Jo Jo Gunne.

BIOGRAPHIE.

 

JO JO GUNNE/Los Angeles (Californie)

 

Jo jo gunne 1972

 

Actif de 1971 à 1975, brève réapparition en 1992 et en 2005.

Label:Asylum Records,Blue Hand Records.

Genre:pop-rock,rock,hard rock.

 

Né sur les cendres de Spirit.

Jo Jo Gunne, c’est la Californie. Le Los Angeles du début des années 70, où il est né quand Spirit, le sublime représentant du mouvement west coast, rend alors son ultime soupir dans le sillage de son mythique Twelve Dreams Of Dr. Sardonicus (1970) et quand Randy California, son fondateur, est dans l’incapacité de poursuivre son activité suite à une vilaine chute de cheval. Spirit est alors au top.

Deux des membres de la première heure (1967) du défunt Spirit, le chanteur et percussionniste Jay Ferguson et le bassiste Mark Andes sautent sur l’opportunité pour créer leur propre formation : Jo Jo Gunne.

Jay Ferguson a pour lui l’expérience de l’écriture pour avoir partager le songwriting sous Spirit avec Randy California tandis que Mark Andes a déjà un lourd passé pour avoir été le premier bassiste du monumental Canned Heat à 17 ans. Il est aussi un songwriter talentueux. Le duo s’attache les services de Matt Andes, le frère de Mark, qui prend la guitare et de Curly Smith à la batterie.

Une discographie très inégale.

C’est Asylum qui a le privilège de signer ce groupe qui pérennise l’esprit de Spirit. Quatre LP très inégaux sont rattachés à leur discographie des années 70.

Il ouvre sur un album éponyme polyvalent en 1972, incontestablement leur meilleur travail, porté par le pop enjoué Run Run Run, top ten dans les charts britanniques, récompensé par une soixante-quinzième place du Billboard 100.Déjà des tensions voient le jour entre Mark Andes d’un côté, son frère Matt et Ferguson de l’autre. En cause, la petite amie et future épouse de Mark, visiblement trop présente…

Jo jo gunne mark andes

« Quand Jo Jo Gunne m’a viré parce que Jay Ferguson et mon frère Matt n’aimaient pas ma petite amie du moment, qui allait devenir mon épouse, j’en ai eu le cœur brisé. Ils avaient peut-être raison, mais c’en était trop pour moi, j’ai quitté le groupe. » (Mark Andes)

Mark Andes, part rejoindre Firefall et remplacé par Jimmie Randall, n’est pas au rendez-vous du deuxième enregistrement, Bite Down Hard (1973), moins intéressant et qui ne reconduit pas la dynamique commerciale engagée avec le disque précédent. Moins porteur d’émotion, il ne parvient pas à accrocher malgré la présence aux manettes de Bill Szymczyk.

La bonne surprise So…Where’s The Show ?

Jumpin’ The Gunne, troisième jet, toujours en 1973, ne corrige en rien la spirale négative qui s’amorce. Erratique et pauvre en matière de qualité, il stagne dans les profondeurs des albums du moment au point d’occasionner le départ de Matt Andes que supplée John Staehely, un ex Spirit, avant de passer en studio pour les besoins de So… Where’s The Show ?, sorti en 1974.

Alors que tout concorde à ce que Jo Jo Gunne ne range les gaules très rapidement, ce quatrième opus, plus dur que jamais, s’avère être une surprise à laquelle peu de témoins du moment s’attendent. Le retour à l’excellent niveau développé dans l’album éponyme initial est manifeste.

Le Jo Jo Gunne du seul rescapé Jay Ferguson retrouve des couleurs ; peu de fans auraient misé sur un tel scénario. Malgré ce regain d’intérêt et une bonne tournée qui s’ensuit, Jo Jo Gunne se liquéfie et disparaît des écrans radars (1975) jusqu’à remontrer à nouveau le maillot en 2005. L’ancien chanteur de Spirit  s’embarque alors dans une carrière solo plutôt convaincante pour sa partie 70’s (All Alone In The End Zone/1976 et Thunder Island/1978).

Retour en 2005.

Le line-up d’origine tente bien un come-back en 1992 pour commémorer les 20 ans du groupe, mais les espoirs d’un retour sont vite douchés. Les enregistrements effectués à cette occasion et pour lesquels est sollicité Steve Lukather (Toto) restent en boîte.

Le très bon Big Chain (2005) réactive le compteur discographique de Jo Jo Gunne en proposant, pour moitié, un mélange du catalogue d’hier, passé quasi inaperçu de son temps et réinterprété ici, avec des originaux. En cherchant un peu, du côté de Rhino Handmade et de Wounded Bird, on trouve trace des quatre LP de ces californiens qui auraient mérité un meilleur sort (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1972

 

Jo jo gunne jo jo gunne 1972

 

JO JO GUNNE

JO JO GUNNE – 1972  3,5/5

 

Publié en Janvier 1972.

Produit par Jo Jo Gunne.

Durée:33 :09.

Label:Asylum Records.

Genre:hard rock,pop-rock,rock.

 

Dans l’esprit de Spirit.

 

Je vais être franc avec vous. Cet éponyme Jo Jo Gunne (en écoute intégrale ici) de début 1972, de son temps, je m’en foutais comme de l’an 40, et, quand les potes du bahut, eux, en faisaient déjà la trouvaille d’une année tout juste entamée, jurant les grands dieux que Geffen et Asylum ne faisaient jamais le voyage à vide, je leur opposais un majeur pointé en signe de réponse. Le même qu’on exhibe aujourd’hui à tous bouts de champ. Mes attentes  musicales étaient ailleurs. Point barre.

Je n’ai jamais levé le petit doigt pour relayer l’info comme quoi il était effectivement excellent, ni intercédé une seule fois en sa faveur depuis pour le faire connaître via mes chroniques. Dans un premier temps, j’avais suffisamment à faire alors avec Nursury Crime (Genesis), Naturally (J.J Cale), First Pull Up Then Pull Down (Hot Tuna), les sorties de la fin 71, ainsi qu’avec Fragile (Yes), Harvest (Neil Young) ou Pink Moon (Nick Drake), les disques qui m’ont occupés l’esprit en cette période. Dans un second, je n’ai jamais jugé bon accorder la priorité à ce groupe plus qu’à un autre et comme il en existe tant selon moi. Pour dire vrai, Jo Jo Gunne  et cet album avaient même carrément disparu de mon écran-radar depuis. Et depuis fort longtemps.

C’est en m’intéressant de près à la carrière de Mark Andes que Jo Jo Gunne est revenu vers moi, ravivant ces souvenirs de cours de lycée à son endroit. Aujourd’hui, pas plus qu’hier, je ne suis prêt à lui servir la soupe et les croûtons ou à faire carpette devant le supposé titre de meilleur LP de l’an 72 qu’il aurait dû être selon les pronostics de mes poteaux du bahut, mais qu’il n’a jamais approché.

Il n’empêche qu’on ne peut pas objecter quoi que ce soit à disque et à ses acteurs, le boulot est propre, mais ça, je ne l’ai su que fort tard. Plus ouvert maintenant  à des genres ou des formations que j’ai délibérément écartés de leur temps pour incompatibilité artistique, mon champ musical étant aussi désormais plus élargi et, surtout, les offres étant plus accessibles aujourd’hui du fait des rééditions et des exhumations d’œuvres de groupes et artistes des 60’s/70’s, j’ai pu accéder à ce binôme via les biais modernes et prendre le temps de l’écouter. Partant du plaisir que j’ai pris à le faire, je m’y suis intéressé comme il se doit. Sans extase particulière et en faisant abstraction d’une relation plombée dès le départ.

Bon disque, je l’accorde. Je fais donc amende honorable, mais, entre nous, loin de moi d’avoir la queue basse et l’échine aplatie pour vous en toucher deux mots. Question de fierté. Plutôt la mort que la souillure ! Trêve de plaisanterie, plus de 40 ans après, les faits étant  prescrits et partant de l’adage qu’il n’est que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, je n’ai plus l’âme, ni la force, de sortir la pétoire, le gros sel et de  monter au créneau défendre mon indéfectible position d’ado. Je souscris de bonne grâce et animé par la sagesse liée à l’avancée dans l’âge, au bon jugement de mes amis d’école d’hier, séniors aujourd’hui. Mea culpa. Pardon. J’y vais pour deux Pater Noster et un Ave Maria, mais pas plus.

Fallait me dire qu’il y avait les Spirit de Randy California sous roche. C’est de là que sont issus les membres fondateurs de Jo Jo Gunne, Jay Ferguson et Mark Andes, qui fut, ne l’oublions pas, le premier bassiste de Canned Heat. Du Spirit, mais en plus hard. Hard, fort en testostérone, voilà justement les termes qui passaient mal à l’époque auprès du doux rêveur que j’étais alors.

Le frère de Mark Andes, Matt et William « Curley » Smith bouclent le recrutement qui aboutit à ce qui est Jo Jo Gunne. A l’appel de leur premier album fait pour Asylum Records, la ligne originale donne donc : Jay Ferguson aux claviers et au chant, Mark Andes, basse, Matt Andes, guitare et chant et Curley Smith, batterie. Renseignements pris, puisque je ne fus pas des premières vraies envolées de cette formation, notre Jo Jo Gunne, qu’il ne faut pas confondre avec les britanniques du même nom du milieu des années 60 (R & B), a connu quelques beaux jours, mais aussi quelques changements notoires au fil de sa courte carrière placée entre 1971 et 1975.

Quatre albums de qualité très irrégulière balisent ce parcours : l’éponyme (72), leur meilleur et je le concède avec le recul, un très bon jet de boogie-rock, un Bite Down Hard (73) qui ne génère aucune émotion, un erratique Jumpin’ The Gunne (73) et So…Where’s The Show ?, qui leur permet de se retirer sur une excellente impression (1974). Un cinquième tombe en 2005 avec la reformation momentanée du groupe d’origine.

J’ai peut-être longtemps et injustement boudé Jo Jo Gunne, mais je n’ai jamais été insensible à certains de ses titres plutôt compacts et fougueux dont Run Run Run, à la mélodie accrocheuse, qui fit un beau parcours dans les charts (6 au Billboard Hot 100), Shake That Fat, Baylon, Take It Easy, 99 Days, Academy Award et Barstow Blues Eyes.

La guitare de Matt Andes est plutôt bien disposée ici, riffs et soli inspirés à l’appui, autant que la basse du frangin ; l’énergie est permanente et la cohérence s’affiche dans un répertoire pas génial génial, mais solide et respectable. Les harmonies vocales me paraissent toutefois un peu légères, raison suffisante, à mon sens, pour éviter tout parallèle, comme j’ai pu le lire, avec les Doobie Brothers, bien plus appétissants que ce combo. Ici, ça a l’avantage de passer, mais après… (RAZOR©)

 

1. Run Run Run.

2. Shake That Fat.     

3. Babylon.

4. I Make Love.

5. Barstow Blue Eyes. 

6. 99 Days.       

7. Academy Award.

8. Take It Easy. 

9. Flying Home.

 

Matthew Andes:chant,guitare.

Jay Ferguson:chant,claviers.

Mark Andes:chant,basse.

Curley Smith:chant,batterie.

1 vote. Moyenne 5.00 sur 5.