mère de Crosby venant de décéder, c’est la mémoire de cette mère qui apparaît en filigrane du titre d’ouverture Carry Me, signé du moustachu bourru.

La mort et l’avancée dans l’âge (à cette époque on disait la vieillesse) alimentent le lyrisme de certains titres. La douceur du premier album laisse place à une ambiance moins soft, leur rock s’alourdit. Cela ne va évidemment pas sans influer sur le ton de Wind On The Water.

Outre le chaud morceau d’ouverture, Homeward Through The Haze, Low Down Payment sont autant de pures petites merveilles sorties du chef  embrumé de Crosby. Celui à propos duquel il est souvent reproché d’errer sans âme dans sa production discographique, frappe là un grand coup. Avec Nash, il cosigne Mama Lion et Naked In The Rain, tout aussi beau (en ce qui concerne le second surtout).

Crosby comme Nash sont à la hauteur du grand talent qu’on leur prête dans Wind On The Water, celui confirmé par le LP précédent. Le cynique et énergique Take The Money And Run en atteste. Surtout, faites une halte sur To The Last Whale, un titre bâti en deux parties et que je considère comme un monument de la création artistique de Crosby et Nash. L’expertise et la maturité ne sont pas les seuls arguments de cet album.

La contribution de musiciens triés sur le volet, comme Danny Kortchmar et David Lindley aux guitares, de Russ Kunkel aux fûts et de Craig Doerge aux claviers, des habitués de l’environnement CSN et de chœurs huppés comme Carole King (je vous conseille son album Tapestry), James Taylor et Jackson Browne, apporte une force et une plus-value incroyables au rock suave déployé sur cette galette.

Wind On The Water est donc un superbe passage obligé. Je n’ose même pas imaginer ce que ce dernier aurait donné avec Stephen Stills et Neil Young… Mieux vaut ne pas y penser, nous serions tous inconsolables (RAZOR©) !

 

1. Carry Me.

2. Mama Lion.

3. Bittersweet.

4. Take the Money and Run.

5. Naked in the Rain.

6. Love Work Out.

7. Low Down Payment.

8. Cowboy of Dreams.

9. Homeward Through the Haze.

10. Fieldworker.

11. To the Last Whale... (A. Critical Mass/B. Wind on the Water).

 

David Crosby:chant,guitare.

Graham Nash:chant,guitare,claviers.

Danny Kortchmar:guitare,basse.

Craig Doerge:claviers.

Russ Kunkel:batterie.

David Lindley:violon,guitare.

Joel Bernstein:guitare.

Ben Keith:guitare.

Stan Szeleste:claviers.

Levon Helm:batterie.

James Taylor:chœurs.

Carole King:chœurs.

Jackson Browne:chœurs.

 

LP Studio C&N 3 - 1976

 

Crosby nash whistling down

 

CROSBY & NASH

WHISTLING DOWN THE WIRE – 1976 3/5

 

Publié le 25 juin 1976.

Produit par David Crosby,Graham Nash,Stephen Barncard.

Durée:36:36.

Label:ABC.

Genre:rock,folk-rock.

 

Manque d’originalité.

 

Dans le domaine artistique, les temps sont durs pour le duo et ce troisième album, avec lequel je n’ai jamais été vraiment en phase, en est la représentation.

J’ai eu ce disque en 1976, étant un inconditionnel de tout ce qui gravitait alors autour du quatuor CSNY. Jamais, il ne m’a vraiment ému. Autant les deux premiers travaux du duo avaient de quoi m’enthousiasmer, autant celui-ci m’a souvent laissé indifférent. Accordons-nous à reconnaître qu’il est quand même le moins bon de la discographie du tandem américano-britannique.

Il a gagné en estime avec le temps, mais ne dégage pas suffisamment de matériel convaincant pour appeler aujourd’hui à une quelconque revalorisation. Il est agréable, j’en conviens, mais aucune chanson de Crosby ou de Nash de cet album ne reste ancré dans les mémoires. Ce qui n’empêche pas de passer un bon moment, au regard surtout des délicieuses fresques vocales que le duo dessine avec toujours autant de raffinement. Il faut le lui laisser.

Doté d’une ambiance autre que celles qui ont marquées les disques 1 et 2, ce Whistling Down The Wire révèle un Nash plus sombre dans son écriture. Il n’est qu’à écouter le dylanesque Marguerita ou Broken Bird (écrit avec Crosby).

Le disque se démarque surtout par Taken At All, Time After Time et Out Of The Darkness, voire Foolish Man. On ne peut pas reprocher quoi que ce soit à la qualité de l’interprétation. Le seul défaut de ce numéro 3 du tandem Nash/Crosby se situe au niveau du manque d’inspiration notoire qui affecte l’écriture laissant derrière lui un goût amer et qui ne contribue pas à faire de cet opus une acquisition indispensable.

On lui préfèrera sans hésiter les épisodes précédents. Il se situe donc dans une moyenne honorable, avec, toutefois, au risque de me répéter, un atout qu’on ne pourra jamais lui discuter : les harmonies vocales merveilleuses de ce duo. Et ça, ils savaient faire les bougres ! (RAZOR©)

 

1. Spotlight.

2. Broken Bird.

3. Time After Time.

4. Dancer.

5. Mutiny.

6. J.B.'s Blues.

7. Marguerita.

8. Taken at All.

9. Foolish Man.

10. Out of the Darkness.

 

David Crosby:chant,guitare acoustique.

Graham Nash:chant,guitare acoustique,guitare électrique,harmonica.

David Lindley:guitare électrique,slide guitare,violon,pedal slide.

Danny Kortchmar:guitare électrique,dobro.

Russell Kunkel:batterie,percussions.

Craig Doerge:piano acoustique,piano électrique,orgue,harmonica.

Tim Drummond:basse.

 

LP Live Crosby Nash With Neil Young (Bootleg) - 1972

 

Crosby nash young live at winterland 1

 

 

With NEIL YOUNGDAVID CROSBY & GRAHAM NASH 

 

WINTERLAND 1972 – 1972  4/5

 

Pour tout CSN&Y addict.

 

26 Mars 1972 au Winterland Ballroom de San Francisco (en écoute intégrale ici), dans le cadre des retransmissions de KSAN, la radio FM de l’Area Bay, est organisé le Sheriff Hongisto Prisoner’s Benefit, un concert (Jail House Rock) destiné à lever des fonds pour moderniser les prisons et à permettre l’accès à une meilleure éducation pour les prisonniers. Au programme du jour, David Crosby et Graham Nash et leur invité-surprise Neil Young.

Cette même année, le moustachu et l’anglais publient leur premier LP en duo : Crosby & Nash. Dans le même temps, le canadien y va de son universel Harvest. Stills, le dernier maillon du quatuor mythique, est affairé avec Manassas, une de ses meilleures affaires.

L’un comme l’autre sont alors au faîte de leur popularité. David Crosby reste sur l’excellent If I Could Only Remember My Name, sorti un an auparavant, Graham Nash sur le non moins phénoménal Song For Beginners (1971).

Cela fait un an qu’on ne les a pas vus ensemble. Depuis leur tournée commune en Europe (71) où le duo casse la baraque. Pensez bien que le Winterland est une opportunité que le public américain ne manque pas pour tout l’or du monde. Crosby, Nash et Young sont les superstars du moment.

Dans une ambiance plutôt cool, entièrement acoustique, le duo revisite quelques belles pages du trio Crosby Stills & Nash (Wooden Ships, The Lee Shore), du quatuor de l’album Déjà Vu (Teach Your Children, Almost Cut My Hair), du premier album du prolifique Nash (le personnel I Used To Be A King et les politisés Military Madness et Chicago), reprennent quelques titres de Crosby & Nash, leur dernier LP en date :Southbound Train, Page 43, And So It Goes et Immigration Man qui résume bien l’atmosphère du printemps 72. Enfin, puisqu’il participe à la fête, Neil Young, en deux fois, monte sur scène pour interprêter Only Love Can Break Your Heart, Harvest, Heart Of Gold, The Needle And The Damage Done.

Cette prestation est très plaisante, permet d’entendre des versions acoustiques rarement entendues et de la meilleure trempe comme Wooden Ships ou Almost Cut My Hair. Les acteurs se font plaisir et le partagent avec un parterre complètement acquis à leur cause. Tout CSN &Y addict doit être de la partie. Je ne peux pas concevoir les choses autrement (RAZOR©).

 

1. Wooden Ships.

2. I Used To Be A King.

3. Lee Shore.

4. Harvest.

5. Only Love Can Break Your Heart.

6. Southbound Train.

7. Almost Cut My Hair.

8. Page 43.

9. And So It Goes.

10. Immigration Man.

11. Heart of Gold.

12. The Needle and The Damage Done.

13. Teach Your Children.

14. Military Madness.

15. Chicago.

 

David Crosby:guitare,chant.
Graham Nash:guitare,piano,chant.
Neil Young:guitare,piano,chant.

DISCOGRAPHIE SOLO 70'S.

LP Studio 1 - 1971

 

Graham nash songs for beginners

 

GRAHAM NASH

SONGS FOR BEGINNERS – 1971  5/5

 

Publié le 28 mai 1971.

Produit par Graham Nash.

Durée:32:13.

Label:Atlantic.

Genre:folk-rock,country-rock,pop-rock.

 

A la table des grands.  

 

La fin de sa relation avec Joni Mitchell a sérieusement affecté Graham Nash, au point que son premier album solo, enregistré à L.A (Wally Heider III) et à Frisco (studio C), sorti en mai 1971, est marqué du sceau du chagrin et de l’émotion (3 titres portent sur la relation avec Joni), mais c’est la révolte, la politique et son antimilitarisme notoire qui constituent  également la semence de Songs For Beginners (en écoute intégrale ici).

Ainsi, ce compositeur-interprète à la grande sensibilité couche sur ce disque des chansons pop magistrales. Au début des années 70, Graham Nash est certes connu, mais n’est pas encore considéré à sa juste valeur (aujourd’hui encore, il n’a pas toujours pas l’aura qu’il mérite).

Dans le contexte des formations qu’il a fréquenté ou dont il fait alors partie (Hollies, CSN et CSNY), Nash a pourtant écrit une pléthore de chansons sublimes (The King Midas, Dear Eloise, Teach Your Children, Our House, Chicago). Pour l’heure, les autres acolytes du quatuor magique (Crosby Stills Nash & Young) font encore de l’ombre à l’anglais expatrié au royaume de la West Coast.

En 33 minutes, il remet les pendules à l’heure, avec élégance et infiniment de délicatesse, de douceur, de simplicité, voire de naïveté. Son timbre de voix facilement reconnaissable, la qualité et l’inventivité de son écriture  éclaboussent cet album paru chez Atlantic qu’il a lui-même produit.

Tout semble fait dans la facilité sur un terrain qu’il maîtrise. Une pléiade d’amis musiciens participe à l’enregistrement : David Crosby, Neil Young (alias Joe Yankee pour préserver l’anonymat), Phil Lesh et Jerry Garcia, John Barbata, Dave Mason, Calvin Samuels…

Le résultat est probant, l’œuvre de Nash n’a pas à rougir devant les albums de Crosby (If I Could Only Remeber My Name), de Young (After The Gold Rush) et de Stills (Stephen Stills) ou du quatuor réuni.

Entre guitare et piano, Nash livre quelques-unes de ses meilleures compositions. L’introspectif Songs For Beginners est le terrain privilégié des protest-songs, l’hymne accrocheur Military Madness, ainsi que Chicago (et sa célèbre intro) enchaîné par un utopique We Can Change The World.

Il est aussi le jardin de titres délicats et poétiques, comme Wounded Bird, et d’un mémorable Simple Man, de délicieuses ballades (l’obscur Better Days) de même que d’un majestueux I Used To Be A King (avec Jerry Garcia à la pedal steel et Phil Lesh à la basse), sur sa relation perdue.

J’ai gardé pour la fin le merveilleux Sleep Song, vraisemblablement le plus beau morceau composé par Nash ainsi que la magnifique mélodie Man In The Mirror, que j’affectionne tout particulièrement. Be Yourself et There’s Only One me semblent par contre, un ton en dessous.

Sobre et merveilleusement produit, que cet album est beau et encore très d’actualité. Ne passez pas à côté (RAZOR©).

 

1. Military Madness.

2. Better Days.

3. Wounded Bird.

4. I Used to Be a King.

5. Be Yourself.

6. Simple Man.

7. Man in the Mirror.

8. There's Only On.

9. Sleep Song.

10. Chicago.

11. We Can Change the World.



Graham Nash:chant,guitare acoustique,orgue,piano,papier et peigne,tambourin.

P. P. Arnold:chœurs.

John Barbata:batterie,tambourin.

Joel Bernstein:piano.

Rita Coolidge:chœurs,piano,piano électrique.

David Crosby:guitare électrique.

Larry Cox:whiskers.

Chris Ethridge:basse.

Jerry Garcia:piano,guitare steel.

Bobby Keys:saxophone.

Phil Lesh:basse.

David Lindley:violon.

Dave Mason:guitare électrique.

Sermon Posthumas:clarinette basse.

Dorian Rudnytsky:violoncello.

Calvin « Fuzzy » Samuels:basse.

Dallas Taylor:batterie.

Neil Young:piano.

Everyone Loose There:chœurs.

Venetta Fields,Sherlie Matthews,Clydie King,Dorothy Morrison:chœurs.

LP Studio 2 - 1973

 

Graham nash wild tales

 

GRAHAM NASH

WILD TALES – 1973  4,5/5

 

Publié le 2 janvier 1974.

Produit par Graham Nash.

Durée:31:16

Label:Atlantic.

Genre:rock,pop-rock,folk-rock.

 

A réhabiliter.

 

Le second album, Wild Tales (en écoute intégrale ici) en solitaire de Nash (il est l’auteur de titres d’anthologie comme Marrakech Express, Teach Your Children, Our House, Chicago…) confirme les aptitudes de l’ex-Hollies à faire de la très bonne chanson. De la chanson à mélodie. Accrocheuse, aux harmonies vocales toujours raffinées.

Dans Wild Tales, sous-estimé à mon avis, Nash, qui vient de vivre un drame atroce en l’assassinat de sa compagne, se veut noir et triste. L’artiste est meurtri, à terre, et son folk merveilleux va s’en ressentir.

Paru en 1973, Wild Tales, sur lequel Crosby, l’ami de toujours et le collaborateur professionnel aussi, vient prêter son concours (chœurs), est un album inventif, discret, dans une ambiance californienne propre au milieu des années 70.

Nash est le moins populaire des membres du CSNY, celui qui passe le plus inaperçu, Young et Stills étant hors catégorie artistiquement parlant, Crosby ayant pour lui un album d’anthologie (If I Could Only Remember My Name) et une carrière bien menée (Byrds et CSN, CSNY). Mais pour le coup, Nash nous émeut. Ses petites merveilles sur Wild Tales, vous savez quoi ? Elles auraient du alimenter un album du CSNY, mais n’ont pas trouvé preneur auprès des autres membres (quels égos à la con !). Dur, dur.

Alors, il les fait siennes en les travaillant exclusivement pour lui, en les bichonnant. Ainsi est née cette merveille d’une trentaine de minutes de laquelle on appréciera l’esprit et l’ambiance pop.

Les airs de Nash sont accrocheurs et terriblement beaux, teintés de mélancolie : Prison Song, une vague histoire qui a laminé son père, emprisonné pour une banale histoire de recel (involontaire) de caméra, Oh Camil (The Winter Soldier), un brillant morceau, And So It Goes, Wild Tales.

D’autre part, la voix de Graham Nash n’a rien à envier à qui que ce soit, il n’est qu’à écouter I Miss You ou Grave Concern pour en juger. Pour alimenter les amateurs de curiosités, outre Crosby, on retrouve sur cet album Tim Drummond (bassiste de Neil Young, de Dylan et de J.J. Cale notamment), Ben Keith à la guitare, qui a surtout collaboré avec le Loner canadien et Johnny Barbata (batterie pour CSNY et Jefferson Airplane), tandis que Joni Mitchell vient faire la pige sur Another Sleep Song, une bien belle ballade comme Nash sait si bien les composer.

Il est regrettable que cet album n’ait pas eu le succès auquel il aurait dû prétendre. M’appuyant sur l’adage « il n’est jamais trop tard pour bien faire », vous ne traînerez pas trop pour le réhabiliter (RAZOR©).

 

1. Wild Tales.

2. Hey You (Looking at the Moon).

3. Prison Song.

4. You'll Never Be the Same.

5. And So It Goes.

6. Grave Concern.

7. Oh! Camil (The Winter Soldier).

8. I Miss You.

9. On the Line.

10. Another Sleep Song.

 

John Barbata:batterie.

Joel Bernstein:guitare acoustique,guitare,claviers,choeurs.

David Crosby:guitare,choeurs.

Tim Drummond:basse.

Harry Halex:guitare acoustique,piano,piano électrique.

Ben Keith:dobro,pedal steel,steel guitare.

David Lindley:guitare,mandoline,violon,slide guitare,choeurs.

Dave Mason:guitare,guitare 12 cordes.

Joni Mitchell:choeurs.

Graham Nash:guitare acoustique,harmonica,piano,batterie,claviers, chant.

Joe Yankee (Stephen Stills):piano.

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